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CHAPITRE XX

DE LÀ NATURE OU DE L ESSENCE DBS IIi|.illIXS.

Après avoir examiné successivement chacun des principaux sujets j

qui sont du domaine de la pathologie générale, en nous renfermant i

(/) Stdenuah, Operttjl. \,^."l"l.

NATURE DBS HALADIE8. (5i3

autant que possible dans les limites de la partie positive de cette science, nous nous trouvons dans la nécessité, sinon de nous engager dans sa partie hypothétique, et d'en parcourir toute retendue, du moins d'y porter nos regards, pour constater Timpuissance de l'esprit humain à se conduire dans ce labyrinthe et à parvenir par cette voie à un but utile, à la connaissance de la vérité. Nous chercherons d'abord à bien établir ce qu'on entend par nature, essence ou cause prochaine des maladies; puis, nous verrons jusqu'à quel point les moyens que nous avons à notre disposition peuvent nous éclairer dans ce genre d'étude.

Ce serait avoir une idée inexacte de la maladie, que de croire qu'elle consiste essentiellement et uniquement dans les symptômes qui la signalent ou même dans la lésion anatomique que nous constatons à l'ouverture des cadavres. Dans telle névralgie où le scalpel ne montre aucune lésion appréciable, il y a eu nécessairement dans le nerf affecté une modification quelconque dont la douleur a été l'effet. Dans le développement d'une phlegmasie ou d'une dégénérescence organique, comme le tubercule et le cancer, un changement intime s'est préalablement opéré dans les parties malades, et ce changement intime a amené les altérations secondaires, qui caractérisent l'inflammation dans un cas, le cancer ou le tubercule dans l'autre. Ces dernières lésions tombent sous nos sens, et nous les distinguons à des caractères évidents ; mais le phénomène primitif qui les précède et qui les produit nous échappe, parce qu'il se passe dans les parties les plus fines de l'organisation, et que la structure, et à plus forte raison l'action intime de ces parties, nonseulement chez l'homme, mais dans tous les ôtres vivants, à quelque règne qu'ils appartiennent, est inaccessible à nos moyens d'in- Tcstigation.

Je reconnais que des anatomistes habiles, par des travaux dignes assurément de toute espèce d'éloges, parviennent chn(|iie jour k étendre sur ee point nos connaisMances; que par dim injection» phiM fines, par ]|es jÎMections plus délicati>H, ils pfMivmt suivre, dans la bw&e mtorjll^éÀoi organes, UfS vais^iifanx et Um nerfn |»Iiim loin que ne Uai^fenfiait I^ anatomistes qui le» ont prMuW^n; ils ncnlent le point ottTœil s'était jnsfpj'Miors Hrrf^lA. Mmïm, m'iIa irr/*ti*ndnlent aller ad.^^là et atteimlre, mf^jnfi flv#'i; \n uiU*rhMv*\ti'^ lu slriir;ture intime des organes, l« fhmif^ n*'.rmi tinu nnuUmêM \mrtu\n, mais commandé; car lors mf^tuft qf/Mif \U*n êUm ttttm^iluntn ni ilim d^n/'^atiens perpétoellcs lies wknfPi9i*\t^i'*n i^uifn ma , o» \mf^)mAfn\\ h no mettre d'accord et k nifruir*tt éUiféUtitui ^ (,h$ tUm )ii)M<ff/irfn non contestables, les inasMUi ''f''« Hiitihi h^m^^ i^tN^n^Wvf^

61 i Katurb des maladies.

avec les vaisseaux sécréteurs et excréteurs des reios, du pancréas et du foie, on resterait encore dans une complète ignorance sur la structure intime et sur l'action de ces subdivisions vasculaires dans le mécanisme impénétrable de la formalion de Turiae, de la bile et du suc pancréatique. Si donc il nous est impossible, même dans les conditions normales, de parvenir à distinguer la texture intime des parties, nous devons* à plus forte raison reconnaître l'impossibilité d'apprécier, cbez 1* homme malade, ces modifications qui président aux transformations morbides des organes. L'histoire de la médecine ne fournit que trop de preuves à l'appui de l'opinion que nous venons d'émettre.

Cette ignorance absolue des modifications intimes de rorganipme, dans la production de la maladie, s'étend à plus Forte raison aux modifications successives qui président à chacune de ses périodes. Nous connaissons les conditions dans lesquelles se montrent les fièvres intermittentes, mais nous ne pouvons saisir le mécanisme du développement et du retour de leiurs accès; nous constatoDS dans une maladie aiguë des périodes d'augment, d'état et de dÀdifl, nous apprécions les changements qu'offrent, dans chacune de ces périodes, les symptômes de la maladie, mais la puissance qui préside à ces changements se soustrait à tous nos efforts pour la déooavrir. Bien plus, lorsqu'à l'aide d'un moyen aussi énergique que le quinquina, nous avons le pouvoir de suspendre, au jour et à rbeure, en quelque sortc^ ott nous le jugeons convenable, le cours de la maladie, nous sommes obligés de reconnaître que nous ignorons, à la fois et complètement, le mode d'action de la cause morbifique, la lésion primitive qu'elle a produite dans l'économie, et la manière d'agir du remède qui en a triomphé. En un mot, la santé et la maladie, la vie et la mort, qui sont pour l'esprit de l'homme, dans leurs phénomènes sensibles, des sujets si féconds de méditation et d'applications utiles, sont, dans leurs causes premières ou dans leur nature même, des mystères incompréhensibles devant lesquels il doit s'arrêter.

