BTPÉRÉMIE ET CATARRHE DE LA MUQUEUSE DE LA TRACHÉE
SUS- et sous-claTiculaires, et la faiblesse des mouvements respiratoires dans ces parties du thorax. Les mères remarquent souvent plus tôt que le médecin, que Fenfant a eu « une poitrine trop élevée i pendant sa maladie. Ce phénomène se rattache à la persistance de Véiat de tension des alvéoles pulmatiaires telle qu'elle existe pendant Vinspirationy et il ne faut pas la confondre avec Temphysèmc fésiculaire, dans lequel on ne remarque pas une dilatation permanente, considérable, il est vrai, mais encore normale, et où il s'agit au contraire d'une dilatation pathologique, outre mesure, des cellules pulmonaires. La manière dont cet état se produit, et pour lequel je ne trouve pas un nom convenable, me parait être la suivante. Les obstacles au passage de Tair qui, dans la bronchite capillaire, se trouvent dans les plus petites bronches, sont surmontés par des eontraclions énergiques des muscles inspirateurs, et Vair entre dans les alvéoles Ces obstacles cèdent aussi, il est vrai, sous les efforts énergiques des muscles eipirateurs, et l'air est chassé des alvéoles; mais l'influence que les contractions des muscles expiraleurs exerctîiit sur le rétrécissement du thorax ne s'étend presque pas aux parties supérieures de cette cage, aux régions sus- et sous-claviculaires, parce que l'insertion de ces muscles se fait aux côtes inférieures. Au sommet du thorax, le rétrécissement de la poitrine et l'évacuation de Tajr des cellules pulmonaires ne se font pas, même pendant l'expiration forcée, par des contractions musculaires, mais par l'élasticité du thorax et du poumon. Si l'obstacle dans les bronches peut être surmonté par les contractions musculaires, mais qu'il soit insurmontable par la seule élasticité du thorax et du poumon, les parties correspondantes du poumon conservent la tension que l'inspiration leur a donnée, et nous pouvons nous convaincre encore à l'autopsie (par ce phénomène déjà indiqué plus haut, que le poumon fait saillie lorsqu'on ouvre le thorax) que la cage Ihoracique ne peut pas revenir sur elle-même, parce que le poumon est distendu par l'air, qu'il est comme insufflé par l'inspiration.
Si l'on applique l'oreille sur le thorax, on n'entend que le rhonchus sibilant répandu dans toute la poitrine : il entre trop peu d'air dans les alvéoles, et surtout avec trop de lenteur, pour pouvoir produire ce bruit de frôlement que nous avons appris à connaître comme le signe de la respiration vésiculaire, et, s'il existait, il serait caché par les bruits sifflants. Plus tard, on entend des râles très-étendus et à petites bulles.
Enfin il faut encore mentionner le catarrhe bronchique aigu des nourean^iéa^ catarrhe avec lequel ces enfants viennent souvent au monde, ou qu'ils présentent dans les premières heures de leur existence. Les symptômes n'ont pas de ressemblance avec ceux que nous venons de décrire, quoique le fond de la maladie soit tout à fait le même. La maladie est presque toujours méconnue par les médecins peu soucieux de la physiologie, et est prise pour « une affection organique du cœur », une affection c dont il faut féliciter les enfants d'être délivrés par la mort ». Les petits malades ont étemué quelquefois, ont un peu toussé, sont du reste bien portants en apparence, et montrent souvent la tendance à dormir beaucoup. Les parents se réjouissent du repos de cet enfant si tranquille, ils ne remarquent pas qu'il ne respire que superficiellement; le médecin n'est pas appelé, et quand il l'est, il ne trouve pas d'indices qui appellent son atten-
60 MXLIMBS DE LA TBACaÉE ET !•£? rft05CK?.
tMMi for la respiralkm. L« plus sonrenU c*««t tout d'an coup qu'on rnnarqne on fraod chaniiHiMrnt €b<^ reniant : la face denent pile on pîse coanBe le reste do r//rpf f le nez pointa, les yeax sans érlat: les bns et les jambes pendent sans fDMiTement; la température de b pean est diminuée et inépJeiiient répartie. On Terra alors des médecins dia^mostiquer une cyanose aipiê. ce mot fatal qui expriflie les étais les plus disparates et qui confond les stases les plus fortes du %jfitàmb veineux arec cet état qui donne aux lèvres, d*nne pâleur mortelle, une teinte bleuâtre, parce que la distribution du sanç que nous voyons sur le cadavre commence à se produire, parce que les artères vides et contractées chassent leur contenu dans les capillaires et les veines (1).
L*explication des symptômes décrits est facile. Aussi longtemps qu'il n> a qa*un catarrhe du nez et des {Tosses bronches, le mal est en effet léger et sans fçnnté] plus tard, le catarrhe se propage aux petites bronches. Celles-ci naturellement trës-rétrécies, peuvent être obturées facilement. Cet être si peu développé ne fait pas encore des efforts considérables pour vaincre Fobstacle; les bruits qui se produiraient dans ces efforts, les rfaonchus dbilants, manquent, et avec eux un élément important pour le diagnostic. De même Tenfant ne tousse pas aussi fortement ni aussi souvent que s*il était plus âgé. parce que la toux n^est involontaire qu'en partie, et qu'elle se fait en partie volontairement pour éloigner les obstacles qui s'opposent à la respiration. Pour que l'enfant puisse tousser dans cette intention, il faudrait qu'il eût l'expérience, et de cette façon les phénomènes de l'empoisonnement par l'acide carbonique se présentent d'une manière subite et inattendue, dès que le catarrhe prend une grande extension dans les petites bronches (2).
