CHAPITRE XIX
DE Là TUéttAPEOTIQUE.
Il existe dans Thomme, comme dans tous les autres ôtros organisés, une force intérieure qui préside à tous les phénomènes de la vie, dans ses périodes successives, lutte sans cesse contre les lois physiques et chimiques, reçoit l'impression des agents délétères^ réagit contre eux, développe par conséquent les symptômes des maladies, en détermine la marche et en opère la solution, par un mécanisme également impénétrable. Cette force, qui se confond avec la vie, qui commence et cesse avec elle, qui est inhérente aux (MTganes et qui n'en serait pas distincte si elle ne les abandonnait au bout d'un certain temps ; cette force, tout à fait inconnue dans son essence et manifeste seulement par ses effets, nommée par quelques-uns force vitale^ puissance intérieure^ a été plus généralement désignée sous le nom de nature (3), depuis Hippocrate jusqu'à nos jours. £n admettant l'existence de cette force, les médecins n'ont pas été de même avis sur ses attributions. Ceux-ci l'ont considérée comme un principe intelligent (3) dont tous les actes seraient raisonnes et pour ainsi dire volontaires ; ceux-là, donnant dans un extrême opposeront fait consister la nature dans l'élasticité et roscillation des libres et dans le mouvement progressif et circulaire d«*s licjuides (i). D'autres, comme S i/denham (5), ont employé
(1) Séméiotùiuc yênérule, par M. Double, t. I,p. 5G etsuiv. (?) (Ifjat;, nature.
(3) Van Hclmo.nt, Stabl.
(4) Raymo.nd, Maladies qu'il est flnnyi^reux fl' fjuôrir, p. CO.
(5) Optera omnia, t. I, p. 77,18.
5di THÉRAPKCJTIQUE.
ce terme dans le môme sens que nous y attachons aujourdlmi.
La guérison, ou le passage de la maladie à la santé, est le résolM d'un changement intime qui s'opère dans nos organes; ce changement lui-même est nécessairement subordonné à la puissance <|« préside à tous les phénomènes de la vie ; c'est donc à elle que h guérison appartient. Toutefois, comme une multitude de cirooDstances peuvent entraver ou favoriser son action^ Tart coocomit la guérison des maladies d'une manière plus ou moins efficace, ci donnant aux efforts de la nature une direction et une mesure ool^»^ nables, et en écartant les obstacles qui pourraient les entraver. Qr, telle est, dans la solution des maladies, la part de la thérapiU' tique (i) {therapeutice)^ branche de la pathologie qui a pour objet le traitement des maladies. Traiter une maladie, c'est éloigner tout ce qui pourrait exercer sur elle une influence contraire^ c'est réunir tous les moyens propres à en diminuer la durée et l'intenaté.
La plupart des maladies sont susceptibles de guérir sans traitement actif, par la seule action de la nature ; de là la rcputatioB usurpée d'une infinité de remèdes sans efficacité et d'une foule de médicaslres sans aucune instruction. Aucune maladie ne peut gnérir par les seuls secours de l'art ; de là l'impuissance de la médedoe contre un trop grand nombre de maux qui affligent l'humanité. Le quinquina, les mercuriaux, qu'on a regardés avec raison comme les moyens les plus héroïques que possède la médecine, restent sans effet dès que la nature ne répond pas à leur action. La saignée ne dissipe pas seule la phlogose, et le rapprochement des b«ds d'une plaie ne suffit pas pour en opérer la réunion. En chirui^e comme eu médecine, la thérapeutique ne fait, dans l'immense majorité des cas, que favoriser l'action de la nature, qui seule peut ramener le viscère enflammé à l'état sain, cicatriser les bords d'une plaie, et réunir les fragments d'un os fracturé (2).
La thérapeutique n'est donc, à proprement parler, que l'art de modifier l'action des organes, pour aider à la guérison ou au soulagement des maladies. Cette assertion ne nous parait pas (le nature à pouvoir être contestée par ceux mêmes qui ont la plas haute idée de la puissance de l'art. On ne supposera pas que nous ayons la pensée de diminuer la part des moyens thérapeutiques
(1) espxirîuci), je soigne.
(2) On a souvent cité avec raison les paroles célèbres d'Âmbroise Paré: le le pan a», Df>u ie guarit. Job avait dit mieux encore : Dieu a fait mes maux, Dit» les guérira. En effet, dans le plus grand nombre des cas, c'est ésalemeot ea vertu des lois imposées par Dieu à l'organisme, que se développent et se terminent les maladies.
TBÈRAPECTIQUB. 535
aD8 la gaérison des maladies : nous avons, au contraire^ la coniction que par l'omission d'un traitement convenable, et à plus forte Eiîson sous l'influence de remèdes contraires, certaines afiections, léme légères, pourraient devenir incurables ou mortelles; que la lupart des maladies graves se termineraient par la mort; que pluieur8 autres, parmi lesquelles on doit ranger certaines formes de ^hilis» ne guériraient point, du moins dans notre climat. Nous oulons dire seulement que nos moyens thérapeutiques n'ont pas ne action directe contre la maladie, qu'ils n'agissent qu'en déterlinant dans l'économie des modiflcations en vertu desquelles s'opère i changement favorable qui prépare et achève la guérison : l'ex-* «action des corps étrangers, la réduction des pai-ties déplacées, enlèvement ou la destruction de la partie malade, font presque >ule8 exception. En exposant cette doctrine, généralement admise ajourd'hui, nous n'enlevons rien à l'importance de la thérapeuqae, et nous rendons à la nature ce qui lui appartient : également loigné de ceux qui donnent exclusivement l'honneur de la guéson, soit à l'art, soit à la nature, nous croyons que le concours de im et de l'autre est toujours utile et souvent indispensable.
Cette manière d'envisager la thérapeutique nous montre sur lellca bases elle est fondée : ces bases sont, d'une part, la conûssance approfondie de la marche et des tendances naturelles des laladics vers telle ou telle terminaison, et, d'autre part, celle des oycns propres à combattre ou à favoriser ces tendances : Tobserition et l'expérience peuvent seules nous diriger dans cette étude fficîle.
L'observation, en médecine comme dans toutes les autres sciences, 'Age dans celui qui veut s'y livrer des sens fidèles, un esprit at- Qtif, calme et exempt do prévention. Il faut des sens fidèles, parce le ce sont les sens qui établissent entre le malade et le médecin â rapports qui conduisent à la connaissance de la maladie. L'atntion tout entière est d'une nécessité indispensable : celui qui en est pas le maître est incapable de bien obser\'er, et tout ce li pourrait la diviser ou l'affaiblir, comme la fatigue de Tesprit ou
préoccupation, rendrait inhabile à l'observation celui-là môme li aurait toutes les (pialitcs d'un bon observateur. Aussi la médilion est-elle nuisible au médecin avant l'heure où il voit ses ma- Jes, et n'était-ce pas sans motif qu'Hippocrate recommandait de \ visiter le matin plutôt que le soir: à cette heure, disait-il, le îdecîn est plus apte à bien observer comme le malade à bien rendre. Le calme le plus parfait est également nécessaire à l'obserteur ; une passion vive absorbe en quelque sorte touteftlo&iAsràvfe.'i»
prévoution, comme on l'a dil, es cache une partie des objets, grossit de manitre h en tlonncr une imagt Ués-i m parfaite. Le médecin systci vais oLservuieur. Celui (jui, eu abot pas d'appliquer ses sens h l'exame les impressions qu'ils lui transmclt dans ce qu'il voii la confirmation di tout à fait impropre à observer, et 1 ne sont le plus souvent que les rfivej A loules les qualités nécessuires en Joindre une aulie plus hnporlunl d'êire énumcrt^es: c'est Vespril d suppose la réimion de toutes les anir pas toujours, consiste ii la fois dam del'eapril à examiner attenlivemei d'en ssiair et d'en apprécier avec ( différences. C'est une disposition ii la cultivant, mais qui ne saurait OU pas ri-çiie en partage. Un jugement au médecin, pour tirer de l'oxeme les inductions qui le dirigeront dan s'élever par degrés, et avec la mesi isolée des Taits particuliers à ces o
THÉRAPEUTIQUE. b'M
ttire non-seulement pour combattre les accidents qui pourraient iirvenir; et pour éloigner tout ce qui pourrait troubler le cours l'une maladie qui marche ver^ une solution heureuse, mais encore lour réunir toutes les conditions hygiéniques les plus favorables à ft prompte et complète guérison. On comprend combien pourrait ïVre dangereuse une thérapeutique peu éclairée, qui combattrait des remèdes énergiques une maladie dont l'organisme, avec seules forces, devrait triompher, ou qui resterait dans une expecation intempestive, en présence d'un mal assez grave pour compro • neitre l'existence, et dont l'issue funeste aurait pu être prévenue lar une médication active. L'observation seule peut mettre le mékecin i Tabri de ces funestes erreurs, parce que seule elle lui donne «tte oonnaissance approfondie de la marche et de l'enchaînement les phénomènes pathologiques, qui lui servira de règle sûre dans selte détermination .
Si l'étude des tendances diverses des maladies présente des lifBcultés, l'appréciation des moyens propres à modifier favorable- Dent l'action des organes n'en offre pas moins ; elle s'appuie sur 'expérience qui, eile*même^ a pour bases d'une part l'observation, t d'autre part, les expériments. a Un expériment (experimenium) diffère d'une simple observation, en ce que la connaissance qu'une I simple observation nous procure semble se présenter d'elle-même, [ au lieu que celle qu'un expériment nous fournit est le fruit de i quelque tentative que l'on fait dans le dessein de connaître si I telle chose est ou n'est point. Un médecin qui examine tout avec [ atleation, dans le cours d'une maladie, fait des observations ; : celui qui, dans une maladie, administre un médicament et cherche [ à en apprécier les effets, fait un expériment.' Ainsi, le médecin [ observateur écoute la nature, celui qui expérimente Tinter-
: roge(i)- 1 Dans l'étude délicate de l'action des moyens thérapeutiques,
'observation tient la première place. Elle a dû, dans l'euehainement
laturel des idées et des connaissances humaines, précéder l'expé-
imentation. Les hommes qui, les premiers, ont été conduits acher-
her le soulagement de leurs semblables, ont dû probablement au
asard, et quelquefois à l'instinct des malades, les premières notion^
u'ils ont acquises, et ce n'est que plus tard sans doute qu'ils auront
raté quelque expériment. Nous avons exposé précédemment les
Doditions nécessaires pour observer; essayons ici o 'esquisser les
^gles qui doivent présider aux expériments.
;f} ZiVMERXANN, De l'expérience^ t. I, p. 32.
uiion ei loui ce qu'elle exige de t pour conduire â d«fB résullnls prêt ceDtaiues le nombre des niédicain Uleiiis onl aiiribué 1k vertu de eus tnitlcnii-s. el, parmi ces niéJicaiïK l'action Fébrirnge soîl ciBirenieD admise. 1^ nombre des remèdes s antre maladie, comme l'épilepsie considérable, et aucun d'eux n'a justitié la confiance que quelques ej fdcileroi'Ol accordée : le rein"''do I maladies, on ne le sait que trop, a comme conséquence immédiate de 1 en médecine est chose eitrémemen expcrimcntaleura judicieux est mal] Parmi les ex|>ériments, iee uns oi d'un mojen tbcrapfii tique conire u Ires, de déterminer l'eftei primitif d' Ftction purgative, par exemple, on i derniers expérimenls n'oft'renl pas, i fiiHilids que les premiers, et pourtan été décon.^ du titre de diurétiques, même, qui sont loin de produire ce»
reconnu, dans beaucoup de maladiet sécréiion de l\iriiic^oudepruvoQUj
TH&BAPEUTIQUE. 530
jel l'expëriiDentation doit avoir lieu, et la maladie contre laquelle
remède est essayé.
Le médecin doit connaître le remède qu'il expérimente : c'est ire qu'il ne devra jamais consentir à faire des essais avec des relëdcs dont il ignorerait la composition. L'Académie royale de méeeine, chargée par l'autorité d'apprécier la valeur des remèdes sc- "ets, 8'est imposé pour règles, d'une part, d'exiger des possesseurs arcanes la composition exacte de ces remèdes, et, d'autre part, de 8 faire préparer par un pharmacien de son choix. Ces sages prélolîons doivent servir de base a la conduite des médecins auxquels 2 demande d'expérimenter un moyen thérapeutique quelconque. ne fois dans ma vie, je me suis éloigné de cette règle en faveur 'un médecin honorable qui me demanda d'expérimenter, sans l'en faire connaître la composition, un remède dont il était posisseur, et sur lequel il fondait tout son avenir et celui d'une mille nombreuse. Bien que ces expériments aient eu un résultat irorable, et que le remède dont il s'agit m'ait paru aloi*s plus effiice qu'auctm de ceux qui avaient été préconisés jusqu'à cette* loquc contre la même maladie {le tœnia), j'ai regretté d'avoir contntî à l'expérimenter sans le connaître, et, depuis lors, j'ai conamment résisté a toutes les demandes analogues qui m'ont été ites.
Le médecin devra donc toujours mettre pour condition première ses expérimentations la connaissance du remède simple ou com- )fié qui lui sera soumis : il devra savoir s'il a déjà été mis en usage^
par qui, par un seul médecin ou par plusieurs, dans quelques cas res ou un grand nombre de fois. Si le remède a été souvent essayé, CCS essais n'ont donné lieu à aucun accident, si refTicacité tliéraïu tique laisse seule des doutes, on pourra procéder avec sécurité i se renfermant, quant aux doses, dans les limites connues. Mais
le remède n'a pas encore été expérimenté, et surtout s'il est lirait d'une substance végétale active par elle-même, ou apparteint à certaines familles renfermant des plantes vénéneuses; si c'est I corps minéral dont certaines préparations aient une a; tien énerque; si des expériences tentées sur les animaux ont faitrecon- LÎtre à ce remède ou à ses composés une action assez grande pour nipromettre la vie; s'il a une saveur forte; ou si, appliqué sur la lau» il y produit rougeur, vésicalion ou eschare, on ne saurait Bltre trop de circonspection dans les premiers essais auxquels on livre. J'aurai toujours présents à l'esprit les accidents formidables e j'ai vus subitement apparaître chez un malade auquel j'aduiilirais, à l'hôpital de la Charité, une substance à laquelle NVl\.¥ A-
uvdir ejicore cpruiivi! jiul-uiii mo remit d'aboid six pilules, coi de eirychriine; j'en fis preiidi deux ensemble le second jour, tro aucune espèce (l'cITul. Je démuni par demi-grains; M. Pelletier mt Iules, chacune d'un gruin; c'éla pensai qu'en dannanl un grain à •sans nucun effet, trois quuris de quelijues jours aupaitivanl, Ircnlj ratio[i du même remcdcje noblj sultal, el que«'#'ayanl plus en su minislrcr, je nie placerais dans l'ii pressant de Pelletier; j'eus le tort trois quarts de graia à deux graii dont le degré d'énergie n'était pas aprûs l'admiiiislraiiou du remède, i la visita de la salie Saint-Louis, da ché, il fut pris de sucousiies couvuL bros, puis s'étendent aux musci l'intensité qu'elles auraient eue d donnant lieu, à des intervalles U telle, i|ue, pendant plus d'une dei malude ne suecombàt sous mes yei convulsions du dJHpIirngme. Dire g
TnËRAPEUTIQUE. 541
prendre immédiatement au malade une dose de laudanum de r7c9<3nbam, représentant à peu près 10 centigrammes (deux grains) •iom commun. Les convulsions et la suiïocation continuant tou- , augmentant même, j'en donnai une seconde dose semblable, minutes après la première, puis de cinq en cinq minutes, et 89 à des intervalles plus rapprochés ; j'en donnai le double, le tisme, qui pouvait être la conséquence de Icmploi de Topium si élevées^ n*oiri'ant ni un aussi grand danger, ni surtout un ^er aussi prochain que celui qui résultait de l'action de la strych- 3. Enfin, après une demi-heure ou trois quarts d'heure de et d'anxiété, les spasmes commencèrent u devenir moins vioet moins rapprochés, et la suflbcation moins imminente; peu u et dans l'espace d un quart d'heure, tous les symptômes propar la noix vomique avaient disparu, et le malade ne conserde la dose énorme de laudanum qu'il avait prise (environ une hODce) qu'une légère somnolence qui ne dura que peu d'heures, cnt il était facile de le tirer. Souvent, dans mes leçons cliniques Charité et à l'Hôtel-Dieu, j'ai rapporté ce fait par le même motif m'engage à le déposer dans ce livre ; et ce motif était de monpar cet exemple, à ceux qui m'écoutaient comme à ceux qui me i, avec quelle circonspection il faut procéder dans l'expériitation d'un remède dont l'énergie n'est pas encore déterminée, jouterai même que^ lorsqu'on prcsc^rit, pendant longtemps, à un e malade un remède très-actif, la prudence exige du médecin *ii redescende à des doses inférieures, toutes les fois que le reest préparé chez un nouveau pharmacien, ou lorsque le même ^tnnacien, ayant épuisé sa première préparation, s'en est procuré ^ nonyelle.
