DE LA XIRCBE OU DU C0DR8 DES MALADIES
jOL marche des maladies {morbarum decursus) consiste dans le tde suivant lequel naissent et se succèdent les lésions matérielles i les constituent, et les symptômes qui les signalent. Les changements qui s'opèrent dans la texture des organes, pennt le cours de la maladie, échappent, dans beaucoup de cas^ à s moyens d'observation. Toutefois il est un nombre assez consirable de maladies dans lesquelles nous pouvons suivre jusqu'à certain point les modiBcations matérielles des parties affectées^ même temps que les troubles plus apparents qui surviennent ns les fonctions. Sans parler ici des maladies qui ont leur siège ù surface de la peau, de celles qui occupent les oriflces des memnpes muqueuses, ou des points assez rapprochés de ces orifices ur que l'œil puisse constater et suivre dans leurs phases divei'ses i changements survenus dans leur disposition matérielle, il est core d'autres affections, comme la pleurésie, la pneumonie, le iiirrhe de l'estomac, dans lesquelles, à l'aide de nos moyens îxploralion, nous pouvons parvenir à reconnaître le commencecnt, les progrès et la diminution d'un épanchement pleurétique, passage progressif de rcngoucment pulmonaire à Thépatisation, extension de la maladie du point primitivement occupé à d'autres MTtions du môme viscère, et l'accroissement progressif d'une tueur dëveloi)pée dans la grande courbure de l'ostomac. Mais, on jil le reconnaître; les lésio' * des orgnucft \ivV6T\(i\xT% w^
qae mBaeaee sot efles.
§ I-. — Le /«pe ('Ji^w»
K pKJCiilciH, a'exaflpèrmtt
Il est etmlimm (T. emtn •aos tDtMTiif>tioa depois li:
ladi-; : il *^ ptriodi^ OQ k>r«]i>e ces f TinptàBie* i
A. Dm type amtma. Gi «enie qoelqiiefois tue dît alors qu'eUe est a qudqoes cas, b fièvn
vxoé ou dinmiqiie qoi exeram(<[tid-
rordK «not lequel les a;iii|itàDes iM^ n|wuumeiii.
>] iar*^ les «t>rinptAmes pcrûMeul bM jOHpi'i U tvnnia'àsaa île la rua- (T. ptriadicus, intenaUlnij « ilcsparaiHsenl par inltr-
Il le (Tpe est atmiau p»- . égali> pcadaoi tour »<>d coiub : oo (morhu nw/ijwiu); idlc est, iliu —"lire «^phëaH'-re ifui n'offre, pen-
>«»■•» «^*-=>«« "" ' '■'""'"*' .le 2 'r- «M.
'"•«rniinj,,,,
336 DES STMPtAmBS.
à celui du premier, celui du cioquièmcàraccès de second, rapyrexir du sixième jour correspond à celle du troisième; 6** dans le type quarte-doublé (quartanus duplicatus), il y a deux accès le môme jour, de trois en trois joure : 7" dans le type triple-quarte (guartanui triplex)^ il y A tous les jours un accès, comme dans les types qucUdien et double-tierce ; maisdaus le type triple-quarte, les accc'S ne correspondent pour l'heure, la durée et la violence que de trois en trois Jours; les trois premiers sont différents les uns des autres, leqottrièmc est semblable au premier, le cinquième au second, le sixièoK au troisième : dans le tyf)e double-tierce, les accès diffèrent d'un jour à l'autre, et sont semblables de deux en deux jours; dans le type quotidien, ils sont tous semblables. De toutes ces sou^-variétës db types intermittents, le double-tierce est le seul qu'on rencontre assez fréquemment: tous les autres sont, en quelque sorte, des types exceptionnels.
G. Du type rémittent, I^s maladies et les lièvres en particulier, présentant quelquefois une marche intermédiaire au type continu et intermittent : c*est le type rémittent {remittens). Il offre, comme le type intermittent, des accès composés de frisson, chaleur et sueur; et, comme le type continu, des symptômes qui persistent sans interruption pendant tout le cours de la maladie. Tel est le sens précis que Pinel adonné au mot rémittent ;QaTf avant lui, b plupart des médecins confondaient sous cette ^nomination les fièvres continues exacerbantes et les rémittentes proprement dites.
