‹ Eléments de pathologie interne et de thérapeutiqueChapitre 32 sur 174 · TUBERCULOSE INFILTRÉE. 20S · texte numérisé non relu

TUBERCULOSE INFILTRÉE. 20S

D^abord tont ce qae nous avons dit au chapitre précédent sur Tétiologie de la liisie pulmonaire chronique devient beaucoup plus intelligible et plus con- ■le i nos vues pathologiques, dès que nous admettons que la phthisie est la Méquence d*une pneumonie chronique destructive, avec transformation came et fonte des tissus, plutôt que de la formation et de la fonte d*un néoplasme, w, les individus avec faiblesse congénitale ou acquise de la constitution que ■s avons vus être particulièrement prédisposés à la phthisie, sont plus vulnédes que d'autres; les troubles inflammatoires de la nutrition qui surviennent ei eux dans les organes les plus divers entraînent plus facilement que chex ntres individus la destruction des parties atteintes; même cette destruction a a très-fréquemment après une métamorphose caséeuse préalable du tissu en- Dmé. N'est-il pas infiniment plus plausible, par conséquent, que des catarrhes Bachiques qui, chez les individus robustes, ont en général une courte durée restent au moins des affections superficielles, traînent plus facilement en lonenr chez de pareils sujets, quMIs envahissent petit à petit le parenchyme de la m bronchique et de là les cellules pulmonaires voisines, déterminant ici mme ailleurs des infiltrations caséeuses et des destructions; une pareille expli-

ndiUont tobercnletisei. Mais il y a des cas, et ils ne sont pas très-rares, où, de l'avea môme Hieneyer et de Bahl, les recherches minutieuses faites sur le cadavre d'individus morts de Ihisîe aiguë, n'ont fait découvrir aucun foyer caséeux. On est obligé alors de reconnaître que nwthèse d'une infection ne s'applique pas à tous les ras.

)'im autre cdté, dans les cas de phthisie clironique, il nous paraît bien plus naturel, et nous ivons même dire d'une évidence qui s'impose, de reconnaître au développement des tuberes b même marche qu'à toutes les tumeurs. Dans celles-ci, en effet, quelle que soit leur are, carcinome, sarcome, épithélionio, etc., la tumeur s'accroît par sa périphérie, sous forme petites masses arrondies unies à la tumeur primitive ou isolées, et la partie centrale, la plus Mnne de la tumeur, a subi une évolution déjà avancée, peut inènio être caséeuse et en nV- «km, tandis que les masses périphériques sont jeunes. Eh bien, dans le développement des crades, la même marche s'observe : dans les parties les plus anciennes, les granulations •Râleuses devenues jaunâtres et caséeuses sont mal distinctes au milieu de pneumonies ■t subi la même dégénérescence qu'elles ; ces parties peuvent même avoir disparu par ulcéien. A la périphérie, au contraire, les granulations sont jeunes et semi-tran!«parentes. Mais même que dans les tumeurs précitées, il ne vient pas à l'esprit que les masses récentes BBt d*mie nature toute différente de la partie centrale altérée par un processus nécrobio- H, de même, dans le cas de tubercule, il est illogique de supposer que les parties anciennes isBt pas présenté à leur début les mêmes caractères que les parties récentes. Imit à la croyance de ?iienipyer que les innamniations pulmonaires, de quelque nature dles soient, et même les hénioptysies puissent toutes se terminer par dégénérescence gralofraîsseuse, c'est là une assertifm que nous ne saurions partager. Voit-on jamais, par exem- \ le sang épanché dans les apnplexi(>s pulmonaires amener des pneumonies caséeuses ? Et nae dans les autopsies faites avec soin on trouve toujours chez les phthisiques des granula- H, soit dans le poumon, soit à la surface pleurale, et que les sommets présentent toujours I fraralations anciennes au milieu d'un ti^su induré, il nous semble tout naturel de supposer Blés inflammations pulmonaires et bronchiques sont provoquées et entretenues en partie par I lésions aussi bien que par l'état général des sujets. Nous sonmies loin de nier l'influence I refiroidissements et des autres causes dites banales, des pneumonies, ches les tuberculeux, ■ leur attribuons un grand nMe aussi bien qu'à ces pneumonies, mais nous croyons que les mnonies caséeuses, si caractéristiques par la dessiccation de l'exsudat, l'atrophie et la desrtion moléculaire ulcératîve do %?s éléments, ne se rencontrent que lorsqu'il y a des granu- BAS tnbercalenses. V. C.

