CHAPITRE MI
VEB5 CrrESTlNArX. HELMINTUIASE.
Les vers qui se rencontrent le plus communément dans le canal intestinal de rhomme sont le Utain .PÀinm. le b*Hhrit)cepkalus lalus^ Yascaris Inmbhcolittj Vorifurii r<fiiMk^/«<m et le trkhoi'epfktlus dispar.
Le ttjmia .PÀinm (ver solitaire à articles longs) est un ver long de ^ à 7 mètres, ffiin blanc jaunâtre, mince et arrondi vers sou extrémité antérieure^ plus Uiff ei plus aplati vers son extrémité p«)stérieure. On distingue en lui la tête, le coi, H le corps composé de plusieurs centaines d'anneaux ou proglottides. La télé foiisisle en un renflement en massue, de forme carrée, à angles mousses; eUe supporte une trompe conique, peu proéminente, enfermée dans une double coiriinrie de crochets et entourée un peu plus en dehors de quatre TentuttS rondes, placées symétriquement. Le cou faisant suite au corps est trés-teDi cl rriine longueur d'environ un demi-centimètre. Viennent ensuite les anneaux b )>luH jeunes, à peine larges d'un demi-millimètre, tandis que les derniers anoeaai. qui Hont en même temps les plus âgés, atteignent une largeur d'un demi-ceiliinètre et plus. Les diiïérenls anneaux dont la forme rappelle le pépin de citnNDk â extrémités tronquées se distinguent par une stucture particulière suinatktf âge. L(ïH plus jeunes sont parcourus par un canal médian simple, offruit m légère teinte d'un jaune hrun, â diverticulums latéraux courts, premiers indices
VERS LNTESTiiNAUX. HELMi^TUlASE. 557
les organes génitaux. Les articles plus âgés ont sur le bord, tantôt d'un côté, intôt de l'autre, mais sans alterner d'une manière régulière, une petite papille l'où proémine le pénis falciforme et dans laquelle se rendent le conduit sémilifère sinueux et Toviducte. L'intérieur des anneaux plus âgés est occupé prèsne en entier par un utérus ou ovaire à ramifications arborescentes, se dirigeant loB deux côtés. Dans les anneaux les plus âgés, arrivés à maturité, l'organe que mis venons de citer est tout rempli d'œufs dans lesquels on reconnaît souvent ré»-manifestement le petit embryon avec ses six crochets. D'un anneau vas- ■laîre situé dans l'intérieur de la tête, naissent des vaisseaux qui descendent • chaque côté le long des articles et qui, d'après quelques observations, cominniquent entre eux par des rameaux transversaux. On n'a pas jusqu'à présent léeouvert d'autres organes dans le tœnia solium.
Le tœnia solium habite Tintestiii grêle. Cependant il peut arriver jusque dans I gros intestin. Ordinairement on ne trouve qu'un seul tsenia, rarement deux ou lème plusieurs sur le même individu. Ce ver se rencontre en Europe, en Amé* îque, en Asie et en Afrique, et l'on est étonné de le voir manquer dans toutes B8 contrées où se rencontre le bothriocephalus laluSj à l'exception de la Suisse.
Le bothriocephalus iatus {tœnia lataj ver solitaire à articles larges) a une cerûne ressemblance avec le tœnia solium, mais il s'en distingue pourtant facileoent. Au lieu de la trompe, îles crochets et des ventouses, on ne remarque à la hie que deux fossettes latérales en fente. Le cou est à peine marqué. La largeur les articles l'emporte sur la longueur, le rapport de ces deux dimensions est de » : 1. Le signe le plus essentiel qui permet de distinguer chaque anneau isole l'une espèce d'un anneau d'une autre, consiste dans le siège des orifices géniinx. Dans le bothriocéphale ces orifices ne sont pas sur les côtés, mais dans le entre des articles, ce qui permet de considérer ce ver comme offrant une sur- •ce abdominale et une surface dorsale. Le bothriocéphale habite également Fineslin grêle. Il se montre dans Test de l'Europe, jusque sur les bords de la Vis- Ble, et en outre à côté du tœuia solium dans la Suisse.
