DFS MOYENS GÉNÉRAUX OU HYGIÉNIQUES
L'hygiène (2) est cette branche de la médecine qui a pour but de conserver la santé et de prévenir les maladies. On désigne communément sous la dénomination de moyens hygiéniques tout ce qui est propre à atteindre ce double but.
Si l'hygiène est en quelque sorte la médecine des gens biecr portants, les moyens hygiéniques sont applicables et nécessaires à l'homme malade aussi bien qu'à l'homme sain : ce dernier s'en affranchit quelquefois sans avoir lieu de s'en repentir, l'autre ne le tëtBii pas impunément.
Non-seulement les secours hygiéniques sont d'une grande utilité à l'homme malade, mais ils lui sont plus utiles encore que tous les médicaments proprement dits. On a pu avoir des doutes sur l'efficacité de beaucoup de remèdes, personne ne pourrait en avoir sur celle des moyens hygiéniques. A l'aide de ces seuls secours, et sans l'emploi de médicaments, la plupart des maladies aiguës peuvent se terminer favorablement ; sans leur concours, les médicaments les mieux indiqués seraient toujours insuffisants, et ce n'est pas ici une simple supposition, c'est une vérité que des faits sans nombre ont confirmée et confirment encore chaque jour. Dans les endroits oti il n'y a point de médecins, et où par conséquent les malades n'emploient guère de remèdes, ou font usage, comme cela arrive trop souvent, de remèdes contraires, la nature, aidée des moyens hygiéniques que fournit le simple bon sens, parvient, dans la plupart des cas, à surmonter non-seulement la maladie (3),
(1) Syoenham, Réponse à M, Brady,
(2) t-fitta, santé.
(3) Cette influence des moyens hygiéniques sur le rétablissement -de la samé explique les succès aUribués à certains moyens Inertes, comme les*globules !nmœopathiques, dans les maladies assez nombreuses où l'organisme se sunu ^ lu même, surtout quand rien ne trouble son action : les Remèdes homœopaUiiqueâ sont administrés à des doses trop faibles pour causer aucun mai, comme aucun bien. L'homœopathie n'est au fond qu'une expectation déguisé^, exempte de danger dans les maladies bénignes, mais très-dangereuse tout^ lef fois qu'une médication active est nécessaire^ et nuisible encore dans les cas nombreux où, san* que la vie soit actuellement compromise, une médecine convenablement acti\e doit et peut soulager le malade, en mettant à profit les ressources réelles que l'art «j««- '•ntre les mains du nièdecVa.
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mais encore les remèdes qui tendent à l'aggraver. Dans des circonstances opposées, dans celles où les malades ne manquent ni de médicaments, ni de médecins habiles pour les administrer, mais sont placés dans de mauvaises conditions hygiéniques, on voit nonseulement les maladies graves se terminer presque sans exception par la mort, mais encore les plus légères se convertir en des affections mortelles. L'entassement des malades dans des lieux trop étroits ou mal aérés, la corruption de l'air, le défaut absolu de propreté, le manque de linge et de vêtements, l'exposition au froid, à la pluie^ les erreurs de régime, le découragement, ont constamment produit ces funestes effets toutes les fois qu'ils ont agi concurremment ; tandis que dans un grand nombre d'affections aiguës, dans les varioles discrètes, dans quelques typhus réguliers, dans la plupart des phlegmasies chez les sujets jeunes, la guérison a lieu avec le seul secours des moyens généraux ou hygiéniques, et sans l'emploi d'aucune espèce de remède actif.
Nous avons insisté précédemment sur la nécessité de ne prescrire les remèdes actifs que seuls, ou du moins qu'en petit nombre à la fois. Il en est tout autrement des moyens hygiéniques ; il est en quelque sorte impossible de les trop multiplier dans le traitement des maladies aiguës et chroniques.
Ces moyens, sans être les mêmes dans toutes les maladies, offrent cependant assez d'analogie dans le plus grand nombre des affections soit aiguës, soit chroniques, pour que nous croyions pouvi^ir les exposer succinctement ici, comme constituant un point très-important de thérapeutique générale.
§ I***. — Soioi généraux dan* 1m maladies aig«ët.
A. Circumfusa, — Les malades atteints d'une affection aîgiié doivent être placés dans une chambre assez grande pour que l'air ne s'altère pas, et f/ereéede plosteurs ouvertures, afin quil paisse être facilement renouvelé. La température doit y être douce; on l'abaisse pind^nifét^ '.'U empêchant les rayons mlBirfn d'y pénétrer, ou eo y faisant 7)e% a^fiêr%ions d'eau : on l'élève dans les sais^ins ffr/ides au nK»yen dé fv.ere. f/exp^^ition 4 T^^uest et au midi est meilleure en hiver; IV'Xf^ndtioo au norA ei k Test '-at f#référabfc en ét^, l>a température <l'Ài €VsâlU^r% varier ^uiifsfni I^ aètncUtH de la maladie, et suivant VHsiX d-r la *^iki*^ir t^%*fi Ut rriaM^;. ! 'fie \ttmkft faible convient «ï^^u^ Um utJêMi^nt nfTÂHUfm^tt^^ A*mt$çmfMMii^m dea forces: da;** c^>r*« Hfà /r/i#«r*ire, hiê t4U^ ^mi &tmin$tém^ une lumière rive 4af ljf0r¥\fm Vm 4n \u^ t\W\«iMiA»t V wtnW^
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est corrompu, lorsque les miasmes qui s'échappent de son corps et les matières excrétées exhalent une odeur fétide, et surtout lorsque raffecUon dont il est atteint est susceptible de se transmettre par contagion, on doit, pour le malade lui-môme et pour ceux qui l'entourent, le placer, s'il est possible, dans des salles plus vastes, renouveler fréquemment l'air, en ouvrant les fenêtres ou en établissant des ventilateurs, faire des fumigations aromatiques, qui, si elles ne détruisent pas les [irincipes contagieux, donnent du moins à l'air que respirent les malades une propriété stimulante, et, ce qui est préférable encore, le transporter d'une chambre dans une autre, pour renouveler plus complètement l'air de celle qu'il a quittée. On a, pendant quelques années, attaché une grande importance aux fumigations de chlore pour la destruction des miasmes et des virus; mais depuis que M. le docteur Bousquet, dans des expériences répétées, a montré que le mélange du chlorure de soude avec le fluide vaccinal n'altérait en aucune manière la propriété contagieuse de ce dernier, l'action spéciale antimiasmatique attribuée au chlore par les théories chimiques devient plus que douteuse.
