Analoiuic putliolugiquc
Il faul bien se garder de prendre pour dilaté un cœur devenu flasciue par b décomposition ou distendu par du san|^; la putréfaction avancée de tout le adavi'e, la facilité avec latiuelle les parois du cceur se déchirent, et enfin rîmbihition de ces dernières par la matière colorante du san«^ fournissent des points de ri'père pour la distinction. — Quand la dilaUition se propage sur le cœur entier, la forme de Torgane se modifie d'une manière analogue à celle que nous avons vue dans Thypertrophie excentriiiue totale. Mais comme la dilatation est le pias souvent partielle et limitée an ventricule droit et îiux oreillettes, le cœur ordinairement augmente en largeur sans augmenter également en longueur. L'amincissement de la pfiroi cpii s'aperçoit le mieux à la pointe, quand il intéresse le v(fntricide gauche, fait que le cœur gauche ouvert par incision s'affaisse sur loimême, chose «pii n'arrive piis dans un cœur nornmi. Dans les oreillettes, kl vaisstïaux charnus s'écartent tellement que les parois peuvent paraître merobnneuses. De même, la dilatation considérable des ventricules, surtout du veulricnhï gauche, peut réduire dans quelques endroits les colonnes charnues à Tétit de cordons sans fibres musculaires, en quelque sorte tendineux. Quoique, ei même temps (pie le reste du cœur, les orifices se trouvent dilatés, les valvohi n'en restent pas moins en état de les fermer par suite d'une augmentation de leur surface, accompagnée d'amincissement et de prolongement des cordes tendineuses. La chair cardiacpie tantôt n'offre aucune niodilicatiou, tantôt présenlfl ces dégénérescences ([ui ont occasionné la dilatation.
K 3. — SymptOnics cl marche.
L'effet de la dilatation du cœur sur la distribution du sang est diamétralemenl opposé à celui de l'hypertrophie, comme Traube l'a encore démontre de la dmiiière la plus évidenli» : a La suite nécessaire de la dilatation d'un ventricule al la diminution du travail (pi'il doit fournir. » Supposons que tout le cœur soit dilaté, comme cela peut arriver, surtout après une péricardite de longue duré et avec exsudation purulente, alors les ventricules distiMidus, qui ont une phi grande pression à vaincre, tandis (pie leur force élastiipie a été diminuée ou eil au moins restée slationnain*, enverront dans les artères une quantité de sanf moindre que celle ([ui s'y trouve normalement, et l'on verra : 1" iine le cmlM den artères dimiuuey (pie la tension de leurs membranes devient moindre qoï l'étal normal. — 2° Comme les deux ventricules chassent à chaque systole nm masse de sang relativement plus faible, il en résulte : '/«c In rirnibUioH fâ rt- /«î/M»; le siing se charg*; dans le corps d'une forte (piantité d'acide carboiiiqnr, et retourne moins vite au poumon pour s'en débarrasser et prendre en échanp ■"^ roxygène : le sang |»reiid, en ellet, aloi-s une romposilioH veÎHfHfe, — 3* U lie contenu des artères entraîne de îoiUe nécessUv nue atigmenMm du ro»-
l»ILATATIi)N Dï; CŒIR. 277
H des reiiy'Sy eu supposant que lu ma^sc du san^ roslc la même dans le corps. quantité de sun^ i\\n peut se lo<2:er dans le cœur dilaté a pour effet d*empôsrqae Tcxcédant dans les veines arrive au môme degré que dans les autres iladies du cœur qui ont pour résultat la diminution du courant artériel. Il Il encore avoir bien présent âTesprit que la capacité du système veineux est tticoup plus considérable que celle du système artériel, d*où il résulte que la OBinution du contenu des artères ne détermine pas ciu même degré Taup^mentkm de celui des veines. — !i" La qnfuUitâ tif sany dans les capUlmres doit tt anormalement eragêrée^ parce qne les veines trop remplies ne peuvent plus ai librement recevoir leur continssent, tandis que, d'un autre côté, la tension !S parois artérielles, même avec un contenu peu considérable, est toujours en- W supérieure à celle des paroi*» des capillaires, qui continuent de recevoir du igdes artères même faiblement remplies.
Que si une diminnlion du ronlenn des arlères, un ralentissement de la rirnitmct une cowposillon veineme dn sang, enfin un ercMant dans les rhnes et » capillaires^ doivent être les conséciuences de la dilatation du cœur, nous rearquons cependant tout cet ensemble de pbénoniènes uniquement dans les cas lie cœur dilaté est en même temps déjjjénéré; dans'toules les autres circonsnces, le cœur, ;)a/* ses efforts^ peut prévenir les extrêmes; Tliydropisie, telle i*elle résulte d'une surabondance excessive de sang dans les veines, ne se clare pas dans la dilatation simple; on ne remanpie pas davantage cette turseence excessive des capillaires flans laquelle les joues et les lè\Tes se colo- Bt en bleu, — la cyanose. Par contre, la petitesse du pouls et avec elle la kurde la peau ne font pas défaut; cette dernière, du reste, doit se prononr, comme nous l'avons vu, bien avant le trop-plein des veines et des capil- Tes.