^ Connaître le sujet sur lequel l'expérimentation doit avoir lieu est JiMCond point non moins indispensable, et j'entends, par là, conjdtre sa moralité, son jugement^ sa susceptibilité. Jai mis en prejière ligne la moralité du sujet sur lequel on expérimente, et en oid les motifs. Quand un médecin essaye un moyen thérapeutique ontre une maladie quelconque^ et surtout quand ses premiers expéiments ont eu quelque publicité^ il n'est pas rare de voir arriver après de lui, surtout dans les hôpitaux, beaucoup d'individus affec- ^ de la maladie en question ; et, parmi eux, il en est presque touian quelques-uns qui, soit erreur, soit supercherie, n'en sont pas Â^ement atteints. Ou a vu, dans (pielques circonstances, par une InUe fraude, des individus s'aunoncer comme possesseurs d'un Jlécifique contre une maladie réputée incurable, contre Tépilepsie, pb^'exemple; et d'autres individus simuler cette maWdv^ ^\it ^^-
lûèce irn-condat
r> nj-ilo en nydiakMitalioo. Noua aTMttè 1
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lafale. [I esi d'anuai plu înip'irtaiit |Miiir leat
(tecîn qni fie livre à deaeipériiMHMioitc de «c It-nir ca (tarde raolrt de KnibUbl«fl fmuln, que aaiORUeBau il «.-«(. v In r<:>bi, esilini e«|Kn.'«- quelque» réeoJutâ de* wcbercbcs ■ux'iiwUe* il ■slïviE.it i9Dpica»é de «aisir les bvuivui eSols d*uii moyen ll»ën|>ctfliqi<% la wucè» diiqnel tl alUcfae lu double prix d'une cbcisc Ultfc & flnaBliiilê BTiufTraDie et satûfaiMoïc pour liit-ntênie.
Il est une autre cUfi».- de nulwli^ qui, suit* avoir l'tnteniMi|D- BÎtNe de tromper le mèlcdo qui npmiamtir, pinivcnt O0|i*Ddw l'ioduire encore en erreur, «ûl en eugi*raat lo sgoUgennln l'eiaspêratioD eorvcoQS dans l«m maux, snii en attadtanl â)d m id sTmpiûcue uoe importance *|u'd e«l loin d'avoir, tiim eofin paraw dîspositkq d'csprii qui les trompe *ur leur vt'rilablo postûca, kt uns se irouvanl de mieux en tnieax josigu'u ce '|uc la luaUdienK avec la vie, les autres se pUigaaui do fdti» eu plus à nman^ raméltoralion se dessine d)ii& nellcoicat et tmc i& oonrabMUKr
TnÉRAPElTIQUE. 543
nn qui expérirncDtc doit non-seulement choisir des cas où le dia- {nostic ne présente rien d'équivoque, mais encore avoir une con* 9aiB8ance assez exacte des maladies et de leurs formes variées, pour savoir d'avance les modifications qu'elles peuvent spontanément présenter, et leur tendance vers tel ou tel mode de terminaiion : toutes choses indispensables pour distinguer, parmi les phénomènes qui surviennent, ceux qui doivent être attribués au moyen thérapeutique qu'on expérimente et ceux qui tiennent à la marche naturelle de la maladie. Or, je n'hésite pas a le dire, c'est a l'ignorance ou à l'oubli de ce fait qu'il faut attribuer la plupart des condusions erronées auxquelles les expérimentateui*s ont été conduits. Presque tous ont rapporté au moyeu qu'ils opposaient à la maladie les changements en bien ou en mal qu'ils voyaient survenir. Ils mi méconnu l'action puissante de l'organisme sur les phénomènes les maladies, et ont attribué à des agents souvent inertes, ou même Dnisiblcs, les modifications heureuses à la production desquelles ils 06 pouvaient avoir aucune part.
Le remède, le sujet et le mal étant connus, l'expérimentation rédame encore un concours particulier de circonstances plus ou moins importantes.
Il est à peine nécessaire de dire que le moyen thérapeutique [|a'on expérimente, qu'il soit simple ou composé, doit être employé m*l. C'est, comme nous l'avons dit, chose très-difficile d'apprécier l'action d'un seul remède sur la marche d'une maladie ; l'emploi iimultané de plusieurs remèdes doués de quelque énergie rendrait presque impossible l'appréciation de chacun d'eux. Il faut en outre s'assurer par soi-même que le moyen à expérimenter a été réellement mis en usage, qu'il l'a été d'une manière en tous points conforme à la prescription, que rien n'a été ajouté, ni retranché, ni substitué.
Un autre point important est d'éloigner, autant que possible, du malade toutes les circonstances physiques et morales qui pourraient agir sur la marche de la maladie en même temps que le remède expérimenté. Le changement d'habitation et de régime suffit pour produire, dans beaucoup de cas, des eiTets qu'on a trop souvent attribués aux remèdes : beaucoup do fébrifuges n'ont dû leur action anti périodique qu'à cette circonstance qu'ils ont été prescrits aux malades dès le lendemain de leur entrée a l'hôpital. Quel médecin n'a pas fréquemment, dans les hôpitaux, chez des sujets atteints de maladies du cœur, vu disparaître, après quelques jours de calme physique et moral et de diète, una anasarque que la fatigue ou des excès d'aliments et de l^W
Sl( TIIÉIIAPHITIQL'S.
snos OU les ï^iicis de la inisi'ra avaient préraaliirt^meDt li^cli^ I pée , cL combicD de Tois n'»-i-oD pas , dans ces cnrcuD^itsca, 1 altribiiii aux rcmôdL'S prcsc.rila un dmogcnioiit qui dcpendûl ivm I tout autre cause !
Les mutations atmosphéri<]DW ne doivent pts i^tre ui^filigtofi le roédeciD quiexp^imeme. On sait quelle e(>t k'ur mll'icoa « l la marche de cei'lniaes nilV^clions, et parlîculiôrotneat des rbni» lismes et de quelques Di-vroatis, el cel(<! iiillnciuw ne doit pfttilB perdue de vue. Lescbiingeiiients qui «unrjconent dans la Utopé»liire uB particulier exercfiit sur certaines iDaljidic.t ou>^u^l|ucll{n■■ uns de leurs symptômes imv tDfliiciice qm pcDl rucilamvni inibnit en erreur sur l'aetton des reiDÔdcs qti'on leur opi<o8P. Ed r^uu les l'xpériments qui ont vie failapar plimieiirs ntédccins li^bonv rabIcB sur l'aclion de quelquos médicaments destinés à diminuem à suspendre les sueurs des plitltJaiques, j'ai <^të conduit Ace réniBi qu'en mettant en premÎLTe ligne, ànQH la production déco sToptome, les altérations qui ont liuu dans la 8tructiirod(ti>poaiD0DS,l« changements journaliers, <pi'oa observu dans l'abondance de U intDspiralion, sont principalement liés aux cliangonienlit qui m^ viennent, soit dans la température de l'air extérieur ou de la du» bre du malade, soit dans la disposition de son lîl, soit suricnit dnsi ta durée du sommeil : le sommeil est en eSat une des candiliiuula
THÈRAPBUTIQl'B. 545
a certain nombre de cas, et chez certains individus, la pensée que i remède devait produire tel eflet a suffi pour que Teffet ait eu su. On a cité l'exemple de tel individu qui a élé pris de salivation >rè8 avoir usé de pilules inertes qu'il supposait contenir du merire ; de tel autre qui a été purgé après avoir pris un médicament jquel il supposait cette vertu. Il a suffi quelquefois pour comattre rînsomïâe^-de faire prendre une pilule de mie de pain ou de iridace, en aaâva&t au malade qu'il dormirait. Combien de fois 'a-t-on pas suspendu le eours de fièvres intermittentes, même réelles, à Taide dlsmnlettee ou de tout autre moyen qui ne pouvait ^r que sur limagiqation I Aussi, lorsqu'on expérimente un remède, itrii bon en général que le malade ignore complètement l'eflet n'il doit produire, afin que l'imagination ne soit pour rien dans les bénomènes qui surviendront.
Snfin» parmi les conditions qui peuvent modifier la marche d'une laladie et induire par conséquent en erreur sur l'action des loyens qu'on expérimente , il en est une encore qui ne doit as être oubliée, c'est le développement d'une maladie nouvelle. uand la maladie qui se développe a les caractères d'une afiiection iguê, il ne saurait y avoir de doutes sur cette complication et sur influence qu'elle peut exercer sur la marche de la maladie prelière. Mais si l'afiection secondaire a peu d'intensité, si elle se Sveloppe avec lenteur, si le malade a quelque motif pour la tenir »crète, elle peut devenir l'occasion d'erreur; nous signalons ce it pour que le médecin ne néglige jamais d'interroger joumelleent toutes les fonctions, d'explorer tous les organes, afin que rien 3 lui échappe de ce qui peut l'éclairer dans la voie difficile de expérimentation.
Pour montrer, par un exemple, de combien de causes d'erreur expérimentation est entourée, je rappellerai succinctement les (sais auxquels je me suis livré à l'hôpital de la Charité pour étuicr l'action de la poudre de houx, Ilex aquifolium^ dans le traitelent des fièvres intermittentes. Vingt-deux individus furent, sur la demande, désignés par le bureau central d'admission pour les illes de la Clinique , comme atteints de ce genre de maladie, vaut de cunimcnctfr remploi du fébrifuge,jedus attendre plusieurs lurs afin que le diagnostic ne laissât pas de doutes, afin aussi de ^employer le remède que chez les sujets dont lesaccès ne seraient i suspendus, ni même amoindris par les conditions nouvelles <lans séquelles ils étaient placés. Or, voici ce qui arriva : de ces vingt- «ux sujets envoyés à la Clinique comme atteints de fièvre in aittente, sept n'eurent plus un seul accès ; quatre pT^^ikVbTfll
516 THÈBAPKUnQCB.
accès décroissants ; huit autres n'offrirent que des accès symploou-
tiques liés à des phlcgmasics peu intenses dhes membranes mnqueo-
ses, qui cédèrent aux simples antipblogistiques, aux boisaons nbér
chissantes à la dicte et à quelques évacuations sanguines; M
SDJels seulement furent trouvés dans les conditions conTeotlilei
pour l'expérimentation : fièvre intermittente eêsemiielle eoRMmtf
toute son intemitéy dans les trois ou quatre aecès qui guitirent pÊim
sion à la Cbarité. La poudre de houx leur fut administrée d*abc«l
à la doae indiquée par le médecin qui avait préconisé ce remMe.
puis à dose double, quadruple, octuple, tans aucun effet app
ciable sur la marche de la maladie. Le sulfate de quinine leur h
ensuite donné selon les règles et les doses ordinaires, et lai «w
furent immédiatement interrompus. Si, dès le jour de l'adnmQi
à l'hôpital, la poudre de houx eût été administrée à tous ces B^
lades, ou môme seulement aux quatorze individus atteiandt
fièvre intermittente essentielle, j'aurais été conduit à conclare(|«
ce remède avait produit l'effet fébrifuge dans dix-neuf cm sur
vingt-deux, ou, tout au moins, onze fois sur quatorze, et ir^'
der conune exceptionnels les trois cas dans lesquels il a échoué. El
procédant avec plus de circonspection, je suis arrivé i une coado-
sion bien différente, savoir, que ce remède n'a eu d'action fébfifop
dans aucun des cas, bien peu nombreux , il est vrai, où il a étécoo-
venablemcnt expérimenté.
L'expérimentation en médecine , comme dans la plupart de^ choses humaines, a ses avantages et ses inconvénients. La thérapeutique demeurerait à peu près stationnaire, si tout expérimcii! était interdit. C'est un devoir pour tout homme qui cultive uiK science de faire ce qui dépend de lui pour en reculer les bornes; etquand cette science a pour but la guérison des maladies et la m*
servation de la sanié, ce devoir devient encore plus impérieux plus sacré. L'appréciation plus rigoureuse des remèdes usitc^ et l'emploi des moyens nouveaux dans le traitement dos maladie^ sont les deux seules voies qui puissent conduire à une thérapeiitiqui' plus sûre et plus efficace ; et c'est particulièrement à Taide de l>v périmentation, en prenant ce mot dans son acception la plus étendue, qu'on peut y parvenir.
Il y a, comme on le voit, deux sortes d'expérimentations en ni^" decine : la première a pour but d'apprécier plus rigoureusemerf qu'on ne l'a fait l'action des moyens thérapeutiques généralem^ employés, de déterminer les conditions spéciales dans lesquels* chacun d'eux est plus particulièrement indiqué, et la mesure A laquelle il convient A' eu w^^\. t^vva ^%^èc6 d'expérimentation n
TnËRAPELTIQliB. 547
fre en quelque sorte que des avantages ; ou, si elle présente quelques inconvénients, ceux-ci tiendraient moins à rexpérimontalion en elle-même qu'à la mauvaise application qu'on en ferait. Elle tîst permise à tous , et tout médecin qui traite une maladie i l'aide des remèdes usités doit en étudier les effets, afin que chacun des faits qu'il observe devienne en quelque sorte pour lui un élément propre à la solution des nombreux -problèmes que présente le perfectionnement indéfini de la thérapeutique. Il n'en est pas de même de l'autre espèce d'expérimentation, de odie qa| consiste à chercher dans des substances nouvelles des remèdes plus efficaces contre les maux qui affligent l'humanité. Une grande responsabi* lité s'attache à ce genre d'expérimentation généralement réservée à quelques hommes qui y sont devenus aptes par une longue obsen^ition et par une étude approfondie de tout ce qui a été essayé dans ce genre et des succès divers dont ces expérimcnts ont été suivis.
Toutefois, il est des circonstances rares dans lesquelles l'expérimentation est en quelque sorte un devoir pour tous : quand, par exemple, un médecin est appelé auprès d'un sujet atteint d'une maladie dont l'issue a été jusqu'ici constamment funeste, telle que la rage communiquée, doit-il se borner à combattre un mal si terrible par les mêmes moyens qu'on lui a opposés jusqu'ici sans succès; ou bien doit-il tenter d'autres remèdes que ceux dont l'impuissance a été constatée? Je répondrai sans hésitation aucune, que rexpérimcntation est ici non-seiilemcnt permise, mais commandée; qu'un remède incertain suggéré par la cause ou les symptômes du mal, par la théorie ou par l'empirisme^ devra être préféré à tous ceux dont l'inefficacité est démontrée.
Il est d'autres expérimentations qui, à mon avis, ne sont permises à personne : je veux parler de celles qui ont pour but d'éclairer le diagnostic d'une maladie regardée comme contagieuse en cherchant à rinoculer à des personnes qui paraissent aptes à la contracter. Dans quelques cas, par exemple, où Ion avait des doutes sur la nature de certaines éruptions varioliformes, on a proposé, on a tenté même d'inoculer le pus recueilli dans les pustules à des personnes (]ui n'avaient pas eu la variole et qui n'avaient pas été vaccinées» Un médecin sage et consciencieux ne se permettra jamais ce genre d'expérimentation, parce qu'elle n'est pas faite dans l'intérêt de celui qu'on y soumet, et (|nc Thomme ne peut ni ne doit être pour le méAec\t\ matière à expérimentation (1), lors même que l'intérêt de
(1) Le médecin doit prendrp »»""•• )*aBe de ml pralque et ^x^c^v^t i^\i\ ^wivVci^
S48 THËRAPECTIQUB.
la science et de riiumanité en serait le but^ et qu'il y aurait lieu d'en espérer de grands avantages.
