I. ifi^iiérales el individuelles peuvenl agir
Mliiolioii des maladies, elles peuventagff
t i-iir éiK r^te est d'nuiant pins grande
, .iK'Lii (i|i|iiH. (-'«'st-à-dire qu'elles tendent
,,, iiK-nii' iiiixlificalion.
„.ii. luiiiMihii'Iles d'Do grande réuDMHi'
DB l'ÉTIOLOGIB. 89
:ri>menten harmonie avec les prédispositions gé-
iii'^ (jne presque jamais une m^adie n'attaque
• IIS les habitants d'un même lieu, à moins qu'elle
« nu iiriiici|>e contagieux, c'est-à-dîre, à une cause spé-
' ii'Mi |>rus(]ne indépendamment des causes prédisposantes.
'^'mmîoii «{ui s<f développe uniquement sous l'influence de ces
l's ii:iU:i<{ue presque jamais plus du tiers ou du quart des
• 'Mis, k* plus s'mvontelle n'en frappe qu un dixime, un ving-
:''. «m niriiii* une proportion beaucoup plus petite. Ilestquel-
• •'nt^ possible de constater que les individus atteints par la
v^MiJu^ rt'gnanto s<3nt précisément ceux en qui les causes prédispo-
' t;iii> iihlividuelles ont rendu plus active l'influence des causes pré-
].>l'.'>:rritfs générales. Lorsque, par exemple, les affections bilieuses
'•11 irrs-communcs, les personnes d'un tempérament bilieux, celles
li lont un usage exclusif de substances animales, etc., sont plus
.vn<'*ra]ement frappées par la maladie, tandis que celles qui sont
louées d'un tempérament sanguin ou lymphatique éprouvent moins
brtemeut l'impression des causes prédisposantes générales, et
rouventy dans leur constitution même, une sorte de résistance à en
flre alTectées. Aussi, toutes choses égales d'ailleurs, les unes sont-
illes plus rarement, plus légèrement et plus tardivement atteintes,
andis que les autres sont attaquées plus généralement et avec plus
le \iolence et de promptitude. Toutefois cette règle souffre des
exceptions nombreuses.
i. Les causes prédisposantes individuelles suffisent seules pour »roduin* le plus grand nombre des maladies. En efl'et, il n'est anime aflection qui ne se développe çà et là chez quelques individus solésr, indépendamment des causes prédisposantes générales. L'angine, la pneumonie, par exemple, bien qu'elles soient plus fré- {uentes dans quelques saisons, peuvent néanmoins se montrer dans outes, par le seul fait des causes prédis|>osantes individuelles. Souent même, dans le temps où l'on voit régner, par le fait des causes [énérales, des maladies de tel ou de tel genre, les causes prédispoautes individuelles produisent des afiections d'un genre tout opposé, l'est ainsi que les maladies inflammatoires peuvent se développer ;hoz quehiiios personnes dans les lieux où les hydropisies et le icorbnt sont endémiques.
2* D'un autre côté, les causes prédisposantes générales, lorsqu'elles ont une grande activité, jieuvent agir sans le concours des causes prédisposantes individuelles, et même malgré la résistance qu'elles opposent. C'est ainsi que dans les calamités publique pendant les disettes^ dans les v/7Îe.s ass/égées, etc., les ma\Ad\tt<
90 DK L ËTIOLOGIB.
se développent frappent presque indi^tinclenieiit toutes Ira de la sociëlc, tous les tempt^ramcnts, tous les âges, etc.. on l'a observédana plusieurs épidémies, dans celle de Modem et de Naplea en particulier (2).
Ainsi, selon leur degré relatif d'énergie, les causes prédisposantes générales peuvent neutraliser l'effet des causes individuelles. et déterminer des maladies tout à fait opposées à ces dernières, ei lescaitses particulières produire le m^me effet à l'égard 4es causes générales.
Avant de terminer ce qui concerne les causes prédisposantes, nous ferons remarquer (jiie, s'il est un certain nombre de condilioiiB qui disposent à la maladie, il en est aussi qui tendentâ en préserver. Sans parler ici de celle puissance inconnue qu'on nomme font oi/ale, et qui, comme on l'a dit, parait lutter sans cesse contre les agents de destruction qui nous entourent, il est des conditions qui nous mettent à r.nbride certaines affections: telle est, en particulier, l'habitude. Elle Ole en partie aux aliments les plus indlgeslesce qu'ils ont de nuisible ; elle peut détruire, comme ou sait, l'énergie pernicieuse des poisons les plus subtils! les Turcs font impuncnient usage de l'opium, et Milhridate, au rapport des Iiistoriens, ne connaissait plus de poisons. Il ne faudrait pas croire, néanmoins, qn^ l'usage habitue! de substances délétères n'eût aucun effet nuisible sur l'économie; l'habitude ne met pas entièrement à l'abrî de leur action, seulement elle la cbunge et l'affaiblit beaucoup.