L'intermittence ou la périodicité des maladies est un des fait*! qui ont le plus vivement appelé l'attention des médecins et provoqur leurs méditations. Il semble naturel que la phlogose ou la dégénérescence, ou toute autre altération d'un organe, produisent des phénomènes qui persistent sans interruption, comme la cause qui le> détermine. Mais il en est tout autrement des maladies qui cessent et reviennent par intervalles, surtout lorsque le retour en est relier. Si Ton suppose une lésion matérielle, comment se fait-il «]«•* son action ne soit que passagère? Si l'on suppose un dérangement des fonctions, sans lésion dans les organes, on admet un effet saD> cause. Beaucoup de médecins ont fait des efforts pour expliquer un phénomène aussi diflicile a concevoir. La plupart ont été conduits ù penser que la cause qui produit le type intermittent ou périodique devait cesser au moins en partie, par l'effet même de l'acoès; mw que cette cause, engendrée ou introduite dans l'économie,. rjunie dans un foyer ou disséminée dans tout le corps, se reproduisait ensuite plus ou moins promptement, de manière à provoquer, app'î' un temps déterminé, un accès nouveau.
DES STHRTÔMES. 337
Quant à cette cause morbifiquc elle-même, elle a été ir quelques-uns aux levains ou ferments, et son effet sur l'éconoie, comparé aux fermentations qui ont lieu hors d'elle. D'autres it supposé un embarras circulatoire, dans les vaisseaux spléniques 1 particulier, embarras dont Taccès fébrile était la solution moeDtanée, et qui se reprodqjsait bientôt de manière à nécessiter un Hivel accès. Quelques autaors anciens avaient désigné la pituite, la le, le sang, la lymphe, comme les véhicules du principe morbifi- 16. Dans des théories plus récentes, le système nerveux, dans son isemble ou dans quelques pailies, a été signalé comme siège spéal de bi périodicité. L'école de Broussais ne voyait dans les malaes périodiques qu'une irritation ou une phlegmasie intermittente : était une explication qui n'expliquait rien.' Ces explications et toutes les autres sont de pures hypothèses dont jeune n'est appuyée sur des raisons solides, et dont la plupart sont a contradiction avec les faits observés. La périodicité des maladies st un fait bien connu, mais que nous ne saurions e5[pUquer. Nous L retrouvons d'ailleurs dans une multitude de phénomènes, soit ors de l'homme, soit dans l'homme lui-même, et nulle part nous e l'expliquons. Le sommeil des végétaux et des animaux, l'écoulélent régulier des menstrues, sont des phénomènes dont la périoicité est aussi inexplicable que celle des maladies. Ce n'est donc las ici l'impeitotirin de l'art, mais la faiblesse de l'intelligence lumaine qu'il faut accuser (i).
§ IL — De la marche aiguë et chronique des maladies. C'est surent d'après la durée des maladies que les auteurs les ont distinguées in aiguës et en chroniques. Toutefois, nous pensons qu'il en est m certain nombre qui ont une marche aiguè^ bien qu'elles appariennent par leur durée aux maladies chroniques ; comme il en est lautres aussi qui ont une marche chronique, bien que, par leur du- "ée, elles appartiennent aux malarlies aiguës. Une maladie a une narche aiguë lorsque le développement, la succession et l'intensité des symptômes qui la caractérisent annoncent une affection qui doit »e terminer dans un court espace de temps ; au contraire, lorsque les symptômes se développent, s'accroissent, se succèdent avec len-
(1) Voici comment s'exprime à ce sujet le Judicieux Sydenham : « Si quelques personnes me regardaient à cause de cela comme indigne du nom de philosophe, [e leur conseillerais d'essayer elles-mêmes leurs propres forces dans les autres ouvrages de la nature qui s'offrent partout à notre observation... Or, si des bootmes trèa-inàtruits n'ont pas honte d'avouer leur ignorance en semblable matière, de quel droit ferait-on un crime au médecin de ne point expliquer les causes dans une chose qui n*est pas moins difticile et qui peut-être dépasse la portée de rintelligence humaine ? »
3^8 i>tt sniFT6iftt.
