PREMIÈRE PHASE
« 1° Pinta blanche. — La peau commence à perdre sa couleur naturelle sans raison apparente et sans signes précurseurs. L'homme blanc remarque que la peau de ses mains n'a plus exactement la même couleur que celle du reste de son corps ; elle a un ton particulier de cire tendant au jaune. S'il n'a jamais vu la pinta à son origine, ilne pressent pas qu'il soit atteint de cette maladie ; mais il s'imagine qu'il s'est trouvé en contact avec un fluide mordant et ne cesse de se laver, de se préserver du soleil, etc., le tout en vain. La .couleur spéciale se montre de jour en jour avec des limites plus nettes. La peau de l'Indien, du nègre, du métis ou du mulâtre, revêt à la place malade une couleur grise, résultat de la perte de celle qui lui était naturelle.
2° Pinta rouge. ■ La peau de l'homme blanc n'est
pas propre à faire reconnaître le mal dans sa première phase. Pendant quelque temps une jeune filie fraîche prend la rougeur de ses joues pour les couleurs de la santé, jusqu'à ce que l'extension de ce rouge sur son sein, ses bras, etc., et l'éclat particulier de sa peau lui fassent soupçonner et enfin reconnaître que c'est le rouge de la pinta. Chez l'Indien, le nègre, le métis et le mulâtre, les symptômes ne sont pas encore différents de ceux de l'espèce précédente.
3° Pinta bleue. — Chez les blancs, cette forme ne se distingue pas au début de celui de la pinta alba. Chez les Indiens, nègres et mulâtres, la peau commence à perdre sa couleur normale d'une façon remarquable, et plutôt qu'à toute autre place, sur les jointures des doigts. Des doigts, la décoloration passe aux mains et aux bras et le visage y prend part en commençant par les parties les plus saillantes. Ce changement de couleur est une décoloration différente d'après le pigmentum de la peau. La peau du nègre devient grise, celle du métis couleur du bronze ou jaune-citron ; la couleur du mulâtre est trop particulière pour se laisser comparer.
Dans aucune de ces variétés, le malade ne sent à cette première phase des démangeaisons ou une sensation désagréable.
La maladie ne s'arrête jamais à cette première phase, mais passe toute à la seconde ; la durée de cette phase est entièrement irrégulière et dépend de causes inconnues. »