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CHAPITRE PREMIER

IIYPKRÉMIE DU FOIE.

>j lir. — Pathogcnic t*t étiologic.

La masse du san<; contenu dans le foie peut se trouver augmentée par une exajréralion de l'afflux ou par un obstacle au départ de ce liquide. Nous donnerons le nom de Pfi rioti à riiyprivinie provenant de l'exagération de l'afllux, celui de slasr à rhy|>«''îi'Miiie |M'oven;int d'un ol)stacle au départ.

1" Une piirifui vers le foie peut naître par le fait d'une pression augmentée du sang sur les parois de la veint; porte. Celle fluxion se fait dans les conditions normales pendant chaque digestion. La diffusion des liquides venant de rinleslin dans les capillaires intestinaux lend à augmenter le contenu des veines intestinales; il en résulte que le sang de ces veines est soumis à une pression plus forte et qu'il est chassé avec plus d'énergie dans le foie. Chez les personnes qui se livrent à des rrrès de Hourrilure et de boisson, celte fluxion, en quelque sorte physiologique, dépasse la mesure, se prolonge, se répète trop souvent, et peut, comme toutes les hypérémies qui se succèdent trop fréquemment, avoir pour conséquence une dilatation persistante des vaisseaux.

2" La fluxion vers le foie peut se produire parce que les capillaires de l'organe qui, dans les conditions normales, trouvent un point d'appui dans le parenchyme, se dihitent |)ar suite du relâchement de ce dernier et ne sont plus en éliit d'op|)oser le degi*é do résistance normale au sang qui leur arrive. C'est de celle manière que paraissj'nt se produire les hypérémies qui se développent à la suite iVune lésion Iraumatique du foie et dans le voisinage des inflammations et des formations noarelles. Peut-être aussi faut-il encore compter dans ce nombre les hypérémies du foie dues à Yabns des spiritnenx. Dans tous ces cas, nous avons affaire à une irritation du foie; car l'alcool également se rend en premier lieu au foie par le canal de la veine porte. — lie premier effet d'une irritation parait consister dans une modification du parenchyme de Torgane irrité, niodiflcalion à laquelle se rattache généralement une diminution de la résistance de ce parenchyme. Une pareille diminution de résistance doit avoir pour effet une dilatation des capillaires et une augmentation de la quantité

du sang qui se rend dans Torgane. Cette explication donnée au fait c uH irritcUio ibi affluxus i qui dans les effets de la chaleur sur la peau se tromre confirmé d'une manière pour ainsi dire visible, cette explication, disons-nous, tout hypothétique qu'elle est, semble de toutes la mieux justifiée au point de vue actuel de la science.

3<^ La question de savoir si les hypérémies du foie qui se présentent finé-

quemment dans les cas d'infection du sang par des miasmeSy surtout le miasme

paludéen, et celles que l'on rencontre dans les pays tropicaux, dépendent d'un

relâchement du parenchyme hépatique ou d'une paralysie des fibres musca-

laires des vaisseaux afférents, ou d'une maladie de texture des parois vasculaires

ou de quelque autre cause, cette question est tout aussi obscure pour nous que

la pathogénie des hypérémies et des modifications de texture dans les maladies

d'infection en général. — Parmi les hypérémies évidemment fluxionnaires da

foie dont il est impossible de donner une explication satisfaisante, il faut encore

compter celle qui, chez certaines femmes, se présente immédiatement aioant la

menstruation et qui devient surtout intense lorsque la menstruation fait défaut.

Bien plus fréquemment que les fluxions, on rencontre dans le foie les stases

sanguines. Tout le sang qui se rend du foie dans la veine hépatique est forcé

de parcourir un double système capillaire (1); par conséquent, la pression dn

sang sur les parois des veines hépatiques est excessivement faible. D'un autre

côté, la veine hépatique se rend dans la veine cave à un endroit où, dans les

conditions normales, le départ du sang ne rencontre pour ainsi dire aucune

résistance, attendu que ce liquide peut librement se déverser dans l'oreillette

vidée, et que, surtout à chaque inspiration, il se fait une aspiration du sang

vers le thorax. Si ces conditions, extrêmement favorables au départ du sang,

viennent à être troublées, si la résistance que le sang de la veine hépatique

rencontre dans la veine cave devient plus forte, le sang s'accumule dans le foie.