teufi sa marche est essentiellemeat cbroniquep Une fièvre typhoïde qui dépasse le quarantième et mâme le soixantième joipr eal enooK une maladie aigaê ; une affection tuberculeuse apimliinl amt niladies chroniques, lors même qu'elle entr^UHa la mort dana im ftfm de temps moins long, bien qu'on aitdpiiné le nom depAlftiftea^ à cette forme exceptionnelle de la maladie qui se tenmiie park mort, après quelques semaines de durée.
g III. — Le cours des midadies a été partagé par tous les aoteon en un certain nombre de périodes (I) : c'est ainsi qu'on nomiie diacune des phases qu'elles doivent successiTement paieoorir^ Oi n'est pas d'accord stu* le nombre des périodes qo'oQ doit admetin dans les maladies : la plupart des médecins en ooi Nooma qostn ou cinq ; d'autres en ont distingué jusqu'à boit pour eertaines afsetiens. A l'exemple de M. Landré Beauvaia, noua n'ea «dmettrav que trois, marquées chacune par une condition impartante et donble, comme l'augmentation, la (persistance et la diaaiaatioB da symptômes, et nous. les nommerons, avee toua.leaautaun^ périoè d'accroissement ou d'augment, période d'état, période de à/édk* L'invasion, n'étant que le moment où la n^ladie coaunaiiee,~aa psH pas être considérée comme une période ; ou bien o|i devraît Cuie aussi une période du moment où la maladie oesse.
A. La première période, augmenta progrèê {inçrp/$enium)^ s'étoai depuis l'invasion jusqu'au moment où les sympt^jHWWt acquis teste leur intensité. > *
Vinvoiion ou le détut {invasio^ tnitium morAi) est lemonuatoà commence une maladie. Elle n'est jamais ou presque jaoïais âppiéciable dans les affections chroniques; ce n'est, en général, qo^daw les maladies aiguës qu'on peut la connaître avec exactiitudQ : eoooKt dans ces dernières, est-elle quelquefois « peu marquée qu'il eît difficile ou même impossible de la distinguer du tempe qui la fricède ou qui la suit. C'est ce qui arrive toutes les foie que les phénomènes précurseurs augmentent graduellement d'intensité, <i^ manière à conduire insensiblement delà santé i la maladie; ou lorsqu'une affection se déclare dans certaines conditions jiaturclle»» qui ont déterminé dans les fonctions un grand changement, à la loil^ de l'accouchement, par exemple. Quelquefois, à la vérité, il aorrieiU alors un frisson, une défaillance, ou quelque autre phénom&iie i^ marquable, qui peut être considéré comme marquant ledébotii^ souvent ces phénomènes initiaux maifquent complétemaot, et k moment do l'invasion reste fort incertain. '/
(1) niptc^o;, clrcait; 6^c;, chemin; m^i^ autour»
DBS SYMPTÔMES. 339
L'invasion des maladies aiguës, de celles surtout qui sont graves, ordinairement lieu par un frisson dont la longueur et la violence arient; ce frisson est remplacé par la chaleur, et alterne quelque- )id avec elle pendant un temps variable ; tantôt il se manifeste tout coup chez des individus jusqu'alors bien portants^ tantôt il survient près plusieurs jours de malaise ; dans la plupart des cas, il oblige ?s malades à prendre le lit.
Il est encore quelques autres phénomènes qui accompagnent Tinasion : tels sont une altération notable dans la physionomie, des rerablements, des convulsions, des syncopes, une douleur fixe dans udque organe, le délire, les vomituritions^ les vomissements, la [yspnëe, l'accélération du pouls, une hémorrhagie, etc.
L'invasion de la plupart des maladies peut avoir lieu à toute heure lu jour et de la nuit; il en est quelques-unes qui débutent plus spéialemcnt à telle ou telle heure. Par exemple, les accès d'asthme et l'angine striduleuse surviennent le plus souvent pendant la nuit; es fièvres intermittentes essentielles ont presque constamment eors accès pendant le jour, les quotidiennes le matin ; les tierces, 'ers midi ; les quartes^ dans la dernière partie du jour ; les fièvres ntermittentes symptomatiques, dans la soirée ou dans la nuit. Ce ait explique comment les fièvres intermittentes dont les acc('8 se "eproduisent le soir, résistent ordinairement au quinquina; ce mélicament n'a d'action spécifique que contre celles qui reconnaissent me cause spécifique^ c'est-à-dire contre les fièvres intermittentes isentieiies ou paludéennes.