L'influence préservativc de l'habitude paraît également émousser la force de quelques principes contagieux. Dans ks lieux où la fièvre jaune est endémique, les indigènes n'en sont point ou n'en soiil que rarement aiteinls, à la Havane, à Vera-Cruz, par exemple. Les Turcs de Constaniinople ne semblaient-ils pas familiarisés avec le principi- de la peste, qni pendant longtemps s'était montrée endémique dans quelques parties de celle ville, comme ils lo sont avec l'opium par l'usage journalier qu'ils en font? II estégaleroeni permis de croire que, si les médecins des hôpitaux ne sont pas plu-' fréquemment victimes du typhus dans les grandes épidémies, e'esi qu'ils sont déjà accoutumés à l'action du principe contagieux avant qu'il ait acquis toute sa force.
La puissance de l'habitude s'élend plus loin encore, quand elle lite aux agents chimiques eux-mêmes une partie de leur influetice sur les tissus vivants. On voit des liommes manier impunément di corps dont la température est In-s-élevée, des charbons enflam
DB L*ÉnOLOGIB. 9!
^pur exemple» ou des barres de fer dont reztrémité opposée est incandescente ; on en a vu d'aatres qoi s'étaient accoutumés à avaler des liquides bouillants sans en être sensiblement inccnnmodés. Ttrtra cite l'observation curieuse d'une femme qui, adonnée à Ti- TTognerîe, avait passé, de l'usage immodéré du vin, à celui de l'eaude^vie, puis de l'alcool, et même de i'éther; enfin, blasée sur ces irqaideB, elle aurait fini par boire de 1 acide nitrique sans en ^prouver aucun accident notable (1).
Il est i peine nécessaire d'ajouter que l'Age, le sexe, le tempérament, sont autant de conditions qui peuvent être considérées comme propres i préserver de telle ou telle affection. Ou n'observe pas de squiniie ou d'anévrysme spontané dans l'enfance ; on ne cite qu'un seul exemple de croup dans la vieillesse.
Noos avcHiB vu précédemment qu'il est quelques maladies contagieuses qui n'attaquent qu'une fois. Les personnes qui en ont été atteintes en sont, par conséquent^ à l'abri. Un phénomène bien extraordinaire, quoique très-connu, est la propriété réciproquement préservatrice de la variole a l'égard de la vaccine, et de la vaccine a l'égard de la variole. Ce fait, unique dans rhistoire des maladies contagieuses, conduit naturellement à spupçonner quelque chose d'identique dans l'origine de ces deux affections.
Enfin il est une heureuse disposition, inconnue dans sa nature, mais appréciable dans ses effets, qui met à l'abri de telle ou telle maladie. On voit des individus qui ne sont point aptes à recevoir la contagion de la variole ou de la vaccine; on en voit d'autres s exposer impunément, chaque jour, à contracter la syphilis. Dans toutes les épidémies de typhus, de fièvre jaune, il est quelques personnes qui bravent la contagion et n'en sont point atteintes. Dans la peste de Marseille, le vénérable Beizunce, patriarche de cette ville, ne otttracta point la maladie, quoiqu'il fût presque oontinuellemcut au milieu des pestiférés, leur prodiguant toute espèce de secours. Dans la peste noire qui, en 1347, ravagea le midi de la France, on observa QD autre fait non moins remarquable : de trente-cinq religieux qui habitaient la chartreuse de Mont-Rieux, un seul échappa à la contagion. C'était le frère du célèbre Pétrarque, le moine Gérard, qui soigna tons ses frères et les ensevelit après leur mort.
2 III. — Nous avons étudié la manière d'agir des causes déterminantes et prédisposantes dans le développement des maladies ; il nous reste àdire quelquechose sur l'action des causes occasionnelles . CeliesHn n'ont pas, à beaucoup près, une aussi grande influence ;
(I) ^mpoisomnentent par fttdde nUrique^ p. 124.
