ARTICLE IV
DES SYMPTÔVES CONSIdIbÉS DANS LA lULADllù
Nous n'avons fait jusqu'ici qu'ënumérer les symptAmes d'une a^ nicre abstraite ; nous aUslIs maintenant les mettre, pour aJui din. en scène, en les envisageant dans la maladie, dont Us sont b éléments.
Quelquefois un symptôme se montre seul : le vomiasomeat, pr exemple, la surdité, l'écoulement du sang par les narines; Maiik plus souvent plusieurs se montrent à la fois. Les synptÔBMS* groupent de mille manières, et par leurs combinaisons dans idw, trois à trois, ou en nombre bien plt» grand, ils constituent k parir phémménale^ ou, si l'on veut, Vécoree de la maladie : ib à la connaissance des lésions intérieures, quand il en existe, et tous les cas ils sont d'une nnnde in^portance pour ëdaifer sorle genre do maladie dont ls4|pt est atteint. LessymptAnesqoiir montrent simultanément cheft le même malade sont le plos aoûml les effets d'une seule maladie qu'il importe avant tout dé détemiaff* L'étude des symptômes doit être dirigée dans oe but. Tons n'est pas, à beaucoup près, la même importance ; nous chercherons iagnaler ceux qui, au milieu du désordre souvent général des fiNMtiens, doivent être placés en première ligne.
§ P'. — Il est biçn important, pour l'évaluation des symptAorn de savoir distinguer,^ au milieu du trouble, quelquefois général, d^ fonctions, quelle est la fonction primitivement dérangée, celle qui doit révéler le point de départ du maT> afin de ne pas confondre le» symptômes qu'on peut nommer primitifs ou locaux avec les pbëDO' mènes secondaires ou généraux qui les accompagnent. Dans la pleorésie^ par exemploi on observe simultanément la rougeur de b face, la douleur du thorax, la faiblesse ou le trouble des fonctioii^ intellectuelles, la soif, Tinappétence, la toux, la dyspnée, la flé^ quence du pouls, Télévalion de la chaleur, la couleur rouge A et beaucoup d'autres symptômes qui peuvent accompagna ■
ladie pendant tout sou cours ou pendant une partie d^ ^ '
voit facilement ici de (\ueVle \m\K>rtauce il est de dii
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<»inÙDcs primitifs de ceux qui ne sont que secondaires. Les premiers 3nt la douleur de côte, la dyspnée, là toux, auxquels on peut joindre I gêne de la parole ; les seconds sont la coloration de la face, la céhalalgie, la fréquence du pouls, la chaleur, le trouble des sécrétons, etc. Les changements sensibles que présente la plèvre enflamlée expliquent tous les symptômes primitifs, tels que la douleur, la yspnce, la toux. Quant à la manière dont les autres symptômes ont liés à la pleurésie, il serait possible encore de les expliquer l'une manière satisfaisante. La douleur pleurétique, et sans doute ussi l'état de phlogose de la plèvre, obligent le malade à faire de ourtes et fréquentes inspirations ; la respiration est dans un tel rap- K>rt avec la circulation, que^ quand Tune des deux est accélérée, autre l'est inévitablement. La fréquence de ces deux fonctions déermine l'élévation de la chaleur, a la production de laquelle l'une 1 l'autre paraissent concourir ; l'élévation de la chaleur augmente A soif, et rend lurine plus chargée. Mais tous ces phénomènes, dont 'ensemble constitue Vétat fébrile^ sont surtout l'effet de Tinflammaion. Ikt se montrent avec la même intensité dans la plupart des utres inflammations aiguës, auxquelles la même explication ne seait pas applicable, et dans 1* impossibilité où Ton se trouve de conevoir ainsi l'enchainement des symptômes, on est contraint de les ittribuer au lien invisible de la sympathie.
fi existe entre toutes les parties da corps, chez l'homme malade omme chez celui qui est en santé, des rapports si intimes, qu'aucune d'elles ne peut être altérée gravement dans sa structure ou lans ses fonctions sans que toutes les autres, ou du moins plusieurs rentre elles, y participent à un degré quelconque. On nomme phéïomènes sympathiques tous ceux qui sont dus uniquement à cette onnexion des divers organes, sans lésion primitive de la partie qui n est le siège, et l'on appelle sympathie (1) la condition organique |ui préside à la production de ces phénomènes. Elle détermine chez 'liomme malade des effets plus variés et plus extraordinaires encore (ue chez l'homme sain. Outre cette sympathie universelle ou gélérale, en vertu de laquelle Téconomie tout entière participe au lésordre d'un organe quelconque, comme on le voit dans Tinflamaation d'un viscère, ou dans toute autre maladie interne, il est une ympathie spéciale ou particulière qui établit entre tel et tel organe les rapports plus intimes vi plus ou moins remarquables qu'il imjorte de passer en revue, parce que le médecin a un grand intérêt i les étudier et à les connaître.