I/air entrera de nouveau dans les cellules pulmonaires, si l'on parvient à faire vomir l'enfant; et si, par les fortes contractions des muscles abdominaux, il peut rétrécir le thorax suffisamment pour que l'air comprimé dans les alvéoles chasse les matières qui obturent les petites bronches, les symptômes d'empoisonnement disparaissent, les phénomènes de paralysie diminuent ; et comme le cœur commence derechef à se contracter plus vivement, le sang remplira de nouveau les artères et abandonnera les veines pour rentrer dans le cœur vide; la circulation se rétablit, et avec elle la coloration et la chaleur de la peau deviennent normales.
Ces accès se répètent très-facilement ; on ne parvient pas à rendre aux bronches leur perméabilité normale, et les enfants succombent tôt ou tard h un accès.
(i) Non» liflonft «laiift Ips innniipis .ius*i souvent : « Lc« veine? jugulaires se {confient, la face Aesicnt d'un rouge fonré, bleuAtre, cyanosée •, que : • La face prend la pAlcur de la mort, elle itni livide, cyanofM'*e ». Enfla nous lisons encore : « La respiration est incomplète, le sang n'est pat tuflltamment décarbonisé, et une cyanose aiguë se produit >. Dans tous les cas, on devrait donner chaque fois une explication de l'idée qu'on attache au mot cyanose, et indiquer la pa* thogénie de cet état, quand on emploie ce mot d'une manière aussi vague. {\ote de Vauteur,)
(S) On trouve souvent sur les cadavres de ces enfants les alvéoles pulmonaires affaissées, par faite de l'obturation des bronches correspondantes (Atèlectasie) (voyez les maladies du poumon^ chapitre II). Mais les phénomènes que nous venons de décrire peuvent tout aussi bien se produire tans affaissement du poumon; et s*il existe, il est la conséquence du catarrhe bronchique, de même que l'empoisonnement par Tacidc carbonique. {Xote de Vautevr.)
HTPÉIIÉJIIE DE L\ TRICHÉE ET DES BRONCHES. 61
Si Ton fait Tautopsie sans soins et en manquant des connaissances désirables, la cause de la mort reste souvent cachée, à moins qu une atélectasie considérable ne soit venue s'y ajouter. En effet, on ne procède pas à un examen rigoureux des bronches, parce que les symptômes ordinaires de la bronchite ont manqué pendant la vie.
m. Catarrhe chronique des bronches. — Les symptômes que nous avons décrits dans le catarrhe aigu des bronches sont, avec quelques modifications Itères, les mêmes que ceux de la bronchite catarrhale chronique, la maladie de beaucoup la plus répandue. Le sié^^e de la maladie n*est pas restreint à quelques portions de la muqueuse, comme dans la forme aiguë, mais les modifications aoatomiques que nous avons décrites dans le § 2 s'étendent depuis la trachée jusque dans les ramifications broncliiques à des degrés variables.
La maladie se développe presque toujours à la suite des catarrhes prolongés et souvent répétés, revenant chaque printemps et chaque automne. Pendant Tété, les malades en sont débarrassés, jusqu'à ce qu'enfin les symtômes soient continus, quoique moins intenses pendant la saison chaude.
Les embarras de la respiration les plus considérables se montrent dans la forme de catarrhe dans laquelle une sécrétion grise, visqueuse, couvre la muqueuse, dont la tuméfaction est surtout grande^ dans ces cas ; le catcirrhe bronchique accompagné d'une sécrétion abondante, liquide, colorée en jaune, cause des difficultés en proportion beaucoup moindres. Dans la première forme — taiarrhe sec de LaenneCy — c'est principalement par les accès de toux fatigants, prolongés, que le malade est le plus incommodé ; cette violence s'explique par la viscosité de la sécrétion et son siège dans les petites bronches. Pendant ces accès, l'obstacle apporté à la déplétion des veines jugulaires gonfle considérablement ces veines, la face devient rouge foncé, bleuâtre; les yeux pleurent, le nez coule; la tête semble éclater, elle est soutenue* convulsivement des deux mains. Assez souvent les veines dilatées pendant l'accès finissent par devenir visqueuses, et l'on voit apparaître des vaisseaux épais, bleus, sur les joues et surtout aux itiles du nez, même sans qu'un emphysème se soit développé. Il n'est pas rare de voir un accès d'une grande violence se terminer par des efforts suivis de vomissements, parce que le contenu de l'estomac est chassé par la contraction des muscles abdominaux.
Une dyspnée continue s'y ajoute beaucoup plus souvent que dans le catarrhe aigu, parce que, comme nous l'avons vu §2, la muqueuse étant plus gonflée que dans la forme aiguë, elle oppose plus de difficultés à Tentrée de Tair dans les alvéoles. Cette dyspnée atteint surtout un très-haut degré, et est décrite alors sous le nom d'os/Am^ humide, lorsqu'une irriUition aiguë de la muqueuse bronchique est venue s'ajouter au catarrhe chronique. Une marche de peu de durée par un air Groid et sec, qui, pour ces malades surtout, est dangereux, les met dans l'état le plus désolant, souvent pendant des semaines; ils sont obligés de rester tonjours assis et de passer la nuit dans leur fauteuil, pour aider autant que possible à la dilatation du thorax.
Par suite de cette dyspnée persistante et des efforts continus et exagérés des
02 MALXbtEH DE LA TKACUÉE £T bE^ BB05CeE5
fDiUMrles iiis|HraUrur«(, ce^ deriiierd s'hyi^rrlrophicnt. ùrtle hypertrophie est plus fortement prononcée dans les muscles stemi^-cléidi^mastoîdiens et dans les scalénes, qui font de fortes saillies au cou. De même que tous les muscles hy- [K'rtrophiés, les muscles inspirateurs sont constamment dans un état de contraction modérée. Tout comme on reconnaît facilement un serrurier, un forgeron, etc., à Fétat de flexion légère et permanente des bras, même au repos, de rnéme dans le catarrhe chronique, le thorai est continuellement dans la position qu*il a au moment de Finspiration. Le col court en apparence, la poitrine tombée, se rencontrent encore ici, sans que Temphysême complique le catarrhe chronique des bronches.