Vascarû hunhricouies, ou ascaride, est un ver cylindrique se terminant en irinte vers les deux extrémités, ayant une longueur de 15 à 30 centimètres, et ne épaisseur de 6 à 7 millimètres. Le corps est tellement transparent, que l'on ril à travers les téguments les organes génitaux et le canal intestinal qui va d'un Mil à l'autre. La tête est distincte du corps par un étranglement ou une rainure reulaire; elle offre trois papilles charnues au milieu desquelles se trouve la mche. L'ascaride n'est pas hermaphrodite. Dans le corps des femelles on mive des ovaires et des oviductes excessivement développés; dans celui des aies, un peu plus petit et un peu recourbé vers l'extrémité caudale, les conlifB séminifères à grandes sinuosités et les testicules. A l'extrémité caudale des iles on voit le pénis d'apparence capillaire, quelquefois double. Les femelles ^éieatent au tiers supérieur une fente longue d'environ un centimètre et demi, li est l'ouverture des organes génitaux. Le lombric habite l'intestin grêle et le ■os intestin; quelquefois il s'éloigne de ces organes et arrive dans l'estomac, ins Tœsophage et même dans le larynx. Du duodénum il peut s'insinuer dans I canal cholédoque; il ne parait pas probable qu'il parvienne à perforer l'in-
testin; mais si la perforation a été produite par une maladie, on peut très-bie trouver des ascarides dans la cavité abdominale. Ces vers existent souvent et ■ nombrable quantité.
Voxytms vermicularis (oxyure vermiculaire) est un petit ver de la ^roM d'un fil. Les mâles sont très-rares, de la longueur de deux millimètres 1/3 il millimètres et contournés sur eux-mêmes en spirale à leur extrémité caodi Les femelles, plus grandes, ont le corps droit on légèrement courbé. La Itel ces vers présente des appendices ailés qui lui donnent Tapparence d'un rail ment obtus. Le pénis sort de l'extrémité du mâle. L'orifice génital de b fead est assez rapproché de la tèlc. Le siège de prédilection de ces vers est b|ifli inférieure de l'intestin, surtout le rectum; cependant ils vont aussi plushil jusque dans la partie inférieure de l'intestin grêle. Souvent ils chemioeil l'anus au vagin, etc.
Le trichorephaliis dispar (trichocépbale) est long de & à 6 centimètrei partie postérieure de son corps est beaucoup plus épaisse que la partie rieure qui est filiforme. La partie postérieure des mâles, qui sont plus petili, roulée en spirale et laisse apercevoir à son extrémité le pénis recourbé en chet et entouré d'une gaine tubuleuse. La femelle, qui est plus grosse, aie droit et rempli d'œufs dans sa partie postérieure. Le trichocéphale habite k intestin, surtout le csecum.
§ lor. — Développement des vers intestinaux et éUologie de rhelminthiiie.
La théorie qui admettait une génération spontanée ou équivoque et qui huait la formation des entozoaires aune accumulation et à une modificatioB|# ticulière du mucus intestinal n'est plus admise aujourd'hui. Les parasites fi vivent dans le canal intestinal tirent leur origine d'œufs, et c'est comme œufi dans un état qui correspond à une période ultérieure de leur dévelpppe»^ qu'ils sont arrivés dans le canal intestinal. Nous ne possédons quelques noS* exactes que sur le mode de développement du tœnia solium. Les derniers» tides de ce ver, ceux qui sont remplis d'œufs fécondés, se détachent de lenp' autre et sont évacués. Les embryons éclos de ces œufs doivent, afin de [KWii poursuivre leur développement, arriver dans le corps d'un autre animal. S'ils i^ été introduits dans le corps d'un animal qui est favorable à leur développe»^ ils traversent les parois du canal intestinal et s'implantent dans un point dupi* renchyme qui leur convient. Là ils se dépouillent des petits crochets eldefc* paroi sortent un cou et une tète (scolex) qui est identique avec celle dutf* Au commencement le scolex est enfermé dans la cavité de Tenibncn, plasl* il en sort Ubrement, et le corps gonflé de l'embryon lui adhère sous forme (f* vésicule caudale. Les scolex arrivés à cette période de leur développement rtr| sentent les parasites coimus sous le nom de vers vésiculaires ou cystiques. Ai* le cysticerque ordinaire {custicercus ceUulosœ), que l'on rencontre lepte"*' quemmenl dans le porc, n'est qu'un scolex du tœnia solium. Que ce çp6f^ arrive dans l'intestin de l'homme, alors le scolex se fixera à la paroi de rinttst*»' dépouillera de sa vésicule terminale, prendra des anneaux et deviendra un l«<*
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Les scolex du bothriocephalus IcUm ne sont pas connus. On ignore de môme les phases antérieures de révolution de Yascaris lumbricoïdes (1), de Voxyuris vermicularis et du trichoœphalus dispar. Mais pour ces entozoaires il est également prouvé qu'il ne se développe pas sur place de jeunes vers sortant des œufs d'individus qui séjournent actuellement dans le canal intestinal. Il faut donc admettre que dans ces cas encore les jeunes parasites viennent du dehors et sont iotroduits dans le corps avec les aliments.
