CHAPITRE VI
rtCKRE CUnONIQUE ROND, PERFORANT, DE l'ESTOMAC (i) (Ulciis vonlririiH rhronicuiii, rotnndum, porforans).
Ij 1«r. — Pathogénie et ctiologie.
L'ulcère chronique de l'estomac a des limites si nettement tranchées, al i symptômes de l'inflammation et de la formation du pus manquent d'une miÊà si complète dans ses environs, que sa pathogénie, encore obscure, doit dilhi en tout cas, de celle des autres ulcères. Virchow attribue à l'ulcère de Fi tomac l'origine suivante : la maladie débuterait par une oblitération de vaiflM artériels malades par suite de laquelle la paroi de l'estomac viendrait à se ■■ tifier dans l'étendue des ramifications capillaires de l'artère oblitérée; kl gastriqne finirait ensuite par ramollir et faire tomber la partie mortifiée, dtai mais incapable de résister à son action.
La prédisposUimi pour l'ulcère chronique de l'eslomac est très-répuli Jaksch et autres nous ont fourni des relevés statistiques sur la fréquence d solue de l'ulcère et sur sa fréquence relative aux âges, aux sexes, au gem' vie, etc. Jaksch a compulsé les rapports nécrocospiques de 2330 cadavres; Ji le nombre il y avait 57 ulcères, 56 cicatrices d'ulcères guéris, ce qui U I ulcère ou une cicatrice d'ulcère par 20 cadavres. Il a pu ainsi se convaincre fl la maladie se présente à tout fige, mais plus souvent chez les adultes que di les enfants, et plus souvent aussi chez les femmes et les sujets délicats que di les hommes et les sujets rohusles; de plus, il a reconnu que cet ulcère « iw
(I) La collIlai^snnco et l'histoire aujounl'hui complète de rulcère clirunîque, ou iMif lipl lie l'estomac, î*oiit des cnnqiu^tes modernes de la médecine, ('/est à M. Cniveilhier i.t/teiW^ 20*' livraisons; Hevue médicale^ 1K38) que revient l'insigne honneur d'avoir tèftriààt^ rotte affection curahie, et d'avoir recommandé le traitement qui missit !e mieux «ta* **^ la diète lactée. Presque en mémo temps, Rokitansky décrivait en Allemafnie runalnnif pi** ffijpii» de cetlo maladie. V. U
ULCÈRE CHRONIQUE ROND, PERFORANT, DE l'eSTOMAC. ^75
■Ire surtout fréquemment chez les individus atteints de tuberculose pulmoire; enfin, il lui semblait que les couches y prédisposaient les femmes jusqu'à I certain point; il n'était pas possible de constater une influence particulière ereée par la manière de vivre ou le genre des occupations. Les eaimes occasUmnelles de l'ulcère chronique de Testomac sont obscures. •nme telles, on cite les écarts de régime, les boissons trop froides prises ndaat que le corps est échauffé, Tabus des spiritueux, les troubles de la menslation; il est difficile de soumettre ces allégations à un contrôle rigoureux.
t i» — Anatomie pathologîqnê.
L'ulcère chronique ne se présente que dans Testomac et dans la partie supéfure du duodénum ; jamais il n*a été rencontré dans une autre portion du tube tesUnal. Son siège de prédilection est la moitié pylorique de Testomac, plus uvent la paroi postérieure que la paroi antérieure, et presque toujours la lîte courbure ou les parties avoisinantes; rarement on le trouve dans le grand l-de-«ac. — Généralement, il ne se rencontre qu*tm setU ulcère, quelquefois ux au plusieurs^ et assez souvent un ulcère nouveau à côté d'autres cicatrisés, ins les cas tout à fait typiques, on trouve, d'après l'exposé classique de Rokinsky, dans la séreuse de l'estomac un trou circulaire à bord tranchant, comme nne rondelle avait été enlevée de la paroi avec un emporte-pièce. Vue de Tinliear, la perte de substance de la muqueuse est plus grande que celle de la Mscolaire, et la perte de substance de celle-ci plus grande que celle de la iMue, ce qui donne lieu à une formation de terrasses et fait ressembler Ifake à un entonnoir aplati. — La grandeur varie et peut aller depuis 7 k InilUmètres de diamètre, jusqu'aux dimensions d'une pièce de 5 francs ou de I paume de la main. — La forme est presque toujours ronde au commence- IM; ce n'est qu'après une durée plus ou moins longue que l'ulcère prend Miiiairement la forme, elliptique, ou bien son envahissement inégal rend les ■ds échancrés et irréguliers. L'extension de l'ulcère se fait ordinairement dans IsBDS transversal et peut devenir telle que parfois tout l'estomac en parait enpM comme d'une zone.
