‹ Éléments de pathologie exotique [electronic resource]Chapitre 30 sur 81 · II. Fièvres compliquées. — Ces fièvres pourraient · texte numérisé non relu

II. Fièvres compliquées. — Ces fièvres pourraient

à la rigueur, être divisées et étudiées, comme les précédentes, en prenant pour point de départ le type. Celui-ci peut en effet être intermittent, mais il est presque toujours rémittent, ce qui établit une grande inégalité dans cet élément de distinction des fièvres. Peut-il être continu ? On a proposé de faire disparaître ce dernier type en se basant sur ce fait, que dans la marche ordinaire de toutes les pyrexies, la continuité absolue n'existait pas, ce qui est incontestable. Mais nous ne sommes pas en mesure de nous prononcer aussi affirmativement en matière de fièvres palustres, parce que nous ne possédons pas d'observations thermométriques assez précises. La chaleur variable de la peau perçue grossièrement par le toucher, et les variations du pouls, qui servaient de base aux affirmations de nos devanciers, ne peuvent plus nous suffire. Jusqu'à ce que le thermomètre nous ait renseigné exactement sur l'existence réelle de la continuité, il nous faut bien attendre. 11 est possible que la continuité caractérise certaines fièvres compliquées à marche rapide, mais il est probable que, dès que la maladie a une certaine durée, c'est toujours la rémittence qui est la règle. Je suis, en revanche, d'avis qu'il ne faut pas laisser subsister plus longtemps les types sub-continus et pseudo-continus qui rentrent dans le type rémittent et qui ne sont que des subtilités nosologiques.

La fièvre compliquée est donc presque toujours rémittente : dès lors l'intérêt ne gît plus dans le type, mais bien dans la complication. Celle-ci, qui est de nature très diverse, peut être légère, moyenne. ou grave. La complication grave, c'est la fièvre pernicieuse, l'accès pernicieux de l'École française ; c'est la fièvre rémittente grave de l'École anglaise (Aitken, Mo-

rehead). Chaque complication est un symptôme ou un groupe de symptômes ajoutés à ceux qui constituent la fièvre simple et venant troubler l'évolution de celleci. La complication, quelle qu elle soit, peut survenir d'emblée, ou, ce qui est le cas le plus ordinaire, être consécutive à -des accès intermittents ou rémittents de fièvre simple. Elle est variable dans sa détermination organique et permet de grouper les fièvres compliquées de la manière suivante :

Groupe des comateuses (somnolente, soporeuse, léthargique, apoplectique, carotique, etc.). 1 ' 1

Groupe des ataxiques (délirante, convulsive, encéphalique énileptique, etc.). r 4 ' p

. ?™PÏ ^'algides (algide pure, algides à détermination gastrointestinale, cest-à-d,re cardialgique, gastralgique, dianhéique, dysentérique, cholérique ; algide-sudoral,, algide-syncopale, etc.).

Groupe des bilieuses (intermittente bilieuse, rémittente bilieuse bilieuse hématunque). '

Groupe des typhoïdes (adynamiques, putrides, malignes, etc.).

Groupe des thoraciques (pneumonique, bronchique, hémoptoïque, pleurétique). y

I. Fièvres compliquées comateuses. — C'est la forme la plus commune dans presque tous les pavs torrides et chauds. Elle est très fréquente au Sénégal, particulièrement à Saint-Louis et le long du fleuve, au Gabon, en Algérie, à Rome, à Cayenne, etc. Elle est moins fréquente que l'ataxique, les algides, la cholérique, en Cochinchine. Elle cède également le pas à la compliquée bilieuse, le long de la côte de la Gambie, sur la Côte-d'Or, dans le golfe de Guinée. Elle se combine parfois avec l'ataxique, avec l'épileptique. Primitive et brusque (1), elle peut être facilement confondue avec

(1) La forme comateuse est celle qui se montre le plus souvent, au Sénégal, sans avoir été précédée d'accès simples (Fonssagrives] Traité de thérapeutique appliquée. Antipaludéens, t. XI, p! J39)!

le coup de soleil profond et le coup de chaleur. — Voici sa physionomie générale. L'habitude extérieure est celle du profond sommeil, la faciès n'a pas de coloration caractéristique ; la sensibilité générale est atteinte; l'analgésie et l'anesthésie cutanées peuvent être complètes ; les sens sont plus ou moins obtus, parfois abolis. On observe le plus souvent de la résolution musculaire et quelquefois concurremment le soubresaut des tendons, la carpologie, des mouvements convulsifs. L'intelligence est obtuse ou abolie. Le pouls, dur et contracté, est régulier, la respiration sifflante et stertoreuse. La température varie de 39 à 41°; mais nous manquons de renseignements précis pour l'étude de l'intermittence, de la rémittence ou de la continuité dans l'évolution fébrile.

Page 1