Si le malade est dans une chambre éuroite, humide, ou qui lui soit commune avec beaucoup d'autres, on doit, malgré les inconvénients qui semblent attachés au transport, l'en retirer pour le placer dans un lieu plus convenable, lors même que ce lieu serait éloigné et que la température extérieure serait très-froide. Des exemples nombreux prouvent que des individus atteints de maladies très-graves ont été retirés des hôpitaux et transportés a une gande distance, non-seulement sans que la maladie ait été exaspérée, mais encore avec une amélioration plus marquée do jour en jour : les observations de Lind, en particulier, viennent à l'appui de cette assertion. .
B.Applicata. — Il est de la plus haute importance de tenir les malades atteints d'affections aiguës dans la plus grande propreté, et par conséquent de changer fréquétnment leur linge. Ce principe, généralement admis aujourd'hui, a longtemps été méconnu; et, chose remarquable, c'était précisément dans les fièvres érupiives et contagieuses, dans la variole en particulier, où le linge iat go iilinuellemenl sali par le pus, et oti le besoin d'en chauger ^ fi^ sentir davantage, qu'on recommandait le plus de s'en abstenir, l/é changement de linge, pourvu qu'on ne le répète pas t^'op souvent sans nécessité et qu'il ne fatigue pas le malade, u'offre aucun inconvénient; on peut même le faire avec les précautions couveuables, pendant la sueur (i), quand on craint qu'elle ne se refroidisse.
(î) Ces précautions conalsient à passer sous la chemise mouillée du malade ies «erviettes très-chaudet dans \ev\;i<&Vi«& qu ^xt.^^Xn^'^^ ^\x^^«&&l\ement les
Les lilsdes malades mériient une certaine attention. Les matelas ^' laine sont les plus usités; néanmoins le crin serait prérérable si t chaleur était très-élevée, ou si les malades étaient affectés de ^phrite, d'hémorrhagies ou de congestions sanguines vers les ornnes renfbrmés dans le bai$sin : jamais on ne doit leur permettre e coucher immédiatement sur la plume. Il est souvent nécessaire e garnir le lit, soit de substances propres à absorber les matières xcrétées, de coussins de balle d'avoine, par exemple ; soit d'une u'Ie imp Tméable, et quelquefois de soutiens élastiques disposés de laniùre à soustraire à la pression certaines parties où elle serait uisible. Il faut varier la disposition des lits suivant les affections, i les malades doivent rester constamment couchés sur le des, il mvient que le lit offre un plan parfaitement horizontal. L'inclitison du lit doit être plus prononcée encore chez ceux qui sont teints ou menacés d'une congestion cérébrale. Ou peut dire, d'une anière générale, que, quand un organe est le siège d'un travail i congestion ou d'inflammation, il faut, autant que possible, évher » le placer dans une situation déclive par rapport au reste du »rps. Dans les affections thoraciques, le lit doit présenter un plan cliné, de sorte que la poitrine soit plus élevée que le ventre. Dans B contusions, les plaies, les inflammations rhumatismales, érysi- Uateuses, phlegmoneuses des membres, l'élévation de la partie lalade est un puissant moyen de résolution. Il est des cas, au conaire, oti l'on doit chercher^ par la position qu'on donne au corps, favoriser l'afilux du sang dans certaines parties. Ainsi, dans la rncope, il est indiqué de placer la tête sur un plan horizontal, ou lême dans une position déclive par rapport aux pieds. On a inventé Lusieurs espèces de lits mécaniques dans le but de soulever les maides, de soustraire à la pression telle ou telle partie du corps^ de Bsser facilement un bassin sous le siège, etc.; ces lits sont surtout Liles chez les sujets atteints de fractures des membres inférieurs (i).
On doit encore classer parmi les soins généraux, qui apparlienent à la mêip^ série, l'application de linges très-chauds sur tout le
nibe:5. les cuièsèï.'h^tçplre^t la poitrine, et même le cou; de telle sorte qu'au '«ment où Ton eirilve la cfiemise mouillée jwur en passer une autre, le malade ►il complètement entouré de linge sec et chaud : les bras seuls sont un insUnt KposéA à ialr; mais tout le reste du corps en esta l'abri. On nereUre ces sérielles qu'après avoir passif au malade la chemise qu'il conservera. <n On a imaginé en Angleterre des lits qui, en se moulant sur la forme des ^rUes qu'ils supportent, les soutiennent sans les comprimer, et permettent «filer ainsi la plupart des fâcheux effeU que produit le décubllus prolongé Ce
IUd'AÏ'*.îdw7^^^ **'""' '"'"' méUUiciue Tecunsu\^u ^xi^\>^^;^v^. Ht d tau. et d une tolU .«c qui la ferme hermèW^vo^m^tiV,
corps ou sur quelque partie dans le refroidissement géoéral on partiel, Tusage des boules ou des plaques d'étain remplies d'eto chaude, etc.
