INFLAMMATION GATUARRALE DE LA MUQUEUSE INTESTINALE
jMS au milieu des matières liquides. Cette règle de commencer le traitement du ntirrhe intestinal par Tadministration d'un laxatif s*applique surtout à rinflamnation catarrhale du côlon que nous avons décrite sous le nom de dysenterie xiiarrhale. Dans ces cas, une seule dose un peu forte d*huile de ricin suffit souvent pour Taire disparaître après peu d'heures les coliques, le ténesme et môme 'aspect muco-sanguinolent des déjections. Ce résultat devient surtout frap- |Nuit,8i les malades ont pris pendant plusieurs jours auparavant des potages muâlagineux et des opiacés, et si sous Tinfluence de ce traitement leurs souffrances le faisaient que s'accroître. — Dans les cas où les flexions et les tiraillements des oteatiiis, ou bien les rétrécissements, qui feront l'objet du chapitre suivant, ont iccasîonné une constipation habituelle, et à la suite de celle-ci un catarrhe intesinal, on ne peut encore remplir l'indication causale que d'une manière imparlite, parce que nous pouvons bien faire disparaître la constipation, mais non la d'où elle procède. Les malades ne se sentent à l'aise et ne peuvent ôlre à qu'autant qu'ils font un usage continuel de purgatifs : aussi faut-il mettre le lus grand soin au choix et à la composition des purgatifs à leur donner. Le rincipe de mettre le plus de simplicité possible dans les ordonnances n'est pas pplîcable aux cas dans lesquels il s*agit de prescrire des purgatifs dont l'action tni rester la môme pendant des mois entiers. Les composés de rhubarbe, de Kvon, de jalap, d'aloès, de coloquinte, rendent de meilleurs services que chamie de ces substances à part; et comme il importe essentiellement que les lalades aient des évacuations abondantes, mais tout au plus molles et non linides, il faut souvent se livrer à de longs tâtonnements avant d'avoir trouvé la [imposition et la dose nécessaire; on peut se rendre cette tâche plus commode n faisant venir de Berlin quelques boites de pilules de Strahl Nro II et III ; 'est alors au malade à essayer par lui-même combien il lui en faut de chaque ipèce pour obtenir l'effet désiré. Le succès que l'on obtient en mettant un soin linutieux à procurer au malade des évacuations régulières est éclatant dans état morbide dont il est ici question. Les lavements seuls, surtout les lavements
Feau froide, ne suffisent presque jamais, surtout à la longue; cependant ils ont à conseiller comme adjuvants. L'effet des laxatifs est encore beaucoup seondé par certaines prescriptions diététiques dont l'influence ne peut pas touinn s'expliquer. Ainsi quelques malades se trouvent bien en buvant tous les latins quelques verres d'eau, d'autres en fumant leur pipe le matin, d'autres MJbre en prenant des palus au beurre avec leur café au lait, enfin le plus grand ombre, en prenant des fruits cuits, surtout des pruneaux au diner. Les proine- ■des régulières, l'équilation et d'autres exercices aident également le traitelent, cependant il ne faut pas eu surfaire les résultats. Enfin il est bon d'insis- MT près des malades pour qu'ils fassent au moins un essai d'aller tous les jours
la môme heure à la garde-robe. — Dans latyphlitestercorale il convient égalelenl, pour répondre à l'indication causale, d'éloigner les masses fécales accuinlées dans la,cœcum et dans le côlon ascendant, mais il faut employer des fécautions toutes particulières. Si le cas est récent et non accompagné de voiiisMment on peut donner de 15 à 30 grammes d'huile de ricin; si au contraire e malade a déjà vomi et s'il rejette môme Thuile de ricin, il faut renoncer entiè-
rement à Tessai d'obtenir des selles par des moyens internes el surtout on se gardera d'ordonner des drastiques. Aussi longtemps que les matières contenues dans l'intestin rencontrent sur leur chemin un obstacle insurmontable, tous lei médicaments qui activent les mouvements de l'intestin tendent à faire remonter ces matières, et le vomissement devient plus fréquent. Au contraire Femploi éa clysopompe constitue dans ces derniers cas une ressource extrèaiement pn> cieuse, et cet instrument ne saurait être remplacé par une seringue ordinaire, même si l'on voulait s'en servir pour administrer plusieurs lavements les uns après les autres. On peut, comme je m'en suis convaincu, injecter jusqu'à denx litres de liquide; mais l'eau pure étant facilement résorbée dans le gros intestin, on fera bien d'y ajouter du sel, de l'huile, du lait, ou du miel. Ordinairement le vomissement cesse avant même que d'abondantes évacuations aient eu lieu, et dès que le départ de quelques fragments grumeleux, très-fétides, vient prouver que les matières accumulées dans une portion de l'intestin ont été atteintes, ramollies et mises en mouvement par le liquide. Une fois que des selles copieuses ont eu lieu, on ne doit pas se laisser tenter, par la présence de la tumeur qui n'a pas encore disparu, à persister dans la méthode évacuante. Si la paroi intestinale ou le péritoine sont enflammés dans une certaine étendue, on augmente lei douleurs et l'inflammation en continuant d'exciter énergiquement les mouvements de l'intestin.