Il n'est pas nécessaire que l'obstacle soit bien considérable, attendu que la

pression sur les parois de la veine hépatique est si faible, qu'elle est insuffisante

à vaincre la moindre résistance.

Les conditions dans lesquelles se développent les stases du foie doivent donc être, d'après ce qui précède, soit de la nature de celles qui mettent un obstacle à la déplétion de l'oreillette droite, soit de celles qui rendent impossible uod aspiration du sang vers le thorax. Ainsi les hypérémies du foie par stase sanguine se rencontrent : 1^ dans toutes les maladies valvulaires du cosur et tout d'abord dans celles du cœur droit, plus tard dans les maladies de la mitrale et plus tard encore dans celles des valvules aortiques. La manifestation plus ou moins tardive de l'hypérémie dans les maladies valvulaires tient, comme cela a été exposé au long dans la seconde division de ce volume, au développement

(1) La môme observation B*applique au sang qui émane de Tarière hépatique. Les ca|»iIbûRi, originaires de Tarière hépatique, qui se répandent dans Tenveloppe séreuse du foie entre la vaisseaux et les conduits biliaires et dans les parois de ces derniers, etc., se rituuisïcol « petits troncs veineux (lui ne se rendent pas dans les veines liépatiqucs, mais dans les ramiiwions de la veine porte et s'épanouissent de nouveau en capillaires avec ces dernières.

(iVo/e d€ routeur,)

HYPÉRÉMIE DD FOIE. 597

plus OU moins complet et au maintien plus ou moins prolongé d'une byper* trophie compensatrice du cœur.

2** On s'explique facilement les hypérémies par stase qui s'ajoutent à toutes les maladies organiques du cœur et du péricarde mettant obstacle à la déplétion des yeines du corps.

5^ A ces hypérémies, nous rattachons les stases dans le foie qui se développent par l'effet d'un affaiblissement de l'action du cœur, sans maladie organique appréciable, dans les périodes ultimes des maladies épuisantes aiguës et dans le marasme chronique. L'effet sur la distribution du sang dans une paralysie du cœur commençante est le même que celui qui se produit dans les dégénérescences de la substance cardiaque.

4* Très-souvent des maladies aiguës et chroniques du poumon qui ont pour effet la compression ou rimperméabilité des capillaires pulmonaires et l'accumulation consécutive du sang dans le cœur droit et les veines caves, donnent lieu à des hypérémies du foie.

5® Les états pathologiques qui suppriment l'aspiration du sang dans le thorax et amènent ainsi des hypérémies du foie, sont ou des maladies du parenchyme pulmonaire qtU en détruisent rélasticitéy ou bien des rétrécissements et des ofotructions des voies aériennes. L'aspiration dépend de l'espèce de succion que le poumon élastique exerce sur le cœur et sur les vaisseaux intra-thoraciques. Si rélasticité est perdue ou si le poumon est peu distendu, sa force d'aspiration est abolie ou diminuée. La raréfaction de l'air des alvéoles qui s'effectue, quand les voies aériennes se trouvent rélrécîes, sous l'ihfluence d'efforts énergiques d'inspiration, produit, il est vrai, des effets semblables à ceux de l'élasticité sur le cœur et les vaisseaux; mais, d*un autre côté, le thorax, dans ces cas, exerce sur son contenu une pression plus forte pendant l'expiration, devenue également plus pénible, et l'air rencontrant un obstacle à son échappement, toute cette pression pèse, en quelque sorte, sur les vaisseaux et empêche l'arrivée du sang dans la cavité thoracique. Chez les malades atteints d'emphysème, il est facile de 86 convaincre qu'à chaque exacerbation du catarrhe la cyanose augmente et. le foie enfle davantage.

