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CHAPITRE II

XÉLANÉMIE.

S l•^ — Palhogénie et étiologie.

Chez les individus atteints de mélanémie, on trouve dans le sang un pigment granulé soit libre, soit enfermé dans des cellules, soit entouré de petits coagulums hyalins. Sans «lucun doute ce pigment est issu de la matière colorante du sang; mais on peut se demander où et dans quelles conditions cette transforma^ tion a eu lieu.

Presque tous les observateurs considèrent dans la mélanémie la rate comme le foyer de production du pigment. La présence fréquente de cellules contenant du pigment, dans la rate d'animaux, présence considérée comme un état physiologique par les uns, comme un état pathologique par les autres, ainsi que cette circonstance, que c'est presque toujours dans la rate que le pigment s'accumule

en grande quantité pendant la mélanéroie, ces faits, disons-nous, annoncent bien que le pigment tire principalement son origine de la rate, maïs ils ne prou* vent nullement qu*il ne se forme que là, à Texclusion des autres oignes. Frerichs donne la description d*un cas dans lequel il lui était impossible de rencontrer du pigment dans la rate, tandis que le foie en renfermait de si fortes quantités, qu*il devait être considéré comme le foyer de production de cette substance.

La présence de masses pigmcntaires dans le sang suppose la destruction de grandes quantités de corpuscules rouges. Que cela se passe exclusivement dans la rate ou encore dans d'autres parties, il n'en est pas moins vrai que, d'après toutes les observations, c'est à l'infection de malnria qu'est dû ce phénomène. Cependant dans les formes légères de la fièvre intermittente simple, il ne se produit que peu ou point de pigment dans le sang, et ce ne sont guère que les formes graves et opinitUres de cette infection, et avant tout les fièvres intermittentes pernicieuses, qui paraissent provoquer une mélanémie prononcée. Les rapports unanimes des médecins dans les pays tropicaux sur la coloration foncée des divers organes, surtout du cerveau, dans les cadavres d'ijidividus morts de fièvres rémittentes, donnent fortement lieu de croire que cette forme de l'infection de malaria entraîne également ou toujours très-fréquemment la mélanémie. — Tout naturellement on est conduit a supposer que la dilatation des vaisseaux, et le ralentissement qui en résulte pour la circulation dans la rate pendant les fièvres pernicieuses intermittentes et les fièvres paludéennes rémittentes des pays chauds, deviennent assez considérables pour faire stagner le sang dans cet organe; on peut supposer en outre que dans le sang ainsi en stagnation, les corpuscules sont détruits, qu'il se développe aux dépens de leur hématine un pigment modifié, phénomène que nous observons très-fréquemment dans le saiij: extravasé, par conséquent en stagnation, (ielte explication de la formation ilu pigment par des raisons purement mécaniques est combattue par ce fait, que dans les fièvres intermittentes la tuméfaction de la rate et parlant le ralentissement de la circulation dans rinlérieur de cet organe peuvent devenir très-considérables, sans qu'il se développe une mélanémie, et que réciproquement la mélanémie existe dans des cas où la tuméfaction de la rate est tros-modénV. Nous devons donc admettre (pie riiifectlon de Torganisme par le miasme juiludéen exerce de quelcpie antre manière, jus<in'à présent inconnue, une inthuMUf délétère sur les globules sanguins rouges. Cette influence aurait pour elîet, clif; nous dans quelques épidémies seulement, mîiis dans les pays tropicaux ilaiis tous ou presque tous les cas de fièvre endémique, une mortification trés-éteiulu" des globules sanguins rouges, mortification dont le résultat serait la formation de pigment aux dépens de Thémaline de ces globules (Griesinger).

Les travaux de Vircbow sur les pigments pathologiques expliquent facilenir^iî pourquoi le pigment retrouvé dans le sang se présente non-seulement sons la forme de granulations libres, mais encore enfermé dans des cellulfs inct»K»r»'<. Vircbow a vu, en dissolvant rhéinatine d'une goutte de sang par une adilili«»'î d'eau, que celte substance apparaissait le plus sur les corpuscules inct»lores, •! de celte façon il est permis de supposer que la destnn^tion étendue de fori>iî=-

MÉLANÉMIE. 699

cnles sanguins dans la rate permet à Thématine de s'attacher également aux éléments incolores de la pulpe splénique et d'arriver avec eux dans le sang. Ce qui est plus difficile à expliquer, c'est l'apparition du pigment dans le sang sous forme de masses irrégulii>res. 11 est possible que ces masses consistent en fibrine qui se serait précipitée sur les granulations anguleuses; mais il est plus probable encore que la substance qui agglutine les granulations pigmentaires et leur constitue une bordure claire, provient de l'élément proléique qui, dans les corpuscules en voie de destruction, était combiné avec la matière colorante (Virchow).

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