L*étiologie de Thelminthiase est entrée dans une ère nouvelle avec les décoavertes des temps modernes; la plupart des conditions étiologiques admises autrefins sont à considérer aujourd'hui comme dénuées de fondement. Il semble même peu probable maintenant qu'il faille des modifications déterminées de la muqueuse de Tintestin ou une composition particulière de son contenu pour rendre possible le développement et le séjour des vers dans Tintestin. Dans bien des cas il est possible de découvrir les conditions qui ont favorisé le développement du tœtiia. Kùchenmeister a trouvé de jeunes tœnias dans Fintestin d'un supplicié à qui il avait fait avaler des cysticerques peu de jours avant sa mort. Paimi les animaux dont nous consommons la chair, c'est avant tout le porc qui kge le scolex du taenia. De plus on le trouve dans la chair musculaire du chefreuil et, plus rarement il est vrai, dans celle du bœuf. Chez les juifs et les mahométans, qui ne mangent pas de viande de porc, le taenia est très-rare; et tandis qu'en Abyssinic presque tout le monde est atteint du tscnia, les pères Chartreux qui ne vivent que de poissons en sont exempts. Le UBnia est beaucoup plus commun dans les pays où Ton élève beaucoup de porcs que dans les contrées où ces animaux sont peu répandus. Les cysticerques ne résistent pas à la cuisson, ni au long fumage de la viande, et la consommation d'une viande chargée de ces animaux, dès qu'elle a été cuite, rôtie ou fumée, ne peut jamais avoir pour conséquence le développement du toînia. Par contre on le trouve de préférence chez les individus qui mangent ou goûtent de la viande crue ou qui mettent dans la bouche le couteau exposé au contact des cysticerques, comme cela arrive aux aubergistes, aux cuisiniers et aux bouchers. Ces derniers peuvent beaucoup contribuer à la propagation du taenia en découpant avec un couteau fui n'a pas été nettoyé, le saucisson ou le jambon qu'ils débitent, et ({ue l'on ■e fait plus cuire avant de te consommer.
La supposition d'après laquelle la consommation de la chair musculaire qui
loge la trichiiia »piralis pourrait occasionner le développement du triclwce'
'* fkalus dispar^ a été réfutée dans ces derniers temps. Si l'on a cru remarquer
qae Fascaride et l'oxyure se rencontrent surtout chez les individus qui se nour-
lissent principalement de substances amylacées, cette observation trouve peut-
(i) D'après Davaine {Traité dex enioioaireSi Paris, 1860), les ascarides loinbricoïdes de Thommc
jltoTÎendraient de l'introduclitui dans le tube di^estir des ovules coiitenant déjà rcmbryou da
V^ an moyen des eaux potables. M. Davaine se fonde pour soutenir son opinion sur ce que les
tdBtièreft fécales des individus qui rendent des ascarides ne contiennent jamais que des œufs non
•iQgnieniéf, et sur ce que les œufs des ascarides mettent un très-long temps, de six mois à deux
^tû« avant que Tembryon soit assez dévclopiié pour percer sa coque. Celle membrane ne serait
itiMonte que dans Tintestin de Tbomme après que l'œuf y aurait été transiuirté avec Teau ou les
aliments. V. C.