Pendant les exacerbations violentes et de longue durée, les reines jugulaires des malades sont souvent extrêmement distendues; la cyanose se produit, et dans beaucoup de cas on voit même se développer une hydropisie assez considérable. Comme cet engoi^ement des veines jugulaires, cette cyanose et Fhydropisie disparaissent avec la rémission du catarrhe, on ne peut pas douter que ces symptiimes dépendent du catarrhe lui-même, et non pas d^une complication intercurrente, ^explication de la cyanose et de Fhydropisie dans le catarrhe sec est simple, du moment qu'on s'est assuré de ce fait que les malades contractent les muscles abdominaux à chaque expiration, lorsque la lumière des bronches est considérablement rétrécie à Fépoque des exacerbations. Comme Fair ne peut s'échapper des alvéoles qu'en petite quantité, à cause du rétrécissement des bronches, les malades exercent par cette contraction une pression considérable sur les vaisseaux en dedans du thorax, et rendent difflcilc le retour du sang vei* neux vers cette cavité. En parlant de Femphysème, nous verrons que le catarrhe bronchique est la cause principale de la cyanose et de Fhydropisie que nous remarquons chez les emphysémateux.
Les modifications à la percussion, quoiqu'elles s* observent fréquemment dans le catarrhe chronique, n^apparliennent pas à cette maladie, mais à Femphysème, qui en est une conséquence presque constante. A Fauscultation, on entend souvent des rhonchus sibilants, plus rarement le rhonchus grave; quelquefois des raies à petites bulles, et dans d'autres cas encore, rien qu'une diminution dans le bruit vésiculaire. Comme ce dernier phénomène se produit par le frottement de Fair aux parois des alvéoles et aux points de division des plus petites bronches; comme le frottement est d'autant plus fort, et par conséquent la respiration vésiculaire plus distincte, que Fair entre avec plus de vitesse, il est évident qu'un rétrécissement des bronches doit avoir pour suite une diminution du bruit vésiculaire.
Peu de malades guérissent, mais tout aussi peu sont exposés à mourir de cette maladie. Quand quelqu'un tousse, ou a Fhabitude de dire qu'il tousse comme un vieillard; et en effet, de pareils malades peuvent atteindre un âge trèsavancé, jusqu'à ce qu'ils succombent à une pnenmonia noUia (voyez page 59) ou à toute autre maladie intercurrente ; dans d'autres cas, ils succombent à des affections secondaires du parenchyme pulmonaire, consécutives au catarrhe chronique. (Nous renvoyons le lecteur à la description de Femphysème et de la pneumonie interstitielle dans la section suivante.)
HYPÉRÉmE DE LA TKACIIÉE KT DKS ItllONCHES. 63
Nous venons de voir le catarrhe sec, dans lequel rexpecturatiou e^l d'ordinaire peu abondante, muqueuse, et plus ou moins visqueuse; mais le tableau de la maladie est tout autre dans le catarrhe, chronique des bronches, qui est accompagné d*une expectoration abondante et qui est souvent désigné sous le nom de tiennorrhée de la muqueuse bronchique. L'expectoration présente dans cette forme des masses mucoso-purulentes , (|ui sont mélangées avec un plus ou moins grand nombre de bulles d'air, et (|ui, mises dans l'eau, ne tombent pas au fond. Onr a vu expectorer dans un seul jour une li\Te et plus de celte sécrétion jaunâtre, très-riche en jeunes cellules; en hiver, l'expectoration est généralement plus abondante qu'en été. Enfin, elle a qnelquefois une odeur très-fétide, sans qu^on puisse expliquer ce phénomène. H importe de savoir que Texpectoralion peut être fétide sans qu'il y ait dans le poumon des cavités où elle est retenue et se décompose; en ignorant ce fait, on commettrait souvent des erreurs de diagnostic.
La toux qui éloigne plus facilement cette sécrétion moins visqueuse, n'est pas aussi fatigante et ne dure pas aussi longtemps que dans la forme précédente.
La dyspnée aussi est moins forte, parce que la blennorrhée a plutôt son siège dans les grosses bronches, et que dans les petites elle conduit plus facilement que la forme précédente à ces dilatations diffuses que nous avons décrites dans le § 2. Ce n'est que dans les cas où une irritation aiguë de la muqueuse bronchique vient s'ajouter à l'affection chronique, que la muqueuse se gonfle davantage et qu'une dyspnée plus ou moins forte se déclare. Pendant ces exacerbations aiguës, la formation des cellules à la surface de la muqueuse est moins abondante, la sécrétion est plus modérée; cette circonstance fait croire aux naïades que les crachats sont trop adhérents, qu'il faut les détacher, opinion encore partagée par quelques médecins, qui fouillent dans le grand tas des expectorants, et en retirent une ordonnance composée des substances les plus hétérogènes, dès que Texpectoration diminue et que la dyspnée augniente.
A YamcultcAionj on entend dans cette forme de bronchite, soit de gros rhonchus, soit des râles â grosses et à petites bulles.
Cette maladie aussi est supportée en général d'une manière étonnante; les malades atteignent assez souvent un âge avancé, avant que la blennorrhée des bronches, le catarrhe pituiteux, donne lieu à une phthisie pituiteuse. Tandis que la première forme produit principalement l'emphysème pulmonaire, la dernière conduit plus facilement à des cavernes bronchectasiques, dont nous parlerons avec plus de détails dans la section des maladies du poumon. Ces malades aussi succombent plus souvent à des affections intercurrentes aiguës, qu'aux bronchectasies et à l'épuisement final par suite de la perte considérable de matériaux.
Les symptômes du catarrhe bronchique qui accompagne la tuberculose pulmonaire feront décrits dans le chapitre qui traite de celle nudadie.
