CHAPITRE PREMIER
parasites.
Article premier. — Parasites animaux.
A consulter :
§ 1- — Chique ou puce pénétrante.
Du Tertre (B.-B.). — Histoire des .Antilles, t. II, p. 353.
Rochefort (G. de). — Histoire naturelle des Antilles, cap. xxiv.
Labat (P.), Dominicain. — Nouveau voyage aux îles de V Amérique, Ie édition, 1722.
Guérin Méneville. — Iconographie du règne animal. Insectes.
Levacher (G.). — Guide médical des Antilles et des réyions intertropicales, p. 327, 1840.
Niegek (J.). — De la puce pénétrante des pays chauds et des accidents qu'elle peut occasionner. Thèse de Strasbourg, 1858.
MoouiN-TANDOiv. - Zoologie médicale, 2° édition, 18G2, p. 291.
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Brassac. — Note sur la chique [Arch. de m,;/, nav., I8G5, 2« se-
0;![i PATHOLOGIE EXOTIQUE.
Bonnet (G.). - Mémoire sur la puce pénétrante ou chique (Arch. de méd. nav., 1867, 2e semestre avec planches dessinées par l'auteur). r
Gage-Lebas (L.-L.). — Des animaux nuisibles à l'homme et en particulier du pulex pénétrant. Thèse de Paris, 1807, avec une planche.
Cacvet. — Histoire naturelle médicale, 1869, t. I.
Laboulbène. - Article Chique du Dict. encyclopédique des sciences
médicales, lre série, t. XVI, p. 228.
Maurll. - De Vonyxis ulcéreux observé à la Guyane française
(Arch. de méd. nav., novembre 1879).
§ 2, :s, 4, etc., jusqu'à 15 inclus. — A. Muscides et Œstrides.
Coquerel. — Gaz. méd. de Paris, 183G et 1859 et Archives générales de médecine, 1858-1859.
Moquin-Tandon. — Zooloyie médicale,'!' édition, 1862.
Bonnet. — Contribution à l'élude du parasitisme. Thèse, Montpellier, 1870.
Rochabd (J.). — Etude synthétique sur les maladies endémiques
{Arch. de méd. nav., 1871, 1er semestre). Cauvet. — Histoire naturelle médicale, t. I, 1869. Maillard. — De la Lucilia hominivorax. Thèse, Rlontpellier, 1874. Bérenger-Féraud. — Traité clinique des maladies des Européens
au Sénégal, 1875, t. I, Ver du Cayor.
Bourel-Roncière. — Arch. de méd. nav., 1877, 1er semestre,
Berne, bicheiro, etc.
Courrier (F.-A.). — Un cas de mort par suite d'introduction des
larves de Lucilia hominivorax dans les fosses nasales, à Cayenne
(Arch. de méd. nav., juin 1879).
§ 1- — Chique, Dénominations diverses (d'après Laboulbène) : Noms scientifiques : Pulex penetrans (Linné, 1767); Rhyncoprion penetrans (Oken, 1815); Dermatophylus penetrans (Guérin-Méncville 1836) ; Sarcopsylla penetrans (Westwood, 1836). Noms étrangers : en espagnol, niyiia ; en portugais brésilien, bicho, bicho dus pes ; en espagnol du Pérou, ptgne, pique, pico ; en langue indienne du Brésil, tunga ou pigne, tom^ ton, sico, jatecuùa, niiyor ; en guarani, ul, tungay.
Géographie médicale. — Le Centre-Amérique et l'Amérique torride, particulièrement le Mexique, les Antilles, la Nouvelle-Grenade, les Guyanes, le Brésil, le Paraguay, sont les contrées où l'on rencontre fréquemment la chique. Nous sommes mal renseignés relativement à sa fréquence dans les provinces méridionales des États-Unis. Les médecins de la marine française l'ont observée dans les ports de mer, notamment à Toulon et à Brest ; l'insecte était, bien entendu, d'origine exotique récente. Laboulbène a extrait, à Paris, au mois de février 1867, deux kystes à chique, situés à la face plantaire du pied gauche d'un malade récemment arrivé de Fernambouc. 11 est désormais acquis que les chiques habitent de préférence les bois, où elles vivent au milieu des débris des arbres morts. On les trouve aussi dans les carbets et les huttes abandonnés, dans les cases et les maisons malpropres, pleines de poussières domestiques, dans les étables à porcs, etc. Les habitations bien entretenues en sont exemptes.
Signalement. — La puce chique est plus petite que la puce ordinaire ; le mâle est plus grand que la femelle. Vu par sa face supérieure, l'animal est allongé, elliptique, aplati ; vivant, il est de couleur fauve ; dans l'alcool, il prend une coloration brun-marron ou rougeàtre. Sa tête a la forme d'un bouclier, ses antennes ont quatre articles, ses mandibules sont demi-cannelées sur leur face interne pour loger une pièce impaire importante, le suçoir ; les mâchoires sont larges, pourvues d'un palpe. Le thorax est petit, à trois segments portant trois paires de pattes ; l'abdomen a neuf segments, recouverts de soies rigides ; son dernier segment porte le pénis chez le mâle, les orifices génitaux à valvules sur la femelle. L'animal saute par bonds
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prodigieux pour sa taille, en prenant un point d'appui au moyen de ses pattes postérieures qu'il détend brusquement comme un ressort. Il vit habituellement dans les débris poussiéreux, dans le sable, dans la sciure de bois ; la copulation a lieu dans l'obscurité, puis l'insecte femelle cherche l'occasion favorable pour pénétrer dans la peau de l'homme ou d'un animal. Le mâle n'est jamais parasite, mais il attaque l'homme à la façon de la puce ordinaire sans que sa piqûre soit d'ailleurs dangereuse. (V. fig. dans Moquin-Tandon, dans Bonnet, loc. cit.).
Symptôme». — La chique femelle s'attache à l'homme, quelle que soit la race, quel que soit l'âge de celui-ci. Les individus à peau fine ou molle, les femmes, les enfants, les lymphatiques sont plus facilement atteints, et si on ajoute à cette condition anatomique l'influence du genre de vie, des soins corporels, de la profession, du vêtement plus ou moins préservateur, on sera en mesure d'apprécier la valeur de l'expression humorale vulgaire « avoir du sang à chiques ».
La chique se fixe de préférence aux pieds, aux orteils, dans les sillons sous-unguéaux, dans les plis digito-plantaires, plus rarement au talon, presque jamais sur le dos du pied. Le scrotum vient ensuite au point de vue de la fréquence du siège de la chique, puis, exceptionnellement, toutes les autres parties du corps.
La femelle fécondée se creuse une loge sous-épidermique ou endermique. Elle fend l'épidémie et le derme à l'aide de ses scies mandibulaires, pénètre la tête en avant en se servant des crochets des hanches métathoraciques et reste dans une position telle que l'anus est ouvert h l'extérieur. L'animal aspire alors
les liquides cutanés au moyen de son suçoir et excrète par l'anus et l'ouverture épidermique. L'abdomen grossit peu à peu par le fait du développement des œufs, la ponte a lieu dans les tissus, et l'animal meurt.
A ces symptômes de début ou d'invasion qui durent vingt-quatre ou trente-six heures, succède une période inflammatoire caractérisée par de la douleur locale et une phlegmasie limitée, sans tuméfaction sensible d'abord. Un peu plus tard, on aperçoit, sur le lieu de la piqûre, un point noir central : c'est la partie de la chique qui n'est pas tuméfiée : tout autour est un cercle blanchâtre qui est le sac abdominal : plus en dehors on constate souvent un cercle jaunâtre, qui est du pus.
La terminaison varie : tantôt le pus soulève l'épiderme en même temps que le sac abdominal se rompt, et l'on a sous les yeux une cavité analogue à celle d'un cautère, au fond de laquelle est le derme enflammé, ulcéré, ou déjà cicatrisé ; la phlogose s'est étendue aux tissus voisins, et l'on a à craindre les abcès fusants, les ulcérations plus ou moins étendues, la gangrène, la carie, la nécrose, la chute des orteils. La piqûre de la chique constitue l'une des origines de l'ulcère phagédénique des pays chauds. Elle est la cause la plus commune de l'onyxis ulcéreux de la Guyane, bien étudié par Maurel en 1879.
D'après ce médecin, qui a le premier attiré l'attention sur l'onyxis ulcéreux, cette maladie est absolument distincte de l'ongle incarné vulgaire et consiste en « une véritable inflammation ulcéreuse de la totalité de la matrice unguéale, s'étendant de proche en proche et s'accompagnant presque toujours de la perte de l'ongle ». L'onyxis ulcéreux a pour causes le traumatisme, le choc des ongles dans la marche nu-
pieds, le contact de la boue desséchée, du sang épanché consécutivement à un traumatisme, et surtout le séjour des chiques femelles sous le bord antérieur des orteils, du gros orteil le plus fréquemment. L'affection est indépendante de la race, elle frappe indistinctement les blancs, les créoles, les coolies, les indigènes, s'ils s'exposent à l'influence des causes que nous venons d'indiquer. Si les femmes échappent presque toutes à l'onyxis ulcéreux, cela tient à la nature de leurs occupations et à la facilité qu'elles ont d'être plus souvent chaussées. La fréquence de la maladie est très grande à la Guyane française, car, en 1876, le nombre total des journées pour affections chirurgicales, sur le pénitencier Saint- Laurent, s'élevait à 8163, dont 1079 cas d'onyxis, soit plus du huitième. Mais ce n'est pas le chiffre proportionnel réel ; si, en effet, on ajoute aux 1079 cas précités d'onyxis, le nombre des ulcères des membres inférieurs qui ont eu celui-ci pour point de départ, et qui par le fait de l'ancienneté de la maladie ne sont plus rangés, sur les feuilles de clinique, dans le groupe auquel ils appartiennent, on arrive à reconnaître que l'onyxis est la véritable cause de la moitié des journées d'hôpital. La maladie est, en outre, particulièrement rebelle au traitement et conduit trop souvent à la nécessité de l'amputation ou de la résection (Maurel).
