‹ Eléments de pathologie interne et de thérapeutiqueChapitre 106 sur 174 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

CANCER DE l'ESTOMAC.

J l«r. — Pathogénie et étiologie.

Parmi les organes internes c'est l'estomac qui, le plus fréquemment, se ^Vtave atteint de cancer; ordinairement il est le siège primitif de la maladie, 9 arrive plus rarement qu'une dégénérescence cancéreuse d'autres organes i*aoc6mpagne secondairement d'un carcinome de l'estomac ou que cette affec- ^on ne soit qu'une conséquence de la propagation à l'estomac d'un cancer de lUelqoe organe voisin.

Les causes du cancer de l'estomac sont aussi obscures que celles du cancer >li général. Dans quelques familles la maladie paraît héréditaire : Napoléon l" W mort d'un cancer de l'estomac, ainsi que son père et sa sœur. Quant à ^inlliience exercée par le sexe, l'Age et le genre de vie, il est à remarquer que

kSU MALADlICi» DE l'USTOMAC.

les hommes sont plus sujets au caucer de Testomac que les femmes, que k plus grand nombre des cas tombe entre quarante et soiiaute ans, qu'aviat i*àge de quarante ans la maladie est rare, qu*elle est tout à fait exceptionnelle avant trente ans, qu^enfin aucune classe de la société n'en est exempte; si k cancer de Testomac s'observe plus communément sur les personnes de bane condition, cela tient uniquement à cette circonstance que ces personnes sont en général en majorité. Tout ce qui a été dit des excès alcooliques, des souffrances morales, de la suppression des exanthèmes, et de la guérisou brusque des ulcères (J. Frank) est dépourvu de preuves.

g s. — Âiiatomie fmlhologique.

Le cancer se développe le plus fréquemment dans la région pylorique de Testomac, plus rarement dans la région cardiaque ou à la petite courbore, et surtout rarement dans le grand cul-de-sac et à la grande courbure. Il montra presque dans tous les cas une tendance à s'étendre en travers, ce qui fait que les cancers de la petite courbure avancent vers la grande et que les cancen du pylore ou du cardia produisent facilement des rétrécissements circulaires. Le rétrécissement cancéreux du pylore s'arrête exactement à la valvule, tandis que presque toujours le cancer du cardia envahit plus ou moins Toesophage.

Des diverses formes du cancer de l'estomac, celle qu'on observe le plus fréquemment est le squirrhe, une forme moins fréquente c'est FencéphaUUt, la moins fréquente de toutes est le cancer alvéolaire ou œlloide. Souvent les diverses formes de caucer se combinent entre elles, surtout le squirrfae et l'encéphaloîde.

Le sqtiirrhe presque toujours débute dans le tissu sous-muqueux; il y détermine tantôt des nodosités isolées, tantôt un épiiississement diiïus qui prend m aspect bosselé par Finégalité de son accroissement. Le produit hétéroplastiqv montre les propriétés caractéristiques du cancer dur et se trouve foruié pr une masse d'un blanc mat, dense, et d'une dureté souvent cartilagineuse.-' De bonne heure la muqueuse se confond avec le produit sous-jacent de nosvelle formation; plus tard, en se ramollissant, elle se réduit en une bouillie mî* ràtrc qui s'élimine et laisse à nu la surface cancéreuse. — La musculetf s'hypertrophie ordinairement sur une grande étendue et prend alors YiSftA cloisonné que nous avons décrit ailleurs; plus tard elle peut s'atrophier sutf la pression du néoplasme on disparaître entièrement en s'identifiant avec lDi< — La séreuse augmente d'épaisseur et prend un aspect trouble dû à uue péfr tonite partielle; elle contracte des adhérences avec les parties voisines et > recouvre fréquemment de dépôts qui forment des plaques dures et laiteuses. -^ Après la destruction de la muqueuse le cancer mis à nu commence à s*nlcèff en donnant lieu d'abord à des érosions superficielles et plus tard à des fofiMdtf plus profondes. Ainsi prend naissance Tiilcère cancéreux de forme irrégulièft» à bords durs et calleux, et semblable aux ulcères cancéreux des tégumeik externes. Quelquefois aussi on aperçoit sur le fond et les bords de rulcèt : " squirrheux une végétation de masse encéplialoïde.

Page 1