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HÉPATITE SYPHILITIQUE

syphilitique à cette dernière et de la faire dépendre d'elle. Il en est autrement de la forme de Thépatite qui fait Tobjet de ce chapitre et que Dittrich a décrite pour la première fois d'une manière exacte et désignée du nom d'hépalUe syphiliiique. La coïncidence de cette affection du foie avec les maladies syphilitiques est si constante, et les caractères ressemblent tellement à ceux de la syphilis des autres organes, que Ton est parfaitement en droit d'adopter la manière de voir de Dittrich et de ne la considérer que comme un des symptômes de la syphilis constitutionnelle.

En fait de lésions anatomiques (1), on ne connaît que celles qui appartiennent aux périodes ultérieures de Thépatite syphilitique. Ordinairement on trouve le foie rapetissé, à moins qu'il ne soit en même temps le siège d'une dégénérescence lardacée. A sa surface on remarque des sillons profonds qui lui communiquent un aspect singulièrement lobé; à ces sillons correspondent à l'intérieur du foie des masses fibreuses compactes, qui souvent prennent la place du parenchyme effacé dans toute l'épaisseur de Torgane. Dans quelques cas on trouve au milieu de ce tissu calleux des foyers allant de la grosseur d'un grain de chènevis à celle d'une noisette et composés de masses jaunes, caséeuses. Quelquefois aussi ces masses caséeuses se trouvent transformées en une bouillie crétacée ou réduites à l'état de concrétions calcaires petites et dures.

Les symptômes et la marche de l'hépatite syphilitique sont presque inconnus; dans la plupart des cas où l'on a découvert à l'autopsie un foie atteint de dégénérescence syphilitique, la maladie avait passé inaperçue pendant la vie. Il n'est pas impossible que, quand la maladie a fait de grands progrès, il en résulte un ensemble de symptômes dus à la compression des branches de la veine porte et des voies biliaires, et offrant assez d'analogie avec les symptômes de la cirrhose. Cependant dans les cas reconnus pendant la vie par Bamberger, il n'existait qu'une seule fois une ascite modérément développée et jamais d'ictère (2). Bamberger attache pour le diagnostic, outre l'existence de la syphilis constitutionnelle, la plus grande importance à la forme particulière du foie, qui laisse percevoir à sa surface des saillies irrégulières, sous forme de bosselures ou de

(i) Il existe deux formes anatomiques d'hépatite syphilitique. La première, qui est surtout fréquente chez les enfants nouveau-nés issus de parents syphilitiques, se caractérise par une formation d'éléments jeunes de tissu conjonctif au pourtour des lobules hépatiques et dans l'intérieur même des lobules entre les cellules; en môme temps les cellules sont habituellement iBÛitrées de pigment jaune. M. Giiblcr a attiré l'attention sur cette forme, et nous avons eu bien souvent l'occasion, M. Ranvier et moi, de l'étudier histologiquement. La seconde forme, qui complique souvent la première, soit chez l'enfant, soit chez l'adulte, et qui n'en est qu'une phase ultérieure, c'est celle qui montre des productions gommeuses. Les gommes qui ont souvent à l'œil nu et au microscope des caractères si rapprochés de ceux des tubercules, s'en distinguent, ainsi que l'a montré M. Ranvier, en ce que les vaisseaux sanguins qui y sont compris ne sont pas oblitérés, tandis qu'ils le sont constamment dans les tubercules. Leur dureté, leur zone fibreuse périphérique, leur mode de dégénérescence graisseuse centrale sous forme de corps granuleux, sont aussi des indices qui permettent de les reconnaître des tubercules. V. G.

(3) D'après les faits d'hépatite gommeuse que j'ai vus, l'ascite souvent très-développée m'a para être la règle. — L'ictère a été noté par M. Gubler comme ayant accompagné le début de lu période secondaire de la syphilis. Nous avons observé deux cas semblables dans lesquels, du reste, la cause anatomiquc de l'ictère nous échappe, les malades n'ayant pas succombé. V. C.

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rebords, très-appréciables à la palpation. Ce symptôme, il est vrsû, manquera dans tous les cas où le foie, au lieu d'être augmenté de volume, sera diminué et ne dépassera pas le rebord des fausses côtes. Sur une femme de Greifswald, qui accusait les symptômes d'une péritonite chronique, il m'a été possible de prononcer avec beaucoup d'apparence de vérité le diagnostic d'une hépatite syphilitique, fondé sur la forme particulière du foie, et cela avant que la malade eût avoué qu'elle avait été infectée et avant que l'inspection de l'arrière-bouche eât révélé une perte de substance assez considérable de chaque côté dn voile du palais.

Il ne peut naturellement guère être question d'un traitement de l'hépatite syphilitique, parce que dans les cas peu nombreux où l'on peut la reconnaître, l'évolution est déjà terminée et une cicatrice est formée dans le foie, cicatrice contre laquelle ne sont indiqués ni les mcrcuriaux ni les préparations iodées.

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