Notre collègue reconnaît deux formes à l'onyxis ulcéreux. Dans la première, le gros orteil est le plus souvent atteint. On observe d'abord un liséré purulent, soit tout autour de l'ongle, soit seulement sur ses bords latéraux ; l'ongle devient mobile, car une nappe de pus sépare sa face profonde du derme sousunguéal,puis il blanchit, devientdur, cassant, douloureux au contact; il faut absolument en pratiquer
l'avulsion. — Dans la seconde forme, la plus commune, celle qui est consécutive à la présence de la chique, on observe les phénomènes suivants : l'animal est d'abord expulsé au milieu du pus dont sa présence a provoqué la formation, mais si le malade est négligent, malpropre, la plaie consécutive à l'ouverture du petit abcès s'ulcère, et le travail ulcératif, marchant d'avant en arrière, détruit presque entièrement l'ongle ou n'en laisse subsister que des débris qui forment corps étrangers. Si l'ulcération vient à gagner en profondeur, lapériostite et la nécrose delà phalange correspondante de l'orteil peuvent en être la conséquence.
Traitement. — 1° Prophylactique. Pour les colons, vêtements préservateurs, examen quotidien des parlies du corps, spécialement des pieds, soins de propreté, sieste ou sommeil loin du sol, dans le hamac. Pour les soldats en colonne expéditionnaire, visites corporelles fréquentes, formation d'infirmiers échiqueurs (Bonnet), échiquage immédiat, défense de se coucher à terre, au besoin frictions des pieds avec l'infusion de feuilles de rocou, avec la pommade au goudron, la pommade camphrée. — Pour les habitations, balayage des poussières, désinfection au lait de chaux, à l'eau chlorurée ou phéniquée, nettoyage et surveillance des animaux. — 2° Curatif. L'échiquage des négresses et des mulâtresses est un procédé applicable au cas où les parasites ne sont pas nombreux, car répété dans des points voisins et multipliés, il serait très irritant. L'opérateur, armé d'une épingle, éraille la peau aux limites du sac abdominal de l'insecte, cherche à contourner ce dernier sans le briser, puis l'extrait. La cavité, une fois vide, est remplie de tabac en poudre, de cendre de cigare, de poudre de vert-de-gris. — On
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pratique un échiquage plus -chirurgical en ouvrant circulairement la zone périphérique de la tumeur, soit avec des ciseaux à lame fine, soit avec un bistouri aigu: le kyste isolé est enlevé avec des pinces, ainsi que ses débris. On touche le fond de la cavité avec un peu de teinture d'iode, de pommade mercurielle ; on y laisse tomber une goutte de chloroforme, s'il y a douleur. Ce procédé est applicable, comme le précédent, aux cas où les chiques sont solitaires. Si les insectes sont en grand nombre, on ouvre quelques kystes isolés les uns des autres, et on emploie, suivant les circonstances, les onctions avec la pommade mercurielle, l'huile du Carapa Guinnensis, les cataplasmes de farine de manoc, les lotions chlorurées, sulfureuses, phéniquées, les solutions de nitrate d'argent. — Complications : traitement ordinaire des abcès, des ulcères, delà nécrose, etc. Notre collègue Beaujean a employé avec succès, sur des Indiens ramenés des Antilles à Pondichéry, en 1864, la teinture concentrée d'aloès. Après quelques jours de repos et de traitement émollient, les surfaces ulcéreuses pansées avec des plumasseaux de charpie imbibés de cette teinture se sont très heureusement modifiées et ont rapidement guéri.
Le traitement prophylactique de l'onyxis ulcéreux de la Guyane consiste également dans l'usage des chaussures et dans les soins minutieux de propreté des pieds. Le traitement curatif a élébien formulé par Maurel. Dans la première forme, la base du traitement consiste dans l'avulsion de l'ongle. Maurel anesthésie l'orteil avec de la glace ou à l'aide d'un mélange réfrigérant, décolle l'ongle avec une spatule glissée à plat sous sa face inférieure, et l'extrait en le soulevant. Les lambeaux épidermiques sont alors enlevés à l'aide des
ciseaux, et l'on panse à plat quand l'hémorrhagie a cessé. Notre collègue recommande le pansement par occlusion fait avec de la cire jaune ramollie dans de l'eau chaude et moulée sur la plaie bien nettoyée. Il a levé cet appareil vers le dixième jour et a souvent trouvé la plaie cicatrisée sans suppuration. Dans le traitement de la seconde forme, alors que l'ongle ramolli échappe aux pinces qui sont employées pour l'extraire, Maurel donne la préférence aux caustiques arsenicaux. Il a employé avec succès la poudre de Rousselot et aussi la préparation suivante : on prend 3 grammes d'acide arsénieux et 10 grammes de charbon de Belloc; on mélange cette poudre composée avec une solution concentrée de gomme arabique, de manière à lui donner la consistance pâteuse, puis on nettoie les bords de l'ongle, et on encadre celui-ci au moyen d'une couche mince de la pâte caustique. On attend alors que la pâte soit sèche, et on panse à recouvrement. Les jours suivants, l'inflammation éliminatrice atteint tout le pourtour de l'ongle, de sorte que cet organe peut être extrait facilement du huitième au dixième jour. L'extraction opérée, la plaie est nettoyée du pus et du sang qui la recouvrent et pansée par occlusion, en appliquant sur sa surface plusieurs petites compresses trempées dans du collodion élastique. Six à huit jours après l'application de ce pansement, il n'est pas rare de trouver la plaie cicatrisée.
§ 2. — Mouche carnassière (mouche vivipare, Sarcophaga carnaria, Musca carnaria). (Fig. dans Gauvet, Moquin-Tandon.)
Commune dans tous les pays; a causé souvent des accidents en Europe et au Brésil. Signalement: taille plus grande que celle des autres espèces, yeux très
écartés en arrière ; thorax gris avec quatre raies longitudinales noires; abdomen noir luisant avec quatre taches carrées, blanchâtres, sur chaque anneau : corps d'un jaune doré intérieurement, couvert de poils noirs assez longs et épais. La mouche est ovovivipare, c'està-dire que ses œufs éclosent au moment même de leur expulsion. Les larves, qui sont seules parasites, sont des vers blanchâtres, mous, sans pattes, terminés en pointe antérieurement, gros et comme tronqués en arrière. Leur bouche consiste en un suçoir avec deux crochets écailleux. La mouche recherche les cadavres pour y déposer ses œufs ; exceptionnellement elle les dépose sur les plaies ou dans les fosses nasales des gens endormis. Les accidents déterminés par la présence des larves devront être traités comme nous le dirons pour la mouche hominivore (Cauvet, Moquin- Tandon, Maillard).
§ 3. — Mouche bleue {Calliphora vomitorta, mouche à viande de France).
Elle est ubiquitaire. Plus petite que la mouche carnassière. Tête brune à reflets jaunâtres ; yeux très enfoncés en arrière ; thorax noir, abdomen bleu rayé de noir. Elle est ovipare; ses larves, appelées vulgairement asticots, sont seules parasites. Elles sont blanches, tronquées en avant, apodes. La mouche les dépose dans les mêmes lieux que la mouche précédente.
§ 4. — Mouche dorée [Lucilia Cœsw). (V. fig. dans Cauvet, p. 178.)
Ubiquitaire. — « Longueur 0m,007 à 0m,008 ; tête déprimée ; antennes brunes dont le troisième article est quatre fois plus long que le deuxième ; ailes écartées ; pieds noirs ; abdomen court et arrondi ; corps vert doré. Ses larves vivent sur les cadavres; on les trouve souvent dans les plaies » (Cauvet).
ANIMAUX ET VÉGÉTAUX NUISIBLES. 645 § 5. Mouche hominivore (Lucilia hominivorarc de Coquerel). (V. fig. dans Cauvet, p. 178.)
Habite surtout les trois Guyanes. Signalement (d'après Bonnet): tête très grande, trompe brun foncé, palpes fauves; tborax d'un bleu foncé très brillant; épaules d'un vert bleuâtre ; abdomen d'un bleu brillant; pattes noires, jambes à reflet brun foncé ; ailes transparentes, un peu enfermées à la base. La larve parasite est d'un blanc opaque, longue de 14 à 15 millimètres, formée de onze segments. Maillard recommande le procédé suivant pour conserver et élever les larves : on les recueille dans un flacon à large tubulure, un flacon à sulfate de quinine, par exemple, que l'on remplit de ouate et que l'on recouvre d'un morceau de gaze. Les larves se creusent un nid dans la ouate et s'y transforment en chrysalides ; sept ou huit jours plus tard, ces dernières passent à l'état de Lucilies que l'on tue par le chloroforme pour l'examen. La Lucilia de Coquerel est surtout abondante dans les grands bois de la Guyane ; mais elle vole partout, en rase campagne comme dans l'atmosphère des navires sur rade. Elle est attirée par les détritus organiques, les corps fétides ; elle dépose ses œufs dans les fosses nasales des gens endormis. Dans ce dernier cas, les larves se développent dans la partie supérieure des fosses nasales où elles rampent et déterminent la sensation du fourmillement intra-nasal, des épistaxis, de la chaleur, du gonflement, de la phlogose. L'inflammation s'étend bientôt aux paupières, au nez, au front : il peut y avoir de l'œdème de la lèvre supérieure . Si alors un traitement antiparasitaire n'intervient pas, le périoste des fosses nasales est atteint, les ulcérations intra-nasales et le phlegmon sous-muqueux donnent du pus qui décolle la membrane de Schneider ;
m PATHOLOGIE EXOTIQUE.
la cloison et le nez tout entier peuvent être détruit, Hy a souvent de la fièvre ; parfois une méningite par propagation enlève le malade, mais la mort peut être la conséquence des seuls désordres locaux et de leur retentissement sur tout l'organisme. Le traitement consiste à tuer les larves, à les évacuer, à combattre es symptômes plus ou moins graves qui tiennent à leur présence : 1» on détruit les larves par les inhalations et les injections de chloroforme et surtout par les injections de benzine pure et l'introduction dans les fosses nasales de bourdonnets trempés dans la benzine. Les injections de chloroforme sont très douloureuses et moins efficaces que celles de benzine, mais les inhalations du premier de ces liquides ont l'avantage d'atteindre la larve dans la profondeur des sinus- 2° on évacue les parasites au moyen des injections d eau tiède, d'eau chlorurée, phéniquée, camphrée, iodée. Pour agir profondément, on introduit une sonde percée d'un œil, vers les sinus, et on pousse les liquides avec force au moyen d'une seringue. L'application du trépan sur les sinus frontaux peut devenir une opération de nécessité ; 3° on combat les symptômes divers par des moyens qui n'ont rien de spécial : l'épistaxis par le tamponnement, les abcès par l'évacuation du pus, les ulcères par. les pansements appropriés, etc.