(jCB phénomènes qui signalent l'invasion de la maladie sontquel- ]uefoi6ccux qui la caractérisent ; ils persistent alors dans les autres emps de sa durée. Mais, le phis souvent, ils cessent dès le premier |our, comme le frisson qui est commun à toutes les affections aiguës, il ils sont remplacés par d'autres.
La première période se présente sous une forme variée dans les div't*i*ses maladies. Dans les maladies aiguës, le dérangement des fonctions devient de jour en jour plus marqué pendant Taugment : la colol'Hiion de la peau se prononce davantage ; les sensations et l(*sfonctions intellectuelles sont quelquefois troublées; la soif devient f)lu8 vive, la digestion se déprave complètement, la surface de lu langue se charge d'un enduit plus ou moins épais; le pouls est plnsfré(|uent, la chaleur plus élevée : la plupart des évacuations sont diminuées ou altérées. Dans les maladies chroniques, cette fx^rirMle est marquée par le développement graduel et lent des principaux symptômes. Sa 4urée peut être fort courte dans quelques m:iliidies aiguës; elle ^'st communément de plusieurs mois dans ^^^ "' 'Plions clirom(\i\e!^.
340 Bia snrTôiiu.
B. La deuxième période^ qu'on nomme la tioUmee, Vitai {status, éx^ii ), est marquée par l'intensité permanente des «ymplômes, et quelquefois par l'apparitioii de nouveaux phéaiinènes pluaoa moini graves. Etie commence lorsque les symplte|lia cesionl de a'agg» ver ; elle se termine lorsque leu» intensité dUninoe, oa loraqne li maladie marche vers une terminaison Ameste. Sa durée drâi lei affections aiguës est ordinairement moins longue que celle de Taiigment; dans quelques cas néanmoins elle l'est davantage. -
G. Quant à la troisième période, le déclin (deerementum)^ nov ne faisons que l'indiquer ici, parce qu'elle sera l'objet, d'an ehapte particulier. (Voy. Tcbmihaisoh.)
Ces trois périodes n'existent pas dans toutes les maladies aignii ou chroniques : dans certaines fièvres les symptAmea oSrent, dèsk début, toute leur intensité ; la période d'accroissement n'a paaIiM. Dans l'apoplexie foudroyanto, il n'y. a qu'une période, eneoiepest* elle être très-courtq et déterminer la mort en quelques heures. Dei est de même dans quelques maladies chroniques : la paralysîsdrai sens, la surdité ou l'amauhMie, par exemple, est qnelqoÔRNSi dh l'instant où elle a lieu, portée au point où elle restera jasqn'à li mort de l'individu : on n'observe alors ni augment ni dëcUn. 1km quelques maladies chroniques qui doivent infailliblement se tersiner par la mort, les symptômes s'exaspèrent progressivement depoii le début jusqu'à la terminaison : il y a, pour ainsi dire, sauf qiidques oscillations insignifiantes, un accroissement continuel : amâ la division en périodes ne leur est-elle pas applicable ; dans le cucer stomacal, dans la phthisie pulmonaire, par exemple, il y a ph>' sieurs degrés^ mais il n'y a point, i, proprement parler, de période».
Il est, d'un autre côté, quelques affections dans lesquelles les trois périodes sont très-manifestes ; telle est, par exemple, la fièvre typhoïde, telle est encore la variole, dans lesquelles le simple aspect du malade peut suffire pour faire reconnaître à la fois legeore et la période de la maladie.
