‹ Éléments de pathologie exotique [electronic resource]Chapitre 13 sur 81 · Cause originelle et transmissibilité. — Rien · texte numérisé non relu

Cause originelle et transmissibilité. — Rien

n'est moins bien établi que la première ; rien n'est

plus certain que la seconde. « Aux Indes, dit Pettenkoffer, il existe un ou plusieurs districts dans lesquels le choléra sévit endémiquement depuis les temps les plus reculés, et où sa fréquence varie suivant la saison. La cause de la maladie et de son endémicité ne peut être cherchée chez les personnes qui habitent ces districts, mais doit exister dans une relation encore inconnue du germe spécifique de la maladie avec le sol et le climat. » Le choléra, dit ailleurs Pettenkoffer, a son origine dans le sol. « D'un autre côté, ajoute le môme auteur à propos de la question de la transmissibilité, la propagation du choléra au delà des limites des Indes prouve que la maladie ne se transporte pas d'un lieu à l'autre par le mouvement de l'atmosphère, mais qu'un quelque chose encore inconnu s'attache d'une façon inconnue aussi aux hommes qui sont en rapport avec les lieux infectés ou aux objets servant à leurs communications, et que, une fois transporté là où se trouvent les conditions nécessaires de lieu et d'époque, ce quelque chose peut y provoquer une épidémie de choléra. » En résumé le choléra indien a une origine tellurique ; il est en outre transmissible, mais pour que cette transmission ait lieu, il faut que le germe de la maladie soit apporté dans des localités favorables à sa propagation. Un sol très poreux, perméable, moyennement humide ou sec, serait favorable à la multiplication des germes et à leur diffusion dans l'atmosphère. Le choléra ne serait transmissible de l'homme à l'homme que sous la réserve d'une action intermédiaire émanant du sol, du climat de la localité. On s'expliquerait ainsi que certaines villes, comme Lyon, certaines régions de la Suisse et des Alpes aient joui d'une immunité due à la nature dense et rocheuse de leur sol. De môme les

navires sont des habitations sur lesquelles le choléra se propage difficilement, et si la transmissibilité ne relevait que du rapport direct des hommes entre eux, il en serait sans doute autrement (1). Cette transmission directe de l'homme malade à l'homme sain n'est pas soutenable d'ailleurs pour l'Inde. « On peut être contagionniste en Europe, dit Huillet, on ne l'est pas dans l'Inde ; car, s'il est difficile, dans les autres pays, de distinguer les effets bizarres et variés de l'influence épidémique de ceux de la contagion, ici se présente une circonstance particulière qui aide à la solution du problème. La population blanche est rarement atteinte; mais lorsque cela arrive, il y a autour du malade, pour le soigner, un entourage considérable de parents et d'amis. Or, jamais aucune de ces personnes présentes n'a été prise par la maladie. Si, du reste, elle était contagieuse, il y a longtemps que la population blanche de Pondichéry, toujours en contact avec les Indiens, serait décimée. »

Quoi qu'il en soit, le choléra est transmissible, de nombreux faits l'attestent. Il est apporté dans une localité : ses germes y fructifient ou sont anéantis sous des influences que nous ne connaissons pas ; les orages, l'habitation dans des lieux bas, la perméabilité du sol, la chaleur, favorisent la multiplication de ses germes, lesquels peuvent être apportés dans un lieu donné par l'homme, par les vêtements et les objets qui ont été à son usage pendant sa maladie,

(1) La difficulté que rencontre dans sa propagation le choléra apporté sur les navires est une preuve évidente de la nécessité d'un milieu spécial, probablement d'un sol, propre à propager le fléau. Les exemples abondent pour démontrer cette immunité relative des navires. Aussi, en 1854, lors du choléra de la flotte aux lies d'Aland (Baltique), presque tous les médecins-majors des navires conclurent a l'infection sans transmissibilité.

î)8 PATHOLOGIE EXOTIQUE.

par les selles et les vomissements cholériques. Les marchandises, les cadavres de cholériques, les animaux, les boissons, doivent être considérés comme suspects.

Nous ignorons comment les germes cholériques se combinent avec les conditions locales du sol et du climat pour propager le choléra et nous sommes encore moins fixés sur la nature de l'infectieux. Chalvet, Tiersch, Legros et Goujon ont donné le choléra à des chiens en injectant dans leurs veines ou dans la tra-. chée le liquide filtré provenant des déjections cholériques. Lindsay a exposé les mêmes animaux aux émanations des mêmes déjections, et à celles des vêtements portés par des malades atteints du choléra, et a provoqué un état morbide auquel il a attribué les caractères du choléra ; mais ces diverses expériences ne nous fixent en aucune façon sur les caractères d'un infectieux qu'on a classé arbitrairement clans les ferments ou dans les infusoires.

§ 2. — Symptômes.

Il y a cliniquement trois formes principales du choléra épidémique.

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