H'^Êùs beaucoup de cas, Vnkère gnéf*U avant d'être parvenu à perforer toutes PBiembranes de l'estomac. Si la perte de substance s'est bornée à la mu- ■Biise et au tissu sous-muqueux, elle est remplacée par des granulations; les itargeons charnus sont transformés en tissu cicatriciel qui se rétracte et qui niroche les bords de l'ulcère; et c'est ainsi que l'on voit se former sur la face ttme de l'estomac une cicatrice rayonnante de grandeur diverse. Si l'ulcère a bétré plus loin, s'il a détruit la couche musculaire, le tissu conjonctif de noule formation, en se rétractant pendant la guérison, entraine également le ^itoine dont la face interne peut même, sous forme d'un pli, être attirée dans Ktérieur de l'estomac. Si l'ulcère a été très-grand, sa guérison peut donner t à un rétrécissement du diamètre transversal de l'estomac par l'effet de la K^ution cicatricielle, et de la sorte un obstacle incurable vient s'opposer au NMge du contenu de l'estomac dans l'intestin.
Si Tulcère a, comme d'habitude, son siège sur la petite courbure^ ni de circonstances particulières peut, dans le cas même où la destnictioi embrassé toutes les couches, empêcher iè passage des matières dans 1 péritonéale, tantôt pour un temps court, tantôt pour une durée indéte Kn effet, pendant que le travail d*ulcération avance de dedans en dehoi forme une péritonite partielle au niveau de l'endroit malade; la partie i (le la séreuse s'agglutine et se soude avec les organes voisins; si ensi vient à être détruite, ces organes, qui d'ordinaire sont le pancréas, gauche du foie, l'épiploon, adhèrent aux bords de l'ulcère et comblent U (le la paroi de l'estomac. Le travail d'ulcération envahit parfois l'organe i tége Testomac, mais il est bien plus commun que la surface de cet oi recouvre d'une couche épaisse de tissu conjonctif qui alors forme le 1 l'ulcère. Jamais l'organe protecteur ne se met de niveau avec la paroi int l'estomac, et à plus forte raison on ne le voit jamais proéminer dans sa Il arrive, au contraire, que la muqueuse, après la rétraction de la musculaire, se replie en dehors sur le bord de Tulcère et touche Torgam posé. Si dans ces cas la guérison a lieu, la couche de tissu conjonctif rec les organes qui ferment Fulcère, se rétracte; les bords de ce dernier prêchent et finissent par se toucher, et enfin il se produit une cicatrice ci adhérente.
Très-souvent, pendant que Tulcère suit sa marche envahissante, il dél vaisseaux (1) de la paroi de l'estomac ou ceux des organes protecteurs voque de grandes hénwrrhagies dans l'intérieur de l'estomac. On a obse perforations de l'artère coronaire stomachique, de Fartère pylorique, de la épiploïque gauche, de la gastro-duodénaie ou de leurs ramifications, ens Fartère spléniquc, mais surtout des ramifications de cette dernière et de pancréatico-duodénale qui se rendent au pancréas.
En outre, la muqueuse gastrique offre les modifications décrites au c précédent comme appartenant au catarrhe chronique. Mais dans bien des modifications peuvent mancpier ou n'exister qu'à un faible degré.