Vindication morbide ne réclame jamais dans le catarrhe aigu de Tintestin l'emploi des saignées générales, et même l'application des sangsues est superflue, à moins d'avoir à combattre une typhlite. Dans cette forme de rentérite catarrhale, une douzaine ou une vin[;1aine de sangsues appliquées dans la régioi iliaque droite, el que l'on aura soin de faire saigner longtemps en rccouvrao! les plaies de cataplasmes, rendent ordinairement d'excellents services, et il est bon d'y revenir, si les douleurs prennent un nouvel accroissement. — Le fnwL comme nous l'avons dit plus haut, en parlant du choiera nostras^ convient dut les cas où l'hypérémie de l'intestin est très-forte et accompagnée d'une transsudntion surabondante, comme aussi dans ces formes très-intenses et très-douloireuses d'entérite catarrhale qui se développent à la suite des vastes brûlures. Li meilleure manière d'employer le froid consiste à appliquer sur le ventre, à df courts intervalles, des linges que l'on aura plongés dans l'eau froide et biei tordus. Dans les formes chroniques du catarrhe, surtout quand elles sont accoapagnces de constipation, il convient de faire des applications stimulantes d réchauflantes; dans ces formes aussi, on recourt très-souvent et avec raison an compresses appliquées d'après la méthode de Priessnitz. On fera porter la ceiiture mouillée couverte d'un drap sec, seulement pendant la nuit, ou bien on b renouvellera encore deux ou trois fois pendant le jour. — L'indication moiiwk réclame en outre, dans les catarrhes intestinaux chroniques accompagnés d*uie continuelle production d'un mucus visqueux, des cures d'eaux minérales ideitiques avec celles que nous avons préconisées pour la forme analogue du es* tarrhe chronique de l'estomac. — Les astringents, surtout le nitrate d'argent el le tannin, peuvent modérer le relâchement de la muqueuse par leur effet st}ptique, et diminuer ainsi l'hypérémie, ce qui leur permet de répondre i TimBo-
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tion morbide. A ces médicaments, parmi lesquels se recommande surtout le nitrate d'argent à petites doses dans le catarrhe intestinal chronique des enfants, se rattachent le cachou, le kino, la racine de columbo, la racine de cascarille, etc. ; toutefois les conditions particulières dans lesquelles ces dernières substances conviennent, et surtout celles dans lesquelles les unes méritent la préférence sur les autres, sont encore assez obscures, et l'on fera bien de n'employer ces moyens que lorsque les premiers n'auront produit aucun effet. — L^tisage des astringents en lavements n'est à conseiller que dans les cas où le catarrhe a son siège dans le gros intestin, attendu que les lavements même les plus forts ne dépassent pas la valvule iléo-cœcale pour arriver jusque dans Tinlestin grêle. Dans le traitement des ulcères folliculaires qui se présentent surtout dans la partie inférieure du gros intestin, les lavements de nitrate d'argent (10 à 30 centigr. sur 200 grammes de liquide), de sulfate de zinc ou de tannin (de ce dernier 2 grammes sur 200), rendent de très-bons services et doivent être pré- ISrés à tout autre remède.