6^ Dans quelques cas rares, enfin, on a vu une forte hypérémie du foie se produire sous l'influence d'une compression de la veine cave par des tumeurs^ principalement des tumeurs anévrysmales de l'aorte.

g 2. — Anatomic pathologique.

Le foie, selon le degré de Thypérémie, est plus ou moins tuméfié, cette tuméfoetlon peut devenir très-considérable; la forme de l'organe n'est pas modifiée, seulement l'augmentation de volume se fait plus dans le sens de l'épaisseur que dans celui de la longueur. Quand le gonflement est considérable, l'enveloppe péritonéale est lisse, brillante et fortement tendue, et la résistance du foie est augmentée (1). En le divisant par une incision on voit le sang sortir en abondance des surfaces de section. Ces surfaces paraissent ou uniformément teintées

(1) Dans un cas d'hyp(;rémie considérable et chronique, nous avons vu sur des sections exami-

d'un brun foncé ou bien elles sont tachetées, ce qui arrive surtout dans les hypérémios par stases san^ines dont la durée a été plus ou moins longue. Dans ce dernier cas, des endroits d'un brun foncé, correspondant aux veines centrales dilatées (1), racines des veines hépatiques, et formant des dessins divers suivant la direction du plan de section, alternent avec des endroits plus clairs, moins riches en sang et correspondant aux divisions terminales de la veine porte. Cet aspect tacheté, qui a donné lieu à cette dénomination dont on a tant abusé de foie muscade, est encore plus prononcé lorsque les endroits, moins riches en sang, qui entourent les veines centrales dilatées, paraissent d'un jaune intense par l'effet d'une stase biliaire. Cette stase biliaire peut provenir, soit d'un catarrhe des voies biliaires déterminé par l'hypérémie de la muqueuse de ces conduits, soit des obstacles qu'opposent à l'évacuation de la bile les vaisseaux dilatés comprimant les petits canaux biliaires, soit enfin d'un catarrhe gastro-duodénal qui dépend des mêmes causes que l'hypérémie du foie elle-même.

Le foie primitivement agrandi peut être diminué de volume par les progrès de la maladie et prendre un aspect granulé, ce qui pourrait le faire confondre par un examinateur superficiel avec le foie granulé proprement dit (cirrhose). On désigne ordinairement ce genre d'atrophie du nom de forme atrophique du foie muscade. L'atrophie et l'aspect granulé proviennent, d'après Frerichs, de ce que c les veines centrales des lobules et les capillaires qui s'y rendent se dilatent sous la pression de la stase sanguine et produisent ainsi l'atrophie des cellules hépatiques, disséminées dans les mailles de leur réseau. Les cellules situées au milieu des lobules s'atrophient (2) et sont remplacées par un tissu mollasse riche en sang, et consistant en capillaires dilatés et en tissu cunjonctif de formation nouvelle ».

J 3. — SjTnptômes cl marche.

Tant que l'hypérémie du foie n'atteint pas un degré élevé et que par conséquent le volume de l'organe ne se trouve pas considérablement agrandi, la maladie est privée de symptômes subjectifs aussi bien qu'objectifs. — Lorsque 1«* foie est fortement tuméfié, les malades accusent la sensation d'un corps trop t(>lumineux contenu dans l'hypochondre droit, cette sensation s'exaspère assez souvent au point d'être celle d'une tension pénible qui, «^ partir do rhypochondn* droit, se répand sur toute la circonférence de la partie supérieure de l'abdomen. La gêne dans cette région ou la sensation d'un cercle solide entourant le corps,

iii'cs au microscope aprôs ilurcisscmcnt du foie dans Palcool, les réseaux de ceUules hépaliqn^ ntropliiés par places sous l'innuenco de» dilatitions vasculaires et des extravasations de fri««bok*$