^ 3. — SyiuptOincs et inarcho.
Il peut arriver qu'un ulcère de l'estoniac perfore toutes les membranes termine une péritonite mortelle par le passage du contenu de Testomac i cavité péritonéale, ou bien qu'il entrauie une hémalémèse abondante i lamant quelque gros vaisseau, et que cependant rien n'ait fait reconnaitR faire reconnaître, un instant avant ces accidents, l'existence de la maladi pendant on va trop loin en prétendant que dans ces c«is les signes de la pér snraiguëoude la gastrorrhagie avaient été les premiers symptômes de l'ulr l'estomac. En prenant des informations plus précises, on apprendra pi toujours que de légers troubles de la digestion et une pression légère à
(1) J*ai rencontra plusieurs fois dans des ras d'iiirère simple une cndartérite rhni l'artère splénique, et des artères stomacales, iion-sculement dans les |N»int!i qui étaM pori avec ridr<»rc, mais jiisqirà l'ori^fiiie de res \ai«'»ean\. ^ ^
- LLCÈHE CHmtMQl'Ë KU.M», PKKFOUA.NT, DE L USTOMAC. 477
stre qui s'exaspérait |)endant le re[>as avaient précédé raccideiit, et que les ilades s'étaient surtout sentis gênés en serrant leurs vêtements autour de la Ue. Quelquefois il ne s'était passé qu'un intenalle de quelques semaines, voire )me de quelques jours, entre la manifestation de ces malaises insignifiants et citastrophe mortelle; il est donc impossible de nier que dans un temps si ni toutes les membranes ne puissent être détruites (1). Il parait même que perforation avec ses suites sc^ produit le plus particulièrement dans les cas qui ectent cette marche latente et toutefois si rapide ; qu*au contraire, dans les cas la maladie se manifeste dés le commencement avec des symptômes violents pathognomoniques, et dure des mois et des années, Testomac a le temps, en elque sorte, de former des adhérences avec les organes circonvoisins et d*opler ainsi une barrière au passage de son contenu dans la cavité péritonéale. rappelle à cette occasion que la tuberculose infiltrée, dont la marche est trèspide, entraîne bien plus flréquemnient la perforation de la plèvre et le pneuithorax que la tuberculose miliaire à marche très-lente, dans laquelle les ox feuillets de la plèvre sont presque toujours réunis, quand le travail desideur s*est avancé jusqu'à eux.
Les cas dans lesquels les souffrances sont tellement insignifiantes que le diaflsiic certain de la maladie en devient impossible, ou tourmentent si peu les ilades qu'ils ne cherchent aucun secours médical avant le moment de la perraiîon ou des hémorrhagies, ces cas, disons-nous, sont cependant rares en nparaison de ceux qui provoquent des symptômes très-pénibles et permettent ■â de reconnaître facilement la maladie. Parmi les symptômes les plus fré- KBts et les plus fatigants de Fulcère chronique de Testomac, il faut noter les Mimrs dans la région qiujastrique. Les malades se plaignent d'une sensation » douleur permanente exaspérée par la pression et dont la violence est surtout Mde dans quelque endroit parfaitement circonscrit dans la région épigastrique. Il néme temps il y a des paroxysmes très-violents dans lesquels la douleur ÉMnence à l'épigastre et s'irradie vers le dos, ce qui les a fait désigner du nom *iecès cardialgiques. Ces accès sur\'iennent presque toujours peu de temps |ris le repas, et leur violence est d'autant plus grande que les aliments étaient k irritants et plus indigestes. Les malades se lamentent et gémissent, se tor- M et généralement ne se sentent soulagés que quand les vomissements sont ks débarrasser Testomac; si les vomissements n'ont pas 'lieu, les souffrances lèvent durer pendant des heures entières. L'intervalle qui s'écoule entre le Na et les premières douleurs permet même d'indiquer, avec une certaine Ihemblance, le siège de l'ulcère : si les accès se manifestent immédiatement v^le repas, on peut supposer que l'ulcère occupe les environs du cardia; si, Qantraire, ils ne surviennent qu'au bout de quelques heures, c'est la région
13 i*û ^o la triste occasion de luc ronvaiiicre de la iiiarclie rapide d'un ulcère perforant. A Mebourg j*en ai vu mourir le docteur Bruniiemaiin, jeune médecin des plus distingués et le plus brillant avenir. Quand la ftcrforation rut lieu, il ne conserva pas le plus léger h nature de son mal et donna l'assurance la plus positive qu'il n'avait souffert iiuc une haitaine de jours de douleurs insigiiitiantes (|u*il avait considérées comme les d'an catarrhe b'ger de leslomar. {Sole de l'aufetir.)