Ou distingue facilement le catarrhe bronchique simple du catarrhe ordinaire
du larynx. Quand le Ion cnr.iiù dj la v^ix cl (L* la loux s'ajoute aux symplômes du catarrhe des bronches, cela signifie taujours que le gonflement de la muqueuse s'est étendu jusqu'aux cordes vocales, et que le larynx est devenu en même temps le siège d'un catarrhe.
Quant à la distinction de la bronchique catarrhale aiguë et des affections aiguës du parenchyme pulmonaire, nous pourrons la faire plus facilement quand nous aurons parlé des symptômes de ces dernières maladies. Nous ne voulons faire ressortir que quelques points très-importants pour le diagnostic du catarrhe aigu des bronches et dont nous étions déjà obligés de parler en traitant les symptômes de cette maladie.
1° Le catarrhe aigu des bronches n'est jamais accompagné de douleurs pongitives dans les côtés; parmi les sensations douloureuses, il n'y a que le sentiment de brûlure et d'écorchure sur la poitrine, la sensibilité des muscles abdominaux et de leurs insertions au thorax, qui appartiennent à cette maladie. Si d'autres douleurs se déclarent, il y a toujours une complication.
2° Le catarrhe aigu des bronches par lui-même ne modifie jamais le son de la percussion ; de même les phénomènes qui à l'auscultation indiquent un épaississement du parenchyme pulmonaire, excluent un simple catarrhe des bronches.
S'* Le catarrhe aigu des bronches peut, il est vrai, commencer par un frisson violent, mais toujours il y a dans le cours de la maladie une disposition à avoir des frissons répétés. Si donc on rencontre chez des sujets épuisés une fièvre asthénique sans point de côté, sans expectoration sanguinolente, avec des phénomènes locaux en apparence de nature catarrhale seulement, mais si la maladie a débuté par un frisson qui ne s'est plus reproduit, il ne faut pas se hâter de porter le diagnostic : pmumonia notha, ou « grippe nerveuse », comme on dit aujourd'hui; car, à l'autopsie, on pourrait trouver une pneumonie qui aurait été reconnue si l'on avait fait attention à ce frisson unique, et si l'on avait ausculté le malade avec plus de soin.
Quant au diagnostic différentiel entre le catarrhe chronique des bronches avec sécrétion peu abondante et dyspnée considérable, et l'asthme nerveux, et entre la phthisie pituiteuse et la phtbisie tuberculeuse, nous en parlerons dans des chapitres à part.
J 5. — Pronostic.
Nous voyons que le danger du catarrhe bronchique dépend surtout de l'âge des malades. Plus les enfants sont petits, plus les bronches sont étroites, plus aussi la maladie est dangereuse. Chez les adultes, le catarrhe ne menace presque jamais la vie, mais chez les vieillards il devient dangereux, surtout le catarrhe fébrile.
Parmi les symptômes, ceux qui se rattachent à l'échange incomplet des gax dans les alvéoles sont les plus graves. Les accès de toux les plus violents, la plus grande inquiétude, une expectoration purulente en grande quantité, de même que tous les autres symptômes de la forme aiguë et chronique, ont une importance beaucoup moins grande que les premiers signes de l'intoxication par l'acide carbonique. Qu'on n'oublie jamais que tant que c«s signes feront défaut,
h tie ne sera pas réellement en danger; cette considération nous préservera le . fliieux d'âne énergie intempestive dans le traitement de la bronchite capillaire des enfants. Anssi longtemps que la température de la peau est élevée, que le pools esl plein et que la face est rouge, il n'y a pas de danger imminent.
S 6. — Traitement.
Prophylaxie. — Nous renvoyons à ce que nous avons dit de la prophylaxie du atarrhe iarjn^en. S'habituer avec précaution aux changements de température, Mte des lotions froides, prendre des bains froids, voilà les recommandations ^ nous répétons encore ici.
IndiccUion causale. — Elle demande que la prédisposition soit prise en considération aussi bien que les causes déterminantes. Comme elles sont souvent inconnues et qu'elles ne peuvent pas toujours être éloignées, l'indication causale ne peut être remplie dans beaucoup de circonstances ; mais dans d'autres cas, on a les meilleurs succès, si l'on tient soigneusement compte des causes prédisposantes et déterminantes bien constatées.
Ce que nous venons de dire s'applique surtout à la prédisposition qu'engendrent les scrofules et le rachitisme pour les catarrhes en général, et en particulier pour le catarrhe des bronches. II y a un grand nombre d'enfants peu développés, avec la poitrine en forme de carène, une grosse tète, les fontanelles ouvertes, les épiphyses gonflées, la dentition retardée, dont la peau flasque entoure les os comme un vêtement trop large, et qui ont pendant des mois un catarrhe bronchique qu'on croit souvent de nature tuberculeuse. Les expectorants et les dérivatiCs restent sans effet favorable. Mais si l'on soumet les enfants à au régime convenable; si on leur donne du lait, de la viande crue, du vin; si oo leur prescrit de l'huile de foie de morue, des bain salins, on a souvent des succès remarquables : les enfants guérissent, et ce n'est que le thorax en carène qui peut rappeler plus tard la maladie si grave de l'enfance.
Nous avons vu que le catarrhe chronique des bronches est une maladie trèsfréquente dans Vâge avancé; mais nous l'observons surtout chez des personnes arrivées à la cinquantaine, qui font bonne chère, qui boivent beaucoup de vin, qui sont assises pendant toute la journée, qui absorbent beaucoup de substances et en dépensent peu, qui ont un gros ventre et souffrent d'hémorrhoîdes, qui montrent une grande disposition aux affections chroniques des organes abdominaux, et pour la même raison au catarrhe chronique des bronches. Ce serait à tortqu'on enfermerait de semblables personnes dans leur chambre, qu on leur ferait prendre de l'eau de Seltz avec du lait, du soufre doré et du sénéga; mais on rétablira une juste proportion entre l'absorption et l'élimination, on recommandera au malade de se donner beaucoup de mouvement, on lui défendra les ^iritaeux, et on le mettra à un régime végétal très-frugal. Enfm, on enverra de pareilles personnes à Kissingen, Marienbad, Karlsbad. Dans ces cas, mais seulement dans ces cas, les sources salées-alcalines agiront d'une manière aussi favorable sur la toux et les autres symptômes du catarrhe bronchique que sur robéâté et les hémorrboïdes.