Un seul expériment, quel qu'en soit le résultat, ne saurait établir, Jd'une manière positive, refficacité d'un moyen thérapeutique qoeieonque. Ce serait, sans doute, quelque chose de très-remarqùhk que la suspension des symptômes de la rage dans un casoùToo aurait essayé contre cette maladie un remède nouveau; un fait de ce genre^ môme unique, serait déjà un résultat très-important, surtout si, d'après les cnt^onstances qui auraient précédé hi maladie et les phénomènes qui l'auraient signalée, il paraissait démoDtré que l'afleclion a été véritablement la rage communiquée, et non pu une de ces variétés d'hydrophobie, trop souvent confondues avec elle. Mais, dans ce cas môme, de nouveaux expériments seraient nécessaires pour juger convenablement l'eflet du remède essayé. A plus forte raison les expériments devraient-ils être répétés avant de fournir une conclusion, si la maladie, au lieu d offrir comme lange une terminaison inévitablement funeste, quand elle est abandonnée à son propre cours, était susceptible de terminaisons diverses. L'expérimentation, alors, ne pourra donner des résultats oonclnaolt qu'autant que, sous l'influence du moyen curatif expérimenté, k maladie se terminera d'une manière favorable, soit constamment, ce qu'on ne peut guère espérer, soit du moins dans une plus grande proportion de cas, ou dans un temps plus court que par toute antre méthode de traitement. De là la nécessité'de réunir le plus grand nombre possible de faits, de les prendre à des sources différentes, c'est-à-dire recueillis par divers observateurs, dans des lieux et des temps divers, de les comparer et de les compter, afin d'arriver, en thérapeutique comme en étiologie, comme en séméiotique, à des résultats positifs. Cette conclusion nous conduit à nous expliquer sur la méthode numérique^ appliquée à l'étude des maladies.
Compter les faits après les avoir recueillis, chercher à déduire de leur rapprochement et de leur nombre quelques résultats exacts,
toute la irie morale de Thomme : Ne faites pas aux outres ce que vous ne voudriez pns
qu*on vous fit. Jamais, même dans le désir de faire dea découvertes utiles à FbQ-
manité, le médecin ne peut exposer la santé, à plus forte raison la vie de ses
semblables. Plus la confiance dont il est Investi est illimitée, plus il doit mettre
de cIrconspecUon et de prudence dans la manière dont il en use. Il n'a même pis
le droit de tenter sur sa personne des expériences dangereuses, car tout homme i
dMus la société des liens, et par conséquent des devoirs qui en dépendent. Dérober
ù ces principes dans un vain motif de curiosité sclenUfique, ou même dans m
zèle peu éclairé pour les progrès de Tart de guérir, c'est méconnaître le premier
des devoirs du médecin, c'^tt transgresser une des lois essentlellea de la morale
commuDe,
THERAPEUTIQUE. 549
soit sur les causes qui ont préparé ou déterminé la maladie, soit sur les' phénomènes qui la caractérisent, soit sur son cours et sur ses terminaisons variées, soit enfin sur l'influence des moyens de traitement qu'on lui a opposés, n'est pas chose nouvelle en médecine* Parmi les médecins qui ont écrit l'histoire des épidémies, plusieurs ont suivi cette marche : ils ont fait connaître, par des chiffres, la population du lieu où régnait l'épidémie, le nombre des malades, et, parmi eux, celui des hommes et des femmes, des enfants, des adultes et des vieillards, et la proportion de mortalité dans ces diverses conditions. Dans l'ouvrage de Bayle sur la phthisie puimo* naîre, dans les résumés annuels de presque toutes les cliniques nationales et étrangères, etc., dans la thèse que j'ai moi-même soutenue, en 4813, sur le rhumatisme, dans divers mémoires que j'ai lus, soit à l'Institut sur l'emploi du sulfate de quinine, soit à l'Académie de médecine sur la poudre de houx dans le traitement des fièvres intermittentes, cette manière de présenter des résultats généraux était partout mise en usage comme moyen d'arriver à des résultats plus exacts, sans que personne ait eu la pensée de trouver mauvais qu'après avoir recueilli des faits, on en tirât les conséquences numériques qui ressortent de leur rapprochement. Ce fut seulement à l'époque où l'observateur le plus exact et le plus consciencieux de notre temps, le docteur Louis, crut devoir appliquer cette méthode, dans tout son développement, à la solution de plusieurs questions de pathologie auxquelles le choc des opinions et l'ardeur de la controverse avait donné une extrême importance, ce fut, dis-je, alors seulement, que cette manière de déduire des conséquences des faits fut attaquée, en elle-même et dans ses applications, avec une vivacité qu'on ne peut comprendre qu'en se rappelant la violence de la lutte qui avait précédé. Dans la chaleur de la discussion dont l'Académie royale de médecine fut l'arène, quelques-uns des orateurs arrivaient directement à cette conclusion, que toute numération des faits pathologiques était essentiellement contraire à une saine logique, et ne pouvait fournir que des résultats erronés, et, par conséquent, dangereux ; et de là, proscription absolue de cette manière de procéder, à laquelle on a donné les noms de méthode numérique ou de itatistique médicale. Sans vouloir reprendre et suivre de nouveau dans tous ses détails une discussion sur laquelle les esprits sont encore aujourd'hui partngés, je crois devoir examiner les principaux arguments qui ont été émis contre la numération des faits^ et répondre il ce qu'ils peuvent avoir do spécieux.
Pour procéder méthodiquement dans cet exameu^ \^ ^to\% ^^ncKt
552 THàKAPlirriQEB.
rellement pour conséquence d'éclairer toutes les brandies delà pathologie, et spécialement la thérapeutique ; c*e8t sur ceàiivn points que la controverse s'est engagée; c'est sur ce terrain qie nous allons la suivre.
Parmi les objections sans nombre qui ont été émises oonlieli méthode numérique appliquée aux faits pathologiques , leman portent sur cette méthode en elle-même, les autres sur le mmnli usage qu'on a pu ou qu'on pourrait en faire. Ce second ordre (foi^ jections n'a presque aucune valeur; on ne peut le oonsidérer qie comme une sorte d'avertissement contre les erreurs que peofcit entraîner toutes les manières d'étudier les faits et d'en tirer ds conclusions, dans toutes les sciences naturelles aussi bien qu'a médecine. Ces objections porteraient sur l'observation eUe4D2ae aussi bien que sur ce qu'on peut appeler la logique dendenan en effet, avec un tel point de départ, on devrait défendre d'obeencr sous prétexte qu'il est dangereux d'observer mal ; ondevrutdéfcndre non-seulement d'introduire les chiffres dans le ^^80lll^ ment, mais encore de raisonner de quelque manière queoefii» parce qu'une mauvaise logique mène droit à l'erreur. Nal douie qu'il n'y ait à la fois inconvénient et danger dans des condorioii numériques tirées de faits mal observés ou en nombre insufGnutf ou choisis à dessein comme- plus favorables à telle ou telle opioiûo systématique, ou falsifiés ou supposés; le mal serait plospiod encore si les relevés eux-mêmes, ne reposant pas sur des faits réeb, n'étaient qu'une assertion mensongère émise à l'appui d'une théorie. Mais, nous le demandons, la faute en sera-t-^lle à une méthode qtn réclame pour premières conditions Texactilude et la vérité, sdt dans les faits eux-mêmes soit dans les conséquences qui résultent de leur rapprochement et de leur numération? Ces première» objections ne méritent donc pas de réponse sérieuse, car elles ne lOBt pas propres à ta méthode numérique ; elles s'appliquent à toute» les autres manières de procéder et de raisonner dans les sciences* toutes sans exception conduiront à l'erreur, s'il y a légèreté oo mensonge dans ceux qui rassemblent et comparent les faits, codfiance irréfléchie dans ceux qui les acceptent. J'ajouterai que, s'il est souvent difficile de discerner la vérité de Terreur, cette distinction n'est pas néanmoins au-dessus des forces de l'esprit humain, que, dans l'ordre intellectuel comme dans Tordre moral, il estdoDoé j à l'homme de parvenir, par ses efforts, à la connaissance du vrai, 1 tant qu'il ne s'engage pas dans le domaine des choses surnaturelles. 1 Dans le cas particulier qui nous occupe, il est sans doute peaairfj de discerner TobserraVeut q^xïv ttv^txv.^ <^\i^ance de oelui qni d'i
lorsque à Thôpital de la Charité, nous observions ensemble les mêmes malades, d'arriver tous deux à une première conclusion, dont rinexactitude nous était ensuite démontrée par le relevé numérique des mêmes faits. Compter les faits accomplis, compter le nombre de fois que telle cause a précédé leur développement, que tel symptôme s'est montré dans le cours de la maladie, compter le tiombre de jours qu'elle a duré, le nombre de fois que sa terminaiion a été heureuse ou funeste, est donc chose utile, et, quelle que Mit l'antipathie de quelques médecins pour les nombres, je ne puis inpposer que cette antipathie soit portée à ce point de repousser les diîffres de la relation de faits accomplis; ce serait repousser Texactitude, et par conséquent la vérité.
Quelque vraie que soit une proposition , on peut toujours, à démt de bonnes raisons, l'attaquer par des arguments spécieux. linsi on a objecté que toute relation accompagnée de chiffres n'est Mifl exempte d'erreurs, et que l'apparence d'exactitude que lui dénient les nombres, la rend par cela même plus dangereuse que ne le leraitune relation ordinaire. Je reconnais volontiers d'abord que oute addition n'est pas nécessairement exacte, qu'elle s'applique tax faits pathologiques ou à tout autre objet; qu'on peut calculer nal en médecine comme en toute autre matière ; je dois ajouter |ue c'est à celui qui accepte les calculs à Les vérifier. Mais, dira- •im, si le calcul porte sur des observations incomplètes, inexactes, lecueillies avec un esprit prévenu, à quelle erreur ne conduira-t-il ma? Ici encore la réponse est facile; la faute n'est point à la méhode numérique ; elle est aux observations mêmes qui ont servi le base au calcul. Or, si du mauvais emploi d'une chose quelconque, -ous vouliez conclure qu'on y doit renoncer, il faudrait renoncer à 'observation elle-même, sous prétexte qu'il y a en médecine, comme [ans la plupart des sciences dont l'o^rvation est la base, autant 1 plas de gens qui observent mal qu'il n'y en a qui observent bien.
Si la méthode numérique n'avait d'autre but que de constater tout e qui tient aux faits accomplis, elle n'aurait sans doute jamais souevé les discussions violentes dont elle a été l'objet. Mais, en médeine, comme pei*sonne ne l'ignore, c'est le passé qui instruit le préent; c'est dans la connaissance la plus complète et la plus exacte lossible des faits accomplis qu'on doit et qu'on peut trouver tout ^*e lu'il importe le plus au médecin de savoir, comme les causes des naladies, les signes qui les caractérisent ou qui annoncent leur endancc vers une bonne ou une mauvaise terminaison, les moyens iroprea à guérir ou à soulager. La méthode numérique, en appormt plus de précision dans l'étude des faits accomip\\% ^ ^ ^oim^xaNm-
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,|iril II ifi-in-t\ii^. *-.: h :/• . . ?-- ..: w^ îtaiiî jes - 2Sf j;icnces namê
iti|ni'M f|iii ns'jli-;.: -i- .-r- ^-:.:i* .rïî.ùrbL-iiL la^ T..is..nt^ danscelie
nt!un>ici|i> (iror/:'i<:r. -ir i:-^-. .a* vifripiisc.. c..: j.Hia iar»isdecoD-
-iili^HM II» iii«*'|jTiM M O'ihjrr « ic >ci ijfre 1& direciini la piosTao»
1 1 1:1 pliw i|iiii«f'fi»H';.' S.Lr-.i-rr frtç.'it de raîs. iDDor, qneceiieqaL
.l:n»»»imi' mi'iiM' nnilKTe, permei ul-î- c&»cui> approximatifs ei piib
. Il lïiiMiH Jiifiilt'IpM, fl d^Teud Jes calculs exacts et ricoureiix .' Ou'>:
•I 1 il rn MiïH, iii»iiM fillriiiNpa!tser eu revue les arpiimouLs sur it^sGJi?
• .Mii'hiMiniiq nul f'*i«'* hasées.
.» I '\ iMi'ihoili» iiiiiii<Tir|ue, a-t-on dit, tend à sui^stiiner it c^\z:.
• i-it-'.Mnii'iiiiMtl. o\ riirillimélique à riu«hioiion. r Cv renrvbr ' ï»nH, nifiii liMtili^ ; Imn d exclure le raisiinneuicnt lit- iiiiDr.îe-
♦• • ï.'.nlifMa iMiiiirTM|iieH foumis paz* le rapproc*heii)t»n: li u: •' " ♦ M. ^\^^^ ,. ,|,. f,|j|.4 dnniimt au raisonnement une base pïii^ f^ '"^ ""• .li«.'. iMii phiN Hike, elle préservent des errHii»aux- h I \ " " • 'l"'' ••••P «'Mivrni r*lc conduit quand il a èié appcjr ar ' '" '" I !»• u u*m\Wo\\\vA\ \\\\\\\kvCvLa<imcm analvaâ e '
THiftAPfiDTlQUB. 555
EfMle numérique est, à mon sens, ce qu'il y a de plus favo- ^nf TthabUiter le raisonnement aux yeux de quelques méde- ^jie considérant que les égaremenls auxquels une mauvaise Atiop aoufent conduit les autcura systématiques, auraient M^iProflcrit l'usage du raisonnement en médeciue, pour en
Cw plus fortes objections émises contre la numération des BMogîques, est sans conlredit la difficulté de réunir des In pour en tirer des conséquences générales. Une ie, en effet, offre des formes tellement variées, qu'elle tre jamais présentée deux fois avec une parfaite simioette infinie variété de formes qui existe dans les animéme espèce, dans les feuilles d'un même arbre, n'emqu'au milieu des légères dissemblances qu'offrent ces uctions de la nature, il ne soit possible, et môme gé- HiM facile, de déterminer l'espèce à laquelle ils appartiens lÉee que les caractères fondamentaux qui leur sont com* iMbeaucoupplus tranchés que les nuances qui lesdisiingucnt Il en est exactement de môme en pathologie, comme Ta t établi le docteur Rayer, et les maladies convenable- HHribuées en genres, en espt'ces et en variétés (i), peuvent MMUiire de rapprochements et de numérations qui conduis irili conclusions exactes. Prenez pour exemples les fièvres Élintrii tierces bénignes, le zona, la variole discrète, ou' sa ifMifluente, la pneumonie franche, la cataracte cristalline, ipele, r<éry8ipèle de la face: supposez, dans tous ces cas. ynaladie se développe chez des individus jusqu'alors bien ^M dans la période moyenne de la vie, et vous aurez des ^ parfaitement comparables entre elles, et susceptibles de r» parleur rapprochement, des résultats numériques qui offrilus d'un genre d'intérêt. Je demanderais d'ailleurs aux nféqui appuient leur antipathie pour les chiffres sur les dissemis des maladies, si ces dissemblances ne sont pas aussi bien •tacle aux descriptions générales des maladies qu'à la numédes faite particuliers. Or, si les médecins qui ont donné ces Miona générales n'ont pas été arrêtés dans leur travail par ■emblances infinies qui ne leur ont pas échappé; si l'on re- «criptions non-seulement comme utiles, mais comme ndispensables à l'étude de la médecine ; si beaucoup vent à ce genre de travail la haute estime dont ils ont
ba^llm Inliloléf : De» divers genres de maladies, des espèces et ht diagmuHe,
556 THÈRAPEimQDB.
joui, et dont ils jouissent encore dans le monde médical, poor^ voudrait-on imposer aux partisans delà méthode nomëriqueè entraves dont cliacun a reconnu la nécessité de s'afinnebir,df^ sans compensation aucune, réduiraient la médeoise à oe qiTA était dans les temps héroïques, c'est-à-dire à une collectiopfè servations particulières inscrites successivement sur desregiM journaliers comme sur les colonnes des anciens temples? VedÉ qu'on ne tire de conclusions des faits pathologiques qu'antiatqA auraient entre eux une identité complète, identité qui n'ot p\ dans la nature et qui ne peut pas y être, est une prétentioiiifa# dont le bon sens et la force des choses doivent faire jostice.
c La maladie, a-t-on dit, se composant d'éléments variés, wfri Cl être soumise au calcul comme le serait un phénomène iiiiM|iii -— c Les statisticiens, a-t-on dit ailleurs, tenant compte de M c lesdétailSy les éléments de la maladie se trouvent éparpilUiài Cl tant de colonnes, qu*il est impossible ensuite de reooostitoei « maladie. »
Ainsi^ la méthode numérique est inapplicable à l'étude deii ladies,- selon les uns, parce qu'elle ne voit qu'un phénomèneinî dans une chose essentiellement complexe, et^ selon les parce qu'elle examine isolément chacun des éléments qui tuent la maladie. Bien que ces deux reproches se détruiseol quelque manière l'un par l'autre, comme il pourrait se biiv l'un des deux eût quelque fondement, nous croyons devoir les ( cuter l'un ef l'autre.