^l78 I4ALA1»1ES UE l'ëSTOMAC.
pylorique qui parait atteinte. — Quoiqu'il soit de règle que les accès saccëdmit au repas et qu'ils ont une violence d'autant plus grande que les mets ont été plus irritants et plus indigestes, il n'existe pas moins des exceptions à cette règle, et il est essentiel de les connaître, alors même qu'il est impossible d*en fonnir l'explication. Dans ces cas exceptionnels, les accès commencent quand restome est vide, et cèdent sous l'influence du repas; il peut même arriver que des aliniMti d'une digestion difficile passent sans douleur, et que ceux qui, ordinairemeBl, se digèrent facilement fassent naître des souffrances. On a l'habitude d'attrilRMr les accès à l'irritation que les matières contenues dans l'estomac font é|mMmr à la surface ulcérée, quand elles sont poussées dans divers sens pendant l'acte è la digestion; dans un estomac vide une semblable cause d'irritation viendrai^ au contraire, à manquer. Une autre explication est la suivante : le suc gastriqn acide, versé en abondance après l'arrivée des aliments dans l'estomac, irriteni l'ulcère et provoquerait ainsi les douleurs, tandis qu'au moment de la vacoili une couche de mucosités moins irritante couvrirait la surface ulcérée. Toutrf«^ si l'on veut bien remarquer que la perforation de toutes les membranes, les après les autres, peut s'accomplir sans avoir été précédée de ces accès loureux, que, d'un autre côté, les paroxysmes les plus cruels peuvent peraskr^ même après la guérison de l'ulcère, s'il s'est formé des adhérences entrera»'; tomac et les organes voisins, il paraît hors de doute que la péritonite chroi déterminée par l'ulcère, et les tiraillements éprouvés pendant les mou de l'estomac par la paroi soudée contre les parties voisines, doivent jouer rôle essentiel dans la production de ces accès cardialgiques.
Un symptôme presque aussi commun que la sensibilité de l'épigastre et accès cardialgiques, c'est \c vmnissement périodique. Ce dernier paraît pi par les mêmes causes qui déterminent les accès douloureux, et mettre un à ces accès. Môme le vomissement survient plus ou moins longtemps après li repas, suivant (]ue le siège de l'ulcère est aux environs du pylore ou du axtÊf Plus l'ulcère est rapproché des orifices, plus le vomissement est constant. Heoedi fait remarquer que d'autres organes creux se comportent d'une manière gue, en ce sens que les mouvements réflexes y sont de même facilement voqués par les affections qui siègent près des orifices : il rappelle que de spasmes de la vessie se présentent surtout dans les cas d'irritation inflami du col, que le ténesme qui dépend d'une maladie du gros intestin estiTi plus pénible que la maladie siège plus près de l'anus. Généralement, les rejettent les aliments plus ou moins modifiés, mêlés de mucosités et d'un aigre. La nature des masses vomies, dans lesquelles on trouve souvent iaw cines, dépend principalement de l'intensité et de l'extension du catarriie (li* comitant. Dans certains cas le vomissement ne met au jour que de fftfto niasses de mucosités et d'un liquide acide, tandis que les aliments sont rel«* dans l'oslomac.