l/indicatii/n symptomatique exige, dans tous les cas où la diarrhée doit être considérée comme un phénomène dangereux plutôt que favorable, que l'on cherche à combattre ce symptôme. Dans un cas donné, on reconnaîtra facilement e moment où il faudra arrêter la diarrhée; il est impossible de tracer à cet ^rd des règles générales. Ordinairement on cherche d'abord à atteindre le but lar des mesures hygiéniques : on ordonne des boissons mucilagineuses, telles fu^une décoction de gruau, d*avoine, de riz ou d'orge, on fait manger des soupes i la farine grillée, et ces prescriptions méritent d'être suivies. Je ne veux pas liscuter la question de savoir si la diarrhée peut être également arrêtée par un Muîllon de viande de mouton, surtout un bouillon chargé de graisse, comme le reut une croyance populaire assez généralisée. Indépendamment des boissons Docilagineuscs, on se plait à prescrire des liquides légèrement astringents sans Hre précisément des substances médicamenteuses : tels sont le vin rouge, la décoction de myrtilles sèches, la décoction de glands torréfiés (café de glands), etc. Ces remèdes peuvent encore être utiles et méritent d'être employés dans des cas l^ers. Comme antidiarrhéiques, nous devons encore citer les astringents dont n a été question à propos de l'indication morbide, et parmi lesquels, comme nous l'avons déjà fait remarquer, le nitrate d'argent convient surtout contre les diarrhées chroniques des enfants, tandis que le cachou à haute dose (8 grammes mt 200 grammes d'un véhicule mucilagineux, une cuillerée par heure ou toutes les deux heures) produit souvent un eiïet surprenant dans la diarrhée chronique des adultes. L'acétate de plomb ne compense pas les dangers que présente son Binploi, par une efficacité assez grande, pour mériter un usage fréquent. L'antidiarrfaéique de be<iucoup le plus sûr et le plus usité est Topium, dont nous con- Haussons cependant si iniparrailement la manière d'agir. Si le danger que peut offrir une diarrhée nous fait désirer qu'elle soit promptement et sûrement éloignée, nous aimons à prescrire le laudanum liquide de Sydenham (1 à 2 grammes tar 200 grammes de mucilage un d'infusion faible d'ipécacuanha, une cuillerée par heure). L'emploi de l'opium sous forme de lavement est pour le moins aussi efficace.
52/i MALADIES DU TUBE INTESTINAL.
L'affection typhique de l'intestin ne constitue qu'un élément et pas mèoie m élément constant dans la série des modifications que le typhus fait éprouver à l'oi^anisme, et il n'est pas possible de tracer le tableau fidèle de raléetioM typhique intestinale sans y englober à la fois le typhus entier. Ajoutez à celaqie la lésion intestinale n'est qu'une conséquence de l'infection spécifique qoe mm sommes forcé d'admettre dans le typhus. C'est à raison de ce double motif que, dans le second volume, en traitant des maladies d'infection, nous parlerons à la fois du typhus et de l'affection intestinale qui l'accompagne.
Il n'en est pas entièrement de môme pour l'affection intestinale qui acoom* pagne le choléra asiatique, et pour la dysenterie due à des influences miasmatiques. Dans ces affections l'intestin est toujours malade, et tous les symptAmei du choléra et de la dysenterie trouvent leur explication dans le mal inlestinaL Si par conséquent il n'est question dans cette section que du choiera nostroi d de la dysenterie catarrhale, tandis que le choléra asiatique et la dysenterie épidémique seront exposés dans le deuxième volume, le seul motif qui nous A décidé à renvoyer si loin ces deux maladies, c'est qu'en prenant en considératioi les circonstances étiologiques connues jusqu'à ce jour, nous sommes intîiiiement convaincu que ces états pathologiques appartiennent l'un et l'autre i h classe des maladies d'infection.