Une maladie est quelque chose de complexe, nous Pavons m même établi précédemment. Aussi, toutes les fois qu'on appliqu méthode numérique à l'étude d'une maladie quelconque, a d'absolue nécessité, comme nous l'avons déjà dit, de partager faits en autant de groupes que l'exige la diversité des formes qu' peut revêtir^ les conditions variées dans lesquellcselle se montre. Le rapprochement et la numération des faits renfermés dans cha de ces groupes fournissent des conclusions qui ne sont jamais s intérêt, qu'elles soient ou non d'accord avec les opinions génén ment admises. Non-seulement, dans rapplication de la métb numérique à l'étude des maladies, on a toujours eu soin de sut viser les cas particuliers selon leurs analogies, mais encore, d ces subdivisions, on a étudié isolément les conditions élémenlaii comme les causes, la durée, la termiùaison, l'action des dîvei méthodes de traitement. Parmi les relevés numériques publiés j qu'à ce jour, il n'en est peut-être pas un seul qui ne contienne détails. Or, commeul comçveivdre que l'on ait pu reprocher à
TBiftAPEtTlQUE. 5S7
îstique de ne voir dans la maladie quun phénomène unique ? Bt moios surprenant qu'on lui ait adressé le reproche opposé, û de décomposer tellement la maladie qu'on ne puisse plus la onstituer. Toutefois, ce second reproche est plus spécieux que 1^ etiîl n'est pas plus difOcilc d'y répondre qu'au premier. Dans ouvrages nosographiques de quelque étendue, les. auteurs, après nr donné une description générale de la maladie, ont presque ^jours pris en particulier chacun des principaux symptômes qui caractérisent^ comme, par exemple, dans la pneumonie, la dou* ^ de côté, la dyspnée, les crachats, et ont indique les degrés ^ers d'intensité, et les autres variétés que présentent ces symp- ^les. Ils ont de même consacré des articles particuliers à teimen de quelques-unes des causes, à l'action de tels ou tels Imédes. Ce qu'ils ont fait, la méthode numérique le fait égaleisnt^ d'une manière plus sèche, il est vrai, puisqu'elle ne parle iVivec des chiffres ; mais, en définitive, comme il est impossible sxaminer collectivement chacun des éléments de la maladie, force t bien, de quelque manière qu'on procède, de les examiner l'un rès l'autre ; que ce soit dans des articles ou dans des colonnes, 9C des mots ou avec des chiffres, il fau4ra les séparer, ou si l'on si, les éparpiller, et je ne vois pas que la reconstitution de la maie, si elle était jugée nécessaire, fût plus difficile dans un des cas > dans l'autre.
R La statistique, a-t-on dit encore, conduit à des méthodes fixes e traitement. » Si la statistique médicale, s'appuyant sîir ses lea naturelles, pouvait conduire à ce résultat que, dans telle maie, telle méthode de traitement serait constamment suivie d'un ^8 plus complet et plus prompt qu'aucune autre, il faudrait onnaftre qu'elle aurait rendu à la science un éminent service. is, par suite de l'exactitude rigoureuse qu'elle apporte dans les s qui lui sont soumis, il est peu probable qu'elle conduise jamais n résultat semblable. Elle conduira bien plus vraisemblablement 3ontrer des exceptions plus ou moins nombreuses à ces préceptes léraux que l'esprit humain n'est que trop dispfjsé a établir et a ;epter, quand il ne compte pas : la mission évidente de la mé- »de numérique est de détruire le^b illusions. 3a a avancé aussi a que cette métIirMie ne tcniiit aucun rMtnpUi Les minorités ou des exceptions. » Admettons qu'un fait queliqae soit si général, que, sur cent fois, il ne trouve qu'une ception. Dans ce cas, le statibticien sera obligé de |km«t les iffres i et 99; tandis que celui qui ne conipti; pas, frapfjé de la îquenee du fait, conclurait facileinc'nt <{u'il vmX rcmMiint. V»>ii\
STSS lUÈBAPEinriQUB.
celui qui n'additionne pas les faits peut facilement cl de boonc oublier les minorités; celui qui procède par la méthode naméii 4>st dans la nécessité non-seulement de tenir compte des excepti mais d'en donner le chiffre.
« Les vérités les plus utiles en thérapeutique ont été déooQve t sans le secours de la statistique. ■ La statistique n'a pas d peut pas avoir pour objet de faire ce qu'on appelle vulgairemoi découvertes : son but est de les juger, d'apprécier la valeordci nions, quelquefois de révéler des faits généraux inoonnos jw elle, mais non d*imaginer ou d'inventer. Et s'il est juste d'm que la plupart des vérités utiles en thérapeutique ont élédéi vertes sans le secours de la statistique, il faut reconnaître i que, de toutes les voies à suivre pour confirmer ou infinner préceptes généraux de thérapeutique^ et l'action de tel remU particulier^ la statistique est incontestablement la plus sûre et a la plus prompte.
a Le médecin, » disent les adversaires de la méthode noméri « ne peut être guidé au lit du malade que par la science dcsi « cations, et non par la statistique. » Mais cette science des w tiens, quelles sont ses bases ? Comment parvient-on à reoooB au lit du malade que tel cas réclame la saignée, tel autre leq quina ou les composés ferrugineux? Est-ce seulement par des nions théoriques, ou n'est-ce pas plutôt parce que l'expérieii montre Futilité de chacun de ces moyens dans des cas semUt k ceux qui se présentent ? Et Texpériencc, sur quoi s'appuie-tn Sur des observations et des expériments en nombre suffisant établir l'action thérapeutique de tel ou tel moyen ; et ici enco statistique n'est-clle pas la plus solide base do la science des in< lions qu'on semble vouloir lui opposer ?
Une des objections les plus graves qui aient été émises ce la statistique médicale est celle de M. Gavarret, que je suis loi iH)nsidérer comme un adversaire de celte méthode. Quelque i breux, a-t-il dit^ que soient les faits rassemblés pour étudie )K)int quelconque de médecine, il y a toujoui^ lieu de penser s'ils eussent été plus nombreux encore, les résultats de la st tique n'eussent pas été les mônes^ et que si le même observa eût continué plus longtemps ses travaux avant de compter, il» arrivé à d'autres résultats.
On doit d'abord reconnaître que la méthode numérique ne s'appliquer qu'aux faits accomplis; qu'en partant du principe* par M. Gavarret, il faudrait indéfiniment en suspendre l'app tion, parce quc\a Tèuiûon SvxtiTKvVÂQvvmècac de faits donn*
THÂRAPEUTIQUE. 559
des résultats que la comparaison d'un nombre double pourrait modifier, ne Tût-ce qu'à un Taible degré. Il faudrait même, en partant de 06 principe, et en l'appliquant dans toute son extension, s'abstenir de toute description générale : car la réunion d'un nombre de faits plus considérable y apporterait aussi quelques modifications. Nul doute qu'il n*y ait avantage à comprendre dans lesrésuméB numériques le plus grand nombre possible de faits analogues ; mais cette considération ne doit pas faire indéfiniment retarder la numération des faits observés. Ce serait évidemment, comme nous l'avons vu, mettre des entraves à la science, l'empêcher d'avancer, dans la crainte exagérée qu'elle ne s'écartât de la bonne voie.
Nous répondrons ensuite que la méthode numérique n'a pas et ne peut pas avoir la prétention de fixer dus aujourd'hui les voies de la science, de poser des limites au delà desquelles l'esprit humain n'aura plus rien à découvrir, rien à rectifier. L'observateur qui publie des faits, qui les rapproche, qui en déduit des conséquences numériques, est loin de prétendre qu'il soit superflu que d'autres recommencent le même travail ; loin de là, par son exemple et par •es préceptes, il engage chacun à suivre la même ligne, convaincu qu'il est que la vérité no peut qu'y gaguer, soit que de nouvelles otbeervations confirment en tous points les résultats qu'il a obtenus, soU que du rapprochement de nouveaux faits ressortent des conclusions plus ou moins différentes des siennes.
Toutefois, il importe bien de le faire remarquer, il n'est pas toujours indispensable de réunir un nombre considérable de faits pour arriver à des résultats intéressants, à des conclusions qui, selon, toute probabilité, seront confirmées par le temps. Lorsque, par exemple , un médecin qui se livre à l'observation fait à la fin de chaque année le résumé numérique des maladies dont il a recueilli l'histoire, et que, comparant avec le résultat de chacune des premières années ceux des années qui suivent, ii reconnaît que, sur certains points d'étiologic, de diagnoslic ou de thérapeutique, les conclusions numériques sont chaque fois les mêmes, il devient très-probable^ pour ne rien dire de plus, que ce qui a lieu pendant chacune des années qui viennent de s'écouler se passera de la même manière dans les années qui suivront. Supposons encore qu'un obser>'aleur ne commence à compter qu'après avoir longtemps rassemblé des faits, pendant dix ans, par exemple, et qu'ayant d'abord, dans un tableau général, rappnxîhé et cwnpté tous les faits relatifs à une même maladie et analysé chacun de leurs éléments, il subdivise ensuite ses observations par année, et qu'il trouve encore pour chacune des dix anuéc%^ àe& ^to^T<v>Tv»
560 THÈRAPBUTIQI».
somUables à celles du tableau général, et par conséquent aoaai i celle de neuf autres résumés annuels , cette reproduction om- Btante des mêmes faits pendant dix années consécutives pemiean assurément de s'élever à des conclusions qui, sans être abeoliMi» auront une grande valeur.
Enfin, on a encore objecté contre la méthode numérique «qa'dk « conduit à des moyennes fictives qui ne sont d'aucune utilité pov « la pathologie et la thérapeutique. » Je commencerai par reooft* naître qu'il serait en effet possible de faire une application faonede ces moyennes; que si, par exemple, réunissant un nombre coDiilérablede faits relatifs à la pneumonie, maladie infiniment plusgnie de deux à cinq ans et après soixante, et cherchant à établir Tige moyen de ceux qui ont succombé, on confondait dans une ntOÊ addition les âges des enfants et des vieillards, on arriverait inéfitablement à une moyenne évidemment fausse et en oontradidioi flagrante avec les faits mômes sur lesquels elle reposerait. L'âge i une telle influence sur l'issue de la maladie, qu'il faut étudier nécessairement la pneumonie dans chacune des périodes de la vie» et obtenir pour chacune d'elles une moyenne de mortalité qui U soit propre. Do môme, quand il sagit de la durée d'une ïxàiMfk quelconque, du rhumatisme articulaire aigu, par exemple, si Pm ne fHit pas plusieurs groupes, dont l'un comprendra les cas les plis nombreux dont la durée moyenne est de quinze à dix-huit jouis, puis les cas exceptionnels dans lesquels la durée est beaucoup plot courte ou beaucoup plus longue, on n'aura qu'une moyenne inBoFfisante qui n'indiquera pas les limites dans lesquelles doivent être comprises les variétés de la maladie. Il en est de même enooR quand il s'agit de déterminer, noA^euiement par la méthode numérique, mais par toute autre méthode, les doses auxquelles il convient d'administrer tel ou tel remède : il faut établir plusieurs moyennes, dont l'une s'appliquera au plus grand nombre des individus, et les autres aux cas plus rares dans lesquels la dose du remède doit être élevée ou abaissée à raison de l'âge et de la susceptibilité des sujets, de la résistance et de la gravité de la maladie. Tout cela, sans doute, suppose des faits nombreux, recueillis avei* grand soin, rapproches avec discernement; mais, quelle quesoii la manière de procéder en médecine , ces conditions ne sontelles pas indispensables pour arriver à des conclusions exactes?
En terminant cette discussion, à laquelle je ne me serais pas
livré si son importance et les débals académiques dont la méthode
numérique a été l'objet n'en justifiaient l'étendue, dois-je répondre
sérîeusemeut à celle a\\é^a\\0TiràL^^âst^Q{\^ la méthode numérique
IHÊRAHEITIQUC. 561
enseraii la déconsidération sur les médecins, soit en les égalisant oiis, soit en abaissant leur mérite au-dessous de celui du plus ibscur artisan (I)? Quoil la méthode numérique, eu fournissant me base plus rigoureuse aux conclusions à tirer des faits partiluliers observés dans tous les temps et dans tous les lieux, eu Joutant de nouveaux faits généraux à ceux que la science posède, en offrant un moyen de plus de distinguer la vérité de 'erreur , aura pour conséquence de déconsidérer le médecin ! Et «lie de toutes les sciences humaines (|ui exige le plus de pei*sérërance dans le travail, celle qui embrassi; tant de connaissances, [oe la capacité de l'homme et sa vie entière y suffisent à peine, ielle qui exige tant de sagacité et de circouspection dans ses tpplications , descendra au rang le plus bas , du jour où une aëtbode plus sûre interviendra dans l'appréciation des faits sur esquels elle s'appuie! -Si la méthode uuméricpie devait égalise?* otu les médecinSy ramenant l'art le plus difiicile a quelques rè- (leQ si simples et si' claires que l'intelligence la plus bornée sufli- *«il à leur application, cette méthode, loin d'être proscrite, devrait rire placée au-dessus de tout ce <]ue l'esprit humain a jamais conçu le plus utile et de plus merveilleux. Mais que ceux-là se rassurent |uî redoutent si foil un<.' égalité dont la pensée les offense. La mélectne, dans son perfectionnement indéfini, offrira toujours à ceux |ui la cultivent un champ sans bornes, parsemé d'obstacles sans lotnbre, dans lequel les intelligences élevées sauront développer eiirs forces et montrer leur supériorité.
Aprî^ avoir examiné chacune des principales objections émises lOUtre la méthode numérique appliquée aux faits pathologiques, IOU8 croyons pouvoir conclure que cette méthode doit conduire à les résultats éminemment utiles, à la condition qu'elle portera sur les observations parfaitement vraies et suffisamment nombreuses, {n'on ne lui demandera quece qu'elle peut donner, et qu'on mettra lans stjïï application l'exactitude et le discernement nécessaires.
La longueur de la discussion à laquelle nous avons été entraîné lous oblige à remonter au point où elle a commencé. Après avoir ^tabli en [)rincipe que la thérapeutique reconnaissait pour bases, l'une part, la connaissance approfondie des tendances naturelles les maladies vers telle ou telle terminaison, et d'autre part celle des noyens propres à combatire ou à favoriser ces tendances, nous avons
(1^' ■ SI la méthode numérique était adoptée, elle égaliserait tous les méde- I cins. — SI la thérapeutique pouvait se régler sur le chiirre des statisticiens, il K y aurait plus de mérite à être cordonnier qu*à soigner une maladie. -» ^^yw^a. le l'Académie royale de médeclDP^" '^ •*-" isai el luW.")
lANELi vOV^V^mH^^
562 THfcRAPBirriQOB.
ajouté que robservation et rexpériencc pouvaient seules nous diriger dans cette double étude. Nous avons indiqué les conditions nécessaires pour bien observer; nous avons exposé les principalei règles de rexpérimentation en médecine, ce qui nous a conduit a discuter l'application de la méthode numérique aux faits patbolo giques. Nous revenons au point d'où nous sommes parti, c'est-à-dire à l'expérience considérée comme base de Ifi thérapeutique.
L'expérience ne doit pas être confondue avec les expériences oo expériments ; ceux-ci sont à la première ce que les matériaux soit a l'édifice. Lorsque de nombreux: expérimenta ont constaté Tafluence de tel ou tel moyen^Mir la marche de telle ou telle maladie, alors seulement Texpérience parle et en sanctionne tes effets. Ainsi, la puissance du quinq .ina dans le traitement des tiènes intermittentes, et l'influence de la diète dans les maladies aiguës, sont établies par l'expérience. Cette expérience se transmet d'àgeei âge et toute entière par la tradition et par les livri.*s ; elle n'appartient pas à tel ou tel homme, elle appartient à la science elle mène.
Il est une autre sorte d'expérience qui ne se transmet pas de h même manière : c'est l'expérience du médecin; elle est poorGht' que médecin le résultat de èes propres observations; elle lui o^ propre et meurt presque entièrement avec lui. Elle consiste dans l'habileté qu'il a acquise à préserver le corps humain des maladies auxquelles il est exposé, et à le traiter dans celles dont il est atteint (I). Pour posséder cette expérience, il faut avoir vubetncoup, et surtout avoir bien vu.