C. Ingesta. — L'emploi des aliments et des boissons est d'oK grande importance dans les maladies aiguës. Il est deuX incooiénients également fâcheux qu*il faut éviter avec le même soin : cela de nourrir trop les malades, et celui de ne pas les nourrir assei. Ramazzini s'est élevé avec raison contre Tune et contre l'autre de ces pratiques, lorsqu'il a dit que les pauvres succombaient souTent à leurs maladies pour avoir trop mangé, et les riches par ladièie trop sévère à laquelle ils étaient soumis. Hippocrate pensait qu'il J avait moins de danger à. donner un peu au delà de ce qui est nécessaire i|u'à astreindre les malades à une abstinence trop complète. On doit, dans les maladies aiguës, chercher à tenir un juste milleo, proscrire toute espèce d'aliments solides, mais permettre , lorsque l'état fébrile n'est pas très-intense, et que les malades le désirentn quelques boissons légèrement nutritives, comme les bouillons de veau, de poulet ou de grenouilles, les boissons laiteusi's, et même quelques fruits rouges, un peu de raisin, quelques tranches d'orange, dont ils doivent seulement sucer le jus; mais, dans It violence des symptômes, la diète doit être plus sévère, et le plos souvent même, l'abstinence doit être absolue; l'emploi inteoipesiif des aliments, comme l'a dit un médecin célèbre, nourrit la maladie et non le malade. Au déclin, on doit revenir par degrés à leur usage.
D. Excréta. — Il est de la plus haute importance, dans le cmn des affections aiguës, que les matières excrétées soient promptement éloignées des malades : la sueur, en se refroidissant sur le corps, a de graves inconvénients; les urines et les matières fëcalea^ déjà altérées par la maladie et disposées à une prompte décom sition, donnent à l'air des qualités nuisibles; les matières vom ont de plus l'inconvénient de provoquer, par leur aspect ou odeur, de nouveaux efforts de vomissement. Locsqu<^ l'urioe et matières fécales sont excrétées invoIontairoQiMînMtf' contact avic le corps du malade a des suites encore pl£fe]jflmi(peB : d'uue prt. elles peuvent être absorbées par la peati; d(6 Tainïj^, elles dëterruinent rapidement, soit une éruption pustuleuse, soit des excoriations aux téguments du sacrum, et concourèrni à la formation de cet esohares si redoutées, surtout dans les maladies aiguës.
E. Acta. — On conseille généralement dans les maladies aiguà le repos et le séjout çx^sc^ue continuel au lit : toutefois, il est uiil* que les malades 8o\eIiV\eN^^\o^^t\i^\^«a3^«^v^^^^^<t4^.,^^ le degrf
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de force qu'ils conservent, soit sur un autre lit, soit sur un lit de repos, soit sur un fauteuil, où ils restent jusqu'à ce qu'ils commencent à éprouver la fatigue ou le malaise, qui leur indique le besoin de reprendre leur position première. Sydenham voulait qu'on levât chaque jour les malades; il considérait ce moyen comme très propre à prévenir et à combattre le délire. Nous avons vu précédemment que le mouvement passif et même le transport à une certaine distance avait souvent été utile aux fébricitants : peut-ôtre a-t-on généralement trop négligé ce-moyen dont le hasard et la nécessité ont plus d'une fois démontré les avantages.
Il «st de la plus haute importance de Taire changer fréquemment de position aux malades que la faiblesse empoche de se retourotr enx-mêmes; la négligence de ce précepte entraînerait presque nécessairement la formation d'eschares aux endroits comprimés et toutes les souffrances et tous les dangers qui en résultent.
Le sommeil est généralement favorable dans les maladies aiguës; il faut en conséquence éloigner tout ce qui, en agissant vivement sur les organes des sons ou sur le moral du malade, pourrait y mettre obstacle ; par le même motif, on doit se garder d'interrompre le sommeil sans nécessité, pour faire prendre des remèdes ou dans tout autre but, à moins qu'il ne soit très- prolongé, ou qu'il n'y ait urgence à administrer un médicament. Quand le sommeil n'a pas lieu naturellement, il suffit quelquefois, pour le provoquer, de>lever le malade quelques instants et de faire son lit avant de l'y replacer; quand ces moyens ne suffisent pas, on lui prescrit, si rien ne s'y oppose, quelque médicament propre à le favoriser.
P. Les perceptùy qui comprennent les sen.sations, l'exercice des facultés inlellecluelles et les dispositions morales, appellent, chez l'homme malade, l'attention particulière du médecin.
Nous avons vu dans quels cas la lumière peut être contraire ou favorable : le bruit, et en particulier les conversations de toute espèce, sont presque toujours nuisibles dans la chambre des malades : à;yQix basse, elles leur donnent souvent de l'inquiétude; à haute' ^N^^. elles les fatiguent. Les odeurs vives et pénétrantes sont géneraleiBëilt' dangereuses dans les maladies inflammatoires; elles peuvent être utiles dans les affections adynamiques et dans quelques névroses. Tout ce qui exciterait ou fatiguerait les organes des sens doit être soigneusement éloigné, non-seulement dans les maladies qui ont leur point de départ dans le cerveau et le système nerveux, mais encore dans la plupart des phlegmasies aiguës, accompagnées d'un appareil fébrile de quelque intensité.
On doit proscrire avec le même soin, d >«>!% ^w^ç^xiw-
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sunces, toute forte oontenlion de l'esprit, toute méditation sérieuse, toute conversation animée ou seulement prolongée, qui ne sertit pas supportée sans fatigue, et qui serait l'occasion à peu près iuéritable d'exaeerbatiuns plus ou moins fâcheuses. |
Mais c'est surtout à bien diriger les affections morales des malades, à leur inspirer espérance et sécurité, à combattre les appréhensions, le découragement qui leur sont si naturels, que le médecin doit s'appliquer. Aussi croyons-nous devoir consacrer à ce sujet un article spécial.
§11. — Hé» mojen* propret à to«%«oîr le iBorel des iBeladee.«
L'art de soutenir le moral des malades constitue incontestablement un des points les plus difGiciles et les plus importants de la pratique médicale, plus encore dans les maladies chroniques qœ dans les maladies aiguës. Nous l'envisagerons ici, à la fois, dansées deux ordres d'affections.
La première condition, pour exercer sur l'esprit des malades cette salutaire influence, est d'avoir leur confiance. Dans quelques cas, le médecin est assez heureux pour que cette confiance lui soit d'avance acquise; mais le plus souvent il en est autrement, et, dans tous les cas, il ne suffit pas de l'avoir, il faut la conserver.