(1) Les parties centrales des îlots hépatiques colorées en ruuge sombre ne doivent pas senkincnt celle couleur aux dilatations vasculaires, mais aussi et principalement à rintiltraliitu ^i toutes les cellules liépaticpies du centre de Tilot par des {granulations pigmenlaiiTS nni^* *••; brun jaunâtre d'hématine. La zone péripliéricpie des îlots, ipti rst dans cvs mêmes ms pn» opaque ou janniMre, montre des cellules hépatitpies tantôt infiltrées de pigment biliaire. ciiniiB' lo dit Niemcîver, ce qui est rare, tantôt remplies de jçoultelettes huileuses, ce qui est Jariv*»'-

(2) Je n'ai jamais ])u vérilier cette description de Frerichs qui me parait tout au uhmiiï T"^ douteuse. On voit toujtmrs, en eflFct, dans ces cas, au centre des îlots bépaliqup«, de* rclliil*' plus ou moins alropUiécA, mais faciles à n^ronnaïUv el inlHlrct^s de pi{i;ment. V. il

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tel est souvent, après la dyspnée, le symptôme dont les individus atteints d'une maladie du cœur se plaignent le plus. Les souffrances des individus atteints d'emphysème pulmonaire, de cirrhose pulmonaire, ou de cyphose considérable, s'exaspèrent d'une manière sensible dès que le foie augmente de volume. Les vêtements qui serrent la taille deviennent insupportables aux individus atteints d'un gonflement hypérémique notable du foie, parce que ces vêtements mettent obstacle aux inspirations profondes. — Si sous l'influence des causes mentionnées au paragraphe précédent il s'ajoute une faible stase biliaire à l'hypérémie du foie, il se développe un léger ictère, et comme le teint de ces malades est généralement cyanose à raison de l'arrêt que subit la déplétion veineuse, on voit naître sous cette double influence ce coloris vcrdàtre caractéristique que l'on rencontre chez les individus atteints de maladies du cœur peu de temps avant la morL — Aux symptômes décrits et aux preuves physiques de l'augmentation de volume du foie ne s'ajoutent guère, tant que Thypérémie reste simple, des phénomènes qui dénotent un trouble des fonctions de cet organe. Abstraction faite d'ailleurs de ce que l'augmentation ou la diminution légère de la sécrétion biliaire doit se soustraire à notre observation pendant la vie, il a été impossible à Frerichs de constater quelque chose de pareil, même sur le cadavre, après les hypérémies par stase sanguine les plus considérables. Ce n'est qu'exceptionnellement que cet observateur a trouvé de l'albumine dans la bile. Il est très-vrai que les malades atteints d'hypérémies du foie se plaignent presque toujours encore d'autres malaises : ils souffrent de maux de tête, d'embarras de la digestion, d'irrégularité dans les selles, d'hémorroïdes, etc. Mais ces souffrances ne sont pas les conséquences de l'hypérémie du foie; bien au contraire elles n'ont ou aucun rapport avec elle, ou, ce qui arrive plus fréquemment^ elles dépendent de la même cause que la maladie du foie. Les affections du cœur entraînent non-seulement l'hypérémie du foie, mais encore le catarrhe de l'estomac et celui de l'intestin; l'intempérance provoque également ces deux genres de maladies et même souvent le catarrhe gastro-intestinal avant l'hypérémie du foie. Il parait en être autrement de ces hypérémies du foie qui se produisent fréquemment dans les pays tropicaux, probablement sous l'influence du miasme paludéen. Ces sortes d'hypérémie débutent par une grave atteinte de l'état général, par des maux de tête violents, des évacuations bilieuses par haut et par bas, et souvent par l'expulsion de matières muco-sanguinolentes. Les symptômes indiqués de ces états pathologiques, du reste encore peu connus, prouvent à l'évidence que là il ne s'agit pas d'une simple hypérémie, mais plutôt, soit d'une anomalie de sécrétion simultanée mais indépendante de l'hypérémie, soit de la période initiale d'une maladie organique grave qui, à la vérité, poursuit souvent son évolution. Peut-être dans ces étits morbides l'hypérémie du foie n'est-elle qu'un symptôme d'une maladie qui a envahi l'ensemble des organes abdominaux et surtout le canal intestinal, maladie qui, mieux que l'hypérémie du foie, rend compte de la souffrance générale et des autres symptômes mentionnés plus haut (1).