Si l'esprit d'observation était départi à tous d'une manière égale, on pourrait, comme le fait le vulgaire, estimer l'expérience d'après le nombre des années; mais l'aptitude à observer existe à dei degrés si difTi^rents parmi les hommes, que l'âge ne saurait donner la mesure de l'expérience. Chaque année ajoute à rexpérieoce de l'un; mais, pour l'autre, la plus longue carrière ne saurait lui eo donner.
L'expérience propre au médecin, a-t-on dit, meurt avec lui, parce qu'il est certaines choses dont il juge par instinct, et dont il ne peut se rendre compte à*lui même, loin de pouvoir le? communiquer aux autres. Nous n'acceptons pas cette explication. Nous j admettons bien qu'il est certaines impressions dont il est quelque- ' fois difficile au médecin de se rendre compte à lui-même, et qoc 1, généralement il est plus difficile encore d'exprimer et de trans- , mettre. Mais nous pensons que, dans ces cas mêmes, le médecin
(Il ZlXMERIIANM, ibid., \ \,p.^^.
THÉRAPEUTIQUI. 563
L doit toujours trouver dans Texamea attentif, dans l'analyse , soit des circonstances passées, soit des phénomènes actuels aaladie, les motifs du jugement qu'il porte, et des déterminaui en sont les conséquences : ces motifs une fois reconnus, i plus d'empécbement réel à les exprimer. Nous ne saurions idmettre cette sorte d* instinct pratique dont le médecin ne : rendre compte ni à lui-même ni à autrui. Nous ne voyons, atte prétendue faculté occulte, que le résultat de l'observation santé des faits et d'une paresse d'esprit qui ne s'attache pas à en scruter la valeur. Selon nous, un médecin éclairé et 3ncicux doit savoir apprécier ses impressions, connaître les qui le déterminent et les transmettre à ceux qui le voient llement agir. Cette transmission directe forme ce qu on api médecine de tradition^ espèce d'enseignement plus profitable un autre, et qui établit une différence si remarquable et si sellement reconnue entre les médecins qui ont fait leurs dans les hôpitaux, et ceux qui ont puisé toute leur instrucans les cours théoriques et dans les livres. C'est particuent en suivant dans leurs visites les médecins habiles, que |ui entrent dans la carrière peuvent rapidement acquérir de rience. On a dit avec raison : « La médecine ne s'apprend ^ec les médecins et les malades ; on ne se forme pas tout seul ; it un guide expérimenté, sans quoi on s'égare dans les sysïs, ou l'on donne dans l'empirisme (i). » La tradition est d'une ide importance pour l'exercice de la médecine, qu'il est sans le, peut-être, qu'un praticien habile n'ait pas été le disciple Ique maître expérimenté. Il est dans la pratique de notre mme de tous les autres, une multitude de choses plus ou importantes qui sont transmises de celui qui a fait à ceux ieut faire, et qui ne pourraient pas être communiquées d'une nanirrc. Lorsqu'un élève intelligent et instruit a suivi penn certain temps les visites d'un médecin, il peut presque touaprès avoir examiné un malade, annoncer, non-seulement la le de traitement que ce médecin adoptera, mais encore jnsformules de remèdes qu'il va prescrire. Dans quel ouvrage it-on trouver des connaissances aussi précises, et qui de ourrail se flatter de savoir ce que Femel et Doerltaave nuprescrit à tel ou tel malade?
servation et l'expénence ne peuvent guider le médecin d.ins
wai historique sur la médecitie en France» « ' -** -L. CiIMi«i.\.. Vai\*^
56 i THÈRAPEUTtQUB.
le iraîlemenl des maladies qu'à l'aide du raisonnement, C'esl par le raisonnement qu'il reconnaît l'analogie qui existe entre telle et telle affection, et qu'il est conduit à appliquer au cas qu'il ob^rve les moyens qui ont eu une influence salutaire dans des cireoDstaoces semblables. Le raisonnement ne saurait donc être proscrit de la médecine, comme le recommande un empirisme aveugle (1): mais le seul qui doive ôlre employé, selon la remarque judicieuse de Sydenkam^ e%i\e raisonnement simple et naturel, celui que fournit le bon sens, que tout esprit droit comprend et accepte, parce qn*!! est la conséquence immédiate eX incontestable des fa\\s observés. Tontes les fois qu'on voudra agir en médecine d'après une longue série d'arguments enchaînés d'une manière plus ou moins ingéniease. on tombera presque inévitablement dans des erreurs aussi nuisibles au médecin qui s'y livre que dangereuses pour les malades.
Quelques hommes ont essayé de substituer à la thérapeutique d'autres bases que lobservation et lexpérience aidées dn raisonnement naturel; les théories physiques et chimiques ont fait entrevoir à leurs partisans la possibilité d'établir sur des fondements nouveaux le traitement des maladies. Dans un certain nombre d'affections, dans celles surtout qui consistent en des lésions mécaniques, la physique fournit des applications utiles. L'analyse exacte des liquides et des solides, dans l'état de maladie et de santé, comparée à celle de médicaments, peut aussi fournir, daus quelques cas, des indications importantes. Quand, par exemple, un agent chimique introduit dans l'estomac donne lieu à des symptômes d'empoisonnement, on peut, tant que le poison est contenu dans le conduit digestif, chercher à le neutraliser au moyen des réactifs que la chimie enseigne. Quand les voies urinaires renferment des concrétions d'acide urique, l'usage des substances alcalines peut en favoriser la Hissolulioii et, par suite, l'expulsion. Dans le diabète sucré, la chimie, dont le concours est nécessaire pour suivre les changements qui surviennent dans la proportion dd principesucro, apporte :i Ij» thérapeutique quelques indications utiles, relativement au clK»ix des substances alimentaires les moins susceptibles de fournir los éléments de cette substance. Mais si l'on excepte ainsi quelques
(I) « On empirique en médecine est un homme qui, sans songer mèm«iu\ « opérHtions de la nature, aux signes, aux causes des maladies, aux indications « aux métliodes, et surtout aux découvertes des diflTérents âges , demande le nom
• d'une maladie, administre ses drogues au hasard, ou 1m distribue à la rondf. « suit sa routine et méconnaît son art. L'expérience d'un empirique est tou'oor?
• fausse, parce que cet homme exerce son art sans le connaître, et suit les rfceifes |
• des autres sans en eiika\\T\«T V&« caLW%ft%, V'^ft^rit et la fin. » (ZiiiHBRMiu'ts, Traité
/'expérience, 1. 1, \>. \^.^
TUUUPIGTIQIJB. 565
maladies, la chimie est de peu de secours pour la ikérapeutîque ; et l'erreur des chimistes qui emparaient le corps humaia au va&o inerte dans lequel ils séparent, précipiteul ou dégagent les principes constitutifs des corps inorganiques ou des substances organisées qui ne sont plus soumisjs à la vie, et prétendaient fournir de nouvelles et plus solides bases à la thérapeutique, est depuis trop longtemps abandonnée, pour qu'il sjit nécessaire de lu couibattre. Lacbinue est, dans un certain cas, un auxiliaire utile |>our la médecine ; elle ne pourrait, sans danger, la diriger dans mui action^ ni lui imp«)ser ses théories : Opiûna medirime ancilia, domina pessima.
Après avoir examiné les fondements sur lesquels lu tliéra|»outiqii» s'appuie, nous allons la considérer dans ses applications.
La tljérapeutique se divise naturellement en deux brsneiieH : ii l'une se rattachent les indications; a l'autre, les nioyi^ns de Iuh remplir.
ARTICLE PREMlEIl
DES IIIDICATIOK?.
Lorsque, par l'examen attentif d'un malade, h) médo(!in a reconnu le genre de maladie dont il (^st atteint, sou (!ariu'l/*re particulier, sa marche, sa tendance vers iinn tcrnii liaison favorable ou funeste, les causes qui l'ont produite, son iulliience sur la sauté, ele,, l'ensemble de ces circonstances montre en quelque Norte le traiti" ment qu'il doit suivre, et semble V indiquer : c'isst Ik ce qu'on nomme indication. C'est dans le même sens que l'indication aétit ilélinii*, lu manifestation fournie par la maladie elie-mme de ce qu'il convient de faire pour améliorer l'état du malarle.
Les indications ne doivent jamais 4?lre établies hur di» ihéorieK ni sur des raisonnements abstraits; elles doivent retisortir eu quelque manière des phénomènes de la maladie, s'offrir d'elles-mènieH à celui qui en connaît toutes les circonstanani. Il est rarement nécessaire et souvent dangereux de chercher des indications quand il ne s'en |)résente pas : on s'ex(>ose à en trouver d'imaginaires, et à méconnaître plus tard celles qui hurviendront; c'est seulement auprès du malade, et à mesure que la maladie se développe, qu'on peut les distinguer et les saisir; c'est dansée sens qu'un praticien célèbre (i) a appliqué à la mé<lecine eel axiome, pris d'un art fort différent par ses résuluts, mais assez analogue dans ses princi|»es :
(1) Dtaoru?!.
66 TBÈRAPBimQUB.
< C'est dans l'arène qu'il faut prendre conseil {consilium in anna a sumere,)n
Il est un certain nombre de circonstances qui peuvent fournir des indications chez l'homme malade. Les principales sont le genre de la maladie, sa forme particulière, son intensité, son type et ses périodes. L'étal des forces, les symptômes prédominants^ le siège, les complications, les causes et certaines circonstances conmiémontives, la tendance de la maladie vers telle ou telle terminaison, l'influence qu'elle peut exercer sur la constitution du sujet ou sur quelques afleciions préexistantes, l'effet des moyens déjà employés, soil chez le malade lui-même, soit chez d'autres, dans le cas d'épidémie, fournissent aussi des indications qui ne doivent pas être négligées; nous allons les exposer brièvement.
A. De toutes les conditions propres à fournir des indications, celle qui tient le premier rang est le genre de la maladie. Rapprocher les bords d'une plaie, extraire un corps étranger qui y est contenu, enlever le cristallin dont l'opacité met obstacle à la vue, extraire un calcul de la vessie, maintenir en contact les extrémités des fragments d'un os fracturé, ramener dans sa position naturelle un viscère déplacé, voilà des indications bien nettes, bien précises, qui appartiennent toutes aux maladies chirurgicales, et qui ne sont contre-balancées que par le danger que les secours cbirurgicaoi portent souvent avec eux. Les indications dans les affections qui sont du ressort de la pathologie interne sont rarement aussi nettes. Toutefois il en est quelques-unes d'aussi précises : mettre dans le plus grand repos les parties enflammées, les placer dans une situation qui prévienne le plus possible la stagnation du sang, et éloigner d'elles tout ce qui pourrait augmenter la douleur; administrer le quinquina dans les fièvres intermittentes, le mercure dans la syphilis; voilà, sans contredit, dans chacune de ces maladies, des indications sur lesquelles il ne peut exister aucun doute. L'anatomie pathologique, qui fait connaître le siège d'un grand nombre de maladies et l'altération spéciale qu'elles produisent dans le tissu de nos organes, concourt aussi à fournir des indications précieuses. Toutefois, dans beaucoup de cas, d'autres indications se présentent (t), qui non-seulement ne doivent pas être négligées,
(1) Je crois devoir transcrire ici les réflexions très-judicieuses faites à ce sojet par Laénnec : « Je crois que l'étude des espèces anatomlques des maladies est I»
• seule base des connaissances positives en médecine, et qu'on ne doit jamais U « perdre de vue, sous peine de poursuivre des chimères et de se créer des fan- « tomes pour les combattre . . Mais je crois aussi qu'il est également danvereui
• d'apporter à l'étude de% «iVteeWoTA Vï^\«& \i\ifi aUention tellement exclusive»
TDBRAPEUTIQUE. 567
mais doivent même passer avant celles qui sont fournies par le genre de la maladie.
B. Le caractère particulier de la maladie est d'un très-grand poids dans le traitement. Il est beaucoup d'affections aiguës qui tendent toujours d'elles-mêmes, lorsqu'elles sont franches ou légitimes, à une terminaison favorable, et qui n'exigent par conséquent alors aucun traitement actif, tandis qu'elles réclament des moyens énergiques quand elles se présentent avec le caractère inflammatoire ou adynamique, etc. Dans ce cas, les indications principales naissent du caractère de la maladie, et le genre n'en fournit que de secondaires. C'est ce qu'on observe dans l'érysipèle, dans la bronchite, dans l'éruption morbilleuse, qui revêtent l'une et l'autre de ces formes.
G. Le type en donne aussi de très-importantes. L'expérience ayant démontré que certaines maladies régulièrement périodiques sont susceptibles de céder à un mode particulier de traitement, il est de la plus hante importance de bien distinguer le type intermittent, lorsqu'il existe, et de ne pas négliger l'indication précieuse qu'il fournit, surtout dans la forme pernicieuse de ces maladies. La ▼ie du malade est ici entre les mains du médecin : s'il néglige l'indication qui se présente, la mort est à peu près certaine; s'il la remplit convenablement, il peut presque toujours rétablir la santé. Les différents types intermittents donnent lieu aussi à quelques indications secondaires : plus l'intervalle des arcès est court, plus il faut agir fortement ; cette nécessité est bien plus urgente encore lorsque les accès se rapprochent, et que le type tend à devenir continu. Dans quelques maladies irrégulièrement intermittentes, on est parvenu, dit-on, par une observation attentive des causes qui reproduisent les attaques, à en régulariser le retour, et à les combattre ensuite avec avantage, par les remèdes spéci6qiies. Mais, il faut le dire, l'action du quinquina dans les maladies artiflciellement périodiques n'est pas établie comme dans celles qui sont naturellement intermittentes. Aussi ne saurais-je avoir une conGance entière dans la méthode ingénieuse employée par le professeur Dumas, de Montpellier, qui^ dans un cas d'épilepsie, rendit d'abord les attaques régulières, et les combattit ensuite avec succès par le quin-
« qu'elle fasse perdre de vue la diiïérence des eau es dont elles peuvent dépendre, « oa, si Ton veut, de leur génie connu ou caché, l/ineoovénient nécessaire d'une
■ manière de voir aussi courte est de faire souvent prendre TelTet pour la cause» et
■ de faire tomt>er dans la faute plus grave encore de considérer comuie idenliques, « et de traiter par les mêmes moyenf, les maladies dans lesquelles les s« ules alté- • rations visibles sont des lésions semblables sous le rapport aoaloml<\u«. %
quina. Un antre point, bien plus important, et d'une applicatioo journalière, est de distinguer la cause à laquelle se rattachent les maladies intermittentes, comme nous l'avons dit précédemneit dans le chapitre consacré au diagnostic (p. 466). Dépendont-ella d'une infection paludéenne, le quinquina, convenablement administré, ea triomphera sûrement et promptemcnt. Sont-elles symptomatiques de la fonta des tubercules, d'un abc6s profond, d'une iafection purulente, d'une affection des voies urinaîres, le quioqmM n'aura pas plus d'action contre les accès fébriles que contre la miladie dont ces accès sont la manifestation.
D. L'indication fournie par Vétat des forces est, sans contreèL ime des plus importantes. Quels que soient le genre d'une affedioi, son espèce et son type, il importe autant, souvent môme il importe plus, de modérer les forces quand elles sont en excès, de lessoutodr quand elles sont en défaut, que de combattre la maladie; aussi eslJI indispensable que le médecin ait toujours devant les yeux et compare avec attention la longueur présumée et la violence de lamladic avec les forces du sujet (I). Il doit être particulièrement ea garde contre la faiblesse, qui peut, ou bien amener la mort du naïade avant l'époque où raiïection se terminerait, ou entraver la sàie de phénomènes ou d'eiïoris nécessaires au rétablissement de8foo^ tions. Celte indication devient tellement urgente, qu'elle doit, qoaod la vie parait près de s'éteindre, passer avant toutes les antres, et faire recourir aux moyens propres à relover les forces, dam les affections mêmes qui exigeraient des remèdes tout opposés, dansU pneumonie ou dans toute autre phlegmasie, par exemple : les anciens l'appelaient l'indication vitale.
L'évaluation des forces, chez l'homme malade, forme donc ud des points les i»lus intéressants de la médecine [>ratiquc. La plupart des systèmes de thérapeutique ont été basés sur la distinction à-i maladies en sthéniques et asthéniques, actives et passives; et, daoî un assez grand nombre de circonstances, en effet, la question principale est de savoir s'il faut traiter par les toniques ou les débilitants, il est donc de la plus haute importance de déterminer les signes d'après lesquels on peut évaluer les forces, surtout daDsie^ maladies aiguës, où tout retard peut être dangereux, où l'erreur peut avoir des conséquences très-graves.
