CHAPITRE IV
ENDOCARDrrS.
g l**. — Pathofénie et étiologie.
locarde, d'après les recherches de Luschka, est composé de quatre I. La première est la couche épithéliale baignée par le sang, vient ensuite lebe bien délicate à fibres longitudinales (1), puis une autre analogue à ue moyenne des artères, formée de tissu élastique, enfin une couche de lyonctif qui, richement pourvue de nerfs et de vaisseaux sanguins, fixe irde contre la substance musculaire du cœur. Les valvules représentent lis de l'endocarde ; elles sont couvertes d'épithélium sur leurs deux surt entre les deux couches épithéliales le tissu conjonctif vascularisé se m grande abondance.
que l'on revendiquait pour l'engorgement vasculaire la plus large part
» eooehe de l'endocarde, que Luschka décrit comme formée de filMrea longitndinalet, ment une couche de tissu conjonctif, ainsi que cela résulte du travail récent de Langhaas 'fl AreMPj juin 1866) et des recherches que j'ai faites en commun avec M. le docteur or ce nûet. Les prétendues fibres longitudinales ne sont antres que des cellnlet de tissu f à ii03ran lenticulaire, aplaties par la pression sanguine, de même qne les cellules de la itcme des artères. Ce sont les éléments de cette couche qui jonent le r(Ue etientiel dans ratkm élémentaire qni constitue Tendocardite. V. C
284 MALADIES PI' CŒrn.
ilcins la produclioii ile:> inilammations. ou ne pouvait considérer comme si^ OM'Iusit' de IViidorardite \\\ie la coiulie profonde de cette membrane qui seule possède des \;dssoaii\. et Ton adint* Uait i|ue là seulement se forme un prodot inllammatoire devant atteindre plus tard les couches suivantes, les détruire, ei finir par (HMiêtrer dans le torrent de la circulation. L*êtude de Tanatomic patholoi^ique nous permet de nous conv;ûncre facilement que les auteurs parlaienl d*opinious préconçues eu décrivant ainsi la marche du phénomène (1). La itfp* ptisition d'après laquelle rintlammatioa ne saurait se développer que dans b tissus vascularisés étiùt erronée : It-s or^iaues me me privés de vaisseaux se noivrissant d*une manière continue, il duit arriver que cette nutrition d*or$;anes dm tascularisés éprouve des (^rturbati^ns quand un ;i^ent nuisible exerce soi influence sur leur tissu. Personne ne révcique en doute Tinflammation de II cornée, des cartilajres: on peut en dire auta;a «l** la tunique interne des artères, des couches internes île IVnducarde. Puur la pathoi-énie de Vendocardite, nom nous rallions di^nc ♦rntièremenl à la manière dr* vi.ir de Virchow, ({ui considère comme dépourvue de preuves et douteuse la t'urmation d*un exsudât libre, \ et compte au nombre des ihfliinim*Ui'in< f«i/VNrA yma/eii^j; VcntlocardUe toit i aussi bien que l'innammation de la tunique interne des «irtères, qui forme h i bîLse dr ce riu*on est convenu d*appeb.'r athéronie. Par inflammations parei- ^ chymateuses. Vir-Kuw t'utt-nd ces lP.»nbles ai- tifs de la nutrition qui, provoqués par une irritation, déterminent bien moins u!ie t.ryitul'itinii i*nU'f \ers>i^lème)Uiin i tissHH qu'uiir (iinf*fsrt^itti* tlt>s rli'iiu'ut^ tU'nihiii r »'iM-/Mr''iM^x et uue rêgéltitHM tifs ^li^mntls ir'Unhfir's fiisliiuts, Hans l'eiuliM-ardite. l'inflammation ne part nullement des couches les plus profondes, mais bien des plus superficielles; celles-ci se tuméfient, s'imiiibeiil d'un liquide qui numlre une réaction semblable à celle du mucus, c'r>t-;i-dire qui forme un «-iia^^uluni filandreux lorsiproii le traite par Taciib* acétique: eu même temps a lifU une furmation très-abondante de cellules fusiformes qui s'oriranisent bieul-"it eu iissu coiijouciif.
