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CAILLOTS FIBRINEUX DANS LE CŒUR

Dans les autopsies, on ne rencontre que rarement des cadavres chei lesquels on ne trouve que des coa^lums de fibrine dans le cœur, surtout dans le cœur droit. Ces coagulums sont tantôt jaunes et ne consistent qu'en fibrine ^parée du cruor, tantôt ils renferment des globules de sang et présentent la ^loration rouge. Ils sont d'une densité variable et le plus souvent fixés entre les colonnes charnues; on les sépare toujours facilement de Tendocarde. — Dans les cadavres d'individus morts de pneumonie ou d'autres maladies qui augmen- ^Qt la fibrine du sang, on trouve surtout ces coagulums en grande abondance, et quand on les retire du cœur on y voit adhérer des caillots allongés qui s'étendent lians les artères. Ces caillots fibrineux, ou faux polypes du ccsur^ se sont formés ^près la mort ou pendant Tagonie. Si cette dernière a été lente, si le sang a été ^n quelque sorte fouetté par le cœur sans en être expulsé, la séparation d'entre ^ fibrine et le cruor sera plus complète, les caillots seront plus pâles et plus ^rrés entre les colonnes charnues.

Dans d'autres cas, les caillots fibrineux paraissent avoir pris naissance longlemps avant la mort. La fibrine a perdu l'élasticité et le brillant de la fibrine r<^che; elle est plus dense, plus sèche et plus jaune^ Les coagulums adhèrent plus solidement à l'endocarde, et quelquefois on remarque dans leur intérieur ^ne espèce de détritus puriforme, une bouillie jaunâtre ou d'un rouge brun, ou ^>ie masse jaune caséeuse. Il ne s'agit pas ici d'une formation de pus, mais bien ^un détritus dans lequel les corpuscules incolores du sang ne doivent pas être ^nfondus avec les corpuscules de pus (Virchow).

Enfin, quelquefois on rencontre dans le cœur des dépôts fibrineux en petites ^^iksses arrondies, sous forme de massues, allant depuis la grosseur d'un grain ^ millet jusqu'à celle d'une noix, les végélatUms globuleuses de Laennec. Si **^^ examine plus attentivement leur mode d'attachement, on reconnaît que ces ^^S^tations jettent dans la profondeur de nombreuses racines qui s'implantent ^tre les colonnes charnues de la paroi interne de l'organe. C'est là qu'il faut coercher l'origine première de la végétation. Le renflement terminal est le Pi^uit de dépôts ultérieurs qui sont venus se superposer à ces premières f^^^gulations. I^ns l'intérieur de ces masses on trouve parfois également la fonte 'odiquée plus haut, en sorte qu'elles finissent par représenter des sacs à parois Minces, ayant un contenu puriforme. — Les dépôts fibrineux qui s'attachent aux ^^aces, devenues rugueuses, de l'endocarde dans l'encocardite et les maladies ^vulaires, dans l'anévrysme aigu et chronique du cœur, ont été mentionnés P'^^ haut.

Les coagulations nées longtemps avant la mort ont leur principale raison ^^tre dans les contractions peu énergiques du cœur. On les trouve donc, soit jr^ 1^ individus atteints de marasme, soit chez ceux qui souffrent (de quelque ^^^Dérescence du cœur. Leurs lieux de production sont presque toujours ces

diverticulums peu profonds qui se trouvent dans les intervalles des colonnes charnues, et qui se dilatent facilement dans le relâchement et la dégénérescence du cœur, en sorte que le sang y stagne et se coagule quand les contnctions manquent d'énergie. — Dans des cas très-rares, un embole peut i h rigueur former le noyau d'un coagulum fibrineux.

Si pendant l'agonie il se forme des caillots dans le cœur, cela peut donner lien en réalité à un empêchement de la circulation; mais il n*est pas posnblede reconnaître quelle est la part prise à l'affaiblissement de la circulation par h paralysie commençante du cœur, et quelle est celle qui revient à ces rétrécissements des orifices qui peuvent être produits par les caillots fibrineux. Même si des bruits anormaux dans le cœur devaient être dus à ces coagulums, on senit encore bien embarrassé de les distinguer de ces bruits engendrés par des contractions incomplètes et irrégulières. — On peut en dire autant des caillots qm se déposent longtemps avant la mort, parce que, eux aussi, ils se forment pfécisément dans les cas où l'action du cœur est affaiblie et la circulation entraiée.

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