Une particularité intéressante de l'histoire des larves, c'est la grande différence de volume et par conséquent d'âge que présentent celles que l'on recueille dans les autopsies. Il en résulte que les observateurs ont dû rechercher s'il n'y avait pas des larves-mères et des larves-filles, et si des phénomènes analogues à ceux qui ont été observés pour certains diptères ne se produisaient pas pour les Lucilies. Les ovules du Miastor
metraloas, dit "Wagner, sont produits dans un ovaire situé à la partie postérieure de l'abdomen d'une larvemère ; ils sortent de cet ovaire et les larves nouvelles éclosent dans la cavité de la larve-mère, laquelle meurt et est dévorée par sa progéniture. Dès lors, son corps devient un sac inerte dans lequel les larves-filles s'agitent en tous sens ; elles s'y transforment en nymphes et les insectes ailés qui en proviennent se reproduisent sexuellement comme les diptères ordinaires. Notre collègue le Dr Maréchal, médecin de deuxième classe, a démontré, en 1870, que les faits cités plus haut étaient presque complètement applicables à la Lucilie hominivore.
§ 6. — Mouche ochromya anthropophaya et larve, dite ver du Coyor.
Thaly, Mondière, Sabail, Bérenger-Féraud et plusieurs de nos collègues ont observé, au Sénégal, des cas assez nombreux d'une maladie cutanée parasitaire due à la présence des larves d'une Lucilie, YOchromya anthropophaga. Sabail, en particulier, a fourni des renseignements précieux sur les particularités relatives à ces parasites, et par les soins de Bérenger-Féraud, le professeur Blanchard, de l'Institut, a déterminé l'espèce de la larve et de la mouche. La mouche est grande, d'une couleur marron-clair, plus intense sur le dos que sur l'abdomen ; sa taille varie de 8 à 10 millimètres. La larve a 1 centimètre de long : elle est d'une couleur blanc-sale, et formée de neuf anneaux. Le premier ou céphalique porte un crochet rentrant, le dernier soutient l'anus ; le corps est parsemé de poils courts et rudes; la larve progresse au tnoj en de son crochet. La chrysalide est rouge marron. Sabail a tiré les conclusions suivantes au sujet du ver du Cayor:
1° Le ver du Cayor se développe également sur les hommes de races différentes et sur les animaux;
2° Il paraît choisir son siège sur la région postérieure du tronc et sur les membres inférieurs ;
3° On le rencontre principalement à partir du mois de mai jusqu'à la fin de l'hivernage ;
4° Sa présence se manifeste sur l'homme toujours de la même façon, c'est-à-dire par un petit bouton furonculeux ;
5° Son développement 'se produit toujours par une tumeur qui dure, en moyenne, un septénaire;
6° Il provoque, dans toute occasion, des douleurs vives pendant les trois premiers jours et obtuses parla suite ;
7° Il peut s'extraire presque toujours par la pression ;
8° La plupart du temps, il atteint les hommes qui ont couché sur le sable.
La prophylaxie dérive directement de cette dernière proposition : quant au traitement curatif, il comprend l'extraction du ver et l'application de pansements appropriés.
§ 7. (Estre produisant la larve dite ver macaque. — L'insecte parfait n'est pas connu. Pour Brauer et Bonnet, c'est un Dermatobia; Moquin-Tandon, Bocquillon et Gauvet font dériver la larve d'un Gutérèbre; mais il est probable que cette dernière opinion n'est pas exacte, car la larve des Gutérèbres est ovalaire (Bonnet). — L'insecte habite la Nouvelle-Grenade, le Brésil, les Guyanes, le Pérou. Sa larve est piriforme, d'un blanc grisâtre ; elle a de 20 à 27 millimètres de long. — Bonnet, à la Guyane, ne l'a observée que sur le nègre et sur le coolie, jamais sur l'Européen ou sur le créole blanc. L'œstre ou mouche pique probable-
ment la peau et dépose sa larve parasite sur les parties découvertes, le dos, les épaules; les noirs et les coolies, qui sont nus jusqu'à la ceinture, sont donc plus particulièrement exposés. La larve reste fixée par ses crochets, l'anus en haut. Le patient éprouve alors des fourmillements, une sensation de fine piqûre, et les téguments peuvent s'enflammer, si on ne procède pas à l'extraction de la larve d'abord, puis si on ne complète pas le traitement par l'emploi des lotions antiparasitaires et antiphlogistiques, suivant le cas.
§ 8. Œstre cutérèbre nuisible (G. noxialis). — Elle habite la Nouvelle-Grenade, le Mexique, le Brésil, les Guyanes. Dans le premier de ces pays, les larves portent le nom de gusanos de monte (vers du bois), de miches. Signalement : insecte long de 17 millimètres. Il a le front avancé, obtus, brun, à poils noirâtres, des antennes jaunes à premier article garni à son extrémité d'une petite houppe de poils courts. Les yeux sont bruns, avec une bande noirâtre au milieu. Le corselet, nuancé de bleuâtre, tacheté de gris et de noir formant des zones longitudinales, est couvert de poils très courts, noirs. Abdomen chagriné, d'un beau bleu, à premier anneau et à bord antérieur du second d'un blanc sale. Ailes brunes. Pattes jaunes, à poils de la même teinte (mâle) (Moquin-Tandon). — D'après le Dr A. Posada-Arango, c'est une très grosse mouche, bleu-foncé avec la tête blanchâtre et les pattes fauves. La mouche, d'après le même auteur, attaque le bœuf, le chien, le jaguar (Roulin) et l'homme, mais ne pique ni le cheval, ni une certaine variété de bœuf à peau épaisse que ne peut traverser l'aiguillon de la mouche (1). - Signalement de la larve : elle atteint
(I) Cette explication a été donnée par le D' S. Bond, cité par le D' A. Posada-Arango (journal l'Abeille). 1
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près de 27 millimètres de long. Son corps est glabre et blanchâtre. Ses trois premiers anneaux sont couverts d'aspérités noires et de très petites spinules ; les trois suivants portent deux rangées circulaires de crochets de même couleur, plus forts et dirigés en arrière. Les cinq segments postérieurs sont lisses. La bouche est munie de deux crochets (Moquin-Tandon). V. fig. de la mouche et de la larve, in Moquin-Tandon, Zoologie médicale, p. 322.
Le Dr Posada-Arango a fourni les renseignements suivants sur la piqûre de la mouche et ses conséquences. La Gutérèbre nuisible ne pique que les parties découvertes. L'homme peut ne pas éprouver de douleur au moment de la piqûre et ne la ressentir qu'au moment où la larve s'est développée. On constate alors la présence d'une petite tumeur, pourvue à son sommet d'un petit orifice, au travers duquel on aperçoit un corps blanchâtre ; c'est la larve qui est toujours en mouvement. En général, sauf l'insomnie qui n'est pas d'ailleurs la règle, le malade n'éprouve aucun symptôme général incommodant ou grave. Si la larve siège dans le voisinage d'un organe important, clans l'orbite, par exemple, le malade court des dangers auxquels il faut remédier le plus tôt possible.
Sur les animaux, la larve, abandonnée à elle-même, passe à l'état de mouche et disparaît. Chez l'homme, il convient de ne pas attendre ce dénouement et d'extraire la larve ou de la détruire par les onctions mercurielles, l'eau phéniquée, le crayon de nitrate d'argent. En Nouvelle-Grenade, dit Posada-Arango, le vulgaire applique sur la tumeur une sorte de cataplasme ou d'emplâtre de tabac, narcotise ainsi la larve et l'expulse de sa cavité par la compression latérale de la tumeur. En général, les médecins de ce
pays préfèrent l'extraction par l'incision, la pince et la curette quand le malade vient se présenter à eux ; s'il est éloigné, Posada-Arango prescrit l'application de pommade à l'oxyde rouge de mercure, procédé de traitement moins expéditif que l'extraction, mais tout aussi sûr.
Appendice. — Dénominations étrangères relatives aux espèces parasitaires appartenant aux muscides et aux œstrides.