être son explication dans la découverte de Stein qui a trouvé des entozoaîres dans la blatte. Il est possible que Tusage de la farine avariée fasse arriver dans Tiatestin des œufs ou des larves d'ascarides ou d* oxyures.
}J 2. — Symplomalolo^e.
Les phénomènes que produisent les vers intestinaux diffèrent beaucoup seki rindividualité de l'organisme exposé à leur influence. Dans bien des cas rien ae trahit la présence des helminthes avant l'expulsion par les selles de yen on it fragments de vers. €cci s'applique avant tout aux vers solitaires. Bien des individus atteints de taenia ou de bothriocéphale jouissent de la meilleure santé, n'oal ni coliques, ni phénomènes réflexes, et ne sont rendus attentifs à leur mal qv par les articles qui partent de temps à autre. Souvent le médecin éprouve bia des difficultés à reconnaître les anneaux enveloppés de papier et desséchés qv les malades lui apportent. — Dans d'autres cas les malades se plaignent de lanifi à autre de coliques violentes pendant lesquelles ils croient sentir un objet fi remue ou se contourne; mais peut-être n'accusent-ils cette sensation que lofS' qu'ils savent qu'ils logent un ver solitaire : ainsi on les voit se tordre, appuyer k corps contre un objet dur, quelquefois ils ont des nausées et des vomissemeutt. En même temps la sécrétion salivaire se trouve presque toujours considérablement augmentée, au point que la salive s'écoule de la bouche. Les accès fK nous venons de décrire, surtout lorsqu'ils se présentent peu après que les nÂvidus ont mangé des harengs, des oignons, du raifort, des fruits à noyau, 801I réputés aux yeux du public des signes certains de vers intestinaux, et ils doirefll éveiller même chez les médecins le soupçon de la présence d'un ver solitatR; la certitude toutefois n'est acquise que lorsque spontanément ou après l'administration d'un laxatif ou d'un anthelminthique des anneaux du ver sont évacués.— Dans d'autres cas l'organisme supporte plus mal la présence du parasite; il sar* vient de temps à autre des selles en diarrhée, surtout après l'usage d'alimeib salés ou épicés, les malades deviennent paies et perdent leurs forces et leoreobonpoint; c'est ce qui arrive surtout aux personnes délicates, principalemenlau enfants et aux jeunes filles. — Enfin l'irritation que le ver solitaire exerce sir les nerfs intestinaux peut, pur mouvement réflexe, se transmettre à d'anlRS trajets nerveux; cependant on s'est beaucoup exagéré la fréquence des accidttli nerveux qui naissent de cette façon, et ces exagérations ont été la cause de bin des erreurs. Le chatouillement dans le nez qui engage toujours les individus à ff frotter et à fouiller les narines, la dilatation de la pupille, le strabisme, lagnicéments de dents et d'autres troubles isolés et peu importants de l'innerDtfiM sont plutôt attribués aux ascarides, tandis que l'on accuse le tœuia de proviMpr des névroses plus graves et plus générales, telles que Tépilepsie et lachorée.tM peut concevoir la faible espérance (qu'une épilepsie qui se' déclare sans cna connue soit due à l'irritation produite par la présence du ver solitaire; nuûsq* l'on se garde bien, en voyant dans les selles d'un épileptique des anneau^ taenia, de croire que l'épilepsie est intimement liée à la présence de cf ver << qu'elle disparaîtra avec lui. Les cas dans lesquels cela peut arriver sont t^
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rareté telle, ^{u'ils s^eSacent pour ainsi dire ea présence de ceux où l'épilepaie continue d'exister malgré l'expulsion du tœnia.