Dans les maladies dont la marche est intermittente, chacun dei accès présente une succession de phénomènes qui a quelque analogie avec les trois périodes d'une affection aiguë. On désigne sons le nom de stade {stadium) chacune des parties dont se compose l'aoeèii savoir : le frisson, la chaleur et la sueur. Le premier a été consîdMf comme l'accroissement ; la chaleur a été comparée à l'étal, et Jl sueur à la terminaison. Indépendamment des trois stades qpe fié% sente chacun des accès, ou peut quelquefois distinguer él$^ Tat? semble des accès les trois périodes des maladies à type eriilîim* Q> voit, par exemple, dans la première semaine, les accès de oeilaiM
DBS 8TMPTÔMB8. 341
res intermittentes, des fièvres tierces en particulier, acquérir ^ressivement nne intensité plus grande, puis, pendant un temps eu près égal, consé^r une intensité uniforme, puis oiTrir une QÎnution graduée, et cesser spontanément. Mais, le plus ordinaioent, on suspend, après quelques accès, la marche de ces malas, et dès lors il n'y a pas lieu à observer ces modifications dans r cours.
je n'est pas seulement dans les affections produites par des rses internes qu'on observe ces périodes, on les retrouve aussi is quelques-unes de celles qui sont le résultat de causes externes. QS les plaies des téguments, par exemple, on voit d'abord les pari divisées devenir rouges, se gonfler de plus en plus et exhaler
liquide séro-sanguinolent ; lorsque les phénomènes inflammares sont parvenus au plus haut degré. la suppuration s'établit, et, "es un ou plusieurs jours, la phlogose commence à diminuer en me temps que les bords de la plaie s'agglutinent et que la cicaîe s'opère. On retrouve, dans celte série de phénomènes, une 'iode d'accroissement, d'état et de déclin. Il so passe quelque )se d'analogue dans la fracture des os, si ce n*est qu'il n'y a point lalation de pus, et que du phosphate calcaire est déposé dans le m d'abord celluleux, puis cartilagineux, qui sert de moyen d'utn aux fragments.
<ôu8 ferons remarquer, en terminant ce paragraphe, que, quel- 3 distinctes que soient les périodes, le passage de l'une à l'autre
presque toujours graduel et insensible, et qu'on ne peut distin- 3r exactement la fin de l'une et le commencement de l'autre. J IV. — Les circonsCances propres à modifier la marche des malas sont très-nombreuses. La jeunesse et l'âge adulie, le tempérant sanguin ou bilieux et une constitution forte, impriment en léral aux maladies une marche plus prompte et provoquent une ction plus vive. — Les révolutions diurnes paraissent aussi avoir "leur marche une influence bien marquée. Quelques médecins de iliquilé avaient pensé que les quatre parties du jour pouvaient e comparées aux quatre saisons de Tannée, savoir : le matin au ntemps, le milieu du jour à Télé, le soir à l'automne, la nuit à îver, et que chacune d'elles avait sur l'exercice des fonctions, is l'état de santé ou de maladie, une influence analogue a celle ; saisons. Testa, qui a publié sur les périodes un ouvrage justefnt estimé, n'est pas éloigné de partager cette opinion, plus ingéiuse que positive. Le matin, avant le lever du soleil, on observe quemment des sueurs, soit dans les maladies aiguë» «'^»* 'InnH le^ ections chroniques; â cet/e époque, l'absorption