Une cardialgie violenley nccomiuujn^e de romissemeiU et snrreunHt répl^* meut (tpvh le veims^ permet toujours de présumer l'existence d'un ulrère àst nique ; le diagnostic devient certain (juand les l'omissements contiennent du 9êêI* l/héniîittMnôse, ou vomissenienl ile sang, peut avoir diverses sources : qntrkp
aile est due à des hémorrhagies capillaires occasionnées par la marche eniiftnte de Tulcère; d'autres fois, et plus fréquemment, elle provient de Tate des vaisseaux d*un plus fort calibre, et c'est précisément cette forme qui msque pathognomoni(|ue de Tulcëre de Tesloinac. Nous parlerons des hé* rbagies plus au long au chapitre VIII.
m sifmptâmes'du catarrhe chronique concomitant s'ajoutent constamment, il Tai, aux symptômes caractéristiques de l'ulcère chronique; mais suivant le è et l'extension pris par le catarrhe, ces symptômes sont tantôt très-proés, tantôt à peine accentués. Certains malades souffrent d'une distension idArable de l'épigastre, de fréquents renvois et de pyrosis très-incommode ; appétit se perd entièrement; d'autres patients jouissent d'un bien-être relans l'intervalle des accès douloureux et même l'appétit chez eux est à peine Doé.
• êffmpiôtnes du catarrhe buccal, qui vient compliquer également l'ulcère MtODiac, s'écartent un peu des symptômes ordinaires du catarrhe chronique i bouche. Les lamelles épithéliales semblent être dissoutes par les acides remontent dans la bouche, puis détachées par le vomissement; du moins I trouvons la langue presque toujours rouge et fendillée, au lieu d'être cou- B d'an enduit épais, comme cela a lieu dans le catarrhe chronique ordinaire 'estomac ; cet état particulier de la langue s'accompagne presque toujours Msoif plus vive.
afin on trouve, comme dans presque tous les catarrhes chroniques de l'estoï, une conHtipatioH habituelle.
humt à Yétat général, l'ulcère chronique peut de bonne heure altérer la nuion, en sorte que le malade perd pi^mptement ses forces, maigrit et prend Mpect pâle et cachectique; dans d'autres cas, la nutrition est moins compro- M. Ces différences tiennent encore évidemment à l'intensité et à l'extension soa moins grandes du catarrhe concomitant de l'estomac. \kWMrche de la maladie, ssnxï les cas cités en premier lieu et qui méritent plutôt la dénomination d'ulcère aigu que d'ulcère chronique de l'esto- Ç|est généralement extrêmement longue. Le mal peut durer un grand nombre Uées. Pendant ce temps les souffrances offrent bien des fluctuations : une iode, pendant laquelle les malades s'étaient trouvés assez bien, peut être Se, sans aucune cause appréciable, d'une période de souffrances cruelles. Il i pas rare qu'une convalescence apparente soit suivie subitement d'hématé- B; quelquefois même, à raison de la grande disposition de l'ulcère à récidi-
ks douleurs peuvent reparaître avec leur ancienne violence après avoir disft depuis des années.
liant aux terminaisons, h plus fréquente est la terminaison ;)(ir guérison.
à peu les souffrances du malade diminuent, la nutrition se rétablit compléent, toute douleur cesse, et ce n'est qu'après qu'un individu ainsi guéri a 'omhé à quelque autre maladie que l'on trouve la cicatrice caractéristique de c^ien ulcère.
^ n^est pas rare non plus (pie la maladie se termine par guthison incomplète. ^ les symptômes du catarrhe chronique de l'estomac peuvent bien céder.