(J) ' "««i CD même temps; rzxùc;, aireitioii.
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Hunier a distribué ces phéaomènes noinbreax et variés en trois : séries, selon qu'ils surviennent dans des organes continus, contigus ou éloignes; cette division est plus simple et plus naturelle que x celles qui ont été proposées depuis. A la sympathie de continuité în 1 rattachent la douleur qui se fait sentir dans tout le trajet d'un neif i au moment où il est piqué ou contus ; les convulsions générales et le i tétanos par suite du déchirement de quelque filet nerveux; la doa- ■: leur du gland chez les individus qui ont un calcul dans la vessie. Li i sympathie de contiguïté produit les vomissements dans la péritonite, la dysurie dans le gonflement hémorrhoidal et dans le flux dysenlé- ^ rique, etc. La sympathie éloignée^ nous employons ce mot pour être i plus bref, agit tantôt sur des organes semblables ou associés aux : mêmes fonctions, et tantôt sur des parties qui n'ont entre elles aucun : rapport évident. Dans Tamaurose complète d'un côté, on voit quel- n quefois les oscillations de Tiris se transmettre de l'œil saio à celui |: qui ne distingue pas la lumière, et, dansTinflammation d'un seul de ces organes, l'autre ne pouvoir pas supporter le jour. Ces diven phénomènes sont attribués à la similitude de structure et ^e fouc* tiens des organes dans lesquels on les observe. L'association dei mamelles avec l'utérus, des muscles expirateurs avec les poumons, parait, jusqu'à un certain point, rendre compte de Taffaissement ou du gonflement des mamelles dans certaines affections de la matrice, de la toux involontaire que provoque l'accumulation du mucus dans la trachée-artère. Quant aux exemples de sympathie éloignée outre deux organes qui ne concourent pas aux mêmes fonctions, ib sont très-nombreux, et ne sauraient être expliqués par les anastomoses nerveuses, ainsi que plusieurs physiologistes ont cherché à le faire pour quelques phénomènes sympathiques de cette espèce, et en particulier pour la douleur de l'épaule droite qui accompagne quelques affections du foie. La toux qu'on observe dans certaines maladies de l'estomac, du foie, et même de l'utérus ; le vomissement qui a lieu dans les maladies du cer\'eau, des reins, de la matrice; le tremblement de la lèvre inférieure et le ptyalisme qui souvent précèdent le vomissement, la dilatation de la pupille, dans les alfections vermineuses, la douleur du genou dans la maladie de la hanche, sont autant de phénomènes sympathiques, la plupart bien constatés, mais inexplicables.
Tels sont les principaux effets de la sympathie morbide, qui transmet, comme on l'a dit, à toute l'économie les irradiations de Forgane affecté. Je n'ai pas rangé parmi les phénomènes sysipithiques les vomissements qui surviennent dans les quintes de toux, cJiez les sujets atteints de coi^ueluche, de bronchite, dfe tubercules
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limonaires, parce que les vomissements sont le résultat, pour ainsi re, mécanique des secousses violentes, répétées, imprimées à Tesmac.
§ IL — Parmi les symptômes qui se montrent simultanément dans cours d'une maladie quelconque, tous n'ont pas, avons-nous dit, 16 importance égale. Il est des symptômes principaux ou cafactésUques ; il en est d'autres qui ne sont qu^accessoires, Loraque toutes les fonctions de l'économie sont à la fois déraniesj et que plusieurs le sont d'une manière grave, sans qu'aucun "gane soit plus spécialement affecté que les autres, les phénomènes 8 plus saillants deviennent les symptômes principaux, et les sues ne sont qu'accessoires : c'est ce qu'on observe dans les fièvres ttermittentes pernicieuses. Pans les maladies, au contraire, qui Siectent spécialement un organe, ce n'est point d'après l'intensité es symptômes qu'on mesure l'importance de chacun d'eux, mais après le point dans lequel ils se montrent et d'après la fonction ai est dérangée. Ainsi, dans la péripneumonie, une douleur très- •gère dans un des côtés, quelques crachats à peine rouilles, sont !S symptômes principaux ; tandis qu'une céphalalgie très-forte, une rine rouge, un mouvement fébrile intense, ne sont que des phénolènes accessoires.
§ III. — Quelques auteurs ont encore divisé les symptômes en :tifs et en passifs.
