LÉSIONS TRAUMATIOUES DU LARYNX ET DE LA TRACHÉE
cher la crépitation par la pression extérieure, soit seule, soit combinée avec celle d'un doigt introduit dans la bouche sur les parties latérales de Tépiglotte. On se gardera de prendre pour elle la sensation que détermine le frottement des cornes du cartilage thyroïde contre ia colonne vertébrale.
Les signes fonctionnels sonl : la dyspnée avec les phénomènes concomitants d*anxiétc, de toux, râles, gargouillements laryngiens, quelquefois de crachements de sang La voix est rauque ou complètement aphone. La déglutition est très-gênée; tous les actes physiologiques qui amènent un déplacement du larynx causent au blessé les plus grandes douleurs.
Les mêmes phénomènes, sauf la crépitation, indiquent rexislence des fractures de la trachée.
Marcue et terminaison. — Sur soixante et onze cas rassemblés par la statistique allemande, on compte cinquante-six morts et quinze guérisons. Nous sommes donc en présence d'une affection grave : la lésion du cricoïdea toujours été mortelle. La mort survient au milieu d'accidents de suffocation d'autant plus terribles qu'on les a moins prévus; parfois le malade meurt subitement sans qu'on puisse lui porter secours (thèse de Mussal). Un spasme de la glotte, l'introduction du sang dans les voies aériennes, l'emphysème généralisé, l'œdème de la glotte, sont les complications qui expliquent l'asphyxie.
Si la guérison survient, tantôt elle est complète, tantôt l'individu conser\e de la raucité de la voix, du cornage, signes d'un rétrécissement du larynx.
Traitement. — Les fractures du larynx peuvent causer immédiatement des phénomènes de suffocation imminente : alors il n'y a pas d'hésitation possible, il faut pratiquer la trachéotomie et chercher u remettre en place les fragments des cartilages. La laryngotomie remplace, avec avantage dans certains cas, la première opération. On en trouve un exemple dans le mémoire de Hueler {Cas de Eichmann, Med. Zextung des Vereins, éd., 1850).
Dans un second cas, il s'agit de fractures dont les accidents, au premier abord, paraissent peu sérieu.t. Sans doute, la guérison peut s'ensuivre, mais aussi les plus graves phénomènes peuvent surgir tout à coup et emporter le malade. Faut-il attendre la suffocation? faut-il la prévenir et faire la trachéotomie dès que la fracture est reconnue, ainsi que le conseillent Mussat dans sa thès.e. Servie? (Gazette hebdornaetaire, 1861), n" 1), Hueter (ouvrage cité, p. 18) /
Les statistiques de Gurlt {Handbuch der Knockenbrac/ien), de Mussat, vont nous éclairer. Sur quarante-sept cas de fractures du larynx, réunis par Gurlt, quarante fois on fit le simple traitement palliatif, sept fois la trachéotomie ; sur les quarante-sept cas il y eut cinq gué-
lisons; parmi les sept Irachéotomisés, cinq ont été guéris. Mussal elle quarante cas et quatorze guérisons, dont huit après iracbéotomie. Cette opération pratiquée dix fois a amené deux insuccès.
Ainsi donc l'abstention amène environ 20 pour 100 de guérisons, tandis que l'intervention chirurgicale donne des succès dans la proportion de 80 pour 100. Ces chiffres parlent assez d'eux-mônaes pour que nous n'essayions pas de les commenter.
Si cependant, à cause de la bénignité des symptômes, on ne se décide pas à intervenir, il faudra immobiliser autant que possible les fragments dans une bonne position et surveiller attentivement le malade, qui d'un moment à l'autre peut être pris d'accidents asphyxiques.
Les fractures de la trachée, sujettes aux mômes complications que celles du larynx, sont aussi justiciables du même traitement.
Brûlures du larynx et de la Iraehée.
Les brûlures du larynx et de la trachée peuvent être produites, mi pur l'aspiration de gaz très-chauds, dans un incendie par exemple, soit par la déglutition de liquides bouillants ou de substances caustiques.
Les brûlures par aspiration de gaz très-chauds ont été étudiées d*ab(Rii par Ryland, en 1837, dans son Traité des affections du larynx etdeU trachée. Nous ne nous attacherons pas à en décrire un à un les syrnplômes, qui sont ceux d'une inflammation vive de tout le conduit aérieo. Les phénomènes de bronchite dominent la situation et les malades meurent en peu de temps, sans que la chirurgie puisse leur apporter le moindre secours. A l'autopsie on trouve une injection vive de la muqueuse laryngo-lrachéalc.
Les brûlures du larynx et de la Irachéc par les liquides (mouillants st voient surlout en Angleterre, en Russie et dans l'Amérique du Nord, où on fait un usage habituel de thé: les enfants buvant au bec deU théière un liquide dont la température peut être très-élevée, se font ainsi d'ailVeuses brûlures. Marshall Hall a fait la première descriplioo de celte affection (dans les Med.-chirurg, Transactions, t. XII). Quele^t le mécanisme de ces brûlures? Au moment où le liquide tombe dans le pharynx, les muscles de cet organe se contractent convulsiveraenlel empêchent le liquide de pénétrer dans l'œsophage. En même temps, l'enfant, sous l'influence de la douleur, pousse un cri, et c'est dam l'inspiration qui précède le cri que se fait l'introduction du liquida dans le larynx.
Si l'on examine la cavité buccale, on la trouve rouge, couverte di vésicules ; le pharynx lui-même en est tapissé. La déglutition est dificile ou impossible. On voit survenir de Tagitation, une lièvre lukun-