Dans ce double but, il convient, avant tout^ que le médecin écoute avec une aiteniion soutenue et un intérêt bienveillant le récit do malade; qu'il l'interroge avec soin, et que, s'appuyant sur ses premières réponses et sur les signes fournis par l'habitude extérieure, il dirige ses questions de telle manière qu'il paraisse deviner les souffrances qu'il est appelé à guérir. Le malade est disposé a croire que le médecin, qui connuît bien son mal, saura également en triompher, et sa confiance lui est désormais acquise. Il n'est pas rare, toutefois, de rencontrer dans les diverses classes de la société, parmi les gens sans instruction, comme paimi les hommes lettrés, un scepticisme complet au sujet de la médecine, et ce «c^^ticisnie, il n'est pas besoin de le dire, est un obstacle absolu àlbette confiance sur laquelle s'appuie toute l'action morale du médëdn. C'est donc au scepticisme lui-même qu'il faut d'abord s'attaquer. Aui hommes doués d'une certaine logique, il faut rappeler i'àction incontestée du quinquina dans les fièvres intciftniUentes , celle du mercure dans la syphilis, du soufre dans la gale, iwi besoin, celle de l'opium combiné avec les purgatifs dans la colique de plomb, la neutralisation des poisons dans l'eslomac, la réduction de l^ÉitèstiD ou d'un os déplacés, VeiLMîvcûwi oxx V'ii ^(i^\svR.^\3Mv^v ^^^ cristallio
THÉKAFEimOCI. ^O.'t
acte, la preseiratîon de la Tariole par la vacdne, dt: la mç^ a cautcSrisation, etc.; et, ce$ exceptityM admi$^.t, leur» irl^<M «ty^ tiques tombent d'elles-mêmes. On reacontn: qiielqii*.ff>iii, darui &pitaux^ des hommes grossiers qui, saa*» aucune (.fjnnai!iaaru!e boses^ déclarent, comme pour se aoiutraire à tout examen et à traitement, qu'ils ne croient pas à ia m«*decine. A reiU: f.'U«ie Dmes, il faut d'autres ai^menis : — Quelle e:^t votre proft^s- ^ leur demandais-je. — Menuisier, aerrurier, maçon, me réaient-ils. — Vous savez faire une porte , ime clef, un mur X que moi? — Sans doute. — Parce que, depuis votre jeunesse, avez fait ce métier. Eh bien! moi, depuis quarante ans, je le les malades, et par le même motif que vous feriez mieux que ce que vous avez appris à faire, je vous traiterai mieux que ne sauriez le faire; dans huit jours, vous sortirez do rilôtei- , guéri de votre maladie et de vos soUes idées !»ur la inédecine. rtir de cette explication, ces hommes devenaient les malades lus dociles.
toutes les maladies avaient une durée courte et une intensité crissante depuis leur début jusqu'à leur terminaison, la tâche nédecin serait, à tous égards, très-facile. Mais il s'en faut bien en soit ainsi, et beaucoup de maladies ont une marche toute "ente. Pour conserver la confiance des malades, dans lo dévesment successif des symptômes et au milieu des exacerbatiuns 1 observe dans le cours du plus grand nombre des maladies, celles surtout qui offrent des phénomènes graves et une durée je, le médecin aura constamment présentes à l'esprit certaines s de conduite, relatives à la manière dont il doit établir, dans elations avec le malade et avec les personnes qui Tentourcnt, ignostic, le pronostic et le traitement.
d'abord, quant à ce qui concerne le diagnostic, on croit trop
paiement que le médecin doit trom|>er ses malades dans leur
re intérêt. Je dirai moi, au contraire, que dans l'intérêt des ma-
comme dans le sien, il doit généralement éviter de les tromper,
le faire* que le moins possible sur quelques points seulement,
us le cas d'absolue nécessité. Le médecin qui reste dans la vé-
qui répond sincèrement aux questions des malades, aux expli-
is qu'ils demandent, et qui, sur tous ces points, se tient aussi
que possible de la vérité, se rappellera facilement ce qu'il a
parce qu'il l'a pensé; tandis que celui qui a pour règle de
>er le malade, dans le but de mieux le rassurer, répondra
le jour d'une manière différente à des questions semblables,
qu'il aura répondu autrement qu'' '•* Les malades,
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qui n'oublient rien de ce que dit le roëdecin, s'apercevroi biement de ces contradictions : ils le jugeront distrait ou in ils douteront tout au moins de sa sincérité ; dès lors ils n'a en lui cette confiance sans laquelle le traitement le plus m perdra une grande partie de son efficacité.
En conséquence, lorsque la maladie sera bénigne, on < aux mnlades la vérité tout entière,- lors même que la durée être longue, mais en restant, sous ce dernier point de vue, termes généraux ; c'est-à-dire, en évitant h la fois d'ass guérison un terme trop prochain, que révénement ne j pas toujours, ou en indiquant un terme trop éloigné qui a le malade une cause de découragement excessir.
La maladie a-t-elle de la gravité, il conviendra de Tatti yeux du malade, soit en la plaçant dans un organe moinst soit en la limitant à un espace moins considérable, soit i lui donnant un noih moins significatif : en désignant, par sous le nom de bronchite une pneumonie, en bornant aa affection de la matrice, aux nerfs rachidiens une mali moelle épinière, en donnant le nom d'engorgement à um cancéreuse ou tuberculeuse, en ajoutant Tépithète/iarfû phlegmasie de la plèvre ou du péritoine, etc.
