CHAPITRE IX
LA STASE BILIAIRE DANS LE FOIE ET L'iCTÈRE QUI EN DÉPEND.
§ 1*'. — Pathogénie et étiologie.
Les voies biliaires ne possèdent pas d* éléments contractiles qui leur permettent d'expulser leur contenu. Nous sommes par conséquent forcés d'admettre que la bile dans les canaux biliaires doit être propulsée essentiellement par les mêmes forces qui la font pénétrer dans l'origine de ces canaux, c'est-à-dire par la pression qu'exerce la sécrétion elle-même. La compression que le foie éprouve pendant l'inspiration par la descente du diaphragme contribue, il est vrai, également à la déplétion des voies biliaires; mais nous ne devons pas nous exagérer reffet de cette pression, attendu que la vésicule, sur laquelle cette pression doit agir bien plus fortement que sur le foie, organe résistant, peut être gorgée de bile malgré les mouvements respiratoires. Dans tous les cas, la fore* qui fait avancer la bile dans les voies biliaires est si minime, qu'il suffit de la plus légère résistance pour la vaincre, et qu'un obstacle très-peu important venant s'opposer à l'évacuation de la bile peut en produire l'accumulation dans le foie, déterminer en un mot une stase biliaire»
Lorsque la réplélion des voies biliaires et des cellules hépatiques devient considérable et que la pression sur les parois de ces organes arrive à une certaine intensité, une grande partie de leur contenu passe par voie de filtration dans les vaisseaux sanguins et lymphatiques. Telle est la cause la plus fréquente de Fictère. Si l'on ne rencontre dans le sang et dans les sécrétions, ainsi que dans la plupart des tissus des individus atteints d'ictère, que la matière colorante de la bile et non les autres éléments de cette substance, cela s'explique par les chan-
(1) Pamii les symptômes qu'on vient de lire, l'ictère n'est pas constant ; il manque dans 3 ca» sur 17 ; dans un autre cas, il a été très-passager. Dans les autres il était considérable et s'arcompagnait de la décoloration des matières fécales, si bien qu'on pourrait, d'après NieuieTer (loc. et/.), s'appuyer sur ce symptôme pour établir le diagnostic avec le cancer ou la syphilis hépatiques. La tumeur du foie est dure et mamelonnée; dans un cas, elle a donaé même de b fluctuation; Niemeycr insiste sur ce que la vésicule biliaire n'est pas dilatée, la cooipressiui s'excrçant uniquement sur les conduits hépatiques.
L'ascite, la péritonite chronique localisée et les troubles de la nutrition {générale sont presque constants. On a noté aussi des hémorrhagies du tube digestif. Dans un cas rapporté par Niemeycr, il y avait de l'albumiimrie et une dégénérescence amyloïde du rein. V. C