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ARTICLE III. — PABASITES VÉGÉTAUX

La question est clans la période des recherches.

— Hirsch a signalé depuis longtemps la présence, sur divers points du globe, des parasites du pityriasis versicolor, (micosporon fur fur) et de la teigne faveuse (Achorion Schœnleinii). Toutefois, nous devons faire observer, qu'à notre connaissance, aucun de nos collègues n'a signalé l'existence de la teigne faveuse dans les pays torrides tandis que plusieurs d'entr'eux ont mentionné la présence assez fréquente de la teigne tonsurante, chez les races colorées.

— Gorre a fait quelques recherches sur les dermatoses qu'il a pu observer à Nossi-Bé, chez des indigènes. Il a été frappé, comme tous nos collègues, de la fréquence des maladies de peau à apparence herpétique sous la zone torride : à Nossi-Bé, il a rencontré trois affections qui, cliniquement, se rapportaient à l'herpès. Dans un cas, la lésion était constituée par des plaques décolorées acccompagnées de très petites élevures au visage et à la poitrine ; dans une seconde forme, caractérisée par des élevures manifestes, l'auteur a découvert un parasite qui lui a paru se rapprocher du Tricophyton tonsurans. La troisième forme avait pour élément principal, des vésicules herpétiques communes. Ces différents états morbides guérissaient sous l'influence des frictions faites avec le suc des feuilles fraîches de Gassia alata. Dans toute la zone torride, la poudre de Goa ou d'Araroba est souveraine contres les éruptions hérétiques, psoriasiques, pityriasiques, etc. (1). — Corre a rencontré, en outre, dans

(l) Poudre d'Araroba, de Goa, de Bahia. — L'arbre qui la fournit croit dans l'Inde et au Brésil : on pense qu'il s'agit d'une légumi-

une dermatose à apparence d'impétigo, ie mycélium d un parasite mélangé aux sporules du Trycophvton signalé plus haut. J

Il convient de reconnaître sous la dénomination anglaise de Ring-worm, une dermatose qui est très commune dans tous les climats et qui n'est autre chose que l'herpès circinné. Le ring-worm de Londres, de la Guyane anglaise, de la Nouvelle-Zélande ne constitue donc pas une maladie exotique spéciale, mais bien une affection qui n'a d'autre caractère que sa fréquence dans les pays que je viens de nommer. On pourrait y ajouter la Cochinchine.

^ Nous n'avons pas de renseignements suffisants pour établir si le ring-worm ou mieux herpès circinné observé hors de France est ou n'est pas pas de nature parasitaire. En France, d'ailleurs, la question n'est pas encore résolue.

L'herpès circinné de Cochinchine est avantageusement traité par les Annamites par l'application sur les plaques de feuilles écrasées d'une asclépiadée, le Cai-moon (1) en langue indigène. Un traitement 'qui réussit encore plus souvent, a pour base l'emploi de la poudre de Goa ou d'Araroba d'après la méthode annamite indiquée plus haut.

neuse. La poudre est irritante. « La méthode brésilienne consiste à frotter la plaque d'herpès avec une éponge imbibée de vinaigre, de façon à rompre les vésicules, puis d'appliquer un magma d'arar'oba et de vinaigre, de la consistance d'un opiat semi-liquide : laverie lendemain à l'eau tiède légèrement savonneuse, et recommencer l'application jusqu'à guérison. La méthode annamite consiste en frictions avec vinaigre fort, suivies, de la projection sur la plaque de poudre antiherpétique, au moyen d'une petite houppe de coton cardé; lavage savonneux le lendemain, et renouvellement de l'application (Palasne-Cliampeatix).

(1) Nous tenons du Di Corre quo le Caï-moon de Cochinchine n'est autre chose que la Cassia alata (communication orale).

— On sait depuis longtemps que la plique polonaise est une maladie du système pileux du cuir chevelu, dans laquelle on observe l'agglutination, le feutrage des cheveux, la division de la chevelure en touffes, en queues et en lanières. Le microscope a révélé la présence d'un Trichoma dans la matière agglutinante sébacée de la plique, mais il n'est pas certain que ce parasite caractérise la maladie : d'après Ch. Robin, son développement serait consécutif à la sécrétion de la

.matière grasse et croûteuse qui agglutine les cheveux.

— La Piedra de Colombie est une affection qui sévit sur les indigènes de cette province. On remarque dans la continuité des cheveux, de petites nodosités dures, pierreuses, visibles à l'œil nu, et espacées assez régulièrement. Desenne les a examinées au microscope, et a remarqué qu'elles étaient constituées par des amas cellulaires, les parties non renflées du cheveu se trouvant entourées de petits bâtonnets articulés. Peut-être ces bâtonnets sont-ils le mycélium du champignon qui forme l'agrégat cellulaire des nodosités (Hayem).

— Collas, àPondichéry, a observé une sorte de teigne des ongles sur des malades non atteints de favus du cuir chevelu, et a rapproché les éléments microscopiques qu'il a examinés, de ceux qui avaient été signalés par Purser, médecin irlandais, comme appartenant à une teigne spéciale. Ces éléments se composent de spores, de filaments tubulaires, d'autres filaments plus volumineux moins ramifiés, de granulations. La présence du parasite détermine l'altération de l'ongle, son état strié, cannelé, la présence d'abcès à sa base, son décollement, etc. Ce parasite n'a pas encore été classé.

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