— a« ÉDIT. \. — ^
M MAliAIWRS DE LA THACHÉE ET DES BBORCHBS.
Parmi les causes déterminantes, les obêiacks mécamqws qui à Torifiie auricul(H:eniriculaire gauche s'opposent à l'écoiilement du sang des Teines bronchiques, comportent quelquefois une médication an moins paUiatÎTe. L*effel de la digitale est incertain dans les catarrhes bronchiques qui reposent sur une insat fisance de la valvule mitrale, mais il est de toute évidence quand cette maladie dépend d'un rétrécissement de Forifice auriculo-ventriculaire gauche. Si Faction du cœur est ralentie, Foreillette gagne du temps pour vider complètement son contenu dans le ventricule, malgré Fétroitesse de la communication, el Fon voit disparaître la stase dans les veines pulmonaires et le catarrhe bronchique qui en est une conséquence.
Le catarrhe bronchique produit par une fluxion collatérale vers le pouimm réclame la quinine, quand c'est la fièvre intermittente qui y a donné lieu. La fluxion collatérale dans les artères bronchiques, qui se développe à la suite de la compression de Faorte abdominale par une hydropisie, peut être levée par la ponction, d'autant plus que, dans ces cas, le diaphragme, poussé en haut, comprime encore une partie du poumon. Dans ces circonstances, on voit la ponction suivie de Famélioration évidente, de la disparition même du catarrhe bronchique, qui, il y a peu de jours, était encore le symptôme le plus (àcheux pour le malade ; il sera encore plus facile d'éviter, dans des cas de bronchite chronique et même aiguë, que la compression par les matières fécales et les gaz intestinaux entretienne et favorise le catarrhe par une fluxion collatérale : la poudre de réglisse composée (i), dont on prend matin et soir une cuillerée à café, convient dans ces cas pour régulariser les selles, et est facilement prise par les malades.
Si la cause du catarrhe bronchique réside dans des irritations diredeSj telles que plusieurs industries la produisent journellement sur la muqueuse, Findication causale le plus souvent ne peut pas être remplie, car ces malades ne s<mt pas d'ordinaire dans des conditions à pouvoir cesser leur travail pour éviter ces causes morbifiques. Nous avons vu dans le § 2 que le catarrhe des bronches s'exaspère souvent d'une manière très-violente, quand de pareilsi malades s'exposent en hiver à Finfluence d*un air très-froid et sec. Ce fait d'expérience doit être pris en sérieuse considération; on ordonnera aux malades, pendant un hiver très* rigoureux, de garder la chambre pendant des semaines, même pendant des mois, et Fon fera en sorte que la température y soit uniforme. L'influence favorable de cette température égale est encore éprouvée par un autre fait : quand des malades affectés d'un catarrhe chronique ont eu une maladie intercurrente qui les a obligés de garder la chambre pendant longtemps, ils s'abandonnent souvent an vain espoir que la nouvelle maladie c a eu une influence critique sur leur affection chronique, qu'ils toussent maintenant beaucoup moins, que leur poitrine est plus libre qu'autrefois i>. Mais dès qu'ils s'exposent de nouveau à Fair, leur erreur tombe. Des catarrhes chroniques qui se sont développés sous Finfluence d'un climat rude exigent un changement de résidence, quand les moyens dit malade le lui permettent; on enverra ces personnes, pendant l'hiver, dansmi
(1) Pulvis li(iairiiiœ compositus seo pectoraiis : séné, réglisse, anis, soofre et tacfl {k gramiiies contiennent environ 0,80 de séné et 0,20 de souflre).
{Note des iradueteun.)
HTPiHtlIIE DE LA TRACHÉE ET DES BRONCHES. 67
dûnat plus doux. Pendant le printemps et Tautomnc, on leur recommandera le séjour dans des endroits bien abrités, comme à Soden, à ^Vicsbaden, etc., ou Ken on les fera rester pendant assez lony^temps dans des forêt de pins, dont l'atmosphère est plus riche en oxygène, et où se trouvent des habitations très-confortables depuis qu'on prend des bains avec les feuilles de ces arbres. En gèoéral, le séjour dans des lieux élevés et secs convient mieux à ceux qui sont affectés du catarrhe pituiteux, tandis que ceux qui souffrent du catarrhe sec doivent être envoyés sur les bords de la mer, et se promener près des bâtiments de graduation des salines.
Dans le catarrhe épidémique enfin, l'indication 'causale ne peut pas être ranplie.
Indication morbide. — Même les chefs de l'école de Bouillaudj qui ne regardent pas à quelques livres de sang, avouent que les émissions sanguines ont peu ou point d'infiuence sur les catarrhes des organes respiratoires. Ce fait fan côté, et de l'autre la considération que la bronchite capillaire des enfants est un catarrhe dont le danger ne dépend que des conditions locales, doivent être hnyoars présents à notre mémoire pour ne pas nous laisser entraîner à faire des émissions sanguines quand même on voit se développer chez les enfants la djspnée la plus effrayante par suite de l'hypérémie et du gonflement de la muqueuse bronchique, sans autre complication. Dans le plus grand nombre des cas, on augmente le danger de l'empoisonnement du sang )>ar l'acide carbonique au Heu de le diminuer, si l'on fait des émissions sanguines dans la bronchite capillaire, qui, parmi les différentes formes du catarrhe bronchique, est la seule où Ton puisse se laisser séduire à suivre ce traitement. La muqueuse ne désenfle pas, et si jusque-là l'enfant a pu réussir par de fortes inspirations à faire pénétrer de Tair à travers les bronches, souvent après la perte de sang ses efforts ne suffisent plus pour atteindre ce but. Il faut avoir vu les changements qui se font dans un tel enfant quelquerois peu d'heures après l'émission sanguine, il bxA avoir observé combien de temps les enfants non affaiblis ont la force de respirer d^une manière suffisante, quoique avec peine, pour ne pas se laisser bcilement décider à faire des émissions sanguines.