^|80 MALADIES Dt: L^KSTOMAC.
ainsi que le vomissement périodique; le malade reprend une apparence cheur et de santé; mais chaque repas est encore suivi de cardiatgies qi quefois, sont plus vives encore qu*auparavant. Dans tous ces cas, Tu bien guéri et la perte de substance de la muqueuse se trouve réparée; i cicatrice qui arrête les mouvements de Testomac dans un endroit limité, souvent encore Tadhérence de rcstomac avec les organes voisins, adhér reflet de laquelle la paroi est tiraillée dans les mouvements de Vorgane, qui produit la persistance des accès cardialgiques.
Dans d'autres cas l'ulcère de l'estomac conduit à la mort. — a. Ce dé peut arriver par la perfœation des parois et la pénétration du roniemi tomac dans la cavité abdominale. Le malade, dans ces cas, meurt qui avant que la péritonite ait eu le temps de se développer ou d'atteindre i assez élevé pour qu'on puisse mettre sur son compte la terminaison fati à coup des douleurs atroces se déclarent dans le ventre, la peau devien le pouls petit, la face grippée; le malade tombe dans le collapsus et me cet état. Si l'action du cœur devient de plus en plus faible, si le content tères diminue de plus en plus, l'accumulation du sang dans les veii faire naître une cyanose très-prononcée et donner à l'extérieur d'un pa lade un aspect semblable à celui des cholériques dans la période asphyi perforation semble provoquer dans ces cas une asphyxie du système ner gétatif, comme elle peut aussi arriver après d'autres lésions graves. Quo cas ne soient pas rares, ceux dans lesquels la mort n'arrive pas dès le ou le second jour sont cependant les plus fréquents ; alors aux symptù crits se joignent ceux d'une péritonite à issue mortelle. — 6. Il est ran mort arrive à la suite d'une hémorrhagie de Veslomac. Même aprè^ des rhagics assez grave.s pour faire paraître le malade entièrement exsangv donner un teint de cire, quand le moindre essai de soulever la ti^te pi syncope, quand déjà l'angoisse, les battements de cœur, les vertiges, 1< donnements d'oreilles et d'autres signes d'hémorrhagie mortelle se son rés, il n'est pas rare que, contrairement à toute attente, il se fasse un i la vie. A la suite d'un envahissement des gros vaisseaux artériels par 1( d'ulcération il se peut néanmoins que la mort arrive très-rapidement : cas où le tronc de l'artère splé nique avait été perforé je vis le malade s' subitement et mourir avant d'avoir vomi du sang. — r. La mort est amei un épuisement lents et cela peut arriver dans les cas où l'ulcère guéri ae d'un rétrécissement de l'estomac par rétraction cicatricielle. Dans ce cas on voit persister non-seulement les rardialgies les plus vives, mais des vomissements qui font rejeter tous les aliments pris par les iiialai même temps les selles viennent à manquer pendant des semaines^ le tombe et s'enfonce, les malades maigrissent au point de devenir de \Tais lettes et meureiit d'inanition.
? 'i. — Diapinstir,
La distinction entre l'ulcère chronique <le Testoniac et le aitarrlif Hlr
ULCÈHi: CIIUOMUIK IlOND, PERFOBANT, DE l'ëSTOMAC. &8i
tÎMfifo est impossible dans les cas rares où Tulcère suit sa marche sans donner lîea i aucun symptôme patho^nomonique ; dans la plupart A^ cas le diagnostic différentiel n* offre aucune difficulté. Une grande sensibilité de Tépigastre à un endroit limité, des accès violents de cardialgie, des vomissements fréquents, mais principalement des vomissements de sang abondants, voilà des symptômes qui permettent sûrement d'exclure le catarrhe chronique simple de l'estomac. Un signe, d'une certitude beaucoup moins absolue il est vrai, nous est fourni par Taspect de la langue qui, le plus souvent, parait rouge et lisse dans l'ulcère rond et presque toujours couverte d'un enduit épais dans le catarrhe simple de Testomac {lingua hirsiUa). — Le diagnostic peut devenir difficile quand il s'agit de distinguer l'ulcère d'une pyloro-sténose (1) due à une hypertrophie des membranes de l'estomac. Le peu de violence des accès cardialgiques qui ne sont pas en rapport avec la fréquence des vomissements, le retour régulier de ces derniers, les signes sensibles d'une dilatation consécutive de Testomac, fournissent quelques points d'appui au diagnostic et militent en faveur du rétrécissement de préférence à l'ulcère.
