‹ Eléments de pathologie interne et de thérapeutiqueChapitre 15 sur 174 · OU CONVULSIF · texte numérisé non relu

OU CONVULSIF

§ 1^. Pathogénie et étiologie.

Avant que Texistence des muscles dans les bronches fût prouvée, bien avant qu'on eût vu qu'ils se contractent à la suite d'une irritation du nerf vague et surtout à la suite de l'irritation de la muqueuse, on avait décrit des fcurmes iV(Ui1meê en grand nombre dans les livres de pathologie. Il est vrai que plus tard la plus grande partie de cette catégorie fut rattachée à des modifications nmtérielles du parenchyme pulmonaire, surtout k l'emphysème, et à des maladies organiques du cœur, etc.; cependant, dans un certain nombre de cas, il existe réellement un asthme nerveux, une névrose du nerf vague, par suite de

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laquelle les muscles bronchiques se contractent spasmodiquement et la lomière des broncbes se rétrécit.

Noos aTons déjà dit que l'hypérémie et le catarrhe de la muqueuse des broup ches sont souvent accompagnés de contractions des muscles bronchiques, que ce phénomène doit être conâdéré comme un mouvement réflexe qui est provoqué |Mr les fibres sensibles du nerf vague dans les fibres motrices du même tronc, et que celte contraction est une cause de la dyspnée dans le catarrhe bronchique. Cependant le spasme de ces muscles, dû à des modifications de structure de la mqnense bronchique, ne constitue pas l'asthme nerveux ; ce nom n'est donné fi*aiix cas où Tirritation du nerf vague se fait à un endroit éloigné de la mufWttse, que ce soit à son origine, sur son trajet, ou bien que nous soyons obligés d'admettre que l'irritation de fibres nerveuses autres que celles du nerf mgne ait provoqué par un mouvement réflexe l'irritation pathologique des fibres motrices de ce tronc (1).

(1) La théorie physiologique de rasthme a été profondément modifiée dans ees dernières mnées par les travanx considérables de Rosenthal (Die Athembewegtmgen. Berlin, 1863, et Aftkmf fur Anat. und Phy$. von Reichert and Dubois-Reymond, 1864) et de G. Sée {Nouveau fkUonMàrt de médecine et de chirurgie pratiques^ t. III), dont nous devons donner ici on lésomé sQccinct.

Tout d*abord, le réle des mnsdes lisses découverts par Risseissen dans les bronches est loin d'être aussi important cpi'on le croyait dans l'inspiration et Texpiration physiologiques. Leur excitation artificielle à Taide de Télectricité appliquée soit directement sur eux, soit sur le poumon, soit sur le nerf pneumogastrique, a donné des résultats tellement contradictoires, qu*il est difficile de préciser ce qui appartient en propre à leur contraction. Si Ton admet une action contnetile leur appartenant en propre, elle est en tout cas bien inférieure à la force de rétraction da poumon due à son élasticité. D'après Donders, Rosenthal et Rugenburg, l'ascension du mercure dans le manomètre introduit dans la trachée, lorsqu'on électrise le pneumogastrique, est due à des contractions de l'oesophage, de l'estomac et à des déviations du courant sur les muscles tlMnciques. Les muscles bronchiques sont^-ils inspirateurs ou expirateurs T C'est ce qu'on ignore. • Dans les respirations normales, dit M. Sée, leur action doit être bien limitée, puisque même les excitations électriques ne parviennent que rarement et difficilement à les faire contracter ; mssi est-on arrivé à ce singulier résultat : qu'ils sont destinés|à n'entrer en action que dans les conditions morbides; ainsi, dans la coqueluche, ils seraient le siège d'un spasme chronique, et dans l'asthme, d'une contraction tétanique. Ce serait à coup sûr le premier et le seul exemple d'un organe ne fonctionnant que pour produire un trouble morbide. • Ni l'excitation, ni la panljtie centrifbge des nerfii pneumogastriques ne reproduisent rien de comparable à la dyspnée ssthmatique.

Mais il est une série nouvelle d'expériences faites par Rosenthal qui reproduisent chei les animam des phénomènes tout à fait comparables à ceux do l'accès d'asthme : ce sont celles où il s déterminé une excitation centripète du nerf vague et du rameau laryngé supérieur.