Pour les ascarides on peut dire d'une manière presque absolue que leur présence dans l'intestin ne produit aucun symptôme. Eu égard à l'immense exten- Hon qu'ont prise ces parasites, il ne pourrait pas y avoir tant d'enfants jouissant l'une santé florissante si les ascarides irritaient fortement l'intestin et entraraient la nutrition. Si ces entoioaires existent en grande quantité dans l'intestin, Is peuvent se pelotonner et former des amas qui, semblables à des matières récales accumulées, oblitèrent l'intestin et déterminent alors de violentes coli- |ues. Hème si ces vers ne parviennent pas à se démêler ou si l'on ne réussit ns à les éloigner par les drastiques, il peut en résulter des symptômes d'iléus. I^s d'autres cas, leurs mouvements turbulents peuvent provoquer des coliques loalogues à celles que déterminent les vers solitaires. Les causes de ces mouvenents sont inconnues, et la supposition de Kûchenmeister, que peut-être les kombrics s'animent et s'agissent fortement pendant leur copulation, ressemble Sut à une plaisanterie. — L'habitdde de conclure de l'aspect pâle, cachectique it des névroses susmentionnées à la présence de lombrics dans l'intestin des eniants, est une erreur encore plus répandue que celle qui consiste à croire à "existence d'un tœnia quand de semblables phénomènes surviennent chex les idultes. Si de pareils enfants perdent par les selles ou les vomissements quel- |ue8 ascarides, on se flatte trop vite d'avoir reconnu la maladie, on néglige un sxamen plus approfondi, et trop tard on unit par reconnaître que les vers étaient onocents de tout le mal, que les enfants sont atteints d'une hydrocéphale ou l'une autre maladie grave. Il en est de même de la flèvre dite vermineuse^ 11 se leut bien que les ascarides occasionnent parfois un catarrhe intestinal et de légers phénomènes fébriles, mais dans la grande majorité des cas, les vers qui l'échappent de l'intestin n'ont rien de commun avec la fièvre que l'on met bénérotement sur leur compte. — Remontés dans l'estomac, les ascarides provo- {uent quelquefois un grand malaise, de l'angoisse et des envies de vomir. Les naïades ne trouvent pas de termes pour exprimer la sensation qu'ils éprouvent, »l le médecin lui-même peut être dans l'embarras jusqu'au moment où le ver «jeté par le vomissement vient résoudre l'énigme. Dans d'autres cas, l'ascension ia ver dans l'estomac et Tœsophage fait naître si peu de symptômes, qu'il se lUsse hors de la bouche pendant le sommeil sans réveiller le malade. Si peniaût sa pérégrination le ver entre dans le larynx, il se fait un rétrécissement ipasmodique de la glotte; on a même vu mourir des enfants par suite de ce m accident. Si l'ascaride pénètre dans le conduit cholédoque, il peut en réndler un arrêt de la bile ; s'il avance plus loin dans les conduits hépatiques, une lépatite partielle; mais rarement on réussira à reconnaître la véritable cause la ces sortes d'accidents et à rattacher les symptômes à un lombric égaré.
Les oxffures produisent, en se rapprochant de l'anus ou en quittant cette ourerture, une pénible démangeaison par leurs mouvements continuels. Cette soufrance augmente dans les heures avancées de la soirée et pendant la nuit, et peut néme empêcher le sommeil. Un continuel besoin d'aller à la selle se joint ordilairement à cette démangeaison. Dans les excréments évacués, souvent mêlés de
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mncosilés, les petits Tersfont encore longtemps des mouvements ondulés et laccadés. S*ils passent par-dessus le périnée pour pénétrer dans la vulve et le vagin, ces organes deviennent également le siège d'une démangeaison et tfone truisson désagréables. L*irritation produite par les vers jointe aux frottements qu'elle détermine peut iaire naître un catarrhe qui trompe quelquefois les mères, qui accourent chez le médecin pour lui annoncer que leur petite fille c est déjà atteinte de flueuis blanches >. L'examen local fournit bien vite les renseignements les plus rassurants sur la nature de l'écoulement. Le Irkkocephalui dispar ne donne lieu à aucune espèce<de phénomène.
li 3. — Traitement.
En ce qui concerne la prophulaxiej les mesures à employer pour être présené du tœnia solinm ressortent de tout ce qui a été dit plus haut. Il ne faut pis manger de la viande de porc qui n'ait été préalablement soumise à un des procédés capables de détruire les cysticerques qite cette viande peut contenir. Od fera prendre, en outre, des précautions dans l'administration de la viande de bœuf crue, dont l'emploi est usité dans la clientèle des enfants, et Ton aura soia de recommander aux mères de râper cette viande elles-mêmes, de peur qu'dies ne fassent arriver des cysticerques dans le corps de leurs enfants. On doit défendre aux cuisinières de goûter la viande crue qui sert à faire les saucissom, ou de porter à la bouche le couteau de cuisine. Aux bouchers et aux chareutien on doit recommander de ne pas couper le saucisson ou le jambon avec le mène couteau qui leur a servi pour la viande crue. 11 est impossible de donner des prescriptions prophylactiques contre les autres helminthes, attendu que le mode de leur développement nous est inconnu.