Les sels neutres, employés spécialement comme remèdes antiphlogistiques, les nitrates de potasse et de soude, sont aussi rarement employés dans les inflammations catarrhales que les émissions sanguines. Le calomel, qu'on range également parmi les antiphlogistiques, trouve une application tout aussi répandue dans le catarrhe aigu des bronches pendant la dentition des enfants, que les catarrhes intestinaux qui se développent vers cette époque. Quoique l'influence fiivorable de ce remède sur ces deux états pathologiques soit incompréhensible, rexpérience l'a démontrée si souvent, qu'on ne peut pas se refuser de l'employer dans les maladies susnommées. On donnera de petites doses de 1 à 2 centigrammes trois ou quatre fois par jour.
n y a certains sels qui trouvent une application très-étendue dans le catarrhe des bronches, et auxquels on attribue moins une action antiphlogistique qu'une action anticatarrhale, soit qu'ils augmentent l'acUvité de la peau, soit qu'ils modifient d'une manière directe la nutrition de la muqueuse bronchique. C'est
m Hmv.S DE LA TRACHEE ET PES DHONCHES.
â cet ordre quapparlieiiduiit corUiines préparations antimoniales, comme le soufre doré d'antimoine, le kermès minéral, lo tartre stibié, mais avant tout le chlorhydrate d'ammoniaque. La mixluro dissolvante (mixiura sohens) composée de parties égales (/i grammes) de sel ammoniac et de suc de réglisse, qu'on dissout avec 5 cenlisn'.immes de tartre stibié ou quelques grammes de vin stibié dans 180 grammes d'eau, forme presque le tiers des prescriptions qui entrent dans les pharmacies. Quand je pense que les médecins connus pour de bons observateurs ordonnent avec le plus grand soin de prendre toutes les deux heures une cuillerée de cette mixture dégoûtante, qu'ils en prennent eux-mimei quand le cas se présente, je me sens embarrassé pour dire que ce mélange |>eut difficilement avoir un autre effet que d'irriter la muqueuse de l'estomac et de déranger la digestion.
Le traitement diaphorétiqne se recommande fortement quand le catarrlie est récent, et peut-être quand un refroidissement est la cause patente de cette maladie. Que ce soit une fluxion à la surface cutanée produisant une déplélion des vaisseaux de la muqueuse, que ce soit une autre cause qui donne lieu à l'effet favorable, dans tous les cas l'influence heureuse de cette médication siir des c»larrhes récents est prouvée par des exemples positifs. Après quelques heures, l'irritabilité des muqueuses peut être diminuée, et même, dans les cas favorables, on réussit â couper le catarrhe par une diaphorése abondante. Il paraît que la méthode par laquelle on provoque la transpiration est indifférente : une grand» quantité de boissons e( la chaleur du lit sont le moyen le plus sûr. 11 est pour le moins douteux que les (leurs de sureau, l'esprit de Mindererus, le vtn slibié et d'autres diaptiorétiques aient réellement une influence sur la transpiration. Il parait même indifférent pour le succès qu'on mette le malade dans un bon lit, sous une couverture de laine, ou qu'on l'entoure au contraire d'un drap mouillé bien tordu, car ce linge forme une enveloppe imperméable qui reUent la clutleur propre du corps, et de froide qu'elle était, devient une cause de chalenr; peut-être cette dernière méthode produit une fluxion plus forte vers la peUu que la première. Il est tout aussi indifférent de donner au malade, bien couvert, de l'eau pure ou de la limonade, une infusion de sureau ou du lait chaud, etc.
Dans le catarrhe chronique, quand même îl ne coïncide pas avec la scrofule et lu rachitisme, on recommandera, d'après le même principe de traitement et d'après l'indication morbide, les bains salins, notamment ceux par lesquels or» obtient une forte irritation de la peau, en y ajoutant une grande quantité d'eau mère, comme cela se pratique à Kreuznach. On enverra à ces eaux surtout ceut dont le catarrhe chronique n'existe pas encore depuis des années, mais cha lesquels un catarrhe aigu est prolongé menace de devenir chronique. Mais même dans des cas de bronchite chronique intense et invétérée, j'ai observé à ma clinique des succès éclatants par une diaphorèse énergique. Je laissais les malades <ine bonne demi-heure dans un bain chaud d'au moims 30 degrés Réaumur, el je les enveloppais immédiatement après le bain dans des couvertures de ialae, dans lesquelles ils restaient une à deux heures. Pendant les premiers joun, aussi longtemps que la dyspnée était encore très-considérable, les malades avaient beaucoup & souffrir pendant le bain et pendant l'enveloppement dans Im
HTPÉRimE DE LA TRACUÉE ET DES BRONCHES. 69
cooreitures de laine; mais le plus souvent, vers la fin du premier septénaire déjà, k transpiration se produisait plus vite et plus facilement qu'au commencement de la cure, et la plupart des malades se louaient de leur état et se soumettaient ttsémeDt à la prolongation de ce traitement. Après dix bains, la dyspnée était (énéralement beaucoup moindre, et la cyanose avait disparu. Il est vrai que si Ton ne connaît pas ces expériences, on se décide difficilement à mettre dans un bain chaud un malade qui a une forte dyspnée et une cyanose considérable ; mais ceux de mes élèves qui ont observé avec moi les résultats de cette méthode, leroDt plus heureux dans le traitement du catarrhe chronique des bronches que les médecins qui n'osent opposer une diaphorèse énergique à cette maladie si pénible et si opiniâtre à tout traitement.