Bicheiro. — Au Brésil, les accidents produits par la présence dans les fosses nasales des larves de muscides et plus particulièrement de celles de la mouche carnassière et de la mouche hleue portent le nom de Bicheiro des fosses nasales. C'est la même maladie pour laquelle Hope a proposé, en Europe, le nom de myasis. Au Brésil, le Dr Mello-Brandao a publié sur le Bicheiro un travail dont l'analyse faite par le Dr Julio Moura a paru dans la Gaceta medica de Bahia, en 1876. Les causes prédisposantes du Bicheiro seraient le lymphatisme, la malpropreté, les ulcérations, l'ozène, les fièvres putrides et toutes les maladies qui provoquent des sécrétions fétides dans les cavités nasale et buccale. L'état d'ivresse, le sommeil profond pendant la fatigue, faciliteraient le dépôt des larves. Peut-être l'action de flairer Y Aristoloche à grandes feuilles, connue au Brésil sous le nom de Jarrinha ou Milhomeus, peutelle déterminer la maladie à cause de la présence des larves sur les fleurs de ce végétal? Le prurit nasal, les douleurs sous-orbitaires, la fièvre, le larmoiement, la tuméfaction des narines, un écoulement sanieux par le nez et par la partie postérieure des fosses nasales, des épistaxis, la pâleur et l'œdème de la face, la tuméfaction du cuir chevelu, tels sont les symptômes observés. Les muqueuses, les muscles, les cartilages, les
os eux-mêmes peuvent être atteints. Le traitement est celui dont nous avons parlé à propos de la Lucilia hominivore.
Gusancias. — Certaines larves du Mexique, du Pérou, de la Nouvelle-Grenade, appelées gusanos, pénètrent dans les fosses nasales et y déterminent les maladies appelées gusancias dans les pays d'Amérique d'origine espagnole. Notre collègue Layet a recueilli quelques-unes de ces mouches et J. M. Lucas les a fait parvenir au professeur Laboulbène qui a reconnu en elles la Lucilia hominivorax. Nous avons vu plus haut qu'en Colombie on donnait également le nom de gusanos aux larves de la Çuterebra noxialis.
Peenash. — Le Dr Woillez rapproche, à juste raison, les accidents causés par la Lucilie hominivore de ceux que l'on observe dans l'Inde et que l'on y désigne par le nom de peenash.
Berne. — Le peuple, au Brésil, appelle ainsi, non une maladie, mais la larve d'un insecte qui ressemble à une mouche. Cette larve est déposée dans le tissu cellulaire de l'homme et des animaux. D'après le Dr Chernoviz, cette larve serait celle de la Çuterebra noxialis; le Dr Camintroa pense que c'est Y Œstre du bœuf, le Dr Mello-Brandao est plutôt d'avis qu'il s'agit du Çuterebra cyaniven',ris, et le Dr Rodriguez Ferreira estime que le parasite est une larve de moustique, le Carapana. Quoi qu'il en soit, les symptômes généraux et locaux seraient les suivants : après avoir entamé la peau au moyen de sa tarière, l'insecte dépose un œuf dans la piqûre, d'où prurit, tumeur lancinante, tuméfaction, parfois fièvre. La larve s'étant développée, si on comprime la tumeur latéralement, on voit saillir à l'extérieur l'extrémité cépbalique, c'est-à-dire la partie effilée de la larve (Dr M. Cosla).
Le traitement se compose du décidément léger de l'orifice cutané, du pansement avec le tabac en poudre, l'onguent mercuriel, l'eau ammoniacale, l'essence de térébenthine, etc.
§ 9. Rouget. — Ubiquitaire, mais très commun dans l'Entre-Rios, dans la Plata (V. fïg. dans Cauvet, t. I, p. 210). — C'est un acaride très petit, ayant un dixième' de millimètre, rouge orangé ou écarlate, hexapode pourvu d'une tête à crochets. - Il occasionne de très vives démangeaisons. - Frictions avec eau vinaigrée eau ammoniacale, pommade mercurielle.
§ 10. Acaropse ou cheylèle de Le Roy de Méricourt - Acaride trouvé dans le pus du conduit auditif cbez un matelot (V. fig. dans Cauvet, p. 211) Rappelle l'acarus de la gale : rostre volumineux pieds-mâchoires énormes à deux crochets, huit pattes à sept articles.
§ H. Tique de Cayenne, tique américaine. — Cet acaride est microscopique à l'état jeune, et atteint ^1 à 2 millimètres à l'état adulte. Il a été bien étudié par Bonnet. Sa couleur est jaune rouge quand il est à jeun gris blanchâtre quand il est repu. Sa forme est cell ed une petite lentille. Hexapode quand il est jeune il est octapode à l'état adulte. Il pique les parties délicates de la peau, fixe ses crochets, se gorge de sang et devient inerte. Si on l'arrache brusquement, se? crochets restent dans les téguments et produisent un bouton qui s indure. Il convient de pratiquer une incision de petite étendue pour l'extraire ou de l'enlever dehca ement avec des pinces fines avant la réplétion :
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consécutif' s'n y a ta <v- % d-
§12. Pou d'agouti de Cayenne. - C'est un acaride
microscopique non classé. 11 est ovale et n'a que 4 dixièmes de millimètre. Tous les animaux de la Guyane sont susceptibles de l'avoir ou l'ont. L'homme en est parfois couvert, à la chasse. Il recherche les régions délicates de la peau, pique surtout les membres inférieurs qui sont plus exposés, détermine des démangeaisons sans inflammation. On s'en débarrasse par les frictions avec le vinaigre et le suc de citron.
§ 13. Tlasahuate. — Au Mexique, un petit insecte, appelé par les Indiens tlasahuate, attaque l'homme et se fixe presque toujours aux paupières, aux aisselles, au nombril : sa présence est la cause de démangeaisons avec rougeur et gonflement ; la plaie suppure quelquefois. Est-ce la chique, le berne, ou un acaride qui produit cet accident ?
§ 14. Larbisch. — Ce n'est pas le nom d'un animal, mais bien celui d'une maladie ainsi nommée par les noirs Sénégalais, Yolofs et Toucouleurs. Bérenger- Féraud en a observé plusieurs cas et conclut des faits cliniques qui ont passé sous ses yeux, qu'il s'agit, dans le Larbisch, d'une affection cutanée de nature psorique. Est-ce YAcaims scabiei, ou un acarus voisin qui la détermine ? Est-ce plutôt une filaire ? C'est à un examen plus minutieux que celui qui a pu être fait qu'il convient de demander la solution de ces questions. Bérenger-Féraud a observé le larbisch trois fois au membre inférieur, une fois au membre supérieur. Des sillons sous-épidermiques, des vésicules et des vésiculopustules le caractérisaient ; les liquides parasiticides, particulièrement les solutions de bichlorure de mercure au 150°, les bains sulfureux et alcalins en amenaient rapidement la guérison.
§ 15. Linguatules. — La présence de ces crustacés microscopiques dans les organes de l'homme a été sou-
vent observée,- mais n'a jamais pu suffire pour caractériser une maladie spéciale. Von Siebold, Zencker, Helsch et d'autres observateurs les ont reconnus sur le cadavre et dans des circonstances différentes de maladie. Dounon a signalé la présence de la L. sen-ata dans la diarrhée de Cochinchine, où elle joue, sans aucun doute, un rôle très secondaire. Signalement : animal long de 5 à 7 millimètres, large de 2, mou, lancéolé-oblong, presque spatulé, très obtus en avant, légèrement atténué en arrière, aplati, transversalement strié ou ridé, denticulé sur les bords. Il ressemble à unepetite langue allongée. L'extrémité obtuse présente, en dessous, une bouche elliptique, portant de chaque côté une paire de crochets un peu inégaux (l'extérieur plus petit) dirigés d'avant en arrière (Moquin-Tandon). V. fig. de la L. serrala, L. dentelée, dans Moquin-Tandon,p. 327.
§ 16. Hydatides d'Islande. — Maladie hydatique des Islandais. Livrarveiki d'Islande.
Schleissner (P.-A.). — L Islande examinée sous le rapport médical.
Copenhague, 1849, traduit par L.-L. Livin, revu par Robert. Thorstensen (J.). — Tractatus de morbis in Islandia frequentissi-
mis {Mémoires de l'Académie de médecine, t. VIII). Guérault (J.-H.). — Note sur la maladie hydatique des Is/a?idais. Jacolot (A.-A.-M.). — Relation médicale de la campagne de ta
corvette VArtêmise en Islande. Thèse de Paris, 1861. Chastang. — Etude médicale sur VIslande. Thèse de Montpellier
Delpeuch. — Notes et observations recueillies dans le cours d'un voyage maritime au nord de l'Europe. Thèse de Montpellier 1 868 .
Hjalteun. — Note sur le traitement des hydatides en Is'ande, in Archives de médecine navale, 1869, 2° semestre.
Finsen (J. Dr). — Echinocoques en Islande, in Arch. de méd., 1869, p. 191.
- Article Entozoaires, p. 407, in Dict. de méd. et de chir prat., 1870, par Luton. ; '
6o6 PATHOLOGIE EXOTIQUE.
Rochard (J.). — Étude synthétique sur les maladies endémiques, iu Arch. de méd. nav., 1871, 1er semestre.
Pocard-Kerviler. — Des kystes hydatiques du foie. Thèse de Montpellier, 1875.
Kermorgant. — Rapport médical sur la campagne de l'aviso le Laplace à la station d'Islande, 1875.
Histoire naturelle, pathologie et thérapeutique.. — La maladie hydatique d'Islande est lice à la présence dans divers organes, et spécialement dans le foie, des hydatides contenant les embryons et les scolex du Tœnia echinococcus. Ces hydatides helminthifères sontelles d'origine héréditaire comme l'avancent plusieurs médecins islandais ? Nous ne le pensons pas. Viennentelles du dehors? c'est notre avis appuyé sur des faits. Les chiens, en effet, seuls animaux dans les organes desquels le ténia échinocoque parvienne à l'âge strobilaire, sont très nombreux en Islande et 28 fois sur 10O ils sont affectés du T. échinocoque.