(1) Ajoutons, pour compléter le tahle«iu symptomatiquo de la congestion fluxionnairo non hypérémique du fnio, ([ue, d'après M. le prorosseur Monncret, il existe toujours des épistaxis, très-

600 MAUDIES DU FOIE.

Uexamen physique montre très-manifestement le gonHement da foie dès que rhypérémie atteint un degré un peu élevé. Comme il s'agit ici pour la première fois des signes physiques de l'augmentation de volume de cet organe, nous devons, selon notre plan, commencer par un court exposé de ces signes.

Pour reconnaître une augmentation de volume du foie, nous avons à notre disposition, en fait de ressources physiques, Taspect extérieur, la palpation et la percussion.

Uaspect extérieur permet de constater dans les très-fortes tuméfactions de l'organe, une voussure de l'hypochondre droit s* étendant plus ou moins à gauche et s'efTaçant graduellement en bas. En môme temps, la moitié droite du thorax qui, à l'état normal déjà, mesure 1 1/2 à 3 centimètres de plus que la gauche, est plus dilatée dans sa partie inférieure. Enfin, les côtes inférieures peuvent se trouver relevées par le foie agrandi, rapprochées les unes des autres, et leur bord inférieur peut être dirigé en avant.

La palpaiion est rendue très-difiicilc par la contraction des muscles abdominaux qui se produit dès que l'on ne met pas à cet examen tous les ménagements nécessaires. Des médecins peu exercés s'en laissent imposer par les contractions partielles de quelques segments du muscle droit de l'abilomen qui sont compris entre les intersections aponévrotiques, et croient sentir des tumeurs du foie. Jamais on ne doit procéder à cet examen le malade étant debout ou assis; il bot lui ordonner de se coucher et de ramener légèrement les cuisses vers le bassin. Il convient en outre d'engager le malade à respirer d'une manière uniforme, et (le détourner par des questions son attention de l'examen qu'on lui fait subir. Dans beaucoup de cas de gonflement du foie qui ont été sûrement constatés à U ]iercussion, on rencontre, il est vrai, à la palpation une plus forte résistance dans l'hypochondre droit, sans toutefois reconnaître distinctement le bord de Toi^ne. C'est ce qui a lieu notamment lorsque la consistance du foie tuméfié n'est pas au^i^mentée, et plus encore lorsqu'elle est, au contraire, diminuée. Dans d'autres cas et d'autant pins sûrement que le foie agrandi est plus ferme, la palpation fournit, non-seulement les meilleurs renseignements sur le degré de l'agrandissement, mais encore sur la forme du bord et de la surface du foie.

La percussion offre la ressource physique la plus précieuse pour le diagnostic de la tuméfaction du foie. Pour déterminer l'étendue de la partie supérieure <h foie, on ne s'appuie pas généralement sur la submatité du son de la percussion, telle qu'on l'observe aux endroits où une mince couche de poumon se truure interposée entre le foie et la paroi thoracique, mais sur la matité absolue qui s'observe là où l'organe vient loucher directement la paroi thoracique. Si, plus loin, il nous arrive de parler de la limite supérieure du foie, nous entendons toujours par là la limite de la matité absolue. Celle-ci est dépassée de 3 centimètres par le point le plus élevé de l'organe. Dans les conditions normales, ceiif limite supérieure, mesurée sur la ligne mîimillaire, est ordinairement située au

souvcul (les nausées, des vomissements, de la conslipalion, et surtout un accès r«Hirilo partifolier qu'un peut nommer fièvre hépati<iuc. Cet accès est caractérise' par des trissims nu A*f frissonnements erratiques, suivis bientiH d'une chaleur de courte durce, et se termine par Jrt sueurs abondantes. v V

