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INFLAMMATION DE LA VEINE PORTE

C'est ainsi que s'expliquent le mieux les thromboses de la veine porte à la suite des ulcérations ou des fontes ichoreuses dans les organes abdominaux, à la suite des inflammations de la veine ombilicale des nouveau-nés, après les abcès de la rate, les ulcères de Testomac, les tumeurs hémorrhoîdalcs enflammées et suppurées et autres accidents semblables. — /i* Il reste encore à décider si des emboles arrivés au foie d'un foyer ichoreux peuvent entraîner une coagulation d'abord circonscrite et plus tard diffuse du sang de la veine porte.

g 2. — Anatomie pathologique.

Le résultat le plus constant -de la pyléphlébite à su première période est, pour une forme aussi bien que pour l'autre, la coagulation du contenu veineux. Il est important que l'on connaisse cette circonstance, afin d'éviter l'erreur d'après laquelle la phlébite suppurative (voyez plus loin) débuterait par une formation de pus dans la veine. Le caillot adhère solidement à la paroi veineuse. Celle-ci, dans la phlébite primitive, est devenue plus épaisse dès le commencement et imbibée de sérosité ; elle laisse apercevoir un trouble de la tunique interne et une injection de la tunique externe. Dans la thrombose, la paroi veineuse reste normale au commencement, mais elle se modifie bientôt à son tour de la manière indiquée. La coagulation du contenu de la veine porte peut être limitée à quelques branches du vaisseau; dans d'autres cas, elle s'étend sur son tronc, ses racines et ses ramifications.

Les terminaiso7i8 de la pyléphlébite diffèrent, et cette différence est cause que h maladie a été divisée en forme adhésive et en forme suppurative.

Dans la pyléphlébite adhésive il se développe, pendant que le thrombus se ratatine petit à petit, qu'il subit la dégénérescence graisseuse et se résorbe, soit en entier, soit en partie, une végétation inflammatoire de la paroi veineuse. Cette végétation se termine par une oblitération de la veine, mas iil nous est impossible de poursuivre toutes les phrases de ce travail inflammatoire. Si l'on examine un foie qui a été le siège d'une pyléphlébite adhésive, on trouve à sa surface des endroits qui ont subi un retrait cicatriciel, et à l'intérieur, dans les parties qui correspondent à ce retrait, un tissu calleux, dans lequel il est encore possible de reconnaître les branches oblitérées de la veine porte. Ces dernières peuvent renfermer des restes de thrombus transformés en matière grasse et plus ou moins colorés en jaune par l'hématine.

Hanslsi pyléphlébite suppurative le thrombus, au lieu de se racornir peu à peu, se réduit en un liquide puriforme. Ce dernier consiste pour la plus grande partie en un détritus à granulations fines, et ne contient que peu de cellules rondes qui peuvent être tout aussi bien des corpuscules sanguins incolores et restés intacts que des corpuscules de pus de formation nouvelle. Il est rare que le thrombus subisse cette transformation en même temps dans toute son étendue. Souvent le Ironc renferme encore un coagubim solide, tandis que les branches et les racines contiennent un liquide purulent. Plus souvent encore c'est précisément dans les ramifications les plus fines de la veine porte que cette fonte puriforme n'a pas lieu; et c'est ainsi que les caillots, formés dans ces canaux et continuant de s'y

maintenir, empêchent que les masses désagrégées arrivent dans la veine hépatique et plus loin dans la petite circulation. Il m'a été possible dans 4eux cas de phlébite suppurative de constater exactement cette séquestration du contenu veineux, réduit en détritus; elle explique d'une manière on ne peut plus simple l'absence si fréquente des affections secondaires du poumon, qui ne pourraient manquer d'arriver si les divisions terminales de la veine porte n'étaient oblitérées. — Mab de même que dans une phlébite périphérique il n'est pas rare que rînflamdialioii s'étende de la tunique externe aux tissus circonvoisins pour y donner lieu à la suppuration et à la formation d'abcès, de même aussi à la pyléphlébite suppurative s'ajoute bientôt une hépatite parenchymateuse qui se termine par le développement d'abcès dans le foie. On trouve alors dans cet organe des foyers remplis de masses purulentes qui entourent la veine porte et communiquent souvent avec elle.

g 3. ~ Symptômes et marche.