A la méthode diaphorétique se rattache l'application de ces moyens par lesquels on tâche de produire une diaphorèse pour ainsi dire locale, ou au moins une dérivation locale vers les téguments de la poitrine; l'expérience est encore très^favorable à ces moyens. Lorsque les catarrhes traînent en longueur, on fera porter des chemises de flanelle, on mettra sur la poitrine des emplâtres de poix. Mais il ne faut pas trop se presser avec l'application des sinapismes et des vésicsitoires, qui ne sont pas indiqués par le catarrhe en lui-môme, mais par certains symptômes de cette maladie (voyez plus bas). Aussi longtemps que le catarrhe aigu est fébrile, il faut les rejeter d'une manière absolue.
Indication symptomatiqtie. — Nous voulons essayer d'analyser l'indication des remèdes appelés expectorants, car nous croyons que ce mot ne répond pas à des idées bien claires. La formation d'un grand nombre de jeunes cellules, d'une sécrétion abondante et plus liquide, est, comme nous l'avons vu, un symptôme de la disparition de l'hypérémie et non la cause de ce changement favorable. La formation des crachats cuits se fait le plus facilement par le procédé qui donne an catarrhe la tournure favorable dont nous venons de parler. Mais si cette sécrétion est accumulée dans les bronches, il y a tant de causes qui peuvent empêcher l'élimination des crachats, que les remèdes qui doivent provoquer Texpectoration ne peuvent point être mis dans une seule et même catégorie. Les phénomènes les plus importants qui correspondent à des phases anatomopathologiques de l'évolution catarrhale, et qui exigent toujours un traitement sjmptomatique, sont les suivants :
1* Nous pouvons avoir affaire à des catarrhes dans lesquels il existe pendant longtemps une irritabilité excessive de la muqueuse, de sorte que les malades sont tourmentés par une toux continue, pénible. Ces accès de toux, conséquence du catarrhe, deviennent, par le frottement de l'air qui se fait aux endroits malades pendant les quintes, â leur tour la cause de la violence et de l'opiniâtreté du catarrhe. L'indication symptomatique, quand elle combat ces accès de toû, modère non-seulement quelques phénomènes incommodes, mais elle abrège encore la durée de la maladie. Dans ces cas, les décoctions mucilagineoses et les loochs sucrés restent sans effet et entravent la digestion; les bonbons pectoraux n'exercent pas une meilleure influence, malgrés les noms célèbres qui sur l'éUquette en attestent les effets merveilleux. Dans ces circonstances, il faut insister sur l'usage des eaux acidulées de Selters, d'Ems, d'Ober-
70 MALADIES DE LA TRACHÉE ET DES BROKCnES.
Salïbrunnon, et SEuIcment dans ces circonstances ; car il serait imprudent de vouloir rccommaïKler ces eaux pour tout catarrhe, par exemple pour la biennoirhée des bronclies. Nous ne pouvons pas expliquer physiologiquement l'elto favorable de ces eaux contre l'irritabilité de la muqueuse bronchique. On recooh mandora de les prendre le malin îi jeun, & la dose de cinq à six verres, et en promenant, ou bien, dans le catarrhe aigu, on les boira dans te courant de la journée en place du tlié pectoral, d'un usage si répandu. Dans ces mêmes cat il ne faut pas reculer de donner des narcotiques; les malades prendront 0»',50 de poudre de Dower le soir, surtout si les nuits ne sont pas tranquit' on leur prescrira une potion à l'opinni, à la morphine, à prendre dans la journia, si le malade est tourmenté pendant le jour par des quintes de toux internûnables. Le patient toussera moins, et la toux étant moins fréquente, l'expectontion de tout ce qui s'est accumulé dans l'intervalle se fera à chaque accte; et ils cette façon les malades se félicitent que cette poudre ait détaché si bien Ut crachats, ils déclarent que la mor|ihine est le meilleur expectorant qu'ils aient pris jusqu'ici. Enfin, c'est dans cette forme de catarrhe surtout que l'applicatian de forts irritants de la peau, tels que les sinapismcs et les vésicatoires sur II poitrine, convient le mieux.
2° Quelquefois une dyspnée assez forte revenant périodiquement, vt accentplanée de râles sibilants très-répandus, nous olilîge d'admettre que les muscles des petites bronches se trouvent dans un état de contraction spasmodiqne, et que la dyspnée doit être attribuée en partie à ce pasme, Dans ces cas, qui h compliquent souvent de l'excitabilité excessive dont nous avons parié au i', les narcotiques sont encore applicables, parce qu'ils modèrent la tension d« muscles bronchiques. En outre on emploie encore dans ces cas les nauséeux. Ces derniers, en produisant un relâchement des muscles en général, paraissent agir de la même façon sur ceux des bronches. On prescrit des infusions fûMes d'ipécacuanba, de petites doses de lartre stibié, et peut-être la mixture dissolvante ne doit qu'à son action nauséeuse le soulagement qu'elle donne de tcinps en temps dans la dyspnée.