Les médecins de tous les temps ont néaiunoins fait de grands efforts pour parvenir à connaître ees cboseé:. Qpetqiicis-v^s^ont suivi, dans ces tentatives séduisantes, une maPcdiS^a- Apparence assez méthodique, en procédant du connu à riti^DoSm^ Us pensaient que du rapprochement et de la eonsidéralioii attentive des causes qui préparent la maladie, des phénomènes qui la aignalenl. des circonstances qui modifient sa marche , de i'altërïitt^ii organiqae qui l'accompagne, ils pourraient déduire le mode d'a<Hion intermédiaire aux effets cl aux. e«v\^%^ eX%^\&ve V^ modificationintiroe qiû

IIATOIB DES MALADIES. 615

amène la modification secondaire. Ils tenlaient l'impospoiivaieat arriver qu'à l'erreur. D'autres, en se lançant recherches obscures, ont suivi une voie plus avantureuse u lieu de déduire leurs opinions des faits observés, ils craint de faire plier les faits devant leurs hypothèses, et ^rser la thérapeutique pour la soumettre à leurs théories, doublement nuisibles pour leurs prosélytes, d'une part lignant du sentier de l'observation, et de l'autre en leur t des méthodes de traitement erronées et dangereuses, il s'est trouvé en même temps des hommes doués d'un solide, d'une sagacité profende, qui, tout en laissant aller L à ces spéculations hasardées, ne se faisaient pas illusion leur de leurs conjectures : ils semblent n'avoir fait autre les proposant, que de payer au goût de leurs contemporibut nécessaire, et sans lequel peut-être leurs ouvrages point été accueillis. C'est ainsi que, par un retour luidenham reconnaît l'insuiSsance de sa propre théorie, en |u'à l'égard de la pratique il n'a rien avancé que de vrai, Dsé dont il n'ait constaté les avantages, a J'ai dirigé tous 3rts, ajoute-t-il plus loin, pour éclairer le traitement des s, bien persuadé que celui qui donnerait le moyen de a plus légère affection mériterait bien mieux de ses sem- , que celui qui se ferait remarquer par l'éclat de ses rai* ents et par ces pompeuses subtilités qui ne servent pas médecin, dans la cure des maladies, que la musique à un ;te dans la construction d'an édifice (1). » cherches dirigées vers un problème insoluble ont Cfmdmi ut conduire a des résultats biitn différents : auMi faut -il étonner de la diversité des hypothîfses profioséet mn la uh' oe des maladies ; il serait, au c >ntrairo« fort mjrpn;fi»nt ^ fussent rapprochées. La plup^irt de atu hy\HtiUi'm'n oui es. soit sur les altérations des liquUUm^ ^Ai %^îr vA'SUm ê\tm olides, en sorte qu'elles peuvent kir^t ru\ntttrU^'n k tU'êin nuisions, ihumorisme et le WfMihttii^, k i:Uui*Mm' tU*^^^ièi\\ê*n i.cnt presque autant dV>piriion» varii^« qu'il ) n m$ tVUmw^ Je^tdfsiA.

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en; nature des maladies.

lymphatique, ils disaient qu'elle avait son siège dans le sang, lalùle ou la lymphe. Les causa morbifiques agissaient toutes sur les liquides; les aliments élaboi'és par Testomac et convertis en chyle modi liaient les qualités dulâang; les poisons, les virus, agissaient de la même manière. Dans l'exposition des symptômes^ leur langage était encore tout humoral; la couleur et la consistance du sang, du mucos, des matières al vines, de l'urine, du pus, attiraient surtout leur attention : ils parlaient à peine des autres symptômes, ou les rattachaient au moyen de noms collectifs, à leur nomenclature ravorite. C'était d'apK's l'altération des humeurs qu'ils expliquaient la liaison des symptômes et leur succession. Ils désignaient sous le nom de crudité, de coction^ d'évacuation les trois principales périodes des maladies, à raison de l'état de la matière morbifique.Bans la première période, cette matière douée de toute sa puissance délétère, n'ayant pas subi d'altération de la part des organes, avait encore toute sa crudité : ! dans la seconde, où lacoction s'opérait, la nature prenait pa^d^ ! grés le dessus, et en6n, dans la troisième, le principe matériel ' rendu mobile était évacué par les urines, les sueurs, les matières j fécales ou par quelque autre voie, et l'équilibre se rétablissait. Lorsque aucune évacuation ne se manifestait, ils jugeaient que la matière morbifique, après une élaboration convenable, avait été assi- | milée aux humeurs naturelles, et que dès lors elle avait cessé d'être ; nuisible. Selon que la guérison était ou non complète, la coctioD était, dans leur langage, parfaite ou imparfaite, et la transformation d'une maladie dans une autre s'expliquait facilement au moyen du transport ou de Vémigrotian du principe humoral qui avait préside à son développement. C'était surtout d'après l'inspection des liquides évacués qu'ils portaient an jugement sur la terminaison et la durée des maladies; l'urine en particulier, comme nous l'avons vu, leur fournissait à cet égard des signes auxquels ils attachaient beaucoap d'importance. V ouverture des corps les confirmait dans leur opinion: dans la rougeur et le gonflement des parties enflammées, ils voyaient l'accumulation du sang; dans les hydropisies, la dissolution de et liquide ; la dégénérescence tuberculeuse n'était qifa^^^^tississeroent. de la lymphe, et la plupart des autres altérations bi^pk^e^y des obstructions produites par la consistance ou la coa^âiii^^cles liquides. Les indications tkérapeutiquet,é\ià\ejii en har/nomo avec les autres points de la doctrine humorale. On^Baignidt.poMT^Donveler le sang, diminuer sa viscosité ou enlever une portion de la matière morbifique qui lui était mêlée ; on purgeait, on faisait suer, on pro- , voquait le cours de l'urine dans un but analogue; tes exuioires cutanés avaient pour Wv à!«ç^V^t \i V^Y^vémur les hpmeurs altérées.

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