Ce que j'ai dit du diagnostic je le dirai également du pro ne doit pas craindre d'annoncer, un peu d'avance aux nu changements môme fâcheux qui surviendront dans le o maladie; on en parlera comme de phases que la maladie courir, dans sa marche naturelle, avant d'arriver i sa p déclin. La diminution«ultérieure des forces et de l'embo diarrhée, les sueurs, les éruptions buccales, ne préoccuf autant le malade, quand elles auront été prévues, et il vi l'accomplissement de ce pronostic un motif de plus à sa dans le médecin qui l'a porté. Il est d'autres changement: iraire, qu'on se gardera d'annoncer, parce que les malade ne pas les apercevoir quand ils surviennent^ et qu'ils ne s pas illusion sur leur gravité : tels sont les écotili^nlients féi le canal utérin, l'œdème des membres. i&fèHéiiHi vers beaucoup do maladies, la présence do jô^ng dans les mali* les et dans les urines. . '
Le choix des moyens de traitement offre encore au mé ressource puissante dans l'action qu'il doit exercer sur le i malades. Nul doute que les remèdes les plus cfticaces conl dont il est atteint ne soient aussi leâ plus sûrs pour sou courage. Lorsque \e^ «>jtc\^v^vîv^%»^ ^m^Vvst^\ii ôianifëateme
TBtiAPEUTIQL'B. 605
^it oaturellemeDt Tespoirde guérir; mais, dans ces cas . confiance aide à l'action de meilleurs remèdes. Si des altachées à quelque partie du corps des malades ont suffi, qwes cas, pour triompher d'une fièvre intermittente plus rebelle, on conçoit qu'en même temps qu'il administrera na dans ce genre de maladie^ le médecin aidera à l'action e en annonçant affirmativement au malade que l'accès [l'aura pas lieu.
s maladies contre lesquelles la médecine D*a pas de spécislles sont nombreuses; dans celles contre lesquelles il de remèdes directs^ et le nombre en est malheureusement I, c'est en variant les remèdes, c'est en choisissant parmi iments connus un de ceux que l'opinion générale désigne ès-actif, ou bien en paraissant avoir une grande confiance ! ces remèdes nouveaux, que la renommée exhalte chaque frais et au profit des inventeurs, que le médecin parvient lir l'espérance, à soutenir la courage des malades, alors e le dépérissement progressif ne les avertit que trop de ince de l'art. Un point important encore dans ces circon- )ù la thérapeutique est purement palliative^ c'est que le e le soupçonne pas. Aussi, en même temps que l'on adles remèdes propres à procurer du sommeil, à soutenir et à modérer la digestion, les* sueurs ou la diarrhée, il toujours de prescrire et de placer en première ligne un ue le malade regardera comme curatif. Chaque siècle a le préparations d'antimoine, de mercure, ont eu leur règne ; ui ce sont l'iode, le zinc, l'arsenic, les alcaloïdes végétaux, m faveur et qu'il fout employer pendant qu'ik guérissent, edisait Bouvard, de l'écorce d'orme pyramidal. Les remè- »ureux dont on doit généralement s'abstenir, parce qu'ils ent des douleurs sans profit, ne doivent pas être cepenécrits d'une manière absolue ; ils sont quelquefois utiles mi chez les sujets qui aiment les remèdes et pour qui une douleur physique est l'occasion d'une satisfaction morale plti|(^ *graiKle. Faut-il ajouter que , tout en paraissant le confiance entière dans les moyens douloureux, le mét ne les^ employer qu'avec une extrême réserve l umenttrcs-puissaût pour les malades qui se croient atteints ladie incurable, comme la phthisie pulmonaire, le cancer , et suspectent Ifî sincérité du médecin qui combat leur uviclion, c'est de leur prescrire les moyens de traitement L'Ut le plus contraii^es au mal loposent atteints.
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J'ai souvent, dans ces cas, et par ce motir, prescrit des btiosi des individus qui se croyaient phtbisiques, des aliments sai et des vins généreux, et môme des liqueurs alcooliques à (fi qui attribuaient leurs maux à un cancer stomacal; quelques de ce traitement moral suffisaient pour les délivrer du fantôoiei leur imagination avait créé.
Quelles que soient les ressources que fournit au médedo li nière d'établir auprès des malades le diagnostic, le pronostic, «j diriger le traitement, l'aggravation journalière des symptôoiesi les maladies dangereuses, et surtout dans les maladies incoi rendra toujours sa tâcbe difficile. Toutefois, dans ces cas il trouvera, dans la marche inégale des symptômes, des motilii ou moins spécieux pour soutenir le courage des malades, les symptômes s'aggravent tous simultanément : quelques-on mendent, ou même disparaissent pendant que d'autres survient ou s'exaspèrent. Le médecin, dans la comparaison des ooset autres, diminuera l'importance de ces derniers, augmente» •des autres. Si tous ou la plupart des symptômes prennent lii nément plus d'intensité, il chercbera et devra trouver dans Tei ration du thorax, du ventre, dans les changements réels ou posés du pouls, des excrétions, etc., des indices d'amëlionii Il faut bien se garder, dans ces cas, de chercher dans l'abseï! actuelle de symptômes qui surviendront plus tard un moyen snger de relever l'espérance ; de féliciter un phthisique de qu^l n'a pas de sueurs nocturnes ou de diarrhée. L'appariM ultérieure de ces phénomènes deviendrait pour eux une soried'i rét de mort.