Lorsqu'on a défini la maladie, une lutte de la nature qui emploie »U8 ses efforts pour repousser ou détruire la matière morbifique, il îmble qu'on ait oublié que, dans quelques affections, on n'aper- >it aucun signe d'une réaction salutaire, et que la plupart des rmptômes tendent au contraire à hâter la mort. Ainsi, dans la hthisic pulmonaire, les sueurs nocturnes^ le dévoiement, la toux, (S hémoptysics, aggravent de jour en jour l'état du malade. Mais il u aussi d'autres affections dans lesquelles on ne peut méconnaître ne réaction favorable. Les phénomènes particuliers qui se déve- »ppent autour d'une épine enfoncée dans la peau, la fièvre qui ^compagne l'inflammation produite par sa présence, la suppuration i]i se forme autour du corps étranger et l'entraîne au dehors après koir aminci les téguments dans l'endroit qui correspond à l'abcès, Il après avoir décollé les bords de l'ouverture môme qui avait •urni passage à l'agent matériel de la maladie, voilà assurément iitant de symptômes qu'on peut nommer actifs avec quelques aulon modernes. Dans un certain nombre de maladies aiguës, la pluart des S}7nptômes semblent également indiquer, sinon un con- )ur8 de toutes les forces de l'économie contre la cause
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du moiDs une latte évidente entre l'ane et Tautre. Mais on ne doit pas disconvenir que, dans la plupart des cair, la distinction iks symptômes en actifs et en passifs ne soit incertaine et inqipliealilr.
§ IV. — Tous les symptômes ne se montrent pas dès l'inviAn des maladies. Dans celles dont la marche est rapide, c'est, m général, vers le second ou le troisième jour que les symptômes pncipaux et caractéristiques se développent ; dans celles dont la a» che est lente, ce n'est souvent qu'après plusieun mois, et fashp^ fois même après jplusieurs années. Dans beaneoop de maladhi organiques, les phénomènes caractéristiques teb qoe la petoeplin d'une tumeur, le vomissement de matières noires, raltération p«ticulière du teint, chez les sujets atteints de cancer à l'estomac, se se montrent qu'après des mois et même des années de sooffnoee, pendant lesquels le diagnostic est resté obseur. Ailleors an metenL qui survient chez une personne bien portante en apparence, peut de prime abord révéler l'existence du mal.
Dans beaucoup d'affections légères, ou graves, on voit appanitie divers symptômes accidentels que l'on nomme épipkénùmèim (ï), et qui ne diffèrent des symptômes proprement dits qoe paroe quil» ne sont pas aussi intimement liés à l'existence de la itialadie. Oi doit rapporter aux épiphénomènes certains symptômes acecsBuif» que les auteurs ont désignés sous le nom de ntpervenientiOj Sifi' ginomènes^ de symptômes de la cause et de symptômes du sympttm. Les supetn)enientia sont des phénomènes étrange» i la mahilie, mais développés par elle : telle est l'apparition du flux menstrad avant Tépoque ordinaire ; telles sont les douleurs de la dentiliQi qui surviennent chez des enfants qui n'en étaient pas toarmenlti avant la maladie actuelle ; telle est enfin, chez quelques maladei, la multiplication prodigieuse des animaux parasites, des vers, et du poux en particulier. Les épiginomènes (2) sont des accidents qui st manifestent pendant la maladie, mais qui dépendent de qiieli|ae cause externe, de la négligence des assistants ou de rimpradenoe des malades. Les symptômes de la cause sont des phénomènes accidentels qui semblent dépendre, non pas de la maladie, qui ne k» produit point ordinairement, mais de la cause qui détermine la maladie elle-même : on a cité comme exemple Thémoptysie ou cradiement de sang qui a lieu dans le cours d'une fièvre inflanmiatoire. Gomme ce symptôme n'accompagne pas ordinairement cette wàsr die, on a pensé qu'on devait le considérer comme le résul pléthore qui produirait la fièvre, plutôt que comme un effet
(1) Éict, sur; çaivcuai, Je parais.
(2) Èni, sur; -^ivcuot, Je nais.
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re elie-méme. Enfin, lorsque cette hémorrhagie devenait consiabie au point de produire des défaillances, ces défaillances ent, selon le langage des écoles, le symptôme du symptôme. Ces înctions ont été justement abandonnées, et les dénominations ' lesquelles on les désigne sont devenues presque inintelligibles ir nous. On peut, sans aucun inconvénient, réunir sous le nom nphénomènes les divers accidents qui se joignent aux symptômes inaires des maladies.
Tels sont les principaux points de vue sous lesquels on peut eniger les symptômes. Dans un autre, chapitre, celui du diagnostic, 18 reviendrons sur leur valeur séméiotique.