342 DES STHPTÔinS.
peu augmentée, l'œdèmo, a-t-on dit, diminue et disparaît; mais en réalité la sérosité se déplace plutôt qu'elle n'est résorbée. C'est à ce moment, comme nous l'avons dit précédemment, qu'il oonvîeal d'employer les remèdes qui doivent agir par absorption : Gruiksfaank assure que des maladies vénériennes qui n'avaient pu êtte guéries par des frictions faites le soir ou la nuit, furent dissipées pu des frictions matinales. Au moment où le soleil se lève, k» sigaei de pléthore sont communément plus marqués qu'à toute autre heure ; c'est à ce moment que le corps est plus lourd, la tête plus pesante; chez quelques sujets, les doigts sont tellement distendus, qu'ils peuvent à peine être fléchis ; la chaleur est souvent incommode ; c'est aussi à ce moment que les symptômes des inflaminttionscutanées sont ordinairement plus intenses. Le milieu du jour amène dans quelques affections chroniques, dans la phthisie pulmonaire en particulier, un léger paroxysme, et certaines doul^in périodiques reparaissent constamment à cette heure. Mais c'al ordinairement le soir que commencent les redoublements ou paroxysmes dans la plupart des maladies aiguës ou chroniques ; ib persistent ot deviennent plus intenses pendant la nuit, qui s généralement une influence fâcheuse sur les affections graves. Les malades à cette époque, fatigués par les impressions qu'ils ont reçues pendant le jour, ressentent plus de malaise ; leurs douleurs, s'il» en éprouvent, deviennent plus vives ; ils fixent mal leur attentioDr et leur mémoire est moins sûre que le matin. C'est presque toujours pendant la nuit que le désordre des fonctions intellectuelles commence à se manifester; chez quelques malades il reparaît chaque soir, et cesse complètement pendant la journée; chez d'autresje délire, qui est tranquille pendant le jour, devient furieux pendant la nuit. C'est généralement pendant la nuit que la figure est plib animée, la soif plus vive, la langue moins humide ou plus sèche, la respiration plus accélérée, le pouls plus fréquent, la chaleur pla& élevée et l'urine plus foncée en couleur.
Bien que la, nuit ait une influence fâcheuse sur la plupart des maladies, il en est plusieurs dans lesquelles celte Influence est plus marquée encore que dans les autres : telles sont celles du cœor et des poumons, et en particulier l'emphysome , les tubercules pulmonaires et les douleurs rhumatismales, etc. Il est mâma quelques affections dont les symptômes disparaissent entièrement pendant le jour et ne se montrent que pendant la nuit : telles sont certaines douleurs syphilitiques ci plusieurs maladies éniptives, comme Tépinyctis. Nous avons vu une éruption morbilU' forme reparaître toutes \c8 wvùVs, ^uAawVwn. mois environ, chez
DBS STHPTÔm». 343
un individu qui n'en conservait ancnne trace pendant le jour. Quelques médecins ont fait des eflbrts pour remonter aux causes qui produisent dans la marche des maladies ces variations régulières qui correspondent aux révolutions diurnes. Selon M. Bally (I), la présence ou l'absence de la lumière, Tëlévation difTérente de la température, et l'inégale quantité d'eau répandue dans Tair seraient les principales circonstances qui détermineraient les cbaugements que le jour et la nuit apportent daus la marche des maladies : u Celles « qui se manifestent par une exaltation des forces vitales s'aggra-
• vent pendani le jour, et celles qui se déclarent et s'annoncent a par une prostrntion de ces mômes forces s'exaspèrent le soir et
• pendant la nuit. » Ce médecin ajoute, à l'appui de son opinion, que sur huit fièvres avec faiblesse, il y en a sept dans lesquelles la mort arrive pendani l'absence du soleil. Si l'opinion de M. Bally peut être fondée relativement aux affections adynamiques, il n'en est certainement pas de même à l'égard des maladies opposées ; l'expérience journalière ne permet pas d'admettre que les paroxysmes des fièvres inflammatoires et des phlegmasies aient babituellement lieu pendant le jour; c'est pt*esqne constamment la nuit qu'on les observe. Avant de terminer ce qui a rapport à l'influenoe de cette dernière sur la marche des maladies, il convient de faire remarquer qu'elle n'est pas toujours nuisible, et que c'est fréquemment pendant son cours que commencent dans les maladies ces sueurs douces et générales qui annoncent un commencement de détente selon l'expression usitée, et font espérer une heureuse et prochaine solution.
Les variations passagères qui surviennent dans la température et rhumidité de l'air, daus la direction dc^ yents, n'ont qu'uno influence incertaine sur la marche des maladies chroniques, et pai*aissent n'en avoir aucune sur celle des maladitîs aiguës. Néanmoins un changement brusque qui survient daus la température, et particulièrement un froid subit et rigoureux, hâte la Hn des maladies chroniques parvenues à leur dernière période. C'est ce qu'on observe bouvent dans les hôpitaux : lorsque la température devient tout à coup très-froide après avoir été douce pendant longtemps, on voit succomber, dans l'espace de vingl-quatre a trente- six heures, la plupart des malades qui luttaient depuis plusieurs jours avec la mort. Dans les hospices de vieillards, l'impression fâcheuse d'un froid subit sur les moribonds est encore bien pins marquée ; mais l'époque de la chute des feuilles, si formidable aux yeux du vulgaire,
(1) Ffe rinfluence ffe la nuit, etc. Thèaes, 1807, n© G.