On doit reconnaître d'abord que cette évaluation des forces est, dans un certain nombre de cas, très-obscure et très-difficile; il au''
(1) Galien comparait le malude à un homme chargé d'un fardeau, la maladie au fardeau, et sa durée %u \n^«Vi v^\«o>mNx ^t l'homme qui doit le porter.
THÈRAPEITIQUE. 569
firait, pour en être convaincu, de jeter un coup d'œil sur Icsdivi- - «ons établies par Brown, et sur celles qui lui ont éié substituées ' par les auteurs qui, comme Bronssais, ont été conduits à adopter
* une division analogue, en partant d'un principe opposé. Les mêmes : affections se trouvent, dans l'un de ces systèmes, rangées parmi . celles oii les Torces sont en défaut, et, dans l'autre, parmi caÙes où
les forcos sont en excès. La môme obscurité peut exister au lit des malades, et il est arrivé quelquefois qu'un médecin a conseilié h;
• quinquina au môme sujet auquel tel autre avait ])rcscrit une saignée. Toutefois il est juste de dire qu'un tel dissentiment ne se montre guère qu'entre les médecins systématiques, et qu'il est presque sans exemple parmi les hommes versés dans I obsenation des maladies, et accoutumés à réunir tout ce qui peut éclairer leur détermination avant de la prendre.
Il est beaucoup de médecins qui estiment l'état des forces presque uniquement d'après le pouls : est-il plein et résistant, les forces, suivant eux, sont nécessairement en excès. Les partisans les plus exagérés de la doctrine de l'irritation ont été plus loin encore; la fréquence du pouls qui, dans les maladies aiguës, augmente avec la faiblesse, et n'est jamais plus grande que dans l'agonie, était ù leurs yeux un signe que les forces étaii'nt en excès, ou, ce qui revient au môme, une indication pour employer les émissions sanguines. D'autres ont adopté pour mesure l'énergie des mouvements musculaires, ou la coloration de la face, ou la force de la constitution ; quelques-uns, la couleur pâle ou foncée de l'urine ; plusieurs, l'état de la chaleur générale; d'autres, enfin, l'énergie avec laquelle le cœur se contracte. Plusieurs de ces signes assurément sont d'une grande im|K)rtance dans l'évaluation des forces; aucun d'eux n'e^t à négliger; mais nul doute aussi que chacun d'eux ne soit insufllisant, quand il est isolé des autres. S'il fallait des exemples pour le prouver, nous citerions la petitesse du pouls dans quelques influnimalions acoompagnées d'une douleur vive, et son dévelo|ipement immédiat à la suite des saignées; sa dureté qui persiste jusqu'à la mort dans certains cas d'hypertrophie du cœur; le froid général au début des fililegmasies les plus aiguës; les mouvements convulsifs qui succèdent aux hémorrhagies abondantes. Mais il est inutile d'insister sur un point de drK-trine sur lequel tous les esprits sages sont d'accord, savoir : que, dans l'évaluation des forces, il faut tenir compte de tous les signes propres à en donner la mesure.
Les forces peu ven t être altérées de diverses manières chez l'homme malade; elles sont augmentées, diminuées, suspendues, perveriios ou opprimées. — Elles peuvent aussi ne présenter aucun dérange-
S70 THftRAPECTIQCE.
ment sensible, comme on l'observe souvent dans les maladies burnées a un organe, et qui n'entraînent pas de trouble sensible dam les autres.
U augmentation dei forces est généralement caractérisée ptr b couleur rouge ei vermeille de la peau, par la rougeur et Tintuffl» cence de la Tace, par la régularité et l'assurance des monvemali, par la grandeur de la respiration, la force du pouls, l'élévatioD^e la chaleur, la fermeté des chairs, une diminution notable diDsb quantité des matières excrétées, de l'urine et des matières fécdtt spécialement, et l'amendement qui survient dans les symplôaei après les hémorrhagies spontanées : le sang a généralement akR une consistance ferme, une couleur vermeille et une pr(^rtkm|ilv grande de fibrine et de globules. Ces phénomènes se montrent rarement réunis chez un même sujet; ils offrent^ sous le rapport deleuif combinaisons diverses et de leur intensité, des nuances très-variéei» soit chez les divers sujets, soit chez le môme et dans le court deb môme affection; ils sont, en général, beaucoup plus fortement dosinés dans le début de la maladie et dans les paroxysmes, quediM les rémissions et vers le déclin.
La diminution des forces est marquée par la pâleur de la pwii l'abattement des traits, la langueur dans l'attitude et les mointments, les défaillances, la fréquence et la petitesse de la respira* tion, la faiblesse du pouls, la diminution de la chaleur, la seitfSK- Uté au froid, la mollesse des chairs, l'abondance et la ténuité des matières excrétées. Si des hémorrhagies ont lieu dans ces cireoistances, elles rendent la faiblesse plus grande, et les signes, qv l'expriment, plus manifestes encore ; et le sang qui s'éooule offirf moins de couleur et de consistance que dans l'état de santé. — U diminution des forces se présente sous des formes variées : dans quelques maladies ajgnôs, elle peut devenir considérable en peu df jours ; elle se montre alors par l'affaissement de la physionomie, par la pâleur de la f)eau, la difficulté ou l'impossibilité de se tenir debout ou même assis, l'abaissement de la chaleur, les sueurs înMes. les excrétions involontaires, les défaillances et les syncopes. Ces signes sont ordinairement plus marqués dans la rémission ; ils sont, en quelque sorte, voilés dans les paroxysmes par l'excitatioD passagère qui les constitue J on observe par conséquent ici le coairaira de ce qui arrive dans les maladies où les forces sont en excès, rt où le caractère sthénique de la maladie devient plus tranché daosks redoublements. Il est cependant quelques affections'dans lesquclios la faiblesse devient plus prononcée dans les paroxysmes mêmes; c'est ce qui a \\eu àax\^ \«l ^\v\^«tv ^t% H«.tHiiés des fièvres perm-
TBÉRAPElîTIQUE. 571
cieuses, et surtout dans les fièvres syncopale et algide : la diminution des forces, à peine marquée dans Tintermission, est portée au pins haut degré dansTaccès. Dans les maladies chroniques, la faiblesse ne survient qu'avec lenteur; les principaux traits qui la ngoaient sont la maigreur de tout le corps et de la face en particulier, la difficulté croissante des mouvements, la fatigue prématurée qui résulte de l'exercice du corps et môme de l'occupation de l'esprit, la petitesse du pouls, la sensibilité au froid extérieur, quelquefois roBdématie du tissu cellulaire, et l'exhalation passive du eang par diverses voies ; elle n'est presque jamais portée au point d'empêcher les malades de se mouvoir dans leur lit, comme cela a lien dans beaucoup de maladies aiguës.
L'interruption complète des phénomènes de la vie, dans la syncope, dans la congélation, dans l'asphyxie, indique une sorte à'aboliiion passagère ou de suspension des forces,
La perversion des forces est marquée par un désordre plus ou moins manifeste dans l'ensemble ou la succession des phénomènes que Ton regarde comme propres à en donner la mesure : c'est tantôt l'existence simultanée de symptômes qui généralement ne se montrent pas ensemble, tantôt une succession rapide de phénomène» opposés les uns aux autres, et bien plus souvent encore un trouble sympathique dans les fonctions du cerveau, et particulièrement dans l'intelligence, les sensations, l'expression du visage, les gestes et les mouvements. La perversion des forces peut exister avec leur augmentation et leur diminution, comme elle peut n'être jointe ni à rune ni à l'autre. De là, la difficulté extrême de saisir les indications dans ces cas épineux, et la dissidence des auteurs et des praticiens sur ce point important de la thérapeutique.
L'oppression des forces est cet état dans lequel il y a en apparence diminution et en réalité augmentation des forces. L'oppression des forces, en effet, se montre sous des traits à peu prc's semblables à oeux qui caractérisent leur diminution : tels que l'abattement de la physionomie, la couleur pâle ou livide du visage, la difficulté des mouvements, Tengourdisscment des sens et des facultés intellectuelles, la petitesse, quelquefois même l'inégalité du pouls, le froid des extrémités, etc. Il faut alors, pour apprécier le véritable degré des forces, remonter aux circonstances qui ont précédé. La faiblesse réelle est presque toujours due à des causes manifestes ; elle existe chez des sujets naturellement débiles, ou débilités par des fatigues excessives du corps ou de l'esprit, par des chagrins prolongés, par la privation d'aliments ou par l'usage d'aliments peu nutritifs, par des évacuations excessives, par des veilles, par l'abus
r> 7 â THÈR APfiUTlQU B.
des jouissances, par TactioD d'agents septiques introduits du debon. ou formés dans Téconomie clle-môme : dans les maladies gaogitneuses, dans les résorptions purulentes. L'oppression des kim, au contraire^ a lieu particulièrement chez des sujets bien coDslitiaL dans la force de Tàgo, vivant bien ou même adonnés à la boov chère ; elle a lieu subitement, dès l'invasion, ou du moins dauk première période des maladies, tandis que la véritable faiblesse K se montre, en général, que d'une manière progressive» A conmt nément à une époque plus avancée. Dans les cas obscurs, où rienè ce qui peut éclairer ne doit être négligé, la couleur, laconsisMs du sang fourni par une hémorrhagie, par la saignée ou par l'appi* cation de sangsues ou de ventouses, l'aspect particulier des phiv des vésicntoires et les qualités du pus qu'ils exhalent, mériteotauài l'attentiou dn médecin. Un jautre moyen très-propre à éclairer tf l'état des forces est l'observation des changements surreniu dtfi l'intensité de la maladie, soit par reflet des premiers remèdei^n par quelques autres circonstances. Si les moyens débilitants, eipl^ ticulièrement la saignée, ont produit du soulagement ; si dcshénvrhagies ou des évacuations alvines spontanées ont paru diminuerb faiblesse, nul doute qu'il n'y ait oppression des forces. Si, au contraire, les évacuations spontanées ou provoquées ont été nuiflUOi si le vin et les cordiaux ont modéré l'intensité du mal, la diminoùoi des forces n'est pas seulement apparente, elle est réelle, etlcmédecin doit agir en conséquence. A tous ces signes il convient d'ei joindre encore un autre auquel Loèanec attachait la plusgnnk importance : c'est le degré de force avec lequel le cœur se coi- ! tracte, a Suivant ce médecin, toutes les fois que les contractioDf (fc a ventricule, explorées par l'auscultation, ont de l'énergie, on peu a saigner sans crainte ; le pouls se relèvera ; mais si les contraetiotf (( du cœur sont faibles, le pouls eût-il encore de la force, il iaotit « défier de la saignée. » Nous pensons que, dans les cas okcuK, ou ne devra pas négliger d'interroger ce phénomène, en ajoQtiflt toutefois qu'il n*a pas la valeur que Lacnnec lui avait attribuée ; b force avec laquelle le cœur se contracte dépendant aussi biend^ l'épaisseur de ses parois que de l'état général des forces. Chez le:» sujets atteints d'hypertrophie du cœur, les contractions de ci>l organe conservent fréquemment, aussi bien que le pouls, une énergie extraordinaire jusqu'au moment de la mort : chez d'autres sojtfttau contraire, le cœur peut se contracter mollement, bien que touttf les autres conditions indiquent un excès de force et réclament b | saignée.
Telles sont \es iptxiiexvtiV^^ circonstances à l'aide desquelles oi
TnÉRAPEUTIQrE. 573
parvient à appr(5cier Tétai des forces chez riiommc malade ; elles ne sauraient suffire pour résoudre toutes les questions auxquelles peut donner lieu ce point délicat et important de médecine pratique, mnis eUes peuvent fixer l'opinion du médecin dans les cas ordiuaires, qni sont ceux dont la connaissance importe le plus. Nous devons ajouter, en terminant cet article, que, dans quelques cas exceptioi:- 'nels, l'u|yréciation des forces est si difficile, que le médecin le plus expérimenté est dans la nécessité de suspendre son jugement et de surseoir momentanément à l'emploi de toute médication active, pour ne pas agir au hasard.
E. Vinfensùêde la maladie est aussi la source d'indications utiles. Ce n'est pas que la même affection puisse exiger des moyens opposés selon qu'elle est grave ou légère ; mais il y a une si grande diHcrence entre les indications dans l'un et dans l'autre cas, dans Tinflammation, par exemple», selon qu'elle existe au degré le plus faible ou le plus intense, que cette circonstance est nécessairement d'un très-grand poids dans les déterminations que prend le méilecin. Dans un dos cas, en eiïet, les boissons délayantes et la diète seront seules indiquées; dans l'autre, de nombreuses et larges saignées et les révulsifs les plus puissants devront être mis en usage.
F. Les diverses périodes fournissent encore des indications variées. On ne traite pas une fièvre typhoïde dans sa troisième comme dans sa première période, et les moyens qui conviennent au début d*unc inflammation grave ne peuvent pas être également employés dans le second ou le troisième septénaire. Cette règle est applicable i presque toutes les maladies aiguës, quels que soient leur g(»nre, leur marche et la cause qui les ait produites. Si des moyens débilitants sont indiqués, si des évacuations sont nécessaires, c'est spécnalemcnt, sinon exclusivement, au début et dans la première période qu'il faut y recourir : on doit ensuite en user d'autant pins sobrement c|u'on s'éloigne davantage de cette époque, après laquelle touti^fois ils ne sont pas proscrits. Dans la dernière péiiode des maladies aiguës et même chroniques, on doit surveiller attentivement les phénomènes qui surviennent, et, lorsqu'on a reconnu la tendance de la nature, la favoriser s'il y a lieu, se borner à éloigner ce qui pourrait la troubler lorsqu'elle se suffit à elle-même, ou la combattre par les moyens les plus énergiques, quand il est nécessaire.
G. CcTlains symptômes doiïneiïi Heu à des indications particulières qui ne doivent pas être négligées. Les symptômes ne sont, il est vrai, que les eifets de la maladie, et ils cèdent le plus souvent au traitement qu'elle réclame. Mais^ dans cerlams ca^, c\viQVY^e%-vv\vâ.
574 THÈKAPEUTIQDB.
d'eux deviennent assez graves pour ajouter beaucoup audaDgerdt l'affection primitive. Dans Taffection typhoïde, par exemple, il pent survenir une épistaxis assez abondante pour com promettre V&» tence du malade et appeler momentanément toute Tattention à médecin. C'est donc avec raison qu'on regarde comme une gruide partie du traitement le soin de combattre les symptômes prédoiûnants, avec la précaution toutefois de ne pas considérer im phénomène plus que la maladie, et de ne pas négliger l'objet priodpil pour une circonstance secondaire (1).
Les indications fournies par les symptômes sont, dans quelques autres cas, d'une plus grande importance encore, dans ceux, pir exemple,.où le diagnostic est obscur; le genre de la maladie n'étant pas connu, la médecine symptomatique est la seule que l'on poisie faire. Je ne veux pas parler ici (2) a de cette médecine symptonua tique erronée qui, sans règle et sans lumières, combat lessympa tomes indifférents , mais de cette médecine symptomatique a éclairée et ferme dans sa marche, qui tantôt remédie à des symp- (c tomes alarmants, et tantôt traite la maladie d'après l'ensemUe (( des symptômes qui la rapprochent le plus de telle ou telle alfeca tion, jusqu'à ce qu'elle se dessine d'une manière plus prononcée. • Ainsi, dans beaucoup de cas, on voit survenir, chez un sujet fort et jusqu'alors bien portant, un frisson suivi de chaleur génërale, d'accablement, de rougeur des téguments, de fréquence et de force considérable du pouls, etc., sans que rien encore révèle d'une manière positive quel est le point de départ d^un mouvement fébrile extrêmement intense. Bien qu'incertain sur le diagnostic de h maladie, le médecin peut et doit souvent, dans ces circonstances, remplir les indications fournies par l'ensemble des symptômes, prescrire le repos, la diète, les boissons rafraîchissantes, quelquefois même une ou plusieurs évacuations sanguines, sans attendre que des signes locaux viennent lui apprendre si la maladie qui débute appartient aux inflammations thoraciques ou à tout autre genre nosologique.
H. Les indications fournies par le siège des maladits méritent aussi une attention spéciale. Il est généralement utile que les parties affectées soient dans le repos le plus complet, et que leur position soit telle que la circulation des liquides et surtout que le retour du sang y rencontre le moins possible de difficultés. Ainsi la position assise convient spécialement dans les maladies de la tête et de
(t) Frank, Epitome ji.l.