Vi'titjhjfjif* de rrMiilorarditi* est assez Mbsi;iu'i\ Il isl rare que des in'itiilhiU directes, venant frapper l'endocarde, pn^duiseni à elles seules cette inflammation; B;im bercer n'a vu que deux c;ls d'eudiM-ardlie trauinatique. D'un autre c<Mê, Il fréquence aver laquelle les orilices et les valvules s«»nl atteints d'endocanlite ne permet jruère de dniiler que celte maladie, quainl elle est tliie à des causes internes, ne doivi* ;itteiuilre de prétérence ces euilrnits de l'enducarde qni, ta» de faction dn riiur, sont expi»sés aux plus grands frullemeiUs et à lapins jsramle tension. On sait que l'artère pulmunair.* qui, dan< les rircuislaïues nrdinaires, devient rarement albérumateuse. le devient assez snuvent ku'squVUe est distendue outri' mesure par une iiyperlrupbie ilu ctvur droit: de même encore fcl veines peuvent être exposées à cette déj^éuéresceuce, quand le courant d'une artère communiquant avec ri 1rs vient les distendre : ptuu* une niisiui semldal»l^ c'est dans les passaires étruits «lu cieur, les orilices, que Ton reucontre le pte
'okitaiisky ilit • ipn? r,iii,i|i>;;io nv*»i' rintlaniniatiitii t\o< ^oillo*,^K^< iiuMiilir.iiie* «iTCUirt,*'» bien qu'un fiariMl riiainhiMnont «luii a\i.iir lirn. mais i)iiiï |i» *an^ ItMilraîni» ri m» i*i«t*' • Forst<*r tlil : ■ \i nVst pa? jHissiblo il».* ili''toriiiin*T >i un o\Mi<lat lil»r»^ se fait ji«f ■ 4 quelle est In iiuiuitili: Oc cel exsuiiat, etc. • i .Yo/e» tle r»iulfur*
ENbocAUUiTi:. 285
ouveiit le siège de l'ciulocardite, et par-dessus loul a».r etuiroih des rairnifs «î 9oni pondis les uns coiUre les aulirs quand ces dernières se ferment : telles ont les surfaces de la inilralc et de la tricuspide qui sont diri^'ées du cùlé de 'oreillette, les faces convexes des valvules semi-lunaires.
Le fait d'une endocardite primitive idioftalhiffiie^ maladie à existence indé- ^daute et pouvant atteindre un homme jusque-là bien portant et qui se serait, par exemple, exposé à un refroidissement, est douteux, quoique nullement iapossible.
(Test surtout dans le cours du rhumatisme articulaire aigu (1) (|ue cette maladie se développe fréquenmient, et d'autant plus facilement, d'après Bamber^er, 9*Dn plus grand nombre d'articulations a été atteint. Ce serait une entreprise oiseuse de s'aventurer dans des hypothèses sur la manière dont cette coniplicatioB peut surgir, attendu qu'il n'en résulterait aucune explication applicable à la intique. Hiûs bien que le rhumatisme articulaire soit la cause la plus fréquente et l'endocardite, il n'en est pas moins vrai que le nond)re des cas dans lescjnels k rhumatisme articulaire est exempt de cette complication est beaucoup plus considérable qu'on ne l'avait admis pendant longtemps, une fois que la coïncidnce fréquente entre ces deux maladies avait été reconnue. Un doit bien se |vder de conclure des bruits de souflle seuls, tels qu'on les entend au cœur dnsie rhumatisme aigu, à l'existence d'une endocardite; ces sortes de bruits, ^ certaiuement on perçoit dans une bonne moitié des cas de rhumatisme artinlaire aigu, dépendent en grande partie de la tension irrégulière des valvules, ^provoquent la fièvre et l'action tumultueuse et inégulière du cceur. Les cominaisons statistiques faites avec un soin si exquis par Uamberger permettent 'évaluer à environ 20 pour 100 la fréquence de Tendocardite comme complicaliaa du rhumatisme articulaire aigu.
Après le rhumatisme articulaire aigu, c'est la maladie de BriylU que l'endocudite complique le plus ordinairement, aussi bien la maladie de Bright aigué Mk qu'elle se développe à la suite de la scarlatine, que la forme chronique de tide affection. Le lien qui fait coïncider celle affection du parenchyme rénal dvaedes inflammations du cœur, des membranes séreuses du poumon, etc., est JMiplicable pour nous.