Une cicatrice qui gênerait la paroi de l'estomac dans ses mouvements en exerçant des tiraillements sur elle pourrait être au moins fortement soupçonnée, dans les cas où, malgré la grande violence des accès cardialgiques, tous les phénomènes de dyspepsie viendraient à manquer, et si le malade, malgré la longue durée de son affection, conservait un aspect florissant. Le diagnostic acquiert un degré encore bien plus haut de probabilité, si pendant longtemps las signes certains de l'ulcère avaient existé pour disparaître tous plus tard à Feiception des cardialgies. — Le rélrécisseniefit cicatriciel doit être soupçonné
ims les cas où, les signes de l'ulcère chronique ayant précédé, les symptômes
éa rétrécissement se sont développés lentement mais en augmentant con-
tianellement.
Pour le diagnostic différentiel entre l'ulcère chronique et le cancer de l'estomac
•a la cardialgie net^veuse nous renvoyons aux chapitres suivants.
J 5. — Pronostic.
Le pronostic de l'ulcère chronique, d'après ce qui a été dit de sa marche et de ses terminaisons, doit être considéré comme généralement favorable; toute- Ibis il ne faut pas perdre de vue que souvent la maladie donne lieu à des réttliisions et qu'ensuite elle s'exaspère de nouveau, qu'au milieu d'une convakneence apparente les hémorrhagies peuvent survenir, que même après la guévûon on est toujours menacé de récidive.
J ti. — Traitement.
Quelle que soit l'obscurité de la pathogénie et de l'étiologie de l'ulcère de
(1) L'hypertrophie de la tunique nnisculeusc de l'cstoinac et le rétrécissement du pylore peuiiiiBi compliquer l'ulcère simple, ainsi que je l'ai obsené récenunent dans un cas d'ulcère de la région pylorique de Testomac. V. G.
mEVETER. — 3« ÉDIT. l* — ^^^
re«toiii:u-. il ^emblt' cependant positif que cette affection n'est qu'une termiiiai«on particulière, due â des causes spéciales (probablement A quelque atteinte ruii^écutive des vaisseaux artérielsK du catarrhe chronique de Testomac. L'mtiiratitm rnn$n\e doit donc avant tout s'imposer la tâche de combattre le catarrhe chronique de Testomac, et, en effet, un traitement dirigé dans ce sens est ordinairement couronné ties meilleurs résultats. Les prescriptions diététiques et médicamenteuses que nous avons mentionnées au deuxième chapitre ronsenent donc toute leur valeur, lorsqu il s'agit de combattre Tulcëre chronique de l'estomac. Précieuses avant tout sont les cures de lait et de babemm. Budd recommande de faire prendre toujours le lait frais mêlé à des substances féculentes pour Tempécher de se réduire dans Testomac en caillots solides, et ce conseil mérite d'être pris en sérieuse considération. Uniquement dans lei cas« souvent impussibles à déterminer d'avance, dans lesquels le lait ne peut être supporté, il convient de donner une autre nourriture, mais en ayant soin de choisir non-seulement la plus facile à digérer, mais encore la moins compacte, atin d'irriter mécaniquement le moins possible la surface de l'ulcère. — L'usage régulier des nv'btmale.< alcnlin.^, surtout les cures de Maricnbad et de Karisbad (1) produisent encore ici des effets surprenants. Ordonner l'usage de ces eaux et imposer au malade le régime lacté exclusif, c'est la manière d'agir qui mérite le plus de confiance dans le traitement de l'ulcère chronique de Testoniac.