(2) Thèse déjà c\lée de Bayle,
THÈBAPELTIQUE. 575
la poitrine ; la position horizontale dans les affections du ventre et des membres inférieurs; dans le panaris, dans Tinflammation rhumatismale du poignet ou du carpe, la douleur et le gonflement augmentent lorsque la main est pendante, ils diminuent quand elle eat tenue élevée sur un coussin ; les maladies articulaires réclament généralement l'immobilité des parties malades ; celles des organes digestifs exigent plus de sévérité dans le régime ; dans celles de la poitrine, le silence est nécessaire, comme le repos de Tesprit dans c^rlles de la tête.
I. Il est aussi des indications qui ont leur source dans les complieaiions. Tantôt alors on peut négliger momentanément une des maladies pour ne s'occuper que de l'autre, et plus tard on revient à œlle-là ; tantôt, et c'est le cas le plus fi*ëquent, on dirige le traitement à raison des indications simultanées que fournissent les maladies coexistantes : ainsi, dans la complication de pneumonie et de péritonite, de rhumatisme articulaire chronique et de syphilis, on peut satisfaire à la fois aux indications que présente chacune de ces affections.
J. Les causes qui ont produjt ou préparé le développement des maladies sont encore d'une grande importance relativement à la thérapeutique, et le médecin doit toujours s'efforcer de parvenir à les connaître. Les causes déterminantes fourniâsent des indications qui souvent tiennent la première place. Un homme est-il frappé d'asphyxie dans une atmosphère chargée de vapeurs nuisibles, la première indication est de l'en retirer. Un corps étranger est-il resté dans une plaie, il faut l'en extraire. Un poison a-t-il été porté dans Testomac, il faut, s'il s'y trouve encore, provoquer le vomissement, ou le neutraliser par l'administration d un antidote approprié, ou tout au moins affaiblir son action par une grande quantité de liquide. Un venin ou un virus est-il déposé sur quelque partie, il faut détruire, à raid# d'un caustique, l'agent morbifique et la partie qui l'a reçu. Dans tous ces cas, en enlevant la cause, on peut espérer détruire la maladie : sublata causa , toUitur effectus. Combien d'affections nerveuses, chez l'homme, chez la femme plus souvent encore, se lient au désenchantement d'une vie irrégulière, au regret de s'ôtre écarté des voies de l'honnêteté ! Et dans ces cas si fréquents, le retour à une conduite meilleure est le premier remède aux troubles de la santé. La médecine est quelquefois assez heureuse, pour aidera cette double guérison. Dans les maladies produites par l'imagination, c'est spécialement sur le moral qu'il faut agir. Une jeune fille ayant eu des convulsions dans l'hôpital des pauvres de Harlem, beaucoup d'enfants, placés comme elle dans cet hâi^\V.«\^\.
576 THÉBAPEUTIQUE.
témoins de ces convulsions, furent atteints d'accidents semblabto, qui se répétaient chaque jour, par une sorte d'imitatioD, chez m grand nombre d'entre eux. Beaucoup de remodes avaient été mployés sans succès. Boerhnave est appelé : il ordonne que roQ importe au milieu de la salle des fourneaux remplis de charbom ardents, et qu'on y fasse rougir des crochets de fer afin de pcitff le bras du premier enfant qui aura des convulsions. Ce moycD H couronné d'un plein succès : les convulsions ne revinrent plus.
Les causes prédisposantes générales, telles qi:e la saison, fes conditions de l'air, etc., donnent lieu à quelques indications. U plupart peu importantes. Il en est autrement du climat qoi, dans quelques affections catarrhales, et dans certaines névroses, exeree une telle innuence sur la marche de la maladie^ qu'il fournit le moyen le plus efficace de traitement : le passage d'un climat froid dans un pays chaud a souvent été suivi d'une amélioration qu'aucun autre remède n'avait procurée.
Le tempérament ^ la constitution^ Yàge^ le sexe^ la profetsim^ mais surtout le régime habituel des malades, sont la source d'indications plus ou moins importantes. .Ainsi, le tempérament stnguin peut fournir l'indication des évacuations sanguines dam des maladies qui, chez des sujets doués d'un tempérament diflën^ot, ne les réclameraient pas ; il conduit à plus forte raison à employer avec [)lus d'énergie ce moyen de traitement dans les cas où le genre même de la maladie en impose la nécessité, tandis que chez les individus lymphatiques et nerveux, les saignées ne doivent être employées qu'avec une grande réserve et qu'autant que l'omission de ce moyen aurait de sérieux inconvénients. Cette n^gle est également applicable aux individus dont la constitution est naturellement faible ou accidentellement affaiblie. Ce que nous avons dit de l'indication des évacuations sanguines s applique naturellement à la plupart des autres moyens actifs de traitement, aux purgatifs, à l'opium, aux toniques, aux révulsifs cutanés : le tempérament et la constitution des sujets fournissent des indications spéciales dans remploi de ces remèdes.
Les indications fournies par les âges ne sont pas non filus sans importance. Les maladies des enfants, considérées d'une manière générale, réclament des moyens plus simples et moins multipliés que celles des adultes (i). Dans les maladies des vieillards, qui
(I) A une époque peu éloignée encore de celle où nous écrivons, des trois méat' cins filacés à la tète de l'hApital des Enfants malades de Paris, deux aTSientoe qu*on nomme une pratique active; le troisième, c'était Baudclocque, se Itcroiît presque aux moyens Yi)|%\êii\^\\«&.\ï«Lvt^ \a.<«» \^%\iiaés annuels publiés par l'aooîi-
THÂIUPBUTIQDB. 577
,/ prennent promplement le caractère adynamiqiie, on doit ôlre tK*8- • réservé sur l'emploi des moyens débilitants, et recourir plus prompp tement aux toniques. Le sexe présente quelques indications rela- .^lÎTes à Tétat de grossesse, à Tépoque menstruelle, qui obligent ■, floavent de différer l'emploi des remèdes énergiques ou d'en dimiijDaer les doses. La profession, l'habitation en Tournissent aussi I quelques-unes. Telle maladie ne cessera qu'autant que l'individu ; qui en est atteint quittera la profession qu'il exerce ou le lieu qu'il ^habite (i), parce que ces conditions l'ont produite et l'entre- ,. tiennent.
Ramazzini avait observé que les habitants des campagnes, qui ; ont des travaux pénibles, supportaient moins bien les évacuations artificielles que les habitants des villes, qui mènent une vie plus , tranquille, et font d'ailleurs usage d'aliments plus substantiels (2). ^- Lorsqu'une maladie a été précédée d'évacuations considérables, de fatigues excessives, de veilles prolongées, de chagrins profonds, de contention très-forte de l'esprit, elle est communément accompagnée d'une faiblesse qui oblige de recourir plus promptement aux moyens propres à soutenir les forces.
Mais c'est spécialement dans le régime habituel que le médecin trouve souvent des indications importantes. Les désordres variés des organes digestifs, et beaucoup de phénomènes sympathiques liés au trouble latent de l'estomac et des intestins, tels que la céphalalgie; la somnolence, les étourdissements, la dyspnée, les palpitations, dépendent, dans un très-grand nombre de cas^ soit du nombre et du rapprochement des repas, qui doivent s'éloigner de plui^n plus à mesure que l'homme avance dans la vie, soit de leur répartition peu méthodique, soit de rinsufTisance de l'exercice, soit encore de l'habitude de se livrer aii travail d'esprit immédiatement après ring'^tion des aliments, et surtout après une ingestion trop copieuse. Ces symptômes, qui résistent in<lériniment à tous les remèdes qu'on leur opposerait avec raison s'i«s étaient idiopalhiques, cèdent comme par enchantement aux m^idifications les plus légères en apparence dans les habitudes de la vie, comme de réduire a deux, dans râgf>mûr, h* nombre <\im repas : de mettre un plus long intervalle entre le prr;nit«r et le second ; de s'alistenir au déjeuner 'de viande et autns aliments de digestion lente ou diflicile ; de
■Utralioo, la mortalité relative i'élefait e^m^tammeot k on cttiffre moindre d •!)« les salles dont il était clargé; romme /m le sait, les tnMftÀm de eet hôpital ebangent annufliemeiit de lertice.
(Il Voyez p. h\ etrj.
(3) RiiAZu», /Mf maMin d^A wtuffnn, traduction de focaci^^v, \. K^\ .
57 s ToftiArEimijrB.
changer les heures consacrées à l'exercice ou à l'étude^ de »ite que la marche ait lieu après le repas, et le travail intellectnel ne ou plusieurs heures plus tard. Les hommes adoiinéa à l'ëcnde, m obligés par leur position de consacrer la journée tout entière t des travaux intellectuels, doivent presque se borner i un «i repas ; réduire le plus possible celui du malin, afin de pouvrarcoisacrer toute la journée au travail ou aux affaires, et diner aehi leur appétit, parce que, dans nos habitudes sociales, le smrert k temps du repos intellectuel et de la distraction.
Quant aux causes occasionnelles, la plupart ne fournissent qoe des indications secondaires: que l'invasion d'une pneumooieal été précédée d'un refroidissement, ou d'une émotion vive, ou im écart de régime, il ne résultera de diacune de ces circonstaDeei aucune modification importante dans le traitement. Néanmoioiy a la suppression d'une évacuation habituelle a préc<Vdé iraroédiatemeit la maladie, il (sut, comme dans le cas où elle la précède de pin loin, la rappeler ou y suppléer. Si la cicatrisation d'un ulcère, d'B fonticule, si la suppression dune affection rhumatismale parsîMil avoir provoqué la maladie, il est indiqué de couvrir d'un topique rubéfiant ou vésicant la surTace préc^édemment affectée, oad'j rétablir un cautère. On cherche de même i rappeler une éniptîoB chronique de la peau, un érysipèle, ou tout autre exanibème sur le point qu'il occupait, en y plaçant un sinapisme, un vësicatoire, on en y provoquant une éruption artificielle, au moyen de l'huile de croton-tiglium ou d'une pommade slibiée. Si la répercussion (ie l'Aanthème ortie avait précédé le développement de la maladie, l'indication la plus rationnelle serait l'urtication de la partie de» téguments qui en était le siège. Quant à la suppression de la sueur, elle ne Tournit le plus souvent aucune indication, si ce a'est pendant le prodrome de la maladie : car, une fois qu'elle est développée, les sudorifiques seraient souvent impuissants pour en anv> ter le cours, et pourraient quelquefois l'aggraver.
K. Parmi les circonstances commémaratives^ il en est uoeqni éclaire à la fois la thérapeutique et le diagnostic, et qui fournit, dans beaucoup de cas, et parliculièremenl dans les maladies chroniques, des indications de la plus grande importance ; je veux parler des maladies qui ont précédé, et dont le principe, quel qu'il soit, peut avoir présidé au développement de la maladie actuelle, sans que la forme apparente de cette maladie en révèle la nature. L'observation, en effet, montre tous les jours des sujets qui, plot ou moins longtemps après avoir été atteints, soit d'adSTectioDS rkf matismaUs^ eoilde <\\ie\^<e%-\i\v& dfteKî%exantbème8 chroniques vikj
TBAtAPBirriQDB. 579
airement désignés sous la dénomination commune de dartre»^ sont ris de dérangements divers, souvent passagers et mobiles, quelque >Î8 6xesdans leur siège, mais très- variables dans leur forme et leur itensité, qui peuvent simuler des pbiegmasies clironiques ou des évroses, soit des viscères abdominaux ou thoraciques, soit du enreau et de ses dépendances. Il n'est pas rare de voir ces ffections résister i la plupart des moyens qu'on leuropprse, jusu'à ce que l'apparition d'un exanthème à la peau, ou d'une douleur rthritique ou musculaire, vienne à la fois délivrer les viscères affec- ^ des troubles dont ils étaient le siège, et révéler la cause proable de ces désordres. Souvent aussi, on voit les aflections de e genre, quelque intenses et quelque anciennes qu'elles soient, éder aux moyens propres à combattre ou à rappeler dans leur iége naturel, ou à leur forme primitive, les maladies rhumaismales où dartreuses. Dans les affections syphilitiques dégénéées, c'est encore en remontant aux maladies antérieures qu'on arvient à saisir le point de départ de la maladie actuelle et k en éterminer le traitement. Dans la plupart des maladies chroniques, ans celles surtout qui ne consistent pas dans ces altérations promdes de tissu contre lesquelles la thérapeutique est impoinaDie, 'est particulièrement dans l'investigation approfondie de tout ce ui a précédé, et dans l'examen attentif de tontes les conditions hysiques, morales et intellectuelles dans lesquelles le malade est ctuellement placé, que le médecin trouvera les vérilables indicaons, celles qui lui montreront l'origine du mal et Jet moyens d'en *ioaipher.
11 est quelques autres drecmianeei ccmmémoraiivts qui, sans voir part an développement de la maladie, foumisïtcnt n<^nmoins es indications particulières : telles sont certaines babitndes am- "actées depuis longtemps. Les individus qui, en santé, mangent eaucoup, boivent chaque jonr une grande quantité de vin et de queurs spiritnenses, ne peovent pas être soamis, dans Tétat de laladie, à une diète aiuai sévère que ceux qui vivent sribrenK-nt. 'ai vu entrer à 1 V>p(Ul de la Charité, au septième jour d'une neumonie, nn hommtî; très-robuste, adonné à l'usage des Unissons ïrmentée?». q>ii av^tit pri:^ chaque jour jusque-là une pinte et demie e vin : il fut aaioni^ une :<eitle fois, et dès le lendemain la maladie tait jugée heureusement. Un homme de trente^uatre ans, qui langeait par jour troiti livres de pain et autant de viande, et qui uvait qnittze bouteilles de vin et quatre d'eao-de-vie, contracta ne maladie vénérienne. M, CnlUrier, consnlté par ce maUMcW, W ennUde f %jo»ir. pendant la période inf«mmfltif.Vr»
UlÉKAPECTIOl'E.
une livre et demie de paiu, auiani de viaDde, trois booleilltlde vin el une d'eau-dc-vie (1). CoBvaiucu des iaconvénicnis aUuIs à l'iatcrruplion subite de l'habitude même la plus maiivaiiM, j'ù publié, jl y a près de quarante soe, dans ]o Nouveau Journal it médecine (2), un mémoire sur l'usage du vio dans tes maladi» aiguës des sujets adonnéb à l'ivrogoerie. J'ai flepuis tore con«i«iH ment, dans ces conditions, accofilé à ces individus une certeiut quantité de vin, pur ou coupé avec les tisanes, et je ne crda p» avoir eu à m'en repentir, tandis que J'ai presque toujountTU «u^ coml>er les ivrognes qui avaient éld enli^rement sovrés de vindà le début de leurs maladies.
Il est une autre circonstance wmiiiémorHtive qui peut enooit fuuniir des indications utiles : ei le inuladc a cI<^jk éprouvé une un plusieurs fuis quelque chose de semblable h ce qu'il râsaeni. il (nu lui demander quels nio>eui ont été employés, s'ils ont été la ménii's dans toutes les iittui{ues, et qnel a été leur effeL Sauf quelques exccptiorts que le jugement du médecin lui indiquera, « le mâiiic moyen a été constamment employt: avec sDcx^ès, îl fuii j recourir; si plusieurs ont clé Essayés, îl faut faire usage dt «lin qui a paru produire le plus constamment un meilleur eifci ; ù, >u
, THÈRAFEUTIQDB. 581
qucs, c'est oette circonstance qui dirige principalement le médecin : il agit alors, comme on le dit communément, à juvantibus et Icedenabus. Dans quelques maladies aiguës, où l'appréciation des forces est difficile, l'effet des premiers remèdes débilitants ou toniques est très-important, comme nous l'avons vu, pour en distinguer le vrai caractère, et pour établir des indications. L'efBcacité ou l'insuffisance du soufre ou du mercure dans certaines maladies, fournit au bout d'un certain temps des indications nouvelles pour en prolonger ou en suspendre l'usage, etc. Toutefois, il ne faut pas perdre de vue que beaucoup de maladies, que les phlegmasies aiguës spécialement, offrent pendant plusieurs jours, malgré l'emploi des moyens les plus énergiques, un accroissement constant (période d'augroent), et que dans ce cas l'exaspération des symptômes, tant qu'elle est renfermée dans certaines limites, ne prouve point que les remèdes mis en usage ne fussent pas indiqués.
