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CHAPITRE V

VTOGARDrrE.

g l«r. — Pathogénie et étiologie.

Dans la myocardite, nous avons affsdre à une inflammation des fibrilles moiculaires elles*mémes, qui se ramollissent, se boursouflent, et enfin tomM en détritus. Tantôt cette marche destructive est accompagnée d'une végétatM du périmysium, et pendant que les résidus des fibres primitives se résorbnt, le tissu cellulaire vient remplir les interstices, d'où résulte l'tfidttrciltbii Al cœur; d'autres fois, en même temps que les fibres musculaires primitives, k périmysium est détruit, il se forme un foyer rempli de détritus dans la parait autrement dit un abcès du ronir.

La myocardite n'est pas une maladie rare, et les marques de son passade is rencontrent dans beaucoup de cas où l'on observe des altérations valvuliiiei à la suite d'une endocardite. Il en résulte que l'étiologie de la myocardite si confond en grande partie avec celle de l'endocardite. La circonstance qui 11 fait naitre dans la grande majorité des cas est encore le rhumaiisme ariiaMti aigu. Il est vrai que, sous l'influence de cette maladie, la myocardite ne si déclare ordinairement que par foyers limités, et se termine par la transfontt* tion calleuse de quelques faibles portions de la substance charnue; dans te cas rares surviennent des dégénérescences très-étendues qui donnent lieu à k formation d*un anévrysme chronique du cœur; d'autres fois même on obsem cette forme de la maladie qui se termine par un abcès. Le plus souvent on cit en droit de considérer la myocardite qui accompagne le rhumatisme artiadsiiw aigu comme une inflammation de voisinage dérivant, soit de l'endocardite, ssil de la péricardite. Dans d'autres cas, au contraire, la myocardite suit sa mante avec une certaine indépendance, s'étend plus loin que l'endocardite et la péri* cardite, et ces dernières doivent plutôt être considérées comme le résultat de 11 *^«opagation de la myocardite.

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L 8 wulêdiêi ckroHiqaes du coBur^ surtout des valvules^ entraiiient aussi sou-" Mil une myocardite avec fomiation de callosités qu'une endocardite.

Les emMies provenant iun poumon atteint de gangrène pénètrent assez Ufoemment dans les artères coronaires du cœur, et Ton voit alors de nombreux akcèsse former dans la substance charnue du cœur, en même temps que dans kenconp d'autres organes alimentés par la grande circulation.

Vne septicémie y un typhus prolongé y une scarlatine longue et maUgne^ peuvent éplement occasionner des abcès dans le cœur, dans les cas même où la pré* nce des embolies dans le sang serait incertaine et, qui plus est, invraisem- UAie. La pathogénie de ces abcès est obscure, et nous renvoyons à ce qui en a été dit à la page 165. Les abcès dans les muscles du cœur, comme ceux des vires muscles, que Ton observe dans le cours de ces maladies, ont la plus inode analogie avec les abcès qui naissent par infection morveuse.

D reste encore à prouver que la syphilis tertiaire peut produire une myocardite chronique, avec formation d* abcès enkysté et épaississement caséeux du coDtena de ce dernier.

U myocardite traumatiquey de même que l'endocardite traumatique, est une ifcction des plus rares. ,

3 3. — Anatomie pathologique.

Le siège de la myocardite est pour ainsi dire exclusivement le ventricule Mehe, surtout du côté de la pointe. D'après Dittrich, on la rencontrerait F>)B^ue aussi fréquemment dans la cloison, immédiatement au-dessous de 'Wte. Mais les muscles papillaires sont également sujets à être atteints de cette ^ibdie, et c'est là une circonstance qui a son importance dans la pathogénie ^ maladies valvulaires.

An début de la maladie, la substance musculaire prend une teinte foncée, iv^e bleuâtre; bientôt après l'injection disparait, les fibres musculaires pàlisnif rendrait malade devient grisâtre et se ramollit. Au microscope, on rendue que la fièvre musculaire a perdu ses stries longitudinales et transverbt, que les fibrilles se sont transformées en un détritus à granulations fines w corpuscules adipeux isolés.

Il eil trè»-rare que Ton observe la myocardite à cette période; bien plus sou- M on voit une de ces terminaisons les plus fréquentes, c'est-à-dire des foyers QS ou moins grands, ordinairement irréguliers et ramifiés, d'un blanc rosé ou et d'une dureté calleuse, formant une sorte de marqueterie dans la submusculaire du cœur. Quelquefois, ce tissu calleux est répandu sur de surfaces et forme à lui seul la paroi du cœur. Cette paroi ainsi dégéifée peut céder sous la pression du sang, il se fait un évasement, un véritable éwrjMDe du cœur, que l'on est convenu d'appeler anévrysme chronique^ pour Jiitînguer de celui que nous avons décrit à l'occasion de Tendocardite. Ces picet de sacs ont la grosseur d'une noisette, quelquefois* celle d'un œuf de tde et plus. Les parois calleuses sont ordinairement amincies par leur extenm, quelquefois elles se sont ossifiées, et bien souvent leur cavité renferme des

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ie fibrine déposées par rowkes.

anémmes des irtfres. IndépenduBiiieiil de relie poche auéniMaale, le entier est liabitiielleBeiit diûé: d*aiilres Cois, ans ^H y ail u éimtal friMBaliqoe, les callosités DondireiBCS de la paroi dn mr dêienuiieiil la iBlion de cet or^pne. ITanlre part, des calloalés anaaaées dans cenaiM droits, par exemple â la naissaiiee de Faorte. peoieiit rêtrMr la cmié di (rétréeiuewuni rrm ém camr, de Dittrich^.