92 DE l'ÉTIOLOGIB.
elles ne peuventagir qu'autant qu'iiy aprédisposition. Aussi observet-on que, sur dix personnes, par exemple, qui feront im excès de table, qui s'exposeront au froid, etc., il y en aura tout sa plus une ou deux dont la santé sera troublée, et quelquefois, sur un nombre plus grand, il n'y en aura aucune. Outre cela, ces causes n'ont point d'influence sur l'espèce d'affection qui se développe; la même cause occasionnelle peut, comme nous l'avons vu, provoquer toute esp<>cc de maladie, et la môme maladie' peut différemment être le résultat de toute cause occasionnelle. Celle-ci n'est en quelque sorte qu'une secousse imprimée à l'économie ; elle n'a aucun rësultatcbez l'homme qui est dans un état complet de santé; elle peut développer, chez les autres, toute espèce d'affections.
Telle est la manière d'agir de chacun des genres de causes morbifiques. Il est un certain nombre de maladies à la production desquelles concourent évidemment des causes de ces trois genres ; il eu est d'autres où la maladie est produite exclusivement par une cause déterminante, ou par une ou plusieurs causes prédisposantes. L'asphyxie est toujours due à des causes directes ; le typhus exige, dans beaucoup de cas, le concours de quelque cause prédisposante; et quelquefois une cause occasionnelle, comme la terreur on un excès de régime, en provoque l'invasion. La pléthore et les fièvres inflammaloires sont presque toujours produites exclusivement par des causes prédisposantes : aucune affection n'est due uniquement à une cause occasionnelle.
Il s'en faut bien que nous puissions toujours remonter, dans les cas particuliers, à la connaissance des causes. Lorsque la maladie est due à ces causes déterminantes, il est communément facile de les apprécier ; mais les causes prédisposantes, qui sont presque toujours obscures, échappent fréquemment à la sagacité du médecin. Â la vérité, dans quelques cas, l'espèce de maladie qui se développe peut faire soupçonner les causes qui l'ont produite et guider dans leur recherche; mais, dans beaucoup d'autres, les causes qui ont préparé le développement restent incertaines ou même inconnues. Ouant aux causes occasionnelles, comme elles précèdent immédiatement la maladie, elles attirent davantage Tattcntion du malade, qui ne manque guère d'en instruire le médecin ; mais leur connaissance est eu général peu iniporiauto, et beaucoup de maladies débutent, d'ailleurs, sans causes occasionnelles.
DE L ÉTIOLOGIE. 93
DU TEMPS QUI SE PASSE ENTRE l'aPPLICATION DES CAUSES ET LE DÉYEI,OPPEMENT DES MALADIES.
Certaines maladies se monlrant dans des conditions semblables, ou offrant entre elles quelque point de contact sous le rapport de leurs causes, ont été réunies, et ont donné lien à quel(|ues rapprochements qui ne sont pas sans intérêt : les principaux groupes auxquels cette di\ision étiologique a donné lieu sont ceux des maladies innées et acquises, des maladies sporadiques, .endémiques et épidémiqiies.
On entend p^ir maladies innées ou congénitales (morbi cognât i, congeniti) celles que Tenfant apporte en naissant. Les maladies innées ne sont pas toutes héréditaires, de môme que les maladies héréditaires ne se montrent pas toutes au moment de la naissance. CellesKn ont existé ou existent encore chez les parents, et cette circonstance ne se trouve pas nécessairement dans les autres. Toutefois la même affection peut être héréditaire et innée.
On comprend sous le nom de maladies acquises (morbi acquisitiy adventiiit) celles qui ne commencent qu'après la naissance, etqui ne dépendent point d'une disposition héréditaire. Toutes les maladies peuvent appartenir à cette série, à l'exception des vices de conformation.
On nomme sporadiques {morbi sporadici) {{) les maladies qui n'attaquent qu'un seul individu à la fois, ou quelques individus isolément. Elles sont dues particulièrement à l'aclion des causes prédisposantes ; on ne donne point cette épilhète aux affections produites par des causes déterminantes. On ne dit point d'une plaie, d'une fracture, de l'asphyxie, de la syphilis ou de la gale, qu'elles sont sporadiques : ce mot ne s applique généralement qu'à dos maladies dont le développement parait sp(5ntané. Les maladies sporadiques sont les plus fréquentes de toutes; elles se montrent dans toutes les saisons, à tous les âges, sous tous les climats, par 1 effet des causes individuelles.
Les maladies qui attaquent beaucoup d'individus à la fois ont été désignées sous le titre de maladies pandémiques {morbi popu lares) ; on les a subdivisées en plusieurs séries, relativement à quelquesunes des circoustances qui accompagnent leur développement. On a donné le nom (ï annuelles {morbi annui, anniversarii) à celles qui reparaissent chaque année vers le même temps ; de stationnaires (morbi stationarii) k celles qui se montrent sans interruption pen-
(1) Zmtp», je disperse, Je sème çà et là.