Prophylaxie et traitement. — Le SCOrbllt peut
être prévenu. On atteindra toujours ce but, 1° en ayant soin de faire entrer dans l'alimentation les vivres frais en quantité suffisante et non interrompue, spécialement les végétaux, c'est-à-dire les plantes maraîchères quand les circonstances le permettront, et, à leur défaut, les plantes herbacées comestibles, cueillies à l'état sauvage. Les végétaux qui ont rendu les meilleurs services clans la prophylaxie du scorbut sont la pomme de terre, l'oignon, l'ail, les salades, l'oseille, le cresson, la moutarde et la chicorée sauvage, le pissenlit, le cochléaria, la patience, le raifort, l'arroche, la capucine, le trèfle d'eau, tous les fruits acides : 2° en administrant le jus de citron (lime-juice) en
oW PATHOLOtiTli EXOTIQUE,
temps opportun, c'est-à-dire, suivant les circonstances, chaque jour, au repas de midi à-tous les hommes d'un équipage, après quinze jours de mer, ou hien après dix jours de régime de viande et de légumes secs. La longueur des campagnes, les conditions d'encombrement, de fatigue, devront faire varier les règles de cette administration ; 3° en combattant l'action du froid humide par de bonnes conditions d'habitation, de vêtement et de régime ; 4° en évitant l'encombrement des navires, des casernes, des camps, des prisons, les fatigues corporelles, les longues traversées, les impressions morales dépressives.
Le traitement préventif du scorbut basé sur l'emploi des sels de potasse doit être absolument rejeté : les essais de Monestier sur la Caravane (1856) et de Ledrain sur le Var (1873) en démontrent l'inutilité.
Le scorbut confirmé nécessite toujours un traitement qui s'adresse à l'état général et aux déterminations locales. L'altération du sang propre au scorbut sera combattue par l'application des moyens prophylactiques indiqués plus haut auxquels on joindra l'usage du vin, du fer et du quinquina.
On combattra : 1° les lésions buccales par les gargarismes au tannin, à la décoction de quinquina, au chlorate de potasse, au jus de citron, à l'alun, au perchlorure et au sulfate de fer. On touchera la surface des gencives et leurs bords ulcérés avec un pinceau trempé dans l'acide chlorhydrique ; 2° les lésions cutanées : par les bains tièdes, les lotions savonneuses, les frictions avec l'eau-de-vie, l'alcool camphré, le jus de citron, le vinaigre aromatique. On pansera les ulcères avec le vin rouge, le vin aromatique, l'alcool étendu, les poudres de quinquina, de charbon, de sucre, de résine d'aloès, l'alun, le baume d'Arcéus,
les tranches de citron, etc. ; les indurations hémorrhagïques par le massage, les mouvements passifs, la teinture d'iode. Le Groux a traité avec avantage l'état scléroïde consécutif aux hémorrhagies indurées de la jambe, par l'emploi de compresses imbibées d'une solution concentrée de chlorhydrate d'ammoniaque et les bains alcalins ; il a secondé l'effet de ces agents par l'usage interne du jus de citron, du quinquina, du tartrate ferrico-potassique et la prescription d'un régime réparateur; 4° les douleurs, par les frictions opiacées, laudanisées, les pulvérisations d'éther et de chloroforme, les douches chaudes et tièdes ; 5° les hémorrhagies graves , par les moyens appropriés au siège de l'écoulement sanguin. On a employé plusieurs fois avec succès la transfusion du sang. — Les séquestres devront être ébranlés et enlevées en temps opportun. Les atrophies, les paralysies consécutives devront être traitées par l'électricité, les bains, les douches d'eau sulfureuse, etc.
Appendice : étude comparative du scorbut et du béribéri.