Si, contrairement à toute attente, ce traitement n'est pas suivi du succès espéré, un devra passer à l'emploi du nitrate d'argent ou du sous-nitrate de JMsnmlh. Ces médicaments, surtout le premier, peuvent, d'une manière en toni pareille à celle dont nous les voyons modifier les ulcères de la peau ou Uei «eux des autres muqueuses, répondre à Vimlinithn morbMe en hâtant la riratrisation des ulcères de restoniac. Même â haute dose ils sont généralemeii i)ien supportés dans la maladie ({ui nous occupe; mais leur succès est aussi iiK certain dans le traitement de Tulcère chronique que dans celui du catarrhe : si dans (|uelques cas ils réussissent à menreille, dans d'antres leur influence 651 nulle.
Viiifl irai ion aiimptmnntique réclame un prompt remède contre les accès cardialgiqnes, et il if existe que peu de cas d'ulcère chronique où il soit permis de ^« passer de Femploi des narrotiqtinx. L'effet que ces médicaments produisent sur les accès est généralement instantané et Irès-éclatanl. Peu de minutes après Farrivée dans l'estomac d'une faible dose de morphine, le soulagement et mémr le bien-être absolu se font sentir. Cette expérience semble bien venir à Tapimi de l'opinion d'après laquelle les douleurs seraient dues principalement â des tiraillements exerces sur la paioi de l'estomac. Si elles dépendaient de rifrihlion produite sur la surface ulcérée soit par les ingesta, soit par l'acidité du sac gîistrique, l'elfet des narcotiques qui, selon l'expression de .Iaksch, est
prompt ciue celui d'une baguette de magicien, lie pourrait en réalité pas ètiv compris; si, au contraire, ces douleurs dépendent des tiraillements de h paroi
•h >«»u» wHiiiiic* lioi» bon patriote pour ne pan pliiot-r les oaiix alcalines do Vichy sur U irf* hi^nic «pio leurs rivales alleniandeii liaiis le traileiueiil «le l'nlew simple. V f
CANCER DE L*£STOMAC. 485
iloinocale, on comprend facilement que les narcotiques qui, indépendamment de leur action anesthésique, tendent encore à ralentir les mouvements de l'esbomac, exercent une influence si prompte^ Stokes considère la morphine comme le seul médicament qui mérite confiance dans le traitement de Tulcère, et prétend que tous les autres médicaments dont on vante les succès n'agissent qu'autant qu'ils sont associés aux narcotiques, comme cela arrive ordinairement, par Bxemple pour le sous-nitrate de bismuth. Dans la plupart des cas, de petites loses de morphine suffisent {U milligr. à 6 milligr.), sans qu'on soit forcé d'augmenter par la suite, iaksch a vu une femme prendre plus de cent fois la même lose sans jamais manquer d'en ressentir TefTet calmant. La morphine mérite la préférence sur l'extrait de jusquiame ou de belladone dont on a également recommandé l'usage. — Dans les cas de sensibilité exagérée de l'épigastre à la pression, l'indication symptomatique demande l'application de quelques sang9Uê$ DU de ventouses scarifiées loco doîenli. En cas d'insuccès on réussit parfois avec les vésicaioires ou autres emplâtres irritants que l'on aura soin de faire porter povr un temps' plus ou moins long à Tépigastre. — Un symptôme qui mérite encore une considération toute spéciale, c'est le vomissement plus ou moins opiniâtre. Les narcotiques, surtout la morphine, viennent également en aide contre ce phénomène. S'ils restent en défaut, de petites portions d'eau glacée on de petits morceaux de glace peuvent être utiles, et dans certains cas où rien ne réussit on peut se trouver bien de l'administration de la créosote {h gouttes nr 200 grammes d'eau, par cuillerée à bouche) ou de la teinture d'iode (I A 3 gouttes dans de l'eau sucrée). — Enfin les hémorrhagies de l'estomac ou hs péritonites survenant dans le cours de la maladie peuvent réclamer des Mesures particulières; nous en parlerons dans les chapitres consacrés i ces leeidents.