cation, disons-nous, n'esi-elle pas plus plausible que l'opinion d*aprèt li ce serait le développement de nodosités circonscrites dans le parenchjoi monaire, et les métamorphoses ultérieures de ces nodosités, qui proToqoi la destruction du poumon? — De plus, n*avons-nous pas vu que som phthisie débute avec les symptômes d*un catarrhe du larynx auxquels, pli seulement, viennent s'ajouter ceux d'un catarrhe bronchique (voyes p. Beaucoup d'individus atteints de phthisie indiquent même avec une grand cision la cause de leur premier enrouement, ils reconnaissent que cet ei ment s'est perdu plus tard, mais ils se souviennent fort bien que leur n actuelle date de ce premier symptôme. Parmi les observations que fai reen le nombre de ces cas est considérable, et je ne doute pas qu'ils se préi asseï souvent à tout praticien exercé, pour prouver qu'un semblable éStm phthisie n'est rien moins que rare. Mais est-il permis de s'arrêter un i seulement i l'idée que, dans des cas semblables, la phthisie ait égalen» pour origine un dépôt de tubercules dans le poumon; ces cas ne noua té ils pas, en quelque sorte, d'admettre qu'il existe des catarrhes bronchiqi entraînent la destruction de la paroi bronchique et du parenchyme polm environnant, par conséquent la phthisie pulmonaire, absolument comme i de profondes destructions à la suite d'une éruption eczémateuse ou im| neuse? — Malgré tout cela, la croyance à la grande fréquence d'une pi pulmonaire non tuberculeuse ne sera pas de longtemps admise par la gén des médecins, mais pour ma part, je suis fermement convaincu de la juste cette opinion et de sa haute signification au point de vue de la prophylaxie traitement de la phthisie. Une fois que cette manière de voir aura gagné d rain, je suis persuadé que la phthisie deviendra plus rare et que beauco cas de phthisie commençante qui, aujourd'hui encore, poursuivent leur évol seront amenés à guérison. Il suffira de savoir qu'un catarrhe négligé peut ai la phthisie, pour que Ton traite avec des précautions beaucoup plus grand individus faibles atteints de catarrhes aigus; et pour tout dire, lorsqu'on m vera en face d'un catarrhe traînant en longueur et occupant le sommet ds mon, il suffira de savoir que c'est là un mal dangereux, mais primitif, exiger des malades de bien plus grands sacrifices et prendre des mesurai plus sévères qu'on ne le fait à notre époque, où le plus grand nombre ds decins considèrent toujours encore le catarrhe du sommet comme un mal i daire, comme un symptôme des tubercules miliaires déposés dans cette du poumon (1).

(1) La preuve que les cas cités plus haut n'ont pas encore (ait revenir les obian môme les plus éminents, de l'idée que la phthisie dépend d'une manière absolue de ta culosOf idée qu'ils ont érigée en doctrine hors de toute atteinte du scepticisme, cette nous est fournie en termes frappants par le passage suivant du quatrième vohune de la £ fnédieaU d'Andral :

« Nous verrons que la phlegmasie des voies aériennes, dont les symptdmes pcéeèda des tubercules, n'a pas toiyours son point de départ dans les petites ramifications ni même dans les grosses bronches. Loin de là, nous l'avons vue plus d'une fois par la parUe supérieure du canal aérien, et, par exemple, ne consister d'abord qoa éi simple laryngite. Les individus qui sont dans ce cas, et qu'il faut d'ailleurs diiUmwr i

Page 1