Pour r^J7>iikïoii du lœnia on n'emploie plus, parmi les innombrables médi* caments usités dans le temps, que la racine de fougère méf.e^ Yécorre de ranne de grenadier, le komsOj et peut-être encore Yhuile e^sefitielle de térébenikhie,
La racine de fougère mdle {Radix filicis maris) parait surtout active contre le bothriocéphale, tandis que souvent elle reste inefficace lorsqu'elle est employée contre le tœnia solium. On donne l'écorce en poudre à la dose Ael àh grammes répétés à deux ou trois reprises le matin à Jeun, ou bien le soir avant le coucher, d'après le conseil de quelques autres médecins. Quelques heures plus tard, ou bien, si la poudre a été donnée le soir, seulement le lendemain matin, on fait suivre un fort laxatif compose de gommc-guttc, de scammouée, de calomcl, ou bien 30 à 60 grammes d'huile de ricin. Une forme plus active et plos commode ({ue la poudre est l'extrait éthéré de fougère mâle que l'on réduit généralement en pilules avec parties égales de racine pulvérisée, pour le donnera la dose de 1 à 2 grammes, à prendre en deux fois. — Li racine de fou^ièrv mâle joue un grand rôle parmi les to^niafugcs nombreux et compliqués plusoo moins abandonnés dans les temps modernes.
Vécorce de racine de grenadier {Corter rndicis punicœ granati) panfl.
quand elle est fraîche, être un des moyens les plus sûrs contre le tœnia lofiUM*
~n fait macérer do GO ù 120 grammes dans un demi-litre ou un litre d'en
VERS crrESTiNimc. heliunthiasc. 563
pendant TÎngf-qiiatre heures, ensuite on fait bouillir jusqu'à réduction de moitié. Cette décoction, que Ton (ait prendre le matin à jeun en trois portions, tout en produisant les effets les plus excellents, offre cependant Tinconvénient d'être fselquefois vomie et d'occasionner toujours des coliques violentes qui peuvent kke passer quelques heures de pénible souffrance au malade. Je suis en état de reeommander avec instance que Ton fasse, avant de recourir à la décoction, Fessai de la simple macération qui sera également préparée avec 60 à 120 grammes d'écorce de racine de grenadier. L'effet de cette macération est beaucoup plus doux : les malades n'en éprouvent, pour ainsi dire, aucune souffrance, et, par cette prescription, j'ai vu partir dans bien des cas un tsnia, et une fois même trois tœnias à la fois, avec leur tète. Si l'on ne réussit pas avec la macération, rien n'empêche de se servir de la décoction quelques jours après. Ordinairement après l'emploi de Técorce de racine de grenadier, le ver est expulsé sans Mre réduit en fragments, souvent alors il est enroulé sur lui-même sous forme d'une pelote. Si l'expulsion n'a pas lieu une à trois heures après la dernière dose on fait bien de donner au malade une ou deux onces d'huile de ricin. Kfichenmeister recommande de préparer un extrait avec 120 à 180 grammes d*écorce de racine de grenadier; cet extrait serait mêlé avec 180 à 2^0 grammes d*eau chaude, avec 1 à 2 grammes d'extrait éthéré de fougère mâle et 20 A 30 centigrammes de gomme-gutte. H suffirait, d'après lui, de donner deux tasses de ce mélange dans un intervalle de trois quarts d'heure pour chasser le ver. Si le résultat n'est pas obtenu au bout d'une heure et demie, il faudrait encore donner la troisième tasse.