Les Islandais laissent leurs chiens coucher dans leurs chambres d'habitation : or Richetafait connaître, en France, un cas de transmission du ténia échinocoque du chien à l'homme, l'animal couchant constamment près de son maître. Mais, en Islande, la transmission ne se borne pas là. Beaucoup d'autres animaux, le mouton, le cheval, le porc, l'âne, le mulet, le bœuf, la chèvre, l'oie, le canard, la poule, le pigeon, sont atteints du même parasite sous la forme d'une hydatide renfermant l'helminthe à l'état d'embryon et de scolex. Les moutons sont plus particulièrement atteints. Répandus dans la campagne, ils abandonnent des hydatides excrémentitielles sur les plantes comestibles, les mousses, lés oseilles, le cochléaria, et les expériences de Siebold, de Van Beneden et de Rudolphi ont démontré avec quelle facilité les chiens devenaient porteurs-
ANIMAUX ET VÉGÉTAUX NUISIBLES. 657 du ténia échinocoque après avoir ingéré des hydatides provenant du foie ou des poumons de mouton. Les poissons sont également suspects : la morue et le merlan, communs en Islande, contiennent souvent des helminthes dontles caractères n'ont pas été nettement établis, mais devront l'être ultérieurement. Enfin certains médecins islandais attribuent la maladie à l'usage du skyr, c'est-à-dire du lait de brebis mélangé de poisson. Ce liquide ne contient-il pas des scolex ou même les cucurbitains microscopiques du ténia échinocoque? C'est à vérifier, mais en somme, malgré nos incertitudes on peut avancer qu'en Islande le parasite de la maladie hydatique environne l'habitant.
Le T. échinocoque de Siebold est long de 3 millimètres : son rostellum est armé de 28 à 36 crochets en deux rangées : la tête est ovale, à quatre ventouses circulaires : son corps comprend trois ou quatre segments dont le dernier, seul parvenu à l'âge adulte porte un pénis saillant et un utérus pelotonné par places, sinueux en d'autres points. Les hydatides sont les unes stériles, les au tres fertiles, c'est-à-dire contenant des embryons et des scolex. Le liquide contenu est séroalbummeux. Les œufs contenus dans les cucurbitains sont spheriques.
pn^«Arè Si Th0rustensen' «n 7° ^ la population avait, en 1863, des echinocoques dans le foie ou dans d'autres viscères En 1869, dans son district, J. Finsen comptait un cas d hydatides sur 43 habitants, mais il pensait que la maladie était plus fréquente sur d'autres points de 1 île Pour Hjaltelin, un dixième de la population est a .teint de la maladie. Au rapport de Kermorgant, Tnn 1CeSirense,Snements sont entachés d'erreur, car ilssont le plus souvent fournis par des bergers et par des Sens de la campagne plus empressés qu'exacts dans
leurs appréciations. D'ailleurs, pour tous les médecins indigènes et étrangers, la maladie diminue dans l'île, à n'en pas douter.
La maladie hydatique est plus fréquente dans l'intérieur que sur le littoral. Elle atteint les deux sexes dans une proportion sensiblement égale ; elle a son maximum dans l'âge adulte.
On trouve l'hydatide surtout dans le foie, et dans le lobe droit, de préférence. Puis viennent, par ordre de fréquence, les poumons, les reins, la rate, les plèvres, le péritoine, la tunique vaginale, les couches profondes de la peau en différents points. Voici un relevé de Finsen portant sur 235 cas et cité par Luton :
Point de départ.
Foie Reins Rate
Cav. abd.
Poumons Tète Nuque
Rég. sus-épin.
Rég. sous-clav.
Rég. axillaire Sein Bras Cuisse
Les symptômes n'ont rien de spécial. Jon Finsen aattiré l'attention sur la difficulté qu'il a éprouvée parfois à établir le diagnostic différentiel de la maladie hydatique et de l'ascite. Les commémoratifs, l'absence de matité dans la région lombaire, la tension moins grande des téguments de l'abdomen, l'ondulation spéciale du liquide, pourront, d'après ce médecin, aider à lever les difficultés du diagnostic. Il a observé en outre, en Islande, un exanthème analogue à l'urti-
Hommes.
Femmes.
Total.
caire, survenu après la rupture spontanée d'un kyste.
Le pronostic de la maladie hydatique, très sévère en France, comme chacun sait, le deviendra sans doute moins, en présence des perfectionnements apportés chez nous dans la méthode des ponctions. En Islande, d'après Finsen, il est assez rassurant; les résultats des divers traitements vont nous le prouver.
Prophylaxie. — Éviter le voisinage des animaux atteints souvent du ténia échinocoque, comme les chiens, ou porteurs des hydatides qui contiennent les embryons et les scolex de ces helminthes, comme les moutons, etc., et peut-être les poissons, spécialement la morue et le merlan. — Ne tolérer en Islande que les chiens indispensables à l'homme et en limiter le nombre (Krabbe). — Faire examiner avec soin le lait, le skyr, les eaux potables, les animaux, les végétaux comestibles : employer le microscope, quand il y aura lieu. — Éclairer les Islandais et les étrangers par la distribution d'une instruction hygiénique spéciale.
Traitement médical. — Je ne cite que pour mémoire l'emploi interne del'iodure de potassium, du chlorure sodique, de la poudre de racine de rhubarbe, du sous-carbonate de potasse, tous à rejeter. Thorstensen a employé le calomel à l'intérieur, la pommade mercurielle en onctions locales. « Il est impossible de nier, dit Hjaltelin, qu'un certain nombre de personnes n'aient été guéries par cette médication. » Mais dans d'autres mains, les mercuriaux ont toujours échoué, et d'ailleurs le calomel donné, en France et ailleurs, par plusieurs médecins, jusqu'à salivation, n'a jamais réussi, et n'a produit aucun effet parasiticide. Hjaltelin a cru trouver clans la teinture de kamala l'anthelminthique cherché. Le kamala est une poudre résineuse rougeâtre qui recouvre les cap-
suies d'une Euphorbiacée très commune dans lesmontagnes de l'Inde : sa teinture est ténicide. Hjaltelin l'a donnée à la close de 30 gouttes pour un adulte, pendant un] mois environ ; mais d'après Finsen et Kermorgant, c'est un simple calmant des douleurs, auquel . Hjaltelin a renoncé, du moins à titre de traitement exclusif.
Traitement chirurgical. — Le Dr Thorarensen paraît avoir obtenu plusieurs succès par l'emploi de la méthode électrolytique. Deux aiguilles d'acier ou d'or sont introduites dans les tumeurs et mises en communication avec une pile, afin de déterminer, dans le sein du liquide hydatique, la production d'étincelles électriques et la destruction des échinocoques. C'est évidemment une méthode à employer, en évitant les pblegmasies et la fièvre symptomatique. — La ponction par le trocart a donné à Hjaltelin 21 succès sur 24 opérations. Murcbison a obtenu 17 guérisons sur 20 ponctions. — Les ponctions avec les appareils aspirateurs ont été également suivies de succès. On leur a reproché en Islande de s'opposer à l'évacuation complète, des débris d'hydatides venant obturer l'orifice des canules : c'est un inconvénient facile à éviter en renversant pour un instant le sens du courant liquide dans les appareils. Nous pensons qu'il y a avantage à faire plusieurs fois le vide dans la pompe des aspirateurs (procédé du Pr Lauvergne, de Brest), une fois le liquide évacué dans sa totalité, et d'accoler ainsi autant que possible les faces opposées des poches kystiques. On devra se servir le plus souvent du trocart Dieulafoy n° 2. — Hjaltelin a perdu trois malades sur quatre opérés par les caustiques, potasse caustique ou pâte de Vienne; d'un autre côté, « Jon Finsen donne le résultat de sa pratique
ANIMAUX ET VÉGÉTAUX NUISIBLES. 661 jusqu'en 1869. Sur 49 malades, il a eu 43 opérations: chez 5, le traitement fut interrompu par un motif quelconque ; sur 38 kystes traités par les caustiques, 31 ont été guéris, 2 malades avaient encore des kystes non opérés et 7 seulement sont morts » (Finsen, in Thèse dePocard-Kerviler). Jouassen a obtenu de son côté de très beaux succès par l'emploi du caustique de Vienne et de la méthode de Récamier, Il y a donc un véritable avantage à employer, quand le temps ne presse pas, le traitement par les caustiques.
§17. — Vers rubanés.
A consulter :
I)a vaine. — Traité des entozoaires. Paris, 1860.
Moquin-Tandon. — Zoologie médicale, 2° édition, 1862.
Cauvet. — Histoire naturelle médicale, t. I, 1869.
Luton (A.). - Article Entozoaires (Dict. de méd. et de chir. Pratiques, 1870, t. XIII;. 1
Grenet et Davaine. — Note sur une nouvelle espèce de ver recueillie à Matjotte (Arch. de méd. nav., 1870, 1er semestre).
Rochard (J.). — Etude synthétique sur les maladies endémiques (Arch. de méd. nav., 1871, 1er semestre).
Bellom. — Du ténia et de son traitement par la qraine de Courae Thèse, Paris, 1875.
Laboulbène. — Union médicale, 1877, nos 10g et suivants
Progrès médical, 1877, n° 49, p. 935. Botriocéphale.
Bonnet et Baiuy. — Note sur le ténia inerme (Arch. de méd nav
1878, 2e semestre). ' ''
Barnier. — Du ténia inerme. Thèse, Montpellier, 1879.
