STASE BILIAIRE DANS LE FOIE
gements de combinaison que subissent ces éléments, une fois qu'ils sont arrivés dans le torrent circulatoire, changements qui ne permettent plus de les y retrouver. Cette explication semble justifiée par ce fait, que dans les conditions normales les acides de la bile, dont il s*agit ici principalement, disparaissent en grande partie de l'intestin et passent également dans la masse du sang, sans qu'il soit possible d'y constater leur présence (1).
Parmi les maladies du foie exposées jusqu'à présent il en est quelques-unes, surtout le foie gras et le foie lardacé, qui ne sont jamais suivies d'ictère, parce qu'elles n'ont jamais pour résultat la compression des voies biliaires. D'autres, telles que la cirrhose, le cancer, les échinocoques, tantôt produisent la stase suivie d'ictère, tantôt ne la produisent point. Dans les cas où les voies biliaires subissent la compression seulement dans l'intérieur du foie, la stase reste partielle, la résorption biliaire et l'ictère n'arrivent pas à un bien haut degré, les selles reçoivent encore assez de bile des conduits non Comprimés pour conserver une nuance de leur couleur naturelle. Il en est autrement lorsque des tumeurs du foie viennent comprimer le canal hépatique ou le canal cholédoque : alors la stase devient générale, l'ictère excessif, les selles tout à fait incolores.
La stase biliaire générale avec ses suites se rencontre bien plus fréquemment dans les affections des canaux excréteurs de la bile et lorsque ces c^inaux sont coniprimés par des tumeurs. Ces états pathologiques nous occuperont dans la section suivante; il ne sera question dans ce chapitre que des modifications que le foie éprouve par la stase biliaire et des conséquences de cette stase.
§ 2. — Analomie palholojçique.
Par l'effet d'une stase biliaire générale et excessive le volume du foie peut se trouver augmenté aussi bien que par une stase sanguine considérable; cependant le gonflement diminue très-vite, aussitôt que l'obstacle au libre écoulement de la bile est levé. La forme de l'organe n'est pas modifiée par cet agrandissement. Les voies biliaires grandes et petites paraissent dilatées dans les degrés supérieurs de la maladie et gorgées de bile. La teinte du foie est d'un jaune intense et couleur d'olive dans les degrés les plus élevés; ordinairement cette teinte n'est pas uniforme, mais tachetée. A l'examen microscopique, on trouve, d'après la description de Frerichs, tantôt tout le contenu des cellules hépatiques coloré d'un jaune pâle, tantôt un pigment à granulations fines qui s'est déposé surtout aux environs des noyaux. Lorsque la maladie dure depuis un certain
(1) Tout récemment Kiihnc a prétendu que cette opinion est erronée et que l'emploi de méthodes insuffisantes pour constater la présence des acides de la bile est cause de cette erreur. Ses expériences, pour lesquelles il s'est servi de la méthode indiquée par Hoppe, lui prouvent que les acides de la bile se retrouvent constamment dans l'urine des individus atteints d'ictère, et bien plus, que ces acides, non-seulement ne sont point absorbés dans l'intestin d'individus sains, mais qu'ils se retrouvent même très-peu modidés dans les selles de ces individus. Ces découvcrlcs, qui feraient subir à la théorie de l'ictère et du rôle physiologique de la bile une transformation importante, ont besoin pour le moment d'une plus ample confirmation.
(Note de Vauteur,)
temps, les cellules hépatiques contiennent des dépôts pigmentaires plus solides sous forme de bâtonnets jaunes, brun rouge, ou verts, de globules ou petits polyèdres à arêtes très-vives. Les cellules à contenu pigmentaire se trouvent surtout aux environs des veines centrales.
Même lorsque Tobstacle à Texcrétion biliaire n*est pas levé, le foie, d*abord agrandi considérablement, peut être diminué et même réduit à un très-faible volume. L'organe, en subissant ce changement de dimension, prend en nuéme temps un aspect vert foncé, même noir, perd sa consistance et devient mollasse. Dans ces cas, la nutrition des cellules hépatiques a souffert par la compression (les vaisseaux sanguins et sous la pression exercée sur les cellules par les conduits biliaires dilatés, peut-être aussi sous celle qu'exerce la bile accumulée dans les cellules elles-mêmes. Au microscope, on voit que la plupart des cellules, sauf quelques-unes de conservées qui sont très-riches eu pigment, se trouvent réduites en un (détritus à granulations très-fines.
Dans presque tous les organes et liquides du corps, on reconnaît très-facilement à l'autopsie des cadavres d'individus ictériques, l'accumulation du pigmeot iiiliairc. Abstraction faite de la couleur caractéristique de la peau, de la conjonctive, de l'urine, etc., sur laquelle nous reviendrons avec plus de détsùl au chapitre suivant, quand il sera question des symptômes objectifs de la maladie, oo est frappé à l'ouverture du cadavre par la coloration jaune citron de la graisse dans le tissu cellulaire sous-cutané, dans l'épiploon, dans le péricarde et ailleurs. Les caillots fibrineux contenus dans le cœur et dans les vaisseaux, le U- (|uide qui baigne les feuillets du péricarde et môme les produits de transsudation ou d'exsudation pathologique de cette séreuse, s'il en existe, ainsi que ceiix de la plèvre et du péritoine, présentent la coloration de l'ictère. Moins une partie est colorée en rouge à l'état normal, plus cette coloration jaune parait marquée à l'état pathologique, en sorte qu'on l'aperçoit bien plus distinctement dans les membranes séreuses et fibreuses, dans les parois vasculaires, dans les os el les cartilages, que, par exemple, dans la chair musculaire et la rate. Seuls, le cerveau et la moelle épinière font exception, eu ce que ces organes ne laissent apercevoir que rarement une légère teinte ictérique. Frerichs confirme les ohservations faites avant les siennes, d'après lesquelles les produits de sécréliou proprement dits, tels que la salive, les larmes, le mucus, ne contiennent pas ik pigment biliaire, tandis que les exsudats riches en albumine et en fibrine en renferment de grandes quantités. Des changements qui offrent encore un jn^nl intérêt, ce sont ceux qui s'accomplissent dans les reins, changements décrits exactement et dessinés pour la première fois par le savant que nous venons de nommer. Il trouva dans les formes anciennes et intenses de l'ictère que les reins étaient d'une couleur olivâtre et que quelques-uns des conduits urinifères étaient remplis d'un dépôt brun ou noir. En examinant de plus près, il vit, dans les conduits les plus pâles, les cellules épithéliales, qui rarement se trouvaient dans un état d'intégrité parfaite, colorées en brun par le pigment, tandis que les conduits de couleur foncée étaient remplis d'une matière noire, dure et cassante, b pigmentation des cellules épilhéliales commençait déjà dans les capsules de M.ilpi^^hi et devenait plus forte dans la partie corticale des conduits,. tandis «pie