Dins les douleurs violentes et prolongées que certaines roaladitf] déterminent, celles, par exemple, qui résultent de lapreasioai cée par une tumeur phlegmoneuse ou cancéreuse sur les nerfii sins, le découragement des malades devient d'autant plus grandi ces douleurs résistent à tous les remèdes. Il est également porté j plus hatit degré dans ces vomissements incessants, dans cette d\\ extrême qu'on observe dans la période avancé^ des maladies niques de l'estomac ou du eœiu*. Dans ces gfàndéé (fleurs phy^* ques comme dans les grandes douleurs lâohtles, la sympathie e»i douce aux malades comme aux affligés; ceHe du. médecin surtoti leur est précieuse; il faut qu'il s' associé à iei|ni ^uffrances, qol en comprenne toute l'étendue, qu'il- souffre avec eux, cequin'e^ pas un effort ponr l'homme de cœur. Appelé' auprès d'im malaà en proie aux plus vives angoisses, je lut. demandais pourquoi t avait renoncé aux«o\tv% d'vm médecin (cri habile qui l'avait jà
qu'alors dirigé, a Je ne lui ai pas caché lu motif à lui-môme, me répondit- il, je lui ai dit : Vous ne me guérissez pas^ vous ne me soulagez pas^ vous ne me consolez pas, »
A ces grandes crises succèdent généralement des rémisisionsdans lesquelles le malade est plus accessible aux arguments de la science et aux encouragements des personnes dont il est entouré. Celles-ci ne devront aborder le malade qu'avec Tcxpression de Tespéranco et même de la sccurilé ; on éloignera, au moins moinentanémcnt, celles qui n'auraient pas assez d'empire sur elles-mêmes pour dissimuler leurs craintes. A ces dernières le médecin ne devra pas faire connaître son opinion tout entière sur la gravité du mal. Beaucoup de malades cherchent, en effet, la pensée du médecin dans les yeux de leurs parents et de leurs amis, plutôt que dans ceux du médecin, qu'ils supposent avec raison plus habile à la tenir secrète. Le médecin doit donner l'exemple à tous; dans les moments critiques, il n'abordera le malade qu'avec calme, lors même qu'il concevrait les inquiétudes les plus vives et les plus prochaines. Aucun changement dans sa figure, aucun geste inconsidéré, aucune parole irréfléchie ne devTa donner au malade la confirmation des craintes que sa position lui inspire.
Toutes les fois qu'une maladie présente de la gravité, soit actuellement, soit même dans l'avenir, le médecin se doit à lui-même, comme aux Tamillcs qui ont mis en lui leur confiance, de faire connaître sa pensée tout entière à celles des personnes qui entourent le malade, auxquelles elle peut, sans inconvénient, être communiquéi3 : la vérité tout entière n'est due qu'à ceux qui peuvent l'entendre, et le nombre en est quelquefois restreint. J'ai vu un homme se brûler la cervelle, le jour même oti on lui avait impnidemment annoncé que sa femme était atteinte d'un mal incurable. Une é|M)U8e, un fils, une fille surtout, seraient rarement capables de sup|>orter convenablement et longtemps un aussi terrible secret 1 Fussent-ils en état de le garder, ils ne le seraient pas toujours de résister pondant longtemps à la cruelle pensée que leurs soins, que leurs prièn^s ne pei^vent rien contre un mal inévitablement mortel. De la, pour le /nédecin^' la double nécessité de ne poser son pronostic qu'avec ûftte grande pircons|)ection, et qu'après qu'il a pu connaître les personnes {luxquellas il le confie.
Dans le coîj^rs d'une maladie grave, surtout lorsqu'elle dépasse les limites d'une maladie aiguë, l'appel aux lumières et à l'expérience de plusieurs médecins est un moyen généralement employé pour remonter le moral des malades. Ceux-là mêmes qui s'effiraient et se croient en plus grand péril, Ion ^'iropose une con-
si:.iaii'-\ ^•.: - iîen'^ticaîiK : je«ix lâDoset? jaand elle a eu lieu, >*» ti"' ': i -esit-vi-: ^ •- iMu-iur? ••^ts «les uouveaux movev i* :î-:ii-::. -L c: .; -r • — !«?!îu -.m :arce lu'iis ont truavê. -■B& **• --'" 'Î-! t«r j:»^' • ;:,* -fïia .uon^ l'eiix, de aoavetox
*'; ;i"noL . ri^^^'J. e - . fz^jjy£uc ve .sur? :iiaux« el parsoito w* tiir-r-raiii"* l'icnuitr»*»-. îTMtfrmice- u -le •iëception. qoelei i«oii:iirr. .jL-diL* - .-r- i»ibb!e3iBK. :•«* it!!«£i.uuiir ' -eoT couTagc. Souvent, •jiiïi • - rrrL-aaKxaL*?£r - *ro><;miuuQviK ' -rius par^t^nu à le relever. -ti. -T iuu:.*.iiiL tms fer ■«» . •ir-*3ê£ixes». <ie combien de ffiû*'. '..:-. LtsvOi: '.' j ï . : isaDcvre ^ i vh^-y . .<^mll rtitou n^es la pluptlt t»r Zi"rr: \i V iL'Uuo fTiin -rr^'îf-i Jucuxe s«j1uuoii. Je ftp* tKtiik iuj dé'.' :.-... i:rjiftAi« u >Av-iui. auies» .es luîtes qn'ib ^•u'CL a bLU'. .-juie îe luauns. Hk» iti'iietrounuseiiientsdoBt *?,: ucTT:'/: «-Ml w reii»' >"TUi . .jrrtvtr a .a posiiioa qo'ea 'jàfiiii:'"^ -i -ï-i^HLi "omus?- ^ Jiui • a :'iiuaiine «jijiitixMesâod^ :rxic\^ -=1 i-iui iire-. ier .is*»*— î. . ■ eitu le inisiU\ danvant, t' -.— .5it*î.:rT'.r. fuirr -^e- r^Tiua; i e '*>uveau tnuiisphe a'eâ ^M l'.j ii^i'^-siL.': 'Jti i croxef. ^aL'tui iixe:>ie mieux uw . ."1-r.t.r.ià^ :■:«- j^jb .r- -i* vcjil."? ie si -»n*unî ^ie , eieafaK
îi' .-r? -ti Ils - ^ ,'rî» ivs aiiL-!Yr££fr -îeueriUX de DOS
tr'' jr .ir -tu ::::^ «.i-r : -.vl;-. -ut'hi. I -faii ^tLeim i'^ae miii.:- :z::i: -.- ic «j? - j^v*: oii^^urnue. jrn ouee, iccts ■PT^^-r* :- -tr'-i-ii:?:: ;. fcîur i:'.i'rT*mi>^^S' vu: iiietuiieâ lusunb r :ar- T>!i..iSi ■: :i.*-.z.:»ir4u. ■* î:.: ^'in<.>uiaiu ivcj ^e deOT île • 1 r-ncft. fc :..'^îT-j> Ev:*. Sii *.unua? *« -iau «bninie. et s» v-.f'ir> -rii; .. } :;. 1- u ,2rUi-ru. ui lisiu-^e. luus m .ie ces Tii ^.f•:u^ iirii ijLi:ir»-.=- le it-.'.;rrtt2»*nrui . a uaïudie oesiia
•ii* -ii-i uu-'iim.' un. r. is- 7^>mme^ .'^stiuifi^ jai» /eiiuemi, rcdis iif-r- wjw .'■ ons iavrae lu ^-î-rim nre lemuiu ai»us aupMi» r^pra.