1° Ténia inerme. — Signalement : Les fragments ou les cucurbitains sont sexués latéralement et les pores génitaux dans la longueur du strobile sont très irrégulièrement alternes. Ces caractères, en y ajoutant la couleur blanche ou blanc-jaunâtre des articles et leur expulsion souvent involontaire du malade, suffisent pour permettre d'affirmer, presque à coup sûr, qu'il
s'agit du Ténia inerme. Un seul cucurbitain, dit Laboulbène, pourrait suffire pour assurer le diagnostic ; en le plaçant sur une lame de verre et en l'imbibant d'une solution de potasse au 100e, on voit au microscope et avec un faible grossissement (50, 60 diamètres) les parties obscures s'éclaircir et les téguments devenir transparents. On aperçoit alors un axe médian allongé, d'où partent latéralement des rameaux parallèles qui se divisent en deux ou trois branches et qui sont au nombre de 20 à 30 de chaque côté. C'est l'appareil utérin et génital. Le ténia armé a des caractères différentiels que nous exposerons plus loin. — Le ténia inerme adulte se présente sous l'aspect d'un corps rubané ou plat, d'une longueur de plusieurs mètres, formé d'anneaux ou de fragments réunis. Une extrémité est très effilée et terminée par un petit renflement, c'est la tête; l'autre extrémité est moins élargie que le milieu et on y voit des anneaux absolument pareils à ceux que rendait le malade. La tète est pourvue de 4 ventouses visibles à l'œil nu, noirâtres, disposées en carré. Jusqu'à ces derniers temps on n'a constaté aucune ouverture au milieu de l'espace occupé par ces ventouses, mais Bonnet et Bavay (1878) ont démontré qu'il y en avait plusieurs. Pour ces observateurs (V. article indiqué), il existe une dépression au point d'intersection des diagonales du carré qui contient les quatre ventouses. Vers le fond imperforé de cette bouche médiane, on aperçoit quatre petits nodules très visibles pendant la vie du ténia, qui sont les orifices de 4 petits conduits et l'on peut suivre ces derniers dans les parties latérales des cucurbitains. — Le corps du ténia inerme est formé d'anneaux ou de segments, ceux qui suivent la tôle plus larges que longs, les suivants carrés, les
derniers plus longs que larges. Les œufs de ténia
Fig. 5. — Partie antérieure de la tete du ténia inerme, d'après le Dr Bonnet {loc. cit.).
bb* PATHOLOGIE EXOTIQUE.
inerme, faciles à rechercher en pressant entre deux lames de verre un cucurbitain provenant de la partie de l'animal opposée à l'extrémité céphalique, sont ovales et ont un. contenu granuleux. — Chez l'homme,
Fig. 6. — Schématique de la tête du ténia inerme, d'après le D1' Bonnet (loc. cit.).
le ténia inerme est assez souvent solitaire, comme le ténia armé.
D'où vient le ver rubané qui nous occupe? On l'a longtemps confondu avec le ténia armé ; plus tard Kuchenmeister l'a décrit sous le nom impropre de T. mediocanellata, qui ne peut dériver d'un caractère organique spécial. Leuckart, en 1861, a fait prendre à un veau de quatre semaines un fragment de plus d'un mètre de ténia inerme. L'animal mourut 27 jours après, farci de kystes contenant des cysticerques. Depuis cette époque, Masse et Pourquier ont fait ingérer des
cucurbitains du même ténia à des agneaux, à des chiens, des lapins et des veaux, et ces derniers seuls ont eu des cysticerques.
D'autre part, le Dr J. Rochard a communiqué à l'Académie de médecine, le 18 septembre 1877, les recherches de notre collègue le Dr Talayrach, médecin-major du Ducouedic, au sujet du ténia inerme du Levant. Talayrach, étant sur les côtes de Syrie, a recherché le cysticerque inermis dans les pièces de bœuf apportées à bord pour la nourriture de l'équipage, et à la suite de recherches patientes, il a été assez heureux pour le retrouver sous la forme de petits kystes situés le plus souvent à la surface des muscles, plus rarement dans leur épaisseur, presque jamais dans le tissu cellulaire. Ces kystes, plus abondamment répandus]dans le psoas et dans les muscles de la cage thoracique que dans ceux des membres, se composaient d'une enveloppe fibreuse résistante et renfermant un liquide au milieu duquel se trouvait un ovule d'un blanc nacré, gros comme un grain de semoule, fortement adhérent à la membrane d'enveloppe, et clans lequel le microscope a fait reconnaître à Talayrach les caractères du scolex du ténia inerme.
D'après P. Mégnin, la génération alternante n'a pas besoin d'être invoquée pour expliquer l'évolution du ténia inerme. Elle n'est qu'un mode particulier du développement des ténias et ne s'applique qu'au ténia armé, lequel provient certainement du porc ladre. On trouve dans l'intestin du cheval, dit P. Mégnin, des tumeurs kystiques qui évoluent sur place et qui produisent plus tard, sans passer par un autre animal, des strobiles de ténias. Le fait a-t-il lieu chez l'homme pour le cyslicerque inerme ? cela reste à démontrer.
Mais P. Mégnin va plus loin : pour lui le ténia
inerme ne provient pas de la viande de bœuf crue ou mal cuite, mais bien des boissons ou des légumes qui le contiennent à l'état d'œufs ou d'embryons. Gomment accorder ces faits avec l'expérimentation sur les animaux et avec ce que l'on a observé sur les côtes de Syrie, en Abyssinie, sur tout le littoral méditerranéen de l'Afrique, en Cochinchine, à Toulon, en Russie et enFrance, depuis que la médication par la viande crue s'est répandue dans ces deux pays. Au Sénégal, l'eau prise dans le fleuve même ou dans les mares et consommée en boisson joue un rôle incontestable dans le mode d'introduction du ténia inerme dans l'intestin (Barnier,Bérenger-Féraud), mais celui de la viande de bœuf n'est pas moins prouvé. Il est donc possible que le cysticerque inerme s'introduise dans l'organisme de plusieurs manières : le mode d'introduction le plus fréquent, d'après les observations, c'est l'ingestion de la viande de bœuf contenant ce cysticerque.
2° Ténia armé. — Le malade porteur de ce ténia expulse, en général, des fragments du strobile composés de 4, 6, 8, 10 cucurbitains ou davantage, et l'issue involontaire de ces parties de l'helminthe dans les vêtements du malade ne s'observe pas. Le diagnostic anatomique entre les deux espèces de ténia porte sur les caractères suivants qui appartiennent au ténia armé : tête à 4 ventouses portant deux couronnes de crochets concentriques, anneaux plus étroits, plus minces, moins forts ; organes génitaux à ramifications moins régulières, œufs de forme ronde. — Le ténia armé provient du cysticerque du porc. Quand on trouve chez le porc, vers la base de la langue et de chaque côté du frein de cet organe, des élevures opalines, demi-transparentes, globuleuses, ovoïdes, sou-
levant la muqueuse et faisant saillie sous le doigt, on peut affirmer que le porc est ladre. Le siège de prédilection des cysticerques du porc est la langue, le cou, les épaules, le cœur, les intercostaux, les psoas, les muscles des membres inférieurs. VanBeneden, le premier, a donné des anneaux de ténia armé à un porc qui fut trouvé, quatre mois et demi après, farci de cysticerques. Il est maintenant démontré que c'est le porc ladre qui donne à l'homme le ténia armé. L'animal, engloutissant des cucurbitains de ténia au milieu des matières fécales déposées dans la campagne, arrive à être farci de cysticerques, et en outre, comme les porcs ingèrent les excréments les uns des autres, les œufs ingérés par l'un d'eux et non développés dans ce premier milieu, sont repris par un autre animal et peuvent y continuer leur évolution. Ces animaux contractent aussi la ladrerie en buvant l'eau des mares qui contient des cucurbitains et des œufs de ténia. Ultérieurement, l'homme consomme la chair du porc et ingère le scolex ; puis la germination des anneaux derrière le scolex détermine la formation du strobile.
Le ténia armé, au point de vue géographique, a été particulièrement signalé dans le canton de Zurich, en Abyssinie, dans les îles de la Malaisie. Rufz de Lavisonri'en a pas observé un seul cas à la Martinique, sur des créoles n'ayant pas quitté la. colonie, ou sur des Européens y résidant depuis longtemps. Il est d'ailleurs absolument impossible d'établir, suivant les localités, la fréquence relative du ténia armé et du ténia inerme, parce que ces deux helminthes se trouvent fréquemment indiqués sous le nom de ténia sohum, qui est applicable à l'une ou à l'autre espèce, ou môme simplement sous le nom de ténia. Il est indis-
pensable, dans l'avenir, que chacun d'eux, sa provenance étant connue, soit caractérisé par la présence ou l'absence des crochets céphaliques, lesquels constituent le caractère différentiel le plus évident. Toute statistique qui ne prendra pas cette constatation pour point de départ sera fatalement entachée d'erreur.
3° Autres ténias. — Les deux helminthes dont nous venons de parler sont de beaucoup les plus fréquents. Il en est d'autres que l'on peut partager en deux groupes. — Le premier comprend ceux qui se rapprochent du ténia inerme. Ils sont au nombre de trois : 1° un ténia du cap de Bonne-Espérance, à scolex inconnu : le strobile ou ténia complet porte une crête longitudinale, des pores alternes, un utérus et des œufs semblables à ceux du T. inerme ; 2° un ténia ardoisé, dit aussi T. nègre, sans rostre ni crochets, portant des pores génitaux alternes très saillants (Laboulbène) ; 3° un ténia des Indes et de la côte de Guinée, appelé à tort Botriocephalus tropicus par Schmitmuller : cet helminthe a été trouvé sur des nègres arrivant des Indes et sur des Européens qui avaient séjourné sur la côte de Guinée. — Le second groupe, constitué par les ténias qui se rapprochent du T. armé, fournit cinq espèces : 1° le ténia nana d'Egypte, dit T. de Bilharz : il a de 13 à 21 millimètres de long, son strobile est déprimé, ses anneaux plus larges que longs, ses pores génitaux sont unilatéraux; il n'a qu'une seule couronne de crochets ; 2° le ténia échinocoque du chien, très commun en Islande (V. sa description à propos de la maladie hydalique des Islandais); il n'a que quelques millimètres de long et porte deux couronnes de. crochets ; 3° le ténia de Madagascar, trouvé à Mayotte par Grenet et classé par Davaine. C'est une très petite espèce ayant des rapports avec le
ténia nana d'Egypte : ses cucurbitains ressemblent à des pépins de pomme, ils ont de 3 à 4 millimètres de long, les pores génitaux sont unilatéraux, les œufs sont contenus dans une sorte de poche ou de capsule ; chaque cucurbitain renferme de 120 à 150 de ces capsules et de 3 à 400 œufs ; 4° le ténia elliptique, long de 10 à 30 centimètres. Sa tête est obtuse, ses premiers articles très courts, les suivants presque carrés : ceux qui viennent ensuite sont d'abord arrondis, puis elliptiques . Les derniers enfin sont deux ou trois fois aussi longs que larges. Chaque article porte deux pores génitaux opposés. Le domaine géographique de ce ténia n'est pas connu ; 5° le ténia cucumerina, sur lequel on n'a que des renseignements incomplets et qui pour certains helminthologistes serait le même que le précédent. Eschricht en a observé un, expulsé par un nègre à Saint-Thomas des Antilles. Il a trois rangs de crochets.