344 DBS STMPTÔIIIS.
n'est pas généralement fins flineste pour les phtbiaiqoes que la autres temps de Tannée ob la température fÂe un ^JiangwiMt brusque. :
Beaucoup de malades, et en particulier ceux qui amt attoÉi d'affections rhumatismales ou nerveuses, sont persaadésqoe eaitamment, sous Tinfluence de certaines conditions atmoapbérifM^ leurs douleurs deviennent plus fortes ou plue légères : plnÂff d'entre eux croient même pouvoir annoncer avec oertiuide, d'apih l'intensité do leurs maux, les changements qui doiveot a'opdrer ém l'atmosphère. Mais l'observation ne justifie pas ^ordinairement Ifli conviclioos de ces malades.
Si les changements passagers qui surviennent dana ratmeuAht n'ont que peu d'influence sur la marche des maladies, ii n'es «1 pas de même des grands changements produits par la suooesMBài saisons ; leur influence est bien constatée et ne peut être léim^i en doute. Ainsi, pendant l'hiver, les catarrhes et les écaakmaÊ chroniques deviennent plus graves, la phthisie pulmonaire Eût ài progrès plus rapides, le rhumatisme chronique est plos dooloanUi rbydropisie augmente plus promptement, et l'oedèâiie des muakm inférieurs se montre chez beaucoup de malades qui n'avaient pM encore présenté ce symptôme. •
Quant à l'influence des astres sur le cours des maladies, elfe M aussi obscure que leur action comme eause morbifiqoe, an moiv dans notre climat. Le lever des Pléiades, du Chien et d'Aidoie, la équinoxcs et les solstices n'effraient point les médecins inoderaei) (fuelque respectable que soit à leurs yeux, sous d'antres rappcfU» l'autorité qui avait proclamé l'influence funeste de ces époques air la marche des maladies. Toutefois cette opinion comptait enooR quelques sectateurs dans des temps rapprochés du nôtre. Bailka raconte, dans le premier livre de ses Épid^piies, qa^me maUe éprouva, pendant une éclipse de soleil, une syncope qui ne eem qu'après que cet astre eut reparu. Ramazsini rapporte que, pendast la nuit du 21 janvier t693, où la lune s'éclipsa (il régnait alors une épidémie de fièvre pétéchiale), la plus grande partie des malades moururent, et presque à l'heure même où l'éclipsé eut lieu, c Aetf i per nociem lunari eclipsiy major pars œgrotantium obîit,0eeéim 1 penè horà quà nimirum luna laborabai (1 ). Balfour a cru reoonnaftrei I au Bengale, que la lune agissait physiquement sur la marche i^M différentes maladies (2) ; Bruce assure avoir observé ploa d'oie Mii 1
(1) O/HT.. Sydexhaii, t II, p. &♦.
(2) Jounml deméd.,i. lAN W.
DBS 8T«PTÔ11E8. 345
dans leScnnaar (i), Tinfluence de cet astre sur les épileptiques, et les observations de Fontana viendraient à l'appui de cette assertion. Mais tout ce qu'on sait sur ce point ne pourrait servir de base à une opinion bien établie. Nous en dirons autant de l'assertion de quelques auteurs, de Daquin en particulier, qui ont prétenchi que la lune avait une action réelle et constante sur la marche de la folie. M. Esqnirol, à la vérité, a observé aussi que les fous étaient plus agités au moment de la pleine lune, mais il a pu s'assurer que cette agitation tenait à ce que la clarté pénètre souvent alors dans leurs chambres, et il m suffi, pour prévenir cette excitation, d'empêcher l'accès de la lumière au moyen d'une clôture plus exacte.