> Aux cas précédents se rattache l'endocardite qui se développe pendant la Jtttfae de quelques nydadies aiguës dysrrasiqik*s (maladies d'infection). Dans Jlaombre, la maladie (|ui y donne lieu It; plus souvent me parait être la fièvre fierpérale; Wundcrlich considère la rougeole comme la cause la plus iVé(iuenle ^Teudocardite, après le rhumatisme articulaire aigu. De la même manière attire, d'autres exanthèmes, ainsi que le typhus et la septicémie, peuvent en- ^ner l'endocardite.
On peut considérer comme propagée par contiguïté de tissUy l'endocardite (|ui I* joint à la myocardite et à la péricardite; par contre, une inflammation du 'OQmon ou de la plèvre se communique très-rarement à l'endocarde.
(X) La loi de coinridenre de rciulucanlilc avec W rliuiiuitisiin; arlinilain^ aipi a éU'^ furmulcc |Kir ■ ^ k profeMeur UouiUaud, qui le premier a décrit les sYinptùiiies de reudocardite cl lui a doiuié - noin qu'eUc porte. V. G.
288 MALADIES DU CŒl'R.
substance charnue, creusée et labourée par le sang, en constitue ks pana Indépendamment des déchirures, on remarque encore comme phénomèneM aussi important sous le rapport de sa signification et de ses conséquences :1'hi adhérences des cordes tendineii^s et des dentelures ralvidaires^ soit entre elki, soit avec la paroi du cœur. Les adhérences des cordes tendineuses et des derih lures entre elles, donnant lieu à une coarctnlion considérable de Forifief MriH culo-rentriculairey et d'un autre côté, Yadtiérence de la valn^le ou des mm tendineuses avec la paroi du cmir, rendant impossible l'occlusiaih de cet orifai pendant la systole ventriculaire, nous aurons à revenir sur ces états pathohf (|ues à Toccasion de la description des altérations valvulaires. De toutes lesi^ difications anatomiqucs qu'engendre Tendocardite, ce sont ces adhérencei s'expliquent le plus difficilement, lorsqu'on songe que le cœur exerce son sans interruption, et que par conséquent les parties qui se sont réunies par adhérences devraient tantôt se rapprocher, tantôt s'éloigner par un va-et-ii continuel.
Les fibres mmciUaires du cœur participent bien plus souvent qu'on ne mettait autrefois à l'inflammation : la myocardite se joint à l'endocardite, très fois, les couches internes de la paroi, qui s'appuient contre l'endocarde flammé, deviennent le siège d'une imbibition séreuse, et c'est ce qui expli facilement le relâchement de la paroi et la dilatiition du cœur comme co (|uence de l'endocardite.
Les dépôts fibrineux (jui recouvrent pour ainsi dire constamment les tiens valvulaires peuvent, lorsqu'ils sont entraînés dans le torrent de la cî tion, produire des troubles éloignés; et l'endocardite, quelque pernicieuses soient ses conséquences ultérieures pour l'organisme, ne devient îmmédi dangereuse, au fort de la maladie, que par ces caillots entraînés qui formeiK que l'on est convenu d'appeler des embolies. Lorsque ces caillots sont e par le courant et môles au sang, on voit naître des infarctus hénwrrhagifKi des abcès métastatiq\ies. La pathogénie de ces accidents a été explicitemeat veloppée à l'occsision des métastases du poumon. Au reste, les infarctus forment que très-rarement dans le poun)un; dans des cas infiniment plus breux, rembolie pénètre dans l'artère splénique, en bouche un petit d'où résulte un foyer coniiiue, la pointe en dedans, la base en dehors, qni, rouge noirâtre au commencement, se colore bientôt en jaune et se mél phose en une masse caséense. llien plus rarement que ces infarctus hém giques de la rate que Ton voit si fréquennnenl dans les autopsies, on ren des foyers semblables dans les reins, plus rarement encore dans le ffl^ moins que partout ailleurs, comme cela a été dit plus haut, dans le poi Dans ces deux dernière organes, nous ne pouvons nous faire d'autre idée i* naissance de l'infarctus, cpie d'admettre l'obstruction d'une branche de Fi hépatique ou des artères bronchiciues, et non celle d'une branche de la porte ou de la veine pulmonaire. La rareté relative des abcès, compai au nombre des infarctus dans l'endocardite, tient encore à ce que nousavoBi ailleurs de la pathogénie des métastases; rembolie qui obstrue ici rartè» tire pas son origine, comme ordinairement les embolies du poumon, d'an