Après avoir coupé le pneumogastrique au-dessous de la naissance du nerf laryngé supérieur,. QD observe sur l'animal en expérience une respiration lente et pénible. L'excitation galvanique do bout supérieur détermine par la voie centripète un arrêt de la respiration qui a lieu dans Hnspiration et s'accompagne de la contraction tétanique du diaphragme, des intercostaux, des sealènes, etc. L'action centripète du pneumogastrique est réfléchie au centre respiratoire ou nœud vital sur les nerfs phréniqucs, intercostaux, etc. Le pneumogastrique est donc le nerf d'arrêt de la respiration par son action centripète, de môme qu'il est le nerf d'arrêt du cœur par la galvanisation de son extrémité périphérique. L'excitation du bout supérieur du nerf laryngé supérieur détermine aussi un arrêt de la respiration dans l'expiration, avec relâchement da diaphragme.

Si fon compare ces phénomènes, suivis de respirations précipitées, puis ralenties et pénibles.

L'étiologie de l'asthme nerveux est aussi obscure que celle du spasme de la t'btte. 11 est pour le moins douteux que les maladies du cœur et l'emph^^me. que l'ou indique comme des causes prédisposantes, donnent encore lieu à d» fonctions anormales des muscles bronchiques, à côté de la dyspnée que cti maladies entraînent par elles-mêmes. Certaines maladies des organes cenlraui, des tumeurs qui cumprimcnt le nerf vague, sont des causes rares de cette altection. Dans d'autres cas, l'asthme bronchique est associé à d'autres névroses, par exemple 4 des affections chroniques de l'utérus (asthme hystérique); dans d'autres, une nutrition anormale des organes centraux, suite d'un empoisonnement du sang, doit être considérée comme la cause de l'asthme ; ainsi une suppression dé l'urine, pendant laquelle les éléments de ce liquide ou ses produits de décomposition s'accumulent dans le sang, provoque quelquefois des accès d'asthme qu'on désigne sous le nom d'asthme urineux (withma nrinosiiin). Enfin l'asthme atteint, d'une manière tout à fait idiopalhique, des personnes qui pendant la vie paraissent saines du reste, et chez lesquelles on no trouve à l'autopsie aucune des anomalies dont nous avons parlé jusqu'id.

Les causes déterminantes des accès isolés sont, dans la plupart des cas, Innl aussi obscures. 1! y a des persoimes qui chez elles n'ont jamais d'accès d'asthme, mais qui en sont atteintes constamment dès qu'elles passent une nuit dans telle ou telle localité. Dans d'autres cas, l'inspiration de la poussière de certaines plantes, surtout de l'ipéeacuanha, provoque les accès. Enfm on compte parmi les causes occasioinielles de l'asthme nerveux les alTeclions morales, les excès de coït, les pneumatoses intestinales (le gublic admet cette dernière cause snr une très-large échelle),

§ a. — Annlomie pathologique.

On ne réussit, comme nous venons de le voir, que dans les cas les plus rares & retrouver sur le cadavre des modifications matérielles auxquelles on puisse rattacher réellement les symptômes obsenés dans l'asthme nerveux (1). Dans

nvee l'nccis d'oslliinc, oa arrivera à celle conclDEîon Tormulée par Rosenllial et G. Stt, fw ^rt(^eè( d'asikme, à »(m début, n'Mf fu'une excUatton centripile du nerf vague et du nerf (»' ryngé tupéritur. A la suite d'une eicilation directe oa réHexe du aerr va^ie, la sennlion At besoin d'air èclnle tout à conp et te traduit par une iDipiration dinicilc, brasi^ae, avec i t<-t.iuiijue du diaphragme, coutraclioD Énergique des muscles inspirateurs des câtei, du di ilu cou. A cotte inspiralioD si pèaililc et si peu cITlcace succède une expiration prolonge sifflante, due d'abord à la rétraclililâ du poumon, puis i l'action du nertlarjugé supérieur.

La dyspnée asthmatique est donc due, dana l'immense majorïtfi des cas, à une excitation tripète dn nerT vague et du nerT larTngé supiricnr, causfc par une impression de quelque m qu'elle soit (poussières, action du Troid, etc.}, sur les terminaisons lensibiei de ces d L'excitation transmise au niEUil vilal se réllActiit sur les mnsclcs inspirateurs. Ces mêmes i peuvent ttre otilenus, bien que très-rarement, par une excitalian périphérique ou cnccphaUque venant se rélliSchir Ëipleineul au nirud vital. V. C.

(1) La dénomination J'asllmie nous paraît devoir simplement répondre ï un ensembla de Sfmpldmea se reproduisant par necèi; car si l'on refuse ce nom aux cas où l'autopsie as rivèls aucune lésion du cœur, des vaisseaux ou de» poumons, autant vaut effacer l'asllime du cadra pathologique, ce qu'ont résohlment (sit les représentants do l'organicisnie, Ilystan, M. Bouillaud, etc. V, C.

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