‹ Éléments de pathologie généraleChapitre 50 sur 92 · DE U DURÉE DES MALADIES · texte numérisé non relu

DE U DURÉE DES MALADIES

La durée des maladies {moi^bi mora) est l'espace de temps compris entre leur début et leur terminaison.

Il n^est pas toujours facile de connaître d'une manière rigoureuse la durée d'une maladie, parce que souvent l'invasion en est obscure^ et que l'instant où la maladie cesse n'est pas aussi évident qu'on pourrait le broire ; pour peu qu'une de ces deux époques soit incertaîne, la durée ne peut être déterminée que d'une manière approximative.

n est encore une autre circonstance qui ajoute à l'obscurité inséparable de ce point de pathologie, c'est la dissidence des médecins nr la manière de compter les jours. Les uns, avec Hippocrate, veulent que le premier jour, quelle que soit l'heure à laquelle Tin- Tision ait lieu, se termine avec la nuit suivante, et que les anires jours 86 prennent d'un lever du soleil à l'autre. Les autres donuent vingt-quatre heures au premier jour comme aux autres : cbaqm» jour de la maladie commence et se termine à l'heure où l'invasion lea lieu.

La durée des maladies est extrêmement variable : on a nommé éphémères (1) celles qui ne durent qu'un jour ou tout au plus deux 'Hi trois jours; aiguëi^ celles dont la durée ne dépasse pas quarante ixi soixante jours ; chroniques, celles qui se prolongent au delà de ce terme. Les maladies éphémères ont été distinguées en éphémères proprement dites, qui ne durent qu'un jour, et en éphémères prolongées, qui s'étendent jusqu'au second ou au troisième. On a également subdivisé les maladies aiguës en maladies très-aiguës (morbi ncutissimi) qui, offrant des symptômes très-graves, se terminent bien ou mal dans l'espace de trois ou quatre jours ; maladies subtrh-aiguès {morbi subacutissimi vel paracuii) qui en durent sept ; maladies aiguës proprement dites {morbi acuii) dont la durée est de quatorze à vingt jours ; maladies sub-aiguës (morbi subacuti) dont bdurée est de vingt et un à (juarante jours. Quant aux maladies chroniques, elles n'ont pas été l'objet de pareilles subdivisions. Ces distinctions scolastiques ne sont pas en usage, elles sont à peine eoBDQes dans les nouvelles écoles, et n'ont aucune utilité dans la ^ pratique ; la division des maladies en aiguës et en chroniques est la seule nécessaire, la seule qui soit généralement admise.

(t. É^Tuipo; : tnî, daiu, t/j.Î9A^ jour.

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La durée des maladies, dans ses limites extrêmes, offre de bien grandes différences. Quelques fièvres ne durent qu'un jour; le choléra asiatique a souvent déterminé la mort en quelques heures; certaines hcmorrhagies ne durent pas au delà de quelques roiDutes, et les blessures du cœur ou d'une grosse altère peuvent faire périr en un instant. Certaines affections rhumatismales ne finissent qu'avec la vie.

Il est quelques maladies dont la durée est presque fixe : telles sont la rougeole, la scarlatine, la variole discrète, quand elles siffviennent chez des individus sains : les causes spécifiques qui les produisent déterminent généralement des phénomènes semblaUei, qui se succèdent de la même manière, et cessent après un temp égal. Il en esta peu près de même des plaies et des fractures simples, dont la durée peut être approximativement calculée d'avanee d'après le siège de la maladie, Tâge du malade et quelques autiei circonstances. Quant aux affections produites par des causes internes, leur durée est beaucoup plus variable ; celle de la pleuréâe, par exemple, peut être de quatre à cinq jours, comme eUe peut se prolonger jusqu'à trente, et bien au delà encore quand elle donoe lieu à un épancbement considérable.

Quelques circonstances exercent une influence assez remarquable sur la durée des maladies. On a observé que plusieurs affections étaient plus longues dans leurs réapparitions chez le môme individu, qu'elles ne l'avaient été dans leur première invasion. Une seconde ophthalmie dure communément plus longtemps qu'une première ; il en est souvent de même d'une seconde blennorrfaagie. D'autres maladies, au contraire, telles que la pneumonie, et surtout l'érysipèle, offrent généralement une durée et une gravité décroissantes dans leurs apparitions successives.

Le traitement et les complications exercent aussi une influence remarquable sur la durée comme sur la marche des maladies : noas reviendrons ailleurs sur ces deux points.

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