4° Bothriocéphales. — 1. Bolhriocéphale large. — Bothriocephalus latus, appelé à tort, avant des recherches plus précises, Tcenia lata.
Le domaine géographique de ce ver est beaucoup moins étendu que celui du ténia. On le signale plus particulièrement en Russie, en Suède, en Pologne, en Belgique, en Hollande, mais surtout en Suisse occidentale, où, d'après Odier, le quart des habitants en est atteint. Ce sont surtout les habitants des côtes, les riverains des lacs, des rivières qui en sont porteurs. On l'a exceptionnellement signalé à Geylan, et dans d'autres parties de l'Inde. On a accusé les eaux des lacs et des rivières, et les poissons comestibles pris dans les mêmes lieux. Il est très rare en France; il en a été publié 6 cas : 1 présenté parPotain à la Société anatomique, 3 par Davaine, 2 par Laboulbène.
Le Bothriocéphale large est facile à distinguer des ténias par plusieurs caractères : il est gris jaunâtre, sa tête est allongée, aplatie légèrement sur ses faces, et pourvue de 2 fossettes longitudinales ; ses articles sont plus larges que longs, et présentent deux ouvertures pour l'appareil femelle, tandis que chez le ténia l'orifice vaginal paraît exister seul ; les organes sexuels sont placés au milieu d'une des faces des cucurbitains, et non sur ses bords. Les œufs sont caractéristiques, elliptiques, plus gros que les œufs de ténia, pourvus d'une coque très mince contenant les granules vitellins et pas de crochets, ils sont extrêmement abondants dans les matières fécales. Si on les imbibe d'une solution étendue de potasse ou d'acide sulfurique, on voit se soulever en un point de la surface extérieure une partie désignée sous le nom d'opercule. Un bon caractère clinique est l'expulsion en paquets volumineux de fragments d'un ou de plusieurs bothriocéphales, impossibles le plus souvent à dérouler, et comme soudés entre eux. (Laboulbène.)j
D'où provient cet helminthe ? On a accusé les poissons d'eau douce, disions-nous, la truite, le saumon en particulier. Mais Cauvet a fait justement observer que le Bothriocéphale est très rare en Danemark, en Angleterre, en Islande, aux États-Unis, où les salmonés sont assez abondants. Nous ajouterons qu'il en est de même dans l'île anglaise de Terre-Neuve, où la consommation de ces poissons est assez considérable. Dans le cas présenté par Laboulbène à la Société médicale des hôpitaux, en [novembre 1877, il n'a pas été possible de remonter à l'origine de la maladie. D'après Bertolus, les embryons ciliés qui sortent de l'œuf du Bothriocéphale passeraient dans le corps des salmonés ; mais dans le cas de Potain, la malade
ANIMAUX ET VÉGÉTAUX NUISIBLES. 671 n'avait pas consommé de poisson venant de Suisse ou d'ailleurs ; Knoch, du reste, a insisté, sur l'absence d'embryon de Bothriocéphale dans les saumons du lac de Genève. La question reste donc obscure.
2. Bothriocéphale cordé. — Cethelminihe, ainsi nommé à cause de sa tête cordiforme, babite le Groenland. Il a pour botes le cbien, le pboque et l'bomme. Peutêtre existe-t-il dans le nord de l'Europe? Sa tête est large, courte, en forme de cœur, aplatie perpendiculairement aux faces des cucurbitains, c'est-à-dire que les bords des articles font suite aux faces de la tête. Ses anneaux sont sexués sur les faces, mais ils sont beaucoup plus petits et beaucoup moins nombreux que ceux du Botbriocépbale précédent.
Thérapeutique «les vers ruban es. — La ladrerie bumaine a été traitée par les injections intra-kys tiques de teinture d'iode, d'alcool, et par l'électropuncture. Broca a vidé 375 kystes, dans l'espace de deux mois et demi, avec une aiguille à cataracte.
Les ténias et les écbinocoques relèvent de la médication anthelminthique qui a pour principaux moyens d'action:
1° Vapozème anthelminthique qui se prépare de la manière suivante : on fait macérer pendant douze heures 64 grammes d'écorce sècbe de racine .de grenadier dans 750 grammes d'eau; on fait bouillir et réduire à 500 grammes : on prend l'apozème en trois fois en une heure et demie. 120 grammes d'écorce frajche bouillie seulement et non macérée dans 500 grammes d'eau ont un effet analogue (Jeannel). Dans les deux cas, on administre 30 grammes d'huile de ricin, deux ou trois heures après l'administration du tenicide.
2° La Pelleliérine de Tanret. — Elle est constituée
par le mélange de 5 alcaloïdes extraits de l'écorce fraîche de la racine de grenadier, deux d'entre eux sont ténicides et 3 ne le sont pas. Les 2 alcaloïdes ténicides ont servi à préparer des sirops anthelminthiquesde sulfate et de tannate, les sirops de sulfate se conservant beaucoup mieux que ceux de tannate ; aussi est-il préférable de préparer extemporanément ces derniers en ajoutant 0gr,50 de tannin à 10 grammes de sirop de sulfate. Dujardin-Beaumetz et Bérenger-Féraud ont expérimenté cette médication, le premier à Paris, le second à l'hôpital Saint-Mandrier de Toulon. D'après Bérenger-Féraud, on doit agir de la manière suivante : diète lactée la veille du jour fixé pour l'administration de la pelletiérine. Celle-ci est administrée le matin, sous la forme de 10 grammes de sirop contenant 0gp,30 à 0gr,50 de tannate d'alcaloïdes : on purge une ou deux heures après, en prescrivant une potion au séné (8 grammes de follicules pour 150 grammes d'eau bouillante). — La diète lactée prépare la liberté du ventre, la pelletiérine tue le ténia, le purgatif le chasse de l'intestin. Si la médication n'a pas entraîné l'expulsion complète du ver, on recommence deux ou trois semaines après.
3° La potion au Kousso. — On fait digérer 20 à 30 grammes de kousso dans 250 grammes d'eau tiède. Le malade ingère en une demi-heure le liquide et le marc, suce une tranche de citron ou une pastille de menthe, et avale sa salive après la prise de chaque dose, pour combattre la sensation astrictive que produit le kousso. On administre 30 grammes d'huile de ricin deux ou trois heures après.
4° Électuaire vermifuge aux semences de citrouille. — 60 grammes de semences de citrouilles sont mondées, pilées et mélangées avec 20 grammes de miel de Nar-
bonne. On administre cet électuaire, par dose de 10 à 15 grammes, toutes les demi-heures (Bouchut). On facilite l'expulsion du ténia par l'huile de ricin.
5° Électuaire vermifuge aux semences de courge. — Mêmes doses que le précédent, même mode d'administration.
6° Tein/we de Kamala. — Prescrire 40 grammes de cet alcoolé, et donner l'huile de ricin comme cidessus.
Le ténicide le plus répandu et le mieux éprouvé parmi ceux que je viens de citer, c'est le kousso ; mais quel que soit l'agent employé, il convient de se conformer dans tous les cas aux règles suivantes :
La veille du jour fixé pour l'expulsion, on réduira des deux tiers le régime du malade.
Au matin du jour du traitement ténicide, on nettoiera le rectum par un grand lavement, puis on administrera le médicament choisi, en ayant soin de corriger le dégoût qu'il peut inspirer au malade par l'emploi du citron, d'une préparation de menthe, du sirop d'écorce d'orange, etc.
L'huile de ricin sera administrée deux ou trois heures après le médicament ténicide.
L'helminthe expulsé devra être reçu dans un grand vase rempli d'eau tiède, où sa tête sera plus facilement retrouvée. On isolera les fragments expulsés en les enroulant sur un bâtonnet et on les étalera ensuite sur une surface plane, avec la plus grande précaution (1).
(1) Le Dr Martialis, médecin en chef à Saint-Louis du Sénégal, a obtenu récemment plusieurs succès par l'emploi de la râpure de l'amande huileuse de la noix de coco. Il a recommandé de prescrire 150 grammes de râpure, et, trois heures après, l'huile de ricin ou l'eau-de-vie allemande [Arch. de méd. ?iav., sept. 1880).
NlELLY. if)
§ 18. — Vers nématoïdes.
a. Ascarides.
A consulter :
Duteuil. — Quelques notes médicales recueillies pendant un séjour de cinq ans en Chine, Cochinchine et Japon. Thèse, Paris, 1864.
Raynaud. — Quelques cas de colique vermineuse observée à bord de l'Adonis, côte du Venezuela. Thèse, Montpellier, 1864.
Chronologie des maladies de la ville de Saint -Pierre-Martinique, par Rufz de Lavison (Arch. de méd. nav., 1er semestre, p. 440).
Traités généraux : Davaine, Moquin-Tandon, Gauvet.
b. Ankijlostome duodénal.
