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CHAPITRE II

STOMATITE CROUPALE ET DIPHTHÉRITIQUE.

g 1'^. — Pathogénie et étiologie.

Les inflammations à exsudât riche en fibrine et facilement coagulable ne m présentent que rarement sur la muqueuse buccale. Ceci s'applique principak* ment à la forme croupale proprement dite de l'inflammation, c'est-à-dire, celle dans laquelle l'exsudat est déposé sur la surface libre de la muqueuse, et ne laisse par conséquent aucune perte de substance d'après son élimination. Ce vni croup de la bouche se rencontre parfois dans le fond de cette cavité comme cobtinuation de l'angine croupale.

Le processus diphthéritique, c'est-à-dire cette forme de l'inflammation àm laquelle l^exsudat riche en fibrine se dépose en même temps dans l'épaiisev même de la muqueuse, en sorte que son élimination laisse à sa suite une perte de substance, s'observe un peu plus souvent dans la bouche. Tel est le carvtère : 1^ des formes intenses de la stomatite mercurielle ; tel encore est le geiR d'affection que l'on rencontre 2"" dans les épidémies d'inflammation diphthéritifie de l'arrière-bouche, que nous décrirons sous le nom d*angine maligne^ et dm laquelle l'inflammation spécifique se propage sur la cavité buccale.

^ 2. - Aiiiitoiiiio pathologique.

Dans le croup de la bouche, on voit les plaques blanches qui sont àéfoât^ sur le pharj'nx rougi et tuméfié, et surtout sur les amygdales, se propager ^ lement sur les piliers antérieurs du voile du palais et sur les parties avoisinulv de la bouche. Ces plaques sont faciles à détacher; les surfaces dénudées Mt d*un rouge foncé, et l'on y voit apparaître quelques points de sang.

La stomatite diphtl^êritiquey lorsqu'elle est due à l'abus prolongé des wtf-

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wîaox, nége dans des parties bien déterminées de la bouche, c'est-à-dire sur .«bords latéraux de la langue et aux points de contact des joues et des lèvres nec les dents. Dans ces endroits, on remarque d* abord une coloration d*un Uanc sale de la muqueuse. On ne parvient pas à enlever ces taches par le frottament; aa bout de quelques jours déjà la couche superficielle de la muqueuse Unbe en même temps que Texsudat dont elle était infiltrée, et sur les places pe nous venons de mentionner il se forme des ulcères superficiels, de mauvais npecty qui se nettoient lentement et finissent par se cicatriser à partir des bark.

Uae forme bien plus rare de la diphthérite buccale est celle dans laquelle Fenadat infiltre et détruit la muqueuse dans toute son épaisseur. La face interne de la bouche se transforme alors, sur une grande étendue, en une eschare Miid et mollasse. Quand cette dernière est détachée, il reste une vaste surface nkérée, à bords irréguliers et à fond inégal. Cette perte de substance ne se remplit que lentement de granulations, et comme la muqueuse détruite ne peut se régénérer et se trouve remplacée par du tissu conjonctif inodulaire, il se forme d^ cicatrices noueuses et même des brides et des pseudo-ankyloses.

i 3. — Sympti^mes et marohe.

Le croup de la bou4:he modifie peu les symptômes de Tangine croupale, et Texamen local annonce seul la propagation de Tangine à la cavité buccale.

La stomatite diphthéritique est surtout douloureuse quand les eschares éli- Ddnées ont laissé à leur suite des ulcérations. La mastication et la simple conwrsation peuvent exagérer ces douleurs au point de les rendre insupportables. Il lécrétion des glandes salivaires et muqueuses se trouve énormément augnentée; le malade ne peut plus dormir, parce que le produit de cette sécrétion, ifi n'est pas rejeté, coule dans le larynx et y provoque la toux ou des accès 'étooffement; si, couché sur le côté, il parvient à s'endormir, il se réveille kisntôtsous l'impression du froid que lui donne l'oreiller inondé de salive. Aux pliees exemptes d'eschares ou d'ulcères adhère un enduit très-épais, jaune, vis* fionx, que l'on retrouve sur la langue, les gencives et surtout les bords dentiins. La décomposition de cet enduit, et principalement celle des parcelles éKninées de la muqueuse, fait que la bouche exhale une odeur de putréfaction Mi-pénétrante. Cette fétidité est-elle en partie due à la décomposition du cya- BBre de potassium, principe normal de la salive, et à une formation de sulfhydnie d'ammoniaque, c'est ce qui reste encore à prouver. Même lorsque l'on a ttasé de faire usage de préparations mercurielles, les douleurs, la salivation et la ttnmise odeur ne se perdent en général qu'à la longue. La diphthérite, même ^iperficielle, n'exige pas moins de huit à quinze jours pour que les malades se iMavent dans un état supportable. Dans les cas de diphthérite plus profonde, la iQérison marche bien plus lentement; des troubles permanents peuvent même, ^omme nous l'avons dit au paragraphe précédent, survivre à la maladie.

^ '4. — Tnitemeot.

Le aoupdela bouche exige le traitement local que nous avons préconisé pov l'angine croupale. Dans V inflammation diphlhéritique de la bouche, on ne nè^ géra pas de rendre les malades attentifs à la marche lente de raflecUon. Ds apporteront leurs souffrances beaucoup plus facilement en ne vojant pas Ifln espérances de guérison déçues d*un jour à l'autre; mais si vous leur promeda que leur état deviendra supportable à coup sûr au huitième ou au neuvième jour, sinon plus tôt, ils conserveront de la patience et se résigneront à la nécesdè. Au début de la maladie, les lavages fréquents de la bouche avec de Feau fireida ou bien avec un mélange d'eau et de vin rouge; plus tard des applicationi a pinceau d'acide chlorhydrique étendu, ou mieux encore d'une solution de nitnte d'argent : voilà ce qui convient bien mieux que l'usage interne de Tiodure de potassium ou des prétendus antidotes du mercure, ou que l'application um douloureuse qu'inutile de l'alcool camphré, etc., sur les surfaces internes de h bouche. Le remède le plus efficace, quoique très-douloureux, consiste à tootte de temps à autre les ulcères avec le crayon de nitrate d'argent. *

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