Lorsque la niTocanfite doit se terminer en on abcès cardiaiiDe, la pUenr dk ramoiliawroent de la sobstance nrascnlaire font des progrès bien pies roMMt^ râbles, jusqu'à ce qn'enfin il y ait rormation d*nn foyer rempli d'un liqoide pimlent, janne et entooré de substance musculaire décolorée et ramollie. BiH des cas rares seulement, une induration calleuse enkyste un pareil abelSy É permet au contenu de ce desBécber; presque toujours, â moins que la mortU surrienne plus tdt, il se fait une perforation. Quand le pus se fiJt jour daaili péricarde, il se forme une péricardite: quand il se ride dans la carilé du catf, les débris de la substance musculaire désorganisée se mêlent au torrent de h rirculation, et de nombreuses métastases se déreloppent le plus souvent Du abeb ' du cœur qui pénètre en dedans peut détacher les valvules aortiqnes de letti points d^insertion, produire des communications entre le cœur droit et le gauche, rompre enfin toute Tépaisseur dé la cloi>on musculaire. Ces abcès« im^ vrant en dedans, peuvent tout aussi bien, et même plus facilement que 1* cardite, exposer la chair musculaire aux ravages du sang qui se précipite leur foyer, et déterminer Tanérrysme aigu que nous avons décrit au tlufiM précédent. (<

S 3. — SymplAoïfs et marche.

La myocardite ne se diagnostique que rarement pendant la rie. S'il est nà que les degrés légers de cette maladie compliquent pour ainsi dire chaque m d*endocardite, on semble être en droit de supposer une participation plus Mt' de la substance musculaire à Tinflammation, toutes les fois qu'une doukur fait sentir dans la région du cœur, douleur qui ne se présente pour jamais dans Tendocardite simple; cette supposition prend plus de encore quand le pouls s'accélère considérablement, qu'il derient petit, enla avant tout, quand l'action du cœur devient irrégulière. Toutefois, on ne jamais faire à cet égard plus qu'une simple hypothèse.

Le diagnostic de la myocardite, sans devenir encore une certitude, acqoiit une plus grande vraisemblance lorsque, dans le cours d'un rhumatisme artici* laire aigu, on voit surgir des phénomènes qui font supposer une affectioii k cœur, tandis que l'examen physique donne des résultats négatife pour Teidl' cardite et la péricardite. Qu'à ces phénomènes riennent se joindre des friawii des douleurs dans la région splénique, un gonflement de la rate et des vuai^ sements, ou des douleurs dans la région rénale coïncidant avec rapfui* tion d'albumine et de sang dans l'urine, alors le diagnostic approchm àèh certitude. Mais ces cas ne sont pas précisément nombreux.

8i le cœ«r est devenu en plusieurs endroits le siège de callosités-, et que Vor- ■ese soH £laté i la suite de ces modifications, on voit apparaître les phéno- ÉM8 que BOUS avons décrits à l'occasion de la dilatation, quoique à un degré hi intense, et dans un cas donné, il est impossible de décider si c'est à la dihtdsB pure et simple ou à la dégénérescence que l'on doit plus particulièrement Mbiwr le ralentissement de la circulation et la pléthore veineuse. De même, |ilad«on a diagnostiqué une insuffisance de la valvule mitrale, on pourra simiknent soupçonner la dégénérescence des muscles papillaires d'avoir provoqué ellB maladie»

Vas dégénérescence calleuse étendue de la paroi du cœur, le rétrécissement ffrf de Dittrich aussi bien que Panévrysme chronique, voilà ce qui détermine ■ ifmptômes d'une faiblesse cardiaque poussée à ses dernières limites. L'im- ■hkm est le plus souvent à peine sensible, le pouls artériel extrêmement petit

I Boa, et presque toujours très-irrégulier et intermittent. En même temps fpmissent une forte cyanose et une hydropisie générale. Quand il s'agit de Mer le diagnostic d'une maladie qui présente de pareils symptômes, et que 'sa a exclu une maladie valvulaire comme cause de la distribution anormale

II mg, on devra passer en revue les modifications de texture qui pourraient wir à expliquer les symptômes décrits, et dans le nombre on 5e rappellera Umtion diffuse du cœur; mais presque jamais on ne réussira par l'exclusion Fartres modiflcations, telles que la dilatation avec complication d'atrophie, de Hlinérescence graisseuse, etc., à fixer le diagnostic.

Four en venir enfin aux symptômes de l'abcès du cœur et des diverses perfo- Ifans, ici encore on ne peut que rarement établir un diagnostic, même de pure pnbtbilité, en s'appuyant sur l'apparition de nombreuses métastases. Jamais on Méconnaîtra avec certitude des lésions semblables.

J 4. — Traitement.

■Cm à peine s'il peut être question d'un traitement de la myocardite, attendu Il nous avons pour ainsi dire complètement nié la possibilité de reconnaître la MÉfie. Dans le cas où l'on réussirait à diagnostiquer sûrement une myocar- Ib^ le traitement ne devrait être autre que celui de l'endocardite. — En aucune Itfère nous ne parvenons, cela se conçoit, à résoudre les indurations, ni à imir la formation et les effets des embolies après la perforation d'un abcès. I Be doit songer ici qu'à un traitement purement symptomatique.

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