En outre, les individus atteints de dilatation du cœur se plaignent bien plus ivent de « haltrmrnis df neur » (\uc ceux qui ont une liypertropbie. (le fait, 9iqu'il écbappe à une interprétation pbysiologi([ue, correspond entièrement A bit d'expérience d'un autre gdire : Varlion forcée d'un neur sain provoque iement bien plus fréquemment des pbénomènes subjectifs, la sensation des tements de coMir, ((ue b'S contractions qui se sunrdent sans efforts dans un «r bi/pertrttphié. Combien les battements de cœur paraissent pénibles aux orotitpies ! et {\\u' (b' fois, au contraire, nous remanpions l'absence de tonte satîon de battenwnts t\o civwr cbcz b'S individus atteints d'insuiTisance des nilcs semi-lunaires, avec dilatation et hypertropliie consécutive du ventricule chc!
ndépendamment de la petitesse du pouls, de la pâleur de la peau, des pjilitions pénibb'S, nous trouvons encore cbez les malades atteints de dilatition ccBor la dffspnée^ symptôme (|ue l'on ne rencontre que dans les cas rares fp€rtropbi(.' ilu cceur, dans les(piels le vcdume exagéré de l'organe rétrécit la ité thoracique. La dyspnée est ici la suite obligée du ralentissement de la ruiation, par suite duquel le sang est surcbargé d'aride carbonique, vu qu'il renouvelle trop incomplètement dans la petite circulation. Snfin, nous devons encore indi(iuer que c'est â la composition veineuse du
sang que nous devons attribuer Yaffaissement et Vapathie que nous renco! irons chez ces sortes de malades.
Tels sont les symptômes de la dilatation du cœur, quand sa mbstance n*e8t p en même temps dégénérée; la cyanose, Thydropisie, les hypérémies veineus du cerveau, du foie, etc., viennent encore s*y ajouter toutes les fois que le cœi dilaté subit, comme cela peut arriver facilement plus tard, une dégénérescent graisseuse; une rupture même peut se faire dans ce cas, et ce sont là des phén mènes que nous exposerons avec plus de détails quand il sera question des mal; dies organiques de la substance cardiaque.
La dilatation du cœur gauche ne s'observe pas sans altérations des valvolei et ses symptômes ne pourront être exposés que quand il sera question de ce dernières. Une diMation bornée exclusivement' au cœur droity qui, dans besn coup de cas, vient compliquer les altérations de la valvule mitrale et les trouble de la circulation pulmonaire, voilà un état morbide dont le tableau cliniqn est modifié tellement par les maladies primitives, qu'il est impossible de I traiter à part.
 X examen physique^ Y aspect extérieur ne montre presque jamais la vonsson de la région précordiale, que l'on observe de temps à autre dans l'hypertropU excentrique. La palpation fait reconnaître l'impulsion de la pointe trop para bas et trop en dehors, quand l'agrandissement est considérable ; souvent cetti impulsion paraît remarquablement faible ou même insensible; dans d'autres cai surtout dans les émotions, elle peut paraître exagérée et même être presque éq» valente, d'après Skoda, à celle du cœur hypertrophié et dilaté à la fois. Le an» accompagné de soulèvement (voyez page 285) ne se produit pas, il est vrai, dm la dilatation simple du cœur. Ldi perctission révèle une extension de la matitépié cordiale telle que nous l'avons signalée à l'occasion de l'hypertrophie, en sorti que la matité étendue avec impulsion renforcée du cœur signifie hypertrophie, e la matité étendue avec impulsion affaiblie^ dilatation. La dilatation bornée a ventricule gauche j telle qu'au commencement elle accompagne TinsufAsance de valvules aortiques, modifie également le son de la percussion, absolument de II même manière que Thypertrophie excentrique gauche qui se déclare plus tard Nous en dirons autant de la dilatation du rentricule droit. Dans la dilatation di Yoreillette droite, le son de la percussion sur le sternum et au bord droit de o dernier, devient mat depuis la deuxième côte jusqu'à la cinquième ou sixiène La dilatation de Yoreillette gauche ne peut être constatée par la percusM, attendu que cette cavité est située tout à fait en arrière.  Y auscultation, il feé arriver que l'on entende les bruits normaux très- faibles y mais non altérés, \ÛA que ces mêmes bruits sont renforcés et sonores dans l'hypertrophie; c«tte différence tient à ce que dans la dilatation les valvules auriculo-ventriculaires, nui bien que les parois artérielles, ne produisent que des vibrations peu éueipqBBi. Dans d'autres cas, les bruits du cœur dans les ventricules paraissent Aot^{'^)i
(1) La môme raison physique qui rend sourds et étoufTéslcs bniits du cœur dans rhypcrtnpkit
concentrique (voyez la note de la pa^e 28C) fait que ces bruits deviennent plus clain daasli^
tation du cceor. Les claquements valvulaires, en effet, devront être entendus d'autant ploi d '"
ment que les parois du cœur seronl pVus miuces. Y. C