Lorsque h pylépMébUe adhésive reste limitée à quelques branches seulement de la veine porte, elle parcourt son évolution sans se trahir par des symptômes pendant la vie. Les branches non oblitérées suffisent pour conduire le sang des o^ ganes abdominaux dans la veine hépatique. — Lorsque c'est le tronc du vaissean, ou bien la totalité, ou au moins le plus grand nombre de ses branches qui se trouve oblitéré, il en résulte un état morbide dont les symptômes offrent la plis grande ressemblance avec ceux de la cirrhose. Les racines de la veine porte ne pouvant pas, dans ces circonstances, se débarrasser de leur sang, il en résulte des catarrhes de la muqueuse gastro-intestinale, des hémorrhagies de cette moqueuse, des hémorrhoïdes, un agrandissement de la rate et une ascite. La compression des voies biliaires dans la pyléphlébite adliésive entraîne, plus souvent que dans la cirrhose, la stase biliaire et riclère (1), car les cellules hépatiques restent en plus grand nombre et peuvent ainsi préparer de la bile. La continuation de la sécrétion biliaire et la naissance de l'ictère dans la pyléphlébite semblent prouver que ce n'est pas seulement la veine porte, mais encore Tarière hépatique qui amènent aux cellules les matériaux nécessaires pour l'élaboration de la bile. La marche de la maladie est chronique. La guérison est impossible, mais souvent il se passe des mois avant que la mort arrive au milieu des mêmes syroptôma que ceux de la cirrhose. De là il résulte évidemment que la pyléphlébite ne peut être reconnue et distinguée de cette dernière, grâce aux renseignements anamne»tiques. Si l'individu atteint n'a pas été adonne à l'alcool, si par contre les symptômes de sa maladie ont été précédés d'un travail inflammatoire et suppuniif chronique dans l'abdomen, celte double circonstance, jointe à une rapidité de h marché plus grande que celle de la cirrhose, donne un haut degré de probabili'i^ à Texislence d'une pyléphlébite adhésive.

La pyl{^)hJébUe suppurative n'a jusqu'à présent clé reconnue que raremeai

(1) Dans un assez grand nombre de cas de pyléphlébite réunis par M. Ginlrao (de Borfwai' riclùrc manquait environ dans la moitié des cas. V. C

pendant la vie. Les symptômes qui lui appartiennent sont les suivants : douleurs dans la région du foie, goiifleinent de cet organe, grande sensibilité à la pression, frissons répétés par des intervalles irréguliers, fièvre intense, ictère qui ne manque presque jamais. Si ces phénomènes viennent se joindre à une inflammation ou à une ulcération des organes du bas-ventre, on peut bien admettre avec quelque certitude qu*il vient de se développer une inflammation aiguë du foie, mais on ne sait pas encore si Finflammation réside dans le parenchyme ou dans la veine porte. Cette dernière conclusion n'est permise que, dans les cas où les symptômes éimmérés se compliquent des signes si souvent mentionnés de Timperméabilité de la veine porte, à savoir : du gonflement de la rate, d'une ascite légère, d'héuiorrhagie de la muqueuse gastro-intestinale. — Ce fut Schoenlein (|ui reconnut le pi\imier pendant la vie, et en s* appuyant sur les symptômes que nous venons de nommer, un cas de pyléphlébite suppurative, et fournit ainsi la preuve non-seulement d'une sagacité extraordinaire, mais encore de la direction rigoureusement anatomo-physiologique de son esprit.

g 4. — TraitemeDt.

Tout ce que nous avons dit du traitement de la cirrhose s'applique à celui de la pyJéphU^bite odhMre. Le traitement de h pyléphlébite suppuralive se confond, au contraire, avec celui de Thépatite parenchymateuse aiguë.

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