'-• >'-ii^«* «i*:!!*»?!!* *>^ .u^rie. iile ;ï% "lue . uui> i- r*^ ;ue rci- j
iirf-,i;. ., v^p ».niiui» Il ■ '.i-î. :** lu :'nimi».f- mi iu .aâiin pas. .v.'.w V-,. . .n»i y» . ->,ï{,p- nuuT:* lu :aiimiJ m Jaiaiii»-/ i Ce I^jltCc *.".-./^- .. j.. . .%;; ,1- -is :ii "ei:; j^>iu:iL e siiKtrf le /■?»*>«*? rano^ sa
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TBÈRAPBUTIQUB 609
iprême oU rhomme va jeter un dernier regard sur le monde qu'il uitte et sur celui vers lequel il s'avance. II n'est pas rare alors que ) mourant lui-même fasse appel à la sincérité du médecin, et qu'il jbordonne à la réponse qu'il demande les plus graves détermina- OD8, et particulièrement l'accomplissement de ses derniers deoîrs, dans l'ordre civil et religieux. Je dois dire que beaucoup de lalades n'a[)puient sur ces derniers motifs que pour obtenir du lédecin une réponse plus explicite sur leur véritable position. Cette lanière^ en effet, n'est pas sans habileté ; elle s'adresse à la concience même du médecin, qui assumerait une grande responsabi- Ité, si, dans le 9eul but de rassurer le malade et de cacher l'abîme avert devant lui, il l'éloignait de faire ses dernières dispositions. ^oicif dans cette conjoncture délicate où le médecin est souvent »la<ïé, comment il peut satisfaire à sa mission, surtout en prt^sence l'individus pusillanimes, plus curieux de savoir la vérité que dislosés à là subir avec résignation. Sans revenir sur les espérances |u'il a données jusqu'alors, il doit parler des éventualités de la îe, de la fréquence des morts subiles et imprévues, par accilents, par maladies , plus fréquentes , peut-il ajouter , chez les ujels en apparence bien portants, plus rares, mais possibles égaement, chez les sujets valétudinaires. De là, l'impérieuse nécessité K>ur l'homme sage de ne jamais remettre au lendemain les dispolilioDs que la prudence lui commande immédiatement. Moi-même, li-je souvent dit à ces malades, si j'avais à prendre quelque déternination de ce genre, je ne sortirais pas de mon cabinet qu'elle ne Ùt accomplie, lors même que ma santé m'inspirerait toute la sécuîté que comporte la fragilité humaine. Un tel langage n'est pas fait )Oiir effrayer un malade, un moribond même ; il lui laisse néanmoins ce degré nécessaire de crainte qui devra l'éloigner d'ajourner x>ute résolution sérieuse.
Dieu a placé dans le cœur humain, l'une à côté de l'autre, l'espérance et la crainte. Ces deux sentiments qui se contre-balance nt, |ui semblent enchaînés l'un à l'autre, n'en font en quelque sorte pi'un seul r'bspérep,, en effet, c'est avoir de la crainte ; craindre, s'est conserve^ de respérance. Quelque grande que soit l'autorité l'un méflecîa sgr le ihalade, il n'est en sa puissance de détruire »n lui Tun ou l'autre de ces deux sentiments : les paroles les plus rassurantes, dans les maladies de quelque gravité, ne sauraient ôter %\x malade toute espèce de crainte; le langage le plus fait pour l'efrayer ne lui ôterait pas Iqfut espoir. Aussi le médecin qui ne peut t>as chercher l'impossible, doit-il le plus souvent, sur ces deux points, rester dans-.ceitpîii' fin de ne pas mauc\\\et V^ W^^
6 1 0 TUER APEUTIQUB.
en le dépassant. Dans toute maladie sérieuse, qa*eHe soit aiguë ■j'^ chronique, il est impossible que le malade, que ceux qui Tentourent, n'aient pas, comme le médecin lui-même, quelques crainte, sinon sur l'état actuel, du moins sur les éventualités ultérieures. L^ devoir du médecin , dans le plus grand nombre des cas, sert de chercher à modérer ces craintes enénumérant, en exagérant méoe les chances favorables de la maladie. Dans des cas plus graves, sa^ tout en présence d'hommes sérieux, il devra reconnaître que b maladie n'est pas exempte d'un certain danger, parce que j'afrmation contraire ne serait pas acceptée et ne ferait qu'inspirer des doutes sur sa sincérité ou sur son savoir. Dans quelques cas extrêmes et dans l'imminence d'une fin prochaine et inévitable, il poora eu présence de personnes dont il connaît personnellement le courage et la résignation, ne plus dissimuler sa pensée; mais, à partctf moment suprême, il aura présent à l'esprit ce que nous disions plos haut, savoir, que Dieu a mis l'espérance dans le cœur de rbomme; qu'il y aurait inhumanité, je dirais môme impiété^ de la partda médecin qui voudrait apprendre à l'homme ce que la prévoyance divine a voulu lui cacher. J'ajouterai qu'il n'y parviendrait pas: que le doute resterait encore dans l'esprit du malade, qu'un rayond'espérance lui apparaîtrait encore^ malgré ce qu'on aurait fait pour réteindre. Ce besoin d'espérer, si indispensable à l'homme malade, n'est guère moins nécessaire à ceux qui l'entourent de leurs soioseï de leur affection. J'aurai toujours présentes à l'esprit les paroles que me dit, après la mort de sa femme, un pauvre mari à qui j'avais, deux ans avant révénement, annoncé l'issue funeste de la maladie: c'était un cancer de l'utérus. Cent fois dans le cours de cette douloureuse affection, à la moindre rémission d'un des symptômes, le pauvre homme m'avait demandé si je ne reprenais pas quelque espoir d'une guérison définitive; et chaque fois je répondais avec siocérité à sa question. Après que l'événement eut justifié ce trop facik pronostic, il vint me voir, et tout en jpe remerciant avec effusiofi des soins affectueux qtie j* avais donnés à sa chère compagne, il ne i put s'empêcher de me faire quelques reprocbenur la franchise def mes réponses; il aurait voulu être trompé^^ tant jk )^ j^ihectire de son malheur lui causait d'angoisses ! Je cfrois qu'il avait raison, et depuis lors, quand il m'a fallu communiquer hmib pmnosiic aux personnes étroitement unies aux malades; j'ai, coliistâmment cherché à en adoucir l'expression, à en amoindrir t^pcirtée.
