CHAPITRE IX
NÉVROSES DE L^iyTESTCV, COUQUES, EKitRALGIE. g l**". — Pathogénie et étiologie.
Les névroses de la sensibilité dans le domaine dn plexus mésentériqne, In roliqwn^ dans le sens le plus restreint du mot, ne sont nullement fréquentes. Par analogie, il est bien permis de supposer, sans toutefois que ce soh une chose prouvée, que les coliques peuvent quelquefois naître à la suite d'aifectioa organiques des ganglions et des réseaux nerveux appartenant au grand sjmptthique. La fréquence des névralgies mésentériques chez les femmes hystériqna est une preuve à l'appui de leur origine réflexe. Enfin la colique saturnine al Tcxemple le plus frappant d'une névrose produite par un empoisonnement; Dam cette dernière affection, toutefois, il ne s'agit pas d'une simple névrose de h sensibilité, d'une hypercsthésie, mais bien encore d'une hyperkinésie, c'esl-iidire d'une névrose de la motilité, à raison de l'état de contraction spasmodiqae de l'intestin endolori. Le plomb, dont le passage dans l'organisme détermine h colique saturnine, qui n'est qu'un phénomène partiel de l'empoisonnenieiil général par le plomb, est en partie respiré à l'état de division excessiveiiieiil fine, en partie résorbé par la muqueuse intestinale, et enfin en partie introduit clans la masse du sang par l'intermédiaire de la muqueuse nasale. On troim donc la maladie chez les ouvriers qui fabriquent la cémse, chez ceux qui travaillent dans les fonderies de plomb ou d'argent, chez les peintres, chei lei broyeurs de couleurs, les potiers, les fondeurs de caractères d'imprimerie, les imprimeurs et chez d'autres ouvriers qui vivent dans une atmosphère imprégnée (lo molécules de plomb. Aujourd'hui il arrive bien plus rarement que la colique saturnine soit due à l'abus des préparations de plomb médicamenteuses, i h sophistication du vin ou d'antres boissons par l'acéLite de plomb, ou au mélaofe accidentel des préparations de plomb avec ces liquides, et ce mode d'intoxication ne s'observe pas à beaucoup près aussi fréquemment que le précédent. Toutefois, les coliques si connues du Devonshirc et du Poitou, ainsi que d'antrrs coliques épidémiqucs et endémiques qui, sous le rapport de leurs syropti^nes, ressemblaient beaucoup h la colique saturnine, paraissent avoir tiré leur origine d'un empoisonnement des populations par des boissons chargées de ploiA plutôt que par des substances végétales. — On a vu quelques cas rares mais positifs de colique saturnine survenue chez des personnes habituées à priser di tabac conserve dans des fouilles de plomb. — La prédisposition à la cofiqœ saturnine varie beaucoup; mais en fait de circonstances prédisposantes onif connaît que la grande tendance aux récidives, qui reste après une premièff atteinte du mal; toutes les autres circonstîinces que l'on accuse d'augmenter b prédisposition à la colique saturnine, telles que la débauche, l'abus des spiritueux, etc., méritent à peine d'être mentionnées, attendu qu'on les entend citer toujours et partout à défaut d'autres causes plus réelles.