Fonssagrives et le Roy de Méricourt, — Du mal-cœur ou mal d'estomac des nègres (Arch. de méd. nav., 1864, 1er semestre).
Grenet. — Présence de l'anltylostome duodénal sur un sujet mort à Mai/otte (Arch. de méd. nav., 1867, 2e semestre).
Cachexie aqueuse. — Dict. encycl. des sciences méd., t. II, par le Roy de Méricourt.
Traités généraux de Zoologie médicale.
c. Filaire de Médine ou Dragonneau.
Chapotin. — Observation sur le dragonneau (Bull, de la Soc. méd.
d'émulation de Paris, 1810, p. 308).
Clot-Bey. — Aperçu sur le dragonneau, obs. en Êyypte, 1830. Clark. — Arch. gén. de méd., 1841, t. IL
Trucy. — Remarques sur la filaire de Médine. Thèse de Montpellier, 1873.
Carbonnel. — De la mortalité actuelle au Sénégal et particulièrement à Saint-Louis. Thèse, Paris, 1873.
Davaine. — Article Entozoaires du Dict. de méd. et de chirurgie pratiques.
Roubaud. — Relation médicale d'un voyage d'émigranls indiens. Dragonneau (Arch. de méd. 'nav., 1er semestre, p. 446).
d. Filaires microscopiques.
Rochefort (E.). — Sur la présence d'une filaire dans une maladie de peau des noirs de la côte d'Afrique (craw-craw) (Arch. de méd. nav., 1875, 2° semestre, p. 229).
Chevaux. (D.). — De l'hématurie chyleuse ou graisseuse (Arch. de méd. nav., 1874, 2e semestre, p. 175).
Da Silv a-Lima. — Découverte de l'adulte de la filaire de Wucherer
(Ârch. de méd. nav., 1877, 2e semestre). — Nature parasitaire delà chylurie (Arch. de méd. nav., 1878,
1" semestre, analysé par Bourel-Roncière).
e. Anguillules.
Les travaux à consulter sont indiqués en tête du paragraphe qui est relatif à ces nématoïdes.
§ 19. — Distome d'Egypte (Trématoides).
Griesinger. — Maladies de l'Egypte. Stuttgard, 1853. Moquin-Tandon. — Thécosome sanguicole, Zoologie médicale, p. 304.
Art. II. — Infusoires.
Treille. — Paramccium coli de la dysenterie de Cochinchine (Arch
de méd. nav., 1875, 2e semestre).
Normand. — Note sur deux cas de colite parasitaire (Arch. de méd
nav., 1879, 2e semestre).
Pr Mahé. — Programme pour l'étude des maladies exotiques (Arch
de med. nav., 187G-1879 et tirage à part. 1 vol., 1880, p. 363 et
suivantes). ' *
Art. III. — Parasites végétaux.
Collas. - Note sur la teigne des ongles (Arch. de méd. nav., 18G7 2e semestre). '
Corre. - Un mot sur l'herpès parasitaire des pays chauds (Arch. de méd. nav., 1878, 2e semestre).
Pr Mo"É* ~~ Programme pour l'étude des maladies exotiques, p. 363 et suivant.
Hayem. - Revue des sciences médicales, avril 1879 : Note sur la piedra de Colombie.
PA^ArE;îHA,MPE,AUX-,7 Note sur la P°udre antiherpétique d'Araroba (Arch. de méd. nav., 1873, 1" semestre, p. 368)
1. Ascarides. - Ces helminthes sont ubiquitaires. Très fréquents en France, on les rencontre sous toutes les latitudes. A Madagascar, une entérite suivie de perforation a été attribuée à la présence des lombrics en grande quantité dans l'intestin de plusieurs indigènes
V rr ? ^ dte parmi les ^dies endémiques de 1 Extrême-Orient l'infection vermineuse due aux ascarides et très commune en Chine, àShang-haï, etc.
En Cochinchine, presque toutes les fièvres intermittentes ' observées par Vidal à bord de la Némésis étaient accompagnées de l'expulsion de vers lombricoïdes. Le même auteur a rencontré les ascarides dans des circonstances cliniques diverses, et ses observations l'ont conduit à formuler les conclusions suivantes : 1° ou bien les vers constituent a eux seuls la maladie et se manifestent par les accidents ordinaires; 2° ou bien leur présence occasionne des accidents de tout genre et fort graves, dont la vraie cause peut être soupçonnée si l'on est prévenu, mais passe le plus souvent inaperçue. Ces accidents disparaissent après l'expulsion des entozoaires, spontanée ou provoquée ; 3° ou bien les vers compliquent seulement une affection déjà établie et complètement indépendante de leur présence ; 4° ou bien enfin les helminthes qui nous occupent apparaissent si régulièrement dans certaines affections qu'on se demande si ces affections elles-mêmes existeraient en leur absence : certains cas de fièvres, certaines diarrhées sont dans ce cas.
Duteuii a observé des faits analogues à ceux qui sont consignés dans la thèse de Yidal. Il a fait remarquer que dans les dysenteries et diarrhées, où il joue le rôle de complication, l'ascaride, en entretenant un état permanent d'irritation de la muqueuse intestinale, est f peut-être la cause de l'insuccès de toute médication "dans certains cas vraiment désespérants.
Raynaud a observé l'ascaridelombricoïdeenCochinchine et sur la côte de Venezuela. Il en a conclu :
1° Quel'afl'ection vermineuse est très commune dans les pays chauds et qu'on la rencontre souvent comme simple complication dans beaucoup de maladies ;
2° Qu'elle est souvent aussi la seule cause de certains accidents, qui sont alors dits vermineux, à juste raison ;
ANIMAUX ET VÉGÉTAUX NUISIBLES. &77 3° Que ces accidents sont très variés. Les cas de colique sont assez communs ; quelquefois ils prennent tous l'apparence des coliques sèches, mais ici. le ver est tout, les manifestations symptomatiques étant probablement influencées par le climat;
4° Que ces cas de coliques vermineuses sont rebelles aux remèdes ordinaires de la colique sèche, et ne cèdent qu'aux anthelminthiques.
Rufz de Lavison croit les ascarides très fréquents à Saint-Pierre-Martinique. Ils y jouent, comme ailleurs, un grand rôle dans la pathologie populaire, et peu d'enfants passent l'année sans prendre un vermifuge.
Ils sont également très communs à la Plata et spécialement au Paraguay où ils augmentent peut-être le nombre des décès de l'enfance.
Les ascarides sont très répandus dans tout le Japon. 2. Oxyures. - L'étude de ces helminthes observés hors de France ne présente qu'un bien faible intérêt On les a signalés comme plus fréquents dans certaines localités que dans d'autres, particulièrement à Java à Sumatra, dans les Moluques, à Montevideo chez les enfants, dans les archipels japonais, etc. Leur médication n'a, bien entendu, rien de spécial.
3 Trichine (Trichina spiralis). - Ce parasite, susceptible de pénétrer dans le corps humain par le tube digestif, appartient plus spécialement à l'Allemagne aux Etats-Unis et à l'Angleterre, au point de vue de 1 habitat. On le rencontre dans les tissus des animaux de consommation journalière, le bœuf et surtout le porc. La question, d'ailleurs, en dehors de ce fait a une grande actualité. La trichinose, après avoir sommeille pendant plusieurs années, s'est réveillée dans ces derniers temps, car les jambons fumés des Étatsn.s (Cincinnati, Chicago, etc.) ont répandu la tri-
Chine en Angleterre et en Allemagne ; on a même parlé de la trichinose d'Egypte et d'Espagne. En France, où l'on consomme des jambons américains, et particulièrement à Paris, il y a lieu de veiller. C'est Tiedemann qui a observé, le premier, en 1822, des granulations blanchâtres d'apparence parasitaire, dans les muscles à fibres striées d'un malade. Hilton et Wormald découvrirent, en 1833, des animalcules vermiformes dans ces granulations, et c'est Richard Owen qui, en 1835, reconnut qu'on avait eu affaire à des parasites enkystés. Virchow et Leuckart, en 1860, démontrèrent en outre que ce parasite n'était pas une larve, mais bien un animal adulte développé (Moquin- Tandon). Le kyste a un cinquième de millimètre ; il contient quelquefois deux, rarement trois trichines. L'animal a un cinquième de millimètre de long et se trouve lové en spirale dans le kyste. Chez l'homme, sa présence produit la trichinose, qui se caractérise au début par de légers troubles gastriques, bientôt suivis de symptômes d'entérite avec constipation , d'état typhoïde plus ou moins accusé, de sensations douloureuses rhumatoïdes, de troubles, musculaires \ariés produisant la raucité de la voix, la dyspnée, la difficulté de la mastication et de la déglutition, la contracture, la diarrhée. Les trichines peuvent être retrouvées dans les garde-robes et clans les fibres musculaires striées. — Dans la chair des animaux trichinés, les parasites apparaissent sous la forme de petits vers blancs, enkystés, interposés aux faisceaux des muscles striés. Les points de plus grande concentration des trichines sont les piliers du diaphragme.
La trichinose est une maladie grave, mais non nécessairement mortelle : il y a des épidémies plus légères que certaines autres. La pyoémie, la congestion
pulmonaire, la pleurésie avec épanchement, la pneumonie lobulaire peuvent compliquer l'affection , à laquelle d'ailleurs on ne peut opposer aucun traitement curatif spécial. La prophylaxie a plus d'importance : ses règles consistent à réglementer la surveillance des viandes de consommation et spécialement des jambons étrangers, et à prescrire de ne livrer à l'alimentation que les viandes très cuites, très fumées ou très salées, tant à la surface que dans la profondeur. L'examen des porcs par un expert, qui est de règle en Allemagne, devrait être prescrit dans toutes les localités où pénètrent les viandes suspectes.