TBÉlAPEtTlQCE. 6 1 1
§ m. — 8on« généf MA dUnt les nMladies ohroaîqiMB.
Les moyens hygiéniques sonl également ici d'une ulilité incontestable. Le changement d'habitation et de climat, les voyages sur terre et sur mer, les Frictions, les bains froids et chauds, la forme et le tissu des vêtements, le nombre et les heures des repas, le choix et la quantité des aliments et des boissons, Texercicc actif et passif, la marche, la course, Téquitation, les distractions de toute espèce, tels sont les principaux moyens hygiéniques dont on recommande l'usage, avec des modifications particulières, dans le cours des maladies chroniques: ilsont^ dans beaucoup d'entre elles, une action infiniment supérieure à celle des médicaments proprement dits. Dans les affections nerveuses en particulier, et surtout dans celles qui sont dues à des causes morales, dansées troubles Taries et fréquents des organes digestifs, si longtemps et si mal à propos confondus sous la dénomination banale de gastrite, combien de ressources le médecin ne trouve-t-il pas dans l'emploi méthodique des moyens que l'hygiène met à sa disposition, et spécialement dans une meilleiurc distribution des heures de travail intellectuel et d'exercice physique, dans une répartition plus régulière des repas, dans ces changements complets de toutes les habitudes qu'entraînent les voyages ou le séjour dans un climat différent ? Car le malade qui va passer l'hiver dans un pays chaud n'y trouve pas seulement un ciel plus favorable : il y est placé, sous tous les rapports, dans des conditions hygiéniques différentes de celles oi^i il était auparavant. Si, par exemple, il quitte Paris pour se rendre a Pau, à Hyères, à Pise, il trouvera dans ces villes non-^seulemeut une température plus douce, mais un air qui différera à bien d'autres égards de celui qu'il respirait habituellement; les aliments, les boissons dont il fera usage seront d'une qualité différente. En particulier, les vios^ les fruits, les légumes, la chair des animaux domestiques v.i sauvages, le poisson lui-même, les coquillages, etc., offriront au goût des saveurs diverses et aussi des qualités diverses selon les pays. Le^sécrAions de l'homme transporté dans un pays lointain seront^odilées; ses heures de repas, de sommeil, de veille, seront changées; ses pfbtnenades, ses occupations physiques et intellectuelles, ses relations, ses pensées^ ne seront plus ce qu'elles étaient auparavant; ses vêlements eux-mêmes subiront des changements. En définitive^ mille influences nouvelles vont agir sur lui et concourir à déterminer dans l'organisme des modifications difficiles à préiriser sans doate, mais incontestables, et dont ramélioration progressive de la sanlé sera l'effc ve.
61i IfATUlB DES HALADIE8.
Le séjour dans les localités où existent des eaux minérales réunit aux avantages, qui résultent du changement de climat, l'action de modificateurs plus ou moins énergiques et qui constituent unedei ressources les plus pr^euses de la médecine dans un grand nombre de maladies chroniques.
Pour d'autres malades, au contraire , l'éloignement du sol DâUl et le regret des affections qu'ils y ont laissées sont les causes de désordres fonctionnels contre lesquels échouent les médications o^ dinaires; chez quelques autres, ces mêmes circonslances aggravent les maladies, ou deviennent des obstacles à la guérison : le retuor du malade dans la contrée qui l'a vu naître, au milieu de sa famille et des conditions habituelles de sa vie, est le meilleur et souvent le seul moyen d'assurer sa guérison.
Nous avons jeté d'abord un coup d'œil sur les bases de la thérapeutique; nous avons ensuite parlé des indications et des moyens de les remplir. Nous avons vu que les indications n'étaient pas toujours évidentes, et que dans quelques cas exceptionnels il pouvait devenir nécessaire de ne point rester inactif, lorsque, par exemple, la maladie fait de jour en jour des progros. Dans ces circonstances délicates, le médecin, après avoir recueilli et comparé toutes les circonstances propres à l'éclairer, et rapproché le fait qu'il a soos les yeux des faits semblables ou analogues qu'il trouve dans sa propres souvenirs ou dans les annales de la science, essaye avec circonspection, parmi les divers moyens de traitement que fournissent la matière médicale et l'hygiène, ceux qui semblent plus applicables au cas actuel; il les prescrit à titre de moyens explorati&, et, selon les modifications bonnes ou mauvaises qui suivent leur emploi, il y insiste ou il y renonce. Il traite ses malades comme il voudrait qu'on le traitât lui-mcme s'il était atteint de semblables affections. Sydenham aimait à se rendre ce témoignage, qui le soutenait dans l'exorcice et la responsabilité de sa profession : a jE^ « rum nemo a me alias tractatus est, guam egomet traciari cuperem,
u si mihiex iisdem morbis œgrotare contingeret (I). »