HYPÉRÉMIE DU FOIE. 601

bord inférieur de la sixième côte, elle descend jusqu'à la septième côte dans les inqiîrations profondes et remonte jusqu'à la cinquième à la fin de l'expiration. Dans la ligne axillaire, cette limite supérieure se trouve à peu près au niveau de h huitième côte, près de la colonne vertébrale au niveau de la onzième ; sur la iîgne médiane la limite supérieure du foie, située à peu près au niveau de l'arlîculation de l'appendice xiphoîde avec le corps du sternum, ne se laisse généralement pas bien déterminer, parce que la matité du foie se confond sur ce point avec celle du cœur. A l'état normal la limite inférieure du foie se trouve, orsqu'elle est mesurée sur la ligne mamillaire, au bord inférieur du thorax, ou m peu plus bas; mesurée sur la ligne axillaire, elle est généralement un peu m-dessus de la onzième côte; et sur la ligne médiane, à peu près à égale dismnce de l'appendice xiphoîde et du nombril; près delà colonne vertébrale, reite limite ne peut être déterminée. Chez les femmes et les enfants, la limite nférieure du foie, à raison de la moindre longueur du thorax, est située un peu feins au-dessous du rebord des côtes. Ni le bord tranchant du foie dépassant de |uelques centimètres le bord inférieur des côtes, ni le lobe gauche, lorsqu'il i*est pas augmenté de volume, ne produisent une matité sensible au son de la Mrcussion. La distance qui sépare la limite supérieure de la limite inférieure du oie mesurée par Frerichs sur ^9 individus âgés de vingt à quarante ans, s'élève Hk moyenne sur la ligne mamillaire à 9^,5, sur la ligne axillaire à 9^,36, sur lu ligne sternale à 5'',82 (1).

Lorsque le foie augmente de volume, la matité s'étend plus loin dans l'hypodiondre droit et dans l'épigastre. La matité devient moins distincte ou s'efTace tanplétement dès qu'on approche du bord antérieur de l'organe, et c'est là un hk qu'il faut connaître pour ne pas croire le foie plus petit qu'il n'est en réablé* Avant de prononcer le diagnostic d'un gonflement du foie en se fondant sur h^ fiait d'une matité plus étendue dans l'hypochondre droit, il faut que l'on ait fm exclure un déplacement de l'organe par en bas. Nous avons exposé au long, pge 230, les faits qu'il importe de connaître pour établir le diagnostic différen- |M de l'agrandissement et du déplacement de ce viscère. Il se peut encore que It foie, sans être augmenté de volume, touche la paroi abdominale par une plus Iprande surface, par la raison qu'il s'est incliné vers en bas à la suite d'une |vessîon qui s'exerce sur la partie inférieure de la cage thoracique, ou à la suite $a relâchement du parenchyme hépatique (Frerichs), ou bien enfin, parce qu'il a wme forme anormale. Les anomalies de forme les plus communes sont celles qui ils développent chez les femmes habituées à trop serrer leurs corsets, ou ce qui Ml pire, à serrer trop fortement les cordons de leurs jupons. Le foie, sous l'in- Ihwnce de cette pression qui s'exerce sur lui d'une manière continue, peut, avoir augmenté de volume, se trouver fortement aplati et allongé à un tel

(1) Ces chiffres différent d'une manière très^in^nlière de ceax donnés par Bamberger qni, moyenne de trente mensurations faites sur les adultes, a trouvé dans la ligne mamil- 9 centimètres chez les femmes, 11 chez les hommes, dans la ligne axillaire 10 cent. 5 tes femmes, 12 chez les hommes, et à 3 centimètres du côté droit de la ligne médiane • cent. 5 chex les femmes et 11 chez les hommes, comme étendue moyenne de la matité.

