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HÉMORRHAGIES DE LA MUQUEUSE NASALE. — SAIGNEMENT DU NEZ

ÉPISTAXIS.

{ !•'. — Pathogénie et étiologie.

Les capillaires de la muqueuse nasale subissent bien plus souvent des ruptures que les capillaires d'autres muqueuses et d'autres organes, lorsqu'ils lODt dilatés par une pression plus forte sur leurs parois. La plupart des hommes ne souffrent jamais d'hémorrhagies spontanées autres que l'épistaxis; cet accident arrive plus souvent chez tel individu que chez tel autre, bien peu d'hommes ^ restent complètement exempts. S'il est \Tai que les pertes de sang par la nmqaeuse nasale sont de toutes les hèmorrhagies spontanées celles qui se reiiomlrent le plus souvent, nous ne devons pas nous étonner que dans certaines conditions favorables au développement des hèmorrhagies en général, ce soient piMsément les capillaires du nez qui éprouvent, de préférence ou même exclutirement, des solutions de continuité. Probablement l'état pathologique des FVt»s capillaires qui les rend faciles à déchirer, autrement dit la diathèsr ktmorrhagique, est plus ou moins répandu sur tous les vaisseaux du corps; Bttis dans le nez seul, par conséquent dans l'organe où, toutes choses égales ftilleurs, les parois capillaires sont douées de peu de force de résistance, ce Ifonble de la nutrition des parois v<isculaires répandu sur le corps entier suflit pour amener la rupture par l'effet de la simple pression du sang.

La prédisposUioth à l'épistaxis est en générai beaucoup plus forte chez les knnes sujets que chez les personnes âgées, mais en général elle ne se manifeste qu'après la seconde dentition et n'existe pas chez les tout petits enfants. Ensuite, ce sont les constitutions grêles, distinguées par des os fluets, des ■niscles flasques, une peau délicate, qui sont afl'ectées d'épistaxis, plutùt que Itt individus ayant les systèmes osseux et musculaire fortement développés. Ce qui tend à entraver d'une manière toute particulière la nutrition des parois flaires, ce sont les maladies débilitantes, aiguës ou chroniques; rien de Pltis commun, par conséquent, que des épistaxis qui se déclarent comme symp-

252 MALADIES DES ORGANES DE LA R mSPI RATIO f.

tûmes d'un marasme RÎgu ou chronique dans le cours du typhus, d«8 fiêfni intermittentes rebelles, des enanthèmes aigus, de la pleurite, de la périlunîle (surtout des inflammations insidieuses du bas-veulre partant du CŒCum ou du cùloii), enfin dans le cours do la tuberculose et de la carie, etc. L'opinion etprimée plus haut, que tes capillaires du neï sont plus sujets à se déchirer qm ceux des autres organes, reçoit un appui essentiel de ce pbânomène que toute la série des maladies que nous venons de nommer, et qui certainement altérai la nutrition de tout l'oi^anisme, et non exclusivement celle de U muqucuu nasale, produit neuf fois sur dix des saignements du neE plutdt que d'autres h^ morrhagies. Nous devons enfin mentionner que dans le plus grand nombre ila maladies de la rate, l'épistaxis constitue un phénomène très-rommun, et qu'au yeux des anciens médecins une épistaxis répétée, surtout par la narine gaucbe, constituait, comme aujourd'hui encore pour le public, presque le signe patbcgnomonique d'une aiïectioa de la rate. Or les affections de la raie accomptgnent sî fréquemment les maladies débilitantes, et celles-ci, à leur tour, aim lorsqu'elles ne sont compliquées d'aucune maladie de la rate, provoquent il fréquemment des épistaxis, que, dans un cas donné, le lien de causalité enln cette hémorrha^e et la maladie de la rate reste ordinairement douteux. CA est vrai pour l'hypérémie, pour l'hypertrophie simple, pour la dé^énéresceml lardacée de cet organe. Il n'y a qu'une affection de la rate, celle qui fonne 11 base de la leuhémie, pour laquelle nous puissions admettre comme un failcODltaté, que les épistaxis qui se déclarent pendant son évolution dépendent dt' cette maladie elle-même, directement ou au moins indirectement, à raison dl la perturbation générale que cette dégénérescence a fait subir ft la nutrition.

Les causes déterminantes des saignements du nez sont le plus souvent de pci' d'importance, en sorte que généralement il est impossible de les constaltr. V est vrai que des coups ou des contusions, ou d'autres lésions venant atteindre 11 nez, peuvent y provoquer des pertes de sang, de même il n'est pas rare que ila liémorrhagies symptomaliques accompagnent le catarrhe, l'ulcération, les nS»plnsmes dans l'intérieur de cette cavité; mais chez les individus exempts de ptf disposition morbide, ces hémorrhagies ne deviennent jamais très-intenses, A c'est à peine st elles réclament une intervention thérapeutique.

Au contraire, chez les personnes prédisposées, l'étal de pléthore qui s'eropai de l'organisme après im repas copieux, peut suffire pour provoquer une Cpb" taxis ; dans d'autres cas, il suffit qu'un individu ait bu des spiritueux on qu'il tà pris une tasse de thé, de café ou d'une autre boisson chaude, pour être jA d'un saignement de nez; un eiïet semblable peut être produit par des extraoei violents, de fortes émotions et d'autres causes qui augmentent l'action du «bmI' dans d'autres cas encore, un léger obstacle opposé au retour du sang de la &Iê pent suffire pour provoquer une mpture des capillaires; mais comme n<M l'avons déjà fait remarquer, dans la plupart des cas il n'est pas possible de cdiO^ Uiter tes causes déterminantes chez les individus prédisposés, et s'il y a Kn tf distinguer Ibéoriquement pour l'épistaxis une forme pléthorique, une (bn (luxionnaire et une forme par stase sanguine, il est irés-difficile de Juger, il un cas donné, i laquelle de ces trois catégories le saignement appartient.

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