S" A côté de ces cas. 1! y en a d'autres oi"! il existe un étal tout à fait opposé, où les parois des bronches sont rellchées, où les bronches sont souvent dilatées, et où la tunique musculaire se trouve dans un étal semi-paralytique. C'est eur^ tout dans ces circonstances que la sécrétion est d'ordinaire très-abondante, et. alors lus efforts de toux, mal aidés par les muscles des bronches, ne peuvent sudlre i chasser complél£ment les produits de sécrétion. (C'est précisément lahlennorrliée de la muqueuse bronchique que nous avons indiqué comme symptôme pathogoomouique les rùles à grosses et à petites bulles.) Pour ces couvicnnent les excitants qui, parmi les expectorants, jouent un si grand nAle. tels que le sénéga, la scillc, la pimpinelle, le carbonate d'ammoniaque, le plire, le benjoin, la liqueur ammoniacale anisée. Une prescription très est la suivante : infusion de sénéga de 8 à 15 grammes dans eau 180 avec liqueur ammoniacale anîséc 2 grammes. Çnfin, pour ces cas,' on cmpIi avec avantage les infusions pectorales qui contiennent plus ou moins de substances aromatiques, mais qui agissent principalement parce qu'elles sont bues t
BTPfBimB DE LA TRACHiE ET DES BRONCHES. 71
une lempératare assez élevée; c'est à tort qu'on prescrirait à tous les malades des espèces pectorales; cependant des malades affectés de blennorrhée des bnmdieSy avec relâchement des muscles de ces organes, expectorent d'ordinaire beaucoup pli» focilement après avoir bu plusieurs tasses d'une infusion chaude. Les excitants produisent des contractions énergiques des muscles bronchiques, fepoab se relève, le cœur bat plus éncrgiquement, etc. Il arrive quelquefois que les muscles de ces organes sont tellement relâchés qu'ils ne peuvent plus contribuer en rien â éloigner le produit de sécrétion des bronches, et que la toux leole ne suffit pas pour chasser les mucosités. Ces états sont désignés sous le nom de paralysie pulmonaire commençante, quoique le poumon n'intervienne pts activement dans l'inspiration ni dans l'expiration. Cette paralysie se traduit par le symptôme suivant : immédiatement après la toux, les râles ne disparaissent pas, ils ne sont pas même diminués.- De pareils états demandent impérieulement un vomitif dès que les excitants ne font plus d'effet. On doit agir sans iiéshation, sans quoi l'accumulation de la matière sécrétée empêchera l'arrivée deTair dans les alvéoles, il se développera un narcotisme par l'acide carbonique, qui hâtera la paralysie commençante des bronches. Le vomitif est le meilleur expectorant; car pendant les efforts les muscles abdominaux se contractent éner< 'pqnement, le thorax est rétréci avec force, et l'air est vivement chassé des alvéoles par saccades et entraîne avec lui la sécrétion qui se trouve dans les bronches.
&* Quelquefois le traitement symptomatique a pour but de modérer la sécrétion trop abondante de la muqueuse bronchique, lorsqu'elle menace d'épuiser le malade. Un grand nombre de remèdes recommandés dans cette intention, tels que l'eau de chaux, l'acétate de plomb, le tannin, le ratanhia, les feuilles d'uva orsi, sont en partie sans effet, en partie dangereux. Les remèdes résineux et balsamiques recommandés dans le même but sont plus utiles, car leur action sur la diminution des matières sécrétées est prouvée d'une manière évidente par leor application si favorable dans le traitement de la blennorrhagie urélhralc. A cette catégorie appartiennent le baume du Pérou, le copahu, la myrrhe, la gomme ammoniaque. Une prescription très-aimée est la mixture de Griffith :
Prenez : Myrrhe en pondre /i,00
Carbonate de potasse 1,25
Ean de menthe crispée 240,00
Sulfate de fer cristallisé 1,00
Sncre blanc 15,00
Mêlez.
A prendre quatre cniUerées à bouche par jour.
n reste â désirer que ces remèdes entrent dans un contact aussi immédiat avec la muqueuse malade des bronches qu'avec la muqueuse de la vessie et do rarèthre, sur laquelle ils agissent directement parce qu'ils sont éliminc^s par Furioe. C'est à ce titre que se recommande surtout le saccharure de myrrhe pris en poudre. On peut compter qu'une partie peu considérable, il est vrai, de cxi médicament, donnée sous cette forme, parvient â travers la glotte daus U Vx^Vvte
72 ItALÂDIES DE LA TRACHÉE ET DES BRONCHES.
et les bronches. L'emploi de ces remèdes sous la fonne de vapeurs est beaucoup plus actif; on fait bouillir lentement dans la chambre du goudron seul ou mélangé avec de Teau, jusqu'à ce que l'atmosphère soit saturée de ces vapeurs. Ou bien on met 2 grammes d'huile de térébenthine dans une bouteille d'eau chaude, et l'on fera respirer plusieurs fois par jour, et chaque fois un quart d'heure, par un ajutage ad hoc fixé au goulot de la bouteille. On ne peut s'atr tendre à un succès qu'autant que ce traitement est appliqué dans des cas bien déterminés, c'est-à-dire lorsque la muqueuse est le siège d'une sécrétion purulente très-abondante ; dans toutes les autres formes de catarrhe bronchique, ce moyen est nuisible. Enfin les amers et les toniques, qu'on a l'habitude d'employer aussi dans la blennorrhée des bronches, peuvent exercer une influence sur la muqueuse de l'estomac, l'appétit sera meilleur, les digestions seront régularisées, la nutrition du corps sera favorablement modifiée, et la maladie se supportera plus facilement; mais ils sont sans aucun effet sur la maladie elle-même. 5"* Dans le traitement du catarrhe bronchique des enfants nouveau-nés, qui ne savent pas tousser, qui ne savent pas obéir à la nécessité de contracter plus énergiqucmcnt les muscles inspirateurs lorsqu'un obstacle dans les bronches empêche l'entrée facile de l'air, l'indication symptomatique commande d'abord d'éloigner par un vomitif les produits de sécrétion accumulés, et ensuite de prendre des* mesures qui forcent l'enfant à respirer plus énergiquement. On ne lui permettra pas de dormir trop longtemps ni trop profondément; on lui fera donner des bains pendant lesquels on lui aspergera la poitrine d'eau froide; on le forcera de crier en lui brossant la plante des pieds : tels sont les moyens auxquels il faudra avoir recours, quand on observera les symptômes de l'obstruction des bronches et l'échange incomplet des gaz dans les alvéoles.