Le koussoy fleurs séchées et pulvérisées du Brat/era anthdminthicaj médicament qui nous est venu de l'Abyssinie depuis peu de temps, n'a pas répondu à fespérance que l'on avait fondée sur lui au commencement; du moins les brilhauts succès que quelques observateurs prétendent en avoir obtenus n'ont pas été confirmés par d'autres. On donne le médicament à la dose de 8 à 16 grammes, imieéré dans de l'eau ou mélangé au miel, sous forme d'clectuaire; cette dose lera administrée en deux fois le matin, dans l'intervalle d'une demi-heure, le iialflde ayant pris auparavant une tasse de café. S'il survient des nausées, on iomie un peu de jus de citron. Si, après trois heures, il n'y a pas de selle, on prescrit un laxatif d'huile de ricin ou de séné.
Uhuile de térébetithiney quoique étant un des tœniafuges les plus sûrs, no doit être employée qu'en cas d'absolue nécessité; car non-seulement elle a une saveur horrible, mais encore, prise à une dose suffisante pour chasser le taenia, elle détermine facilement l'irritation des organes urinaircs. On fait prendre à la fois 30 à 60 grammes d'huile essentielle de térébenthine, soit seule, soit mêlée au miel ou & l'huile de ricin, soit sous la forme d'une émulsion, le soir avant le coucher.
Tous les médicaments que nous venons de citer doivent être pris dans les moments où quelques anneaux ou fragments de ta}nia viennent de partir sponta^ nément; par contre, il est parfaitement inutile de remettre le traitement à certaines phases de la lune dans lesquelles, suivant les idées superstitieuses qui ont cours, les vers seraient plus faciles à expulser. — Enfin il convient de faire pré-
56k MALADIES DU TUBE CVTESTINAL.
céder le trûtement curatif d'une sorte de préparation. Cette dernière eonmle i faire vivre sobrement le malade, à vider Tintestin avec de Thuile de rim, et à lui donner pendant quelques jours pour toute nourriture du hareng, du jambon, des oignons et d'autres substances salées et épicées. Comme tnilemenl préparatoire on peut encore recommander au malade l'usage régulier des firaises de bois, des myrtilles ou des airelles, attendu que les nombreux pépins de ces fruits rendent le ver manifestement malade (Kûchenmeister). — Lacan n'est à considérer comme ayant réussi que quand on trouve la tète du tnûa; cependant il ne faut pas perdre de vue que plusieurs tœnias peuvent exister dam l'intestin.
Le médicament qui jouit avec raison de la meilleure réputation contre les atcêrides est le semen-œnlra {Semina ciruBj S. safUonici)^ fleur non épanouie de YArlemisia contra. La méthode de donner un mélange de semences de sédoaire pulvérisées, de jalap, de valériane, de miel et d'autres substances sons la forme d'un électuaire avec lequel jadis on tourmentait les enfants plusieurs fois pir an, ainsi que l'habitude de donner le semen-contra sous forme de chocolat ou de gâteau vermifuge, est généralement remplacée aujourd'hui par l'administratioo de préparations plus agréables et d'un effet plus sûr, telles que l'extrait éthéré de semen-contra et surtout lasantonine. Du premier on fait prendre de 25 à 51 centigrammes par jour, de la seconde de 15 à 20 centigrammes. Dans les pharmacies on trouve toutes préparées des tablettes d'un goût agréable contenant de 2 centigrammes 1/2 à 5 centigrammes de santonine. Kûchenmeister recommande de dissoudre 10 à 20 centigrammes de santonine dans 30 grammes d'huile de ricin et de donner une cuillerée à café par heure de ce mélange, jusqu'à producliun d'eiïet. Les résultats sont encore meilleurs après l'administration d'une prérulion beaucoup plus inoffensive, le santonate de soude, pris plusieurs jours de suite, soir et matin, à la dose de 10 à 25 centigrammes. — Quand on donne la semence de zédoaire ou les préparations dans lesquelles elle entre, il faut toujours en faire suivre l'emploi par l'administration d'un laxatif. — Les autres anthelminthiques mis en usage contre les ascarides sont superflus.
Pour chasser les oxyures du rectum il suffit d*employer les lavements. Rieii que les lavements d'eau froide vinaigrée produisent beaucoup d'effet. Mais il faut donner de grands lavements pour atteindre également ceux de ces vers qui séjournent dans TS iliaque, et l'usage de ce moyen doit être longtemps continué. Dans des cas opiniâtres, on peut ajouter aux lavements une faible eulutiun de sublimé (15 milligrammes dans 60 grammes d'eau par lavement).