{Note de hauteur,)

point qu'il dépasse de la largeur de plusieurs doi^ le bord inférieur des côtes et même qu'il descende, comme cela arrive dans quelques cas rares, jusque sar la crèle iliaque. Ces anomalies de situation et de forme doivent être prises ei considération, si Ton veut tirer un parti convenable des données de rexamai physique.

En ce qui concerne spécialement le gonflement hypérémique du foie, il est rare qu'on s'en «iperçoive rien qu'au simple aspect extérieur. A la percussion qb trouve, à raison de la forte augmentation de l'épaisseur, une matité considérable qui s'étend de l'hypochondre droit jusque dans l'hypochondre gauche et, de haut en bas, jusqu'au niveau du nombril et même plus loin. La résistance da foie étant également augmentée, on sent généralement le bord de l'organe d'aoe manière trés-distincte à la palpation, et l'on peut même se convaincre de Fat»sence de toute modification de sa forme et de l'état lisse de sa surface. Une cir constance facile à comprendre et qui caractérise encore la tuméfaction hyp<^n-mique du foie, c'est qu'elle peut augmenter et diminuer plus rapidement qW| toute autre tuméfaction de cet organe.

g ft. — Traitement.

hHndicntion cnusale réclame l'éloignement des conditions qui ont favorisé b fluxion vers le foie ou la stase qui s'y est développée. Les fluxions dues ai excès de table doivent être combattues par un régime plus sobre, celles qui seil dues plus particulièrement aux excès alcooliques demandent l'abstinence cooplète de ralcool. De même il peut devenir nécessaire que l'on recommande u changement de séjour, si des personnes qui habitent les pays tropicaux ou des lieux infectés de malaria (1) tombent malades à plusieurs reprises d*une hypfréinie du foie. Lorsque enfin de fortes fluxions se déclarent du côté da Aûe avant l'arrivée des règles, ou lorsque ces dernières ne se montrent pas au dnk ment où elles sont attendues, l'indication causale demande une application àt sangsues n rorifice de la matrice ou de ventouses scarifiées à la face interne des cuisses. Dans les stases sanguines du foie, nous sommes ou hors d'état de répondre à l'indication causale, ou si nous pouvons y ré])ondre, ce n'est pas l*hTpérémie elle-même, mais d'autres troubles qui nous déterminent à intenenîr. Si. p<ir exemple, dans une pneumonie nous praticpions une saignée, et que par iî nous modérions une stase dans le foie, ce n'est pas cette dernière, mais la stase dans le cerveau ou quelque autre cause qui exigeait la saignée.

l^our satisfaire à Vin<nrnfion morbide on a souvent ordonné dos saignées localr* dans la région du foie. Cette manière d'agir est aussi irrationelle qu'iut'ftifaf»". et Henorh a bien raison de dire (jue cela revient au même d'appliquer le>saa> sni^s sur rhyporhondre droit ou de 1rs poser sur les poignets ou 1rs iiKillt'-'î'^- Au contraire, une application de sangsues au pourlour de Tanus, si les si»iitTnf cos sont assez intenses pimr justifier l'emploi île ce m<»yen, doit ètn» fikrtem-îîi recommandée. Appliquées là, les saiiirsues relirent le sang des vai5$<Min f"

'1; Synonyme» df^ miasino |)aliiil('on. \ t"

s'aiiastonioseiit avec les racines de la veine porte ; elles modèrent ainsi la pression sur les parois de ce vaisseau et par conséquent tendent à diminuer la quantité de sang qui arrive au foie. Un effet semblable est celui des laxatifs, surtout ées sels neutres qui produisent également une déplétion des veines intestinales, à raison de la quantité d*eau qu ils eu retirent, et affaiblissent ainsi la pression iatérieure sur les parois de la veine porte. Les malades atteints d'hypérémie habituelle du foie se rendront avec avantage aux eaux de Hombourg, de Kissin* gen, de Harienbad, etc.; en effet, pris sous celte forme, les sels s*introduisent dans le corps d'une manière qui évidemment est longtemps supportée sans inconvénient.

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