‹ Éléments de pathologie exotique [electronic resource]Chapitre 17 sur 81 · Rémission ou aggravation. — La peste est une ma · texte numérisé non relu

Rémission ou aggravation. — La peste est une ma

ladie à marche rapide ; dans certains cas heureux il arrive que l'apparition des bubons et des charbons est le signal de l'amélioration dans les symptômes généraux ; le plus souvent la rémission ne se dessine qu'au cinquième ou sixième jour après des sueurs abondantes; le malade entre alors en convalescence. Dans les cas mortels, l'aggravation s'annonce par l'aphonie, le hoquet, les convulsions, l'anxiété, la dyspnée, l'état misérable du pouls, les syncopes, les hémorrhagies, les selles fétides, les sueurs froides ; l'amaigrissement est rapide et le malade meurt clans le marasme.

Peste compliquée, — Elle est constituée par les formes sidérante ou foudroyante, ataxique, hémorrhagique. La maladie peut avoir pour conséquences la perte partielle de l'intelligence, des paralysies sensorielles diverses, la paraplégie, diverses paralysies musculaires.

La mortalité de la peste est considérable, 50, 60 p.

§ 3.— Lésions cadavériques.

Cette partie de l'étude de la peste est on ne peut plus incomplète, mais il est vraisemblable que l'épidémie de Vetlianka aura été mise à profit, au point de vue des recherches histologiques dont la science est actuellement tout à fait dépourvue. 11 faut donc attendre les publications relatives à cette intéressante question et se borner aux constatations grossières qui ont été faites jusqu'à ce jour. Les cadavres sont souvent peu altérés à cause de la rapidité avec laquelle a évolué la maladie. On n'a rien signalé qui soit caractéristique dans l'état du système nerveux. Aubert-Roche avait cru trouver un caractère important dans l'état rouge des ganglions thoraciques et abdominaux du nerf grand

sympathique, mais il n'y a là, au dire des observateurs venus après lui, qu'un phénomène d'imbibition cadavérique. On constate de la congestion, des hémorrhagies pulmonaires, mais rien qui puisse servir à la caractérisation de la peste ; le cœur peut être pâle, ramolli comme dans les autres pyrexies typhiques. — Le tube digestif paraît souvent intact ; on a signalé l'existence de pétéchies et d'ulcérations sur la muqueuse gastrique.

Les plaques de Peyer, les follicules clos isolés de l'intestin, ne paraissent pas atteints. Le foie est, dans certains cas, hypérémié. — Les seules lésions constantes observées dans la peste sont celles de la rate et des ganglions lymphatiques, c'est-à-dire d'organes considérés comme ayant plus d'un rapport pathologique. Larate est toujoursaugmentéede volume et ramollie ; les ganglions lymphatiques sont en général plus volumineux qu'à l'état normal, gris, café au lait, noirâtres, de consistance variable : on les trouve à l'état de bubons internes clans les régions profondes du thorax, de l'abdomen et dupelvis. On n'a pas encore signalé de lésion propre aux vaisseaux lymphatiques et au canal thoracique.

§ 4. — Prophylaxie et traitement.

La préservation dansles pays d'endémicité paraissant tenir à l'insouciance des populations du Levant relativement aux prescriptions de l'hygiène ordinaire, il y ;i lieu de provoquer de lapart des gouvernements qui les dirigent la mise en pratique des moyens d'assainissement en vigueur dansles pays soucieux delà santé publique. Quant à l'importation de la peste, dont il faut toujours craindre les elfcts, au moins pour les pays

m PATHOLOGIE EXOTIQUE.

limitrophes de ceux où la maladie est endémique, c'est aux prescriptions du règlement français de police sanitaire internationale qu'il conviendra d'avoir recours pour la rendre impossible (1). La durée de l'incubation de la peste n'allant pas au delà de huit jours, il conviendra de fixer à huit ou dix jours la durée de l'observation quarantenaire des personnes suspectes.

Le traitement de la peste est symptomatique, et à ce titre, il peut rendre quelques services. On a plus particulièrement insisté sur la nécessité de la sudation et sur l'opportunité de l'administration des tonistimulants . Onprescrira donc les boissons chaudes, l'infusion de jaborandi à 4 grammes de feuilles pour 500 grammes d'eau bouillante, l'enveloppement dans le drap mouillé etsinapisé, les frictions d'huile chaude, l'alcool à l'intérieur jusqu'à l'ivresse, les vins généreux, les toniques amers. Le traitement chirurgical consistera à ouvrir les bubons, à en tarir les sécrétions par des pansements astringents et antiseptiques, à ouvrir et panser les anthrax, etc.

(1) Voyez pages suivantes.

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