M. Dans le cas où une maladie règne épidémiquement^ il est encore quelques autres circonstances qui fournissent des indications : 1* la comparaison exacte des causes et de la forme de l'épidémie actuelle avec celle des épidémiçs précédemment observées, peut fournir des indications pour les premiers malades; 2® lorsqu'on a observé un certain nombre de malades, et qu'on a suivi attentivement l'effet des remèdes employés, on peut en tirer des inductions pour le traitement des autres. Toutefois, indépendamment des différences que la maladie peut offrir chez quelques sojcts, et de celles qui appartiennent aux sujets eux-mêmes, lorsque l'épidémie se prolonge, il peut arriver que les indications ne restent pas les mêmes, et que la méthode de traitement qui a réussi dans le principe soit insuffisante ou nuisible vers la fin (1).
N. La tendance de la maladie vers telle ou telle termioaison appelle aussi l'attention du médecin. Si la maladie marche vers une terminaison favorable, il faut se borner à éloigner toutes les circonstances qui pourraient l'entraver, satisfaire aux indications secondaires qui existent ou surviennent pendant sa durée, et s'abstenir de tout remède actif, à moins que la maladie ne se prolonge beaucoup, et que l'art ne possède des moyens de la suspendre ou de 1 abréger. — Si la maladie tend à se terminer par la mort, il faut, cela va sans dire, employer les moyens les plus énergiques pour prévenir, s'il est possible, cette terminaison; mais, lorsqu'elle est inévitable, les indications se bornent à combattre les
• (1) Rakaszihi, Efidem, mutin., année 1691, in Stdexhami Oper,, t. Il, p. 38. iSenef», 1736.
9ê!t TBiftAPEirriQuic.
priBdprax symptômes, afin d'éloigner le terme fatal, oa d< ks derniers instants moins pénibles. — Si le mal n'augmeni qu'il ne diminue point, comme dans la paralysie, on a reooo ralement "à ce qu'on nomme la méthode perturbatrice^ qui dans l'emploi des remc^des les plus propres à produire uoep diversion. Cette méthode, toutefois, ne serait pas sans da la maladie, qui est actuellement stationnaire, était de i s'exaspérer : dans certains squirrhes de la mamelle, par e\ il faudrait bien se garder d'employer des moyens aetifi» ki mal est stationnaire, parce que tout changement ne pent i nuisible. -^ Dans certaines maladies aiguës qui peuvent ég^ se terminer par la mort ou par le retour à la santé, il faut a une méthode active si les indications sont évidentes ; s'en i lorsqu'elles sont obscures : un traitement perturbateur ne o drait pas, par exemple, dans toutes les Bc>Tes typhoïdes ata Ces maladies, malgré le désordre apparent qui souvent les pagne, ne sont pas plus que les autres un état de eonfusio bien une sorte de lutte entre la puissance qui préside à I les causes qui en ont troublé l'harmonie, lutte dont l'iasi également être favorable ou funeste. Dans cette incertitude, indistinctement et dans tousies cas chercher à troubler la de ces maladies, ou se borner à remplir les indications \ qu'elles peuvent offrir? Nous n'hésilons pas à nous déclan le dernier parti.
0. Uinfluence que peut exercer la maladie sur la constitut individus et sur les affections antérieures éclaire aussi le m< Si la maladie, qui se développe chez un sujet déjà malade, a lc« affections préexistantes, nulle incertitude n'est permise, diercher à en suspendre le cours le plus promptement po mais si, au contraire, après l'apparition d'une éruption cuta Imviisi^Hi d'une fièvre intermittente, l'appétit devient mi^ilh digi^stion plus facile ; si l'individu se sent plus fort, si quelqn* aim^ qu'il éprouvait depuis longtemps vient à cesser com mont, rtc, il faut respecter le cours de la maladie, éioigncT t qui pourrait l'interrompre, et chercher même à la rappeler s qtio ohoae la supprimait tout à coup. Autant son iDfliionce esl rable , soit sur la constitution elle-même , soit sur les ma préexistantes, autant il serait fâcheux de la combattre par d mèdes; dans ces cas exceptionnels, comme le dit Werlhoff : àont, remédia mala {{), Il est donc des maladies qu'il serait d
^'^ VcBLaorr. DiueH, de limitanda febm laude. (Qper., t. II).
THÈRAPBIITIQDB. 583
reUx de guérir, comme le prouve le recueil d'observations publié sur ee point impoi*tant de la: thérapeuliquc (I); toutefois, leur nombre n'est pas très-grand, et l'on n'a plus besoin aujouitl'hui, pour s'en oonvaincre, de lire ta dissertation de Werlhoff, De limi tondu febris tayde. Il faut même se reporter à Tépoque où cet ouvrage a été écrit pour ne pas être étonné qu'on ait cherché sérieusement à établir one semblable proposition.
Telles sont les principales circonstances qui fournissent des indications dans le traitement des maladies. Elles n'ont pas toutes une importanee- égale ; mais aucune d'elles ne pourrait être négligée sans inconvénient. On voit, d'après cet aperçu, combien est erronée lopinion de ceux qui croient qu'il existe un remède pour chaque maladie, et combien une pratique basée sur l'expérience diffère de l'empirisme; on voit quelles modifications doivent apporter au traitement ces indications nombreuses qui se combinent ensemble et forment en quelque sorte de chaque cas particulier, sous le rapport du traitement comme sous celui des symptômes, une affection différente', à quelques égards, de toutes celles qui lui ressemblent le plus. Ce n'est pas, comme on l'a dit fort judicieusement, Ykydropisie ou la pneumonie que l'on traite, mais telles ou telles personnes, qui difierent d'âge, de sexe, de tempérament,* de manière de vivre, etc. (3). C'est ce grand nombre de circonstances, dont il faut i la fuis tenir compte et peser la valeur, pour s'élever aux indications, qui rend si difficile l'art de les bien saisir.
Il est peu de cas xians lesquels une seule indication se présente : dans presque tous, il s'en offre plusieurs. Ces indications simultanées peuvent êire analogues et concorder entre elles, comme les saignées générales, l'abstinence, les topiques émoliients, la position élevée et le repos des parties malades, qui doivent être combinés dans le traitement des phlegmasies. Mais il n'en est pas toujours ainsi,^ et dans quelques cas, en même temps que certaines circonstances indiquent tel moyeor de traitement, d'autres éloignent d'y recourir. Ces indications contraires forment ce qu'on appelle des contre-indicotions. C'est ainsi que dans la pneumonie adynamique on voit, d'une part, une inflammation qui réclamerait les émissions sanguines, et de l'autre, un état de faiblesse qui appelle des moyens tout opposés. On ne peut se dissimuler que ces cas ne soient fort embarrassants pour le médecin : s'il combat l'inflammation, il aug-
(1) Traité des maladies qu*ii est dangereux de guérir, par Doh Raymond.
(2) Nec fmeumoniam generatim, nec hydtx)pem curamus,sed pneunumiam Sempronii oui TuUis, sexu, œtate, victus génère, aut iemperamento diffèrenttum, — SmxGKL, Pathol, gener,^ p. 72.
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meole la débilité; s'il emploie les toniques, il s'expoee à ei les phénomènes inflammatoires. C'est surtout alors qa'iJ i d'un tact exercé pour apprécier exactement la yaleor rela indications opposées^ et satisfaire aux plus urgentes, avec sure convenable et en se renfermant dans de telles limites, moyens qu'il emploie soient favorables à Tune des coDdiiîoj bides sans être nuisibles à l'autre, ou que les iDcoDTëDÎenl peuvent offrir, sous un rapport, soient compensés de Tautre avantages beaucoup plus grands.
Ce n'est pas seulement lorsque la maladie présente des ind opposées que le médecin peut être embarrassé sur ce qu'il do Il arrive quelquefois aussi qu'une maladie aiguë ou ebroo montre avec des symptômes plus ou moins sérieux sans ol culie indication précise. Faut-il alors tenter des moyens aclîl à une sorte d'instinct qui porte à soupçonner telle ou telle in dont on ne se rend pas bien compte? Quelques médecins i ainsi ; mais nous ne voudrions ni le faire ni le conseiller : c'c per en aveugle que de médicamenter sans indications évi On ne doit pas craindre d'imiter dans ces circonstances la judicieuse dé Sydenham et de Morgagni, tandis qu'on se rep souvent d'une conduite opposée. « Je ne crois pas, dit le p « devoir rougir en avouant que^ dans la cure des fièvres^ je : « plusieurs fois félicité de n'avoir point agi quand je ne vov) « paraître qui m'indiquât ce qu'il y avait à faire. Pendant f suivais ainsi d'un œil attentif la marche de la maladie po a taquer au moment favorable, ou la fièvre se passait d'elle- « ou elle prenait une forme qui me faisait connaître avec « armes je devais la combattre (4). Dans quelques maladies < « ques dont la nature est douteuse^ dit Morgagni, on ne doi « agir avec témérité, mais se borner à l'emploi de ces remèd" « l'habitude a consacré l'usage, et qui, incapables de nuire, « tent en général quelque soulagement (2). » Être utile d'« la seconde règle de la thérapeutique ; la première est de nuire (3).
(t) Neque pudet fateri, me non semel in curandis febnhus^ uhi nondun ret quid mihi agendum esset, nihil prorsus agendo rt mihi et œgro cor optime; dum enim morbo invigilarem^ quo eum apjxfrtumus confodere x febrisvel tponte sua sensim evanuit, vei in eum se typum redegit, ui y. innotesceret quibus armis esset debellanda. (Sydknham. l. VIII, p. 158.)
(2) Tcmere nihil audetidum, sed iis quœ levaminis aliquid offerre k consuescunt, innoxiis remediis utendum. {De sed. et caus. morb., UilV, &.
(3j Hjprocratb.
TUÉBAPEUTIQUE. 585
Toutefois, nous ne prétendons pas que dans les maladies aiguës ou chroniques le médecin doive constamment, quand les indications sont obscures, s'abstenir de toute espèce de moyen actif; laais nous pensons qu'il ne doit y recourir qu'avec la plus grande circonspection. C'est ainsi qu'il essaye avec prudence le quinquina dans certaines fièvres continues qui se rapprochent des fièvres intermittentes, et qu'il tente l'emploi des mercuriaux dans quelques aflrections auxquelles il soupçonne une origine syphilitique. Ces moyens deviennent alors pour lui^ selon l'expression consacrée, ane sorte de pierre de touche.
Il s'est trouvé de tout temps quelques médecins qui se sont fait remarquer, soit par une prédilection dangereuse, soit par une intipathie presque aussi blâmable pour telle ou telle espèce d'indication. Ceux-ci voyaient, par exemple, dans toutes les maladies, 'indication de la saignée ou des vomitifs; ceux-là purgeaient régulièrement et sans exception, soit pendant le cours, soit à la suite de loate espèce d'affection, ou prescrivaient indistinctement les toni- ({oes. D'autres, entraînés dans un extrême opposé, prétendaient que ces indications n'existaient jamais, et que la saignée, le quinquina, les purgatifs, étaient, constamment nuisibles. Nous ne chercherons pas à démontrer combien ces opinions sont erronées et dangereuses; il suffit âe les opposer ainsi les unes aux autres pour qu'elles se détruisent réciproquement. Il n'est point de remède qui soit toujours utile, il n'en est point qui soit nuisible dans tous les cas; la chose est si évidente que nous n'en aurions pas même parlé, si des noms célèbres ne se rattachaient à ces opinions exclusives, je devrais dire insensées.
La médecine n'a pas seulement pour but de combattre le mal présent, elle doit encore chercher, soit à prévenir le développement des maladies qui menacent l'homme en santé, soit à hâter le rétablissement des fonctions chez le convalescent : il est ainsi des indications prophylactiques (I] ou préservatrices, il en est pour la convalescence et les phénomènes consécutifs des maladies.
Les indications préservatrices se présentent dans plusieurs circonstances : 1° Les personnes issues de parents atteints d'une affection susceptible de se transmettre par hérédité doivent être l'objet de soins propres à modifier et à combattre cette fâcheuse prédispontion, et l'on éloignera d'elles toutes les circonstances qui pourraient en favoriser le développement. 2° Lorsqu'un individu éprouve les signes avant-coureurs d'une maladie déterminée, ces signes
(I) npcQp'jXeco9(i>, je préviens : de çuXavon), je garde; et de npo, ivint.
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fournissent également une indication prophylactique, à laquelle il est quelquefois très-urgent de satisfaire, dans l'apoplexie imminente» par exemple. 3" Celui qui a été une ou plusieurs fois alteim d'une affection qui récidive fréquemment, comme le rhumatisme, la goutte, etc., doit faire usage des moyens propres à en prévenir k retour. 4" S'il règne une maladie épidémique, il se présente amsi des indications prophylactiques variées selon la forme de la malade régnante, ses causes,. etc.; elles reposent, dans tous ces cas, sur les bases ordinaires de la thérapeutique. 5* Quand une maladie contagieuse paraît dans un lieu, l'indication préservatrice vent que les individus encore sains évitent tout contact avec les malades. Le moyen le plus sûr est de quitter le plus promptement possible le lieu oti règne la maladie. Mais tous ne peuvent pas, et quelquesuns ne doivent pas suivre un tel conseil. Pour ceux-ci, TindicatioD, toujours difficile et quelquefois impossible à remplir, est d*é?iter toute communication directe et même indirecte avec les malades. C'est de cette manière que l'hospice des Orphelins de Moscou fut préservé (4) de la peste qui ravagea cette ville, et que les Houentots se mirent à l'abri de la variole importée au cap de Bonne- Espérance par un navire européen ; c'est de cotte manière enfii que , dans beaucoup d'épidémies pestilentielles , quelques vilkt, quelques quartiers, quelques maisons ont été préservés. Il est aaasi, dans ces cas, des indications particulières pour les personnes qui, par leur profession ou par leurs devoirs, sont obligées de visiter les malades ou de rester auprès d'eux; ainsi, dans les épidémies de variole, on doit engager les personnes qui n'ont pas été vaccinées, ou qui ont négligé de se faire revacciner après un intervalle convenable, à recourir immédiatement a ce moyen préservatif. 6* Lorsqu'une maladie règne ou reparaît endémiquement dans quelque lieu, elle fournit des indications d'un autre genre. Si c'est le voisinage d'un marais qui détermine, tous les automnes, l'apparition de fièvres intermittentes, il faut, pour les prévenir, dessécher le marais ou V encaisser dans des bords taillés à pic, ou mieux encore donner à l'eau stagnante qu'il contient un écoulement continuel. L'ne rivière portait dans toute une province, avec ses eaux fétides et c<^rompues, des maladies meurtrières : Empédocles, en joignant a ces eaux celles de deux autres rivières, augmenta la rapidité de n cours : ces maladies ne reparurent plus. es principales indications dans la convalescence sont de rétablir liiellcment les forces par un régime convenable, en tenant
(J) MBlTENa,t. 1, p. !10^. — 1&V.K^, Opéra, ^.BOQ.
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compte de la faiblesse générale du sujet et de celle des organes > digestifs en particulier : sous le nom de régime, nous ne comprenons pas seulement le choix et la quantité des aliments^ mais aussi Umt ce qui tient aux soins généraux dont le convalescent doit être • entouré. — Quand la maladie a de la tendance à se reproduire, ecMiime cela a lieu à la suite des fièvres intermittentes, il est souvent nécessaire et toujours ulile d'insister pendant une partie de la convalescence sur remploi des moyens qui ont triomphé de la maladie, sans diminuer les doses, mais en les espaçant davantage. On devra encore, toutes les fois qu'il sera possible de le faire, soustraire le malade, par l'éioignement, aux conditions dans lesquelles la maladie s'est développée.
On a longtemps admis comme principe général de thérapeutique qu'une purgation était chose indiquée chez les convalescents. Le temps a fait justice de cette méthode banale, qui n'était pas sans danger; mais, comme il arrive trop souvent, on s'est porté d'un extrême à l'autre, et la proposition absolue des purgatifs chez les convalescents n'est pas non plus sans inconvénient. Le médecin sage n'adopte aucune de ces règles exclusives : il satisfait à l'indication de purger les convalescents quand elle se présente; hors de Uty il se refuse à cette pratique vulgaire (1).
Quant aux indications fournies par les phénomènes comicutifSy elles varient à raison de la maladie qui a précédé, et de ces phénomènes eux-mêmes. Dans ces circonstances, le médecin ne doit perdre de vue ni l'état de faiblesse oti la maladie précédente a laissé le convalescent ni le danger des rechutes. Ces deux considérations doivent être présentes à la pensée du médecin, dans la détermination du traitement qu'il oppose aux phénomènes consécutifs.
Après avoir exposé les principales sources des indications, nous allons jeter un coup d'œil sur les moyens d'y satisfaire.