Parmi les circonstances qui agissent sur la marche des maladies, on ne doit pas oublier la plus ou moins grande salubrité du lieu dans lequel est placé le malade. Toutes choses égales d'ailleurs^ les maladies sont plus légères, et ont une durée plus courte chez les individus isolés ; elles sont plus graves et plus longues chez ceux qui lont réunis en grand nombre dans les hôpitaux. Il est facile de constater cette différence lorsqu'une épidémie règne dans toutes les classes de la société : on peut également apprécier l'influence de cette cause, en comparant les succès si différents des opérations chirurgicales pratiquées sur des malades isolés et sur ceux qui sont rassemblés dans les hôpitaux.
Le climat et l'exposition du lieu d'habitation ont aussi quelque influence sur la marche des maladies : nous renvoyons à ce que nous avons dit précédenunent sur les climats et l'exposition, considérés comme causes morbifiques.
L'impression du froid et de la chaleur sur le corps du malade^ la nature et la quantité des aliments et des boissons, le mouvement et le repos, des sensations très-fortes, la contention de l'esprit, les émotions de tout genre, sont autant de causes qui peuvent modifier la marche des maladies, mais qui produisent des effets trop variés pour qu'on puisse les décrire d'une manière générale.
Il est peu de maladies dans lesquelles l'influence de ces divers
agents soit aussi remarquable que dans celles du cœur. Dans ces
affections, on voit souvent les symptômes les plus graves, tels que
^ Vorthopnée, i'infiltranon des membres, disparaître une ou plusieurs
bb avant de persister définitivement : c'est particulièrement chez
4 indigents admis dans les hôpitaux que la maladie offre cette
ircbe rétrograde : chez ces sujets, les erreurs du régime, et sur- .jQtles fatigues, les veilles, ont déterminé, dans beaucoup de cas,
( 1) Voyage aux sources du Nil, t. VII, p. 4.
346 DBS SYMPTÔMES.
le développement de ces symptômes, à une époque où la lésion du cœur seule ne les aurait pas encore produits. Par le simple éloignement de ces causes, par le repos et le régime, la maladie est réduiti' à elle-même, et Ton voit diminuer, et souvent même disparaître pour un certain temps, les phénomènes prématurés auxquels des circonstances accidentelles avaient donné naissance ; du troisiî'iDe degré, où elle semblait être parvenue, la maladie revient au second ou même au premier.
Il est une autre condition, qui a sur le cours des maladies chroniques une influence si remarquable, que nous ne pouvons pas non dispenser d'en dire quelque chose : c'est la grossesse. Non-sealement elle fait quelquefois cesser désaffections rhumatismales ei nerveuses, des éruptions, etc., mais encore elle pourrait, suivant l'opinion de beaucoup de médecins, suspendre la marche des ma* ladies organiques les plus graves, lors même qu'elles sont déji parvenues à un degré assez avancé. Ainsi, la phthisie cesserait souvent dé faire des progrès chez les femmes qui deviennent enceintes : beaucoup d'entre elles se soutiendraient jusqu'à l'épogoe de l'accouchement, et succomberaient peu de temps après. M. le professeur Grisolle (i) a montré que cette assertion était au moiss très-contestable, et^ dans les faits nombreux qu'il a réunis, la grossesse, loin d'enrayer le développement de la maladie tuberculeuse, a semblé, le plus souvent, en accélérer la marche.
Avant de passer à un autre sujet, nous ferons remarquer que les circonstances variées qui modifient la marche des maladies n'empêchent point qu'elles n'offrent une grande ressemblance nonseulement dans des temps et des lieux rapprochés, mais aussi dans des conditions trcs-difiérentes. Quand on lit avec attention les peintures des maladies tracées par les médecins observateurs de lieui très-divei*s et de tous les âges, depuis Hippocrate jusqu'à nos jour», on ne peut s'empêcher de reconnaître une grande similitude entre les maladies observées dans des siècles et des pays très-éloignés, malgré la différence des climats, des mœurs et des autres grandes circonstances qui sont propres à les modifier. Bâillon et Sydenham ont, en particulier, observé des fièvres épidémiques semblables à celles qu'Hippocrate avait décrites dans la constitution de Thase. et plusieurs des descriptions d'Arétée de (^appadoce sembleraient faites d'après les maiiidiesquc nous observons tous les jours.
(1) Archives de médecine, 4« série, 1860, t. XXII.