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CHAPITRE PREMIER

I5FLAXXATI0N DE L^ŒSOPHAGE, (ESOPHAGITE. DTSPHAGIE IXFLAlIlfATOaiE.

2 l«r. — Patbogénie et étiolope.

Sur la muqueuse de Toesophage se présentent des inflammations caiarrhàlttj croupakê eî diphihéritiqueSy pustuleuses; la muqueuse peut en outre devenir le siège d'u/r^/'é*« ou se mortifier^ se carboniser^ sous Vinfluence d*ageats chimiques violents; enfin, on rencontre des inflammulions et des suppurations dans le tissu sous-muqueux.

Vinflammation ratarrhale est due le plus fréquemment à des causes qni agissent directement, telles que les ingesta irritants ou brûlants, des sondes oesophagiennes maladroitement introduites ; dans d'autres cas, le catarrhe peut se propager de Testomac ou du pharynx sur r(Bsophage;dans d'autres cas enfio, le catarrhe de Fœsophage peut dépendre de stases sanguines veineuses, qui, dans les maladies du cœur ou du poumon, s'étendent souvent tout le long deb muqueuse du tube digestif.

Vinflammation croupale de Tœsophage s*observe rarement, et pour ainsi dire exclusivement dans les cas de croup du larynx ou de Farrière-bouche, dans le typhus à marche longue, dans le choléra typhoïde et dans les maladies exanthémateuses aigués.

Vinflammation pustuleuse se présente dans quelques cas rares pendant li^ riole ou après l'emploi du tartre stibié.

Les uU'ères de l'œsophage sont produits ordinairement par des objets pointus qui pénètrent dans la muqueuse, ou par des corps anguleux qui sont enclave quelque part sur le trajet de Fœsophage; il arrive plus rarement que ces ulcérations succèdent à l'introduction d'une substance caustique, ou qu'elles se pr^ sentent dans le cours du catarrhe chronique. Les mêmes causes peuvent amener des inflammations et des suppurations dans le tissu sous-muqueux,

La carbonisation partielle de la muqueuse enfin est due à l'introduction de substances corrosives, surtout d'acides concentrés.

g 2. — Anatomic patholupiqiie.

Vinflammation catarrhale de l'œsophage ne se rencontre que raremenl i l'état aigu sous le scalpel ; la muqueuse parait alors colorée en rouge vif, botf* ^uttéOn facile à déchirer et couverte d'un enduit muqueux. Dans le rattfite

INFLAMlUTIOIf DE L*ŒSOPHAGE, ŒSOPHÀGITE. kiZ

mûqoe, la muqueuse, surtout vers le tiers inférieur, parait épaissie, colorée nmge brun, ou en ^s ardoisé, et couverte d'une mucosité visqueuse. Le ttrrfae chronique peut, par le relâchement de la gaine musculaire, amener la ^âkUiaHf et par Thypertrophie partielle de cette gaine musculaire et du tissu BS-muqueux, le rétrécissement de Tœsophage (voyez chap. III). Dans Yinflammation croupale de Tœsophage, on voit la muqueuse d*un rouge Qcé et recouverte de couches d'exsudat plus ou moins épaisses, soit éparpillées r taches, soit étendues sur de vastes surfaces.

Dans Yinflammation pustuleuse^ on voit apparaître de faibles soulèvements de couche épithéliale sous laquelle le pus s*amasse, et qui finissent par crever en inant une partie de substance peu profonde à leur suite ; la maladie, si elle it Fadministration du tartre stibié, se borne au tiers inférieur de Toesophage. Les ulcères de Fœsophage consistent ordinairement en excoriations superfiîUes de la muqueuse, mais ils peuvent aussi la détruire dans toute son épaisseur empiéter sur la gaine musculaire et le tissu conjonctif environnant. Les inflammations du lissa sous-muqtieux peuvent, si leur marche est chroipie, entraîner Tépaississement des parois de Tœsophage et des coarctations, nelle est aiguë, donner lieu à des abcès.

L'inflammation de V œsophage par des substances caustiques convertit les en- Dits atteints en eschares brunes ou noires, autour desquelles se développent pdement une injection et une exsudation séreuse abondante. Les eschares sont iminées, la perte de substance peut être comblée; néanmoins, si la destrucm t*e8t étendue bien loin, la rétraction du tissu cicatriciel entraînera toujours 9 rétrécissements de Fœsophage.

8 3. — Syniptdmes et marche.

En avalant une bouchée d*aliments brûlants, on peut se convaincre du peu de Qiibilité de Tœsophage, surtout à sa partie inférieure. A raison de ce fait, il f a guère que les inflammations très-intenses de l'œsophage, telles qu'elles ceèdent aux brûlures, aux lésions déterminées par des corps pointus ou anguu, et surtout à une cautérisation produite par des substances corrosives qui iToquent des douleurs. Ces douleurs sont ressenties dans la profondeur du thoc et dans le dos entre les omoplates. Dans ces mêmes genres d'inflammations tves on remarque en outre des difficultés dans la déglutition : et en effet, lotôt que les muscles de l'œsophage sont le siège d'une inflammation ou me infiltration séreuse, ils ne peuvent plus faire glisser plus loin le bol alimtaire. Cet état, désigné autrefois sous le nom de dysphagie inflammatoire, toujours accompagné d'oppressions et d'angoisses extrêmes. Plus le bol reste "été dans la partie supérieure, plus les malades le sentent distinctement, and ils essayent d'effectuer quelques nouveaux mouvements de déglutition, i derniers peuvent avoir pour effet de pousser, sous l'influence des contractions ophagiennes, par en haut le contenu qui ne peut s'échapper vers le bas, en le qu'il se fait une régurgitation d'aliments mêlés de mucus sanguinolent et d'exsudat (voyez chap. II). Ces symptômes sont toujours accompagnés

ft2à SIALADIES DE L'ŒSOPHACE.

d*une soif pénible et peuvent, surtout quand rinOammation a pris une paale extension, coïncider avec plus ou moins de fièvre. En cas d^issiie favorable de h maladie, les phénomènes diminuent d'ordinaire insensiblement, ou bien d*iM manière instantanée, si un abcès sous-muqueux se fait jour dans rcesophage; d'autres fois il persiste des rétrécissements; quelquefois même la mort sinieBl à la suite d'une perforation ou d'une rupture de Tœsophage (voyei chap. T).

Les formes léf^ères du catarrhe aigu et chronique ne se trahissent pas pendul la vie par des troubles appréciables. — Il en est de même de Tinfluence pnslileuse. — La forme croupale à son tour passe presque toujours inaperçue, i noins que les efforts de vomissements n'aboutissent â l'expulsion de fausses membranes: si cette forme s'ajoute au croup du larynx et de l'isthme du gosier, les doolem et les embarras qui peuvent se présenter dans la déglutition s*effacent deftnt II dyspnée et les autres symptômes de ces maladies; si elle se développe comne croup secondaire dans le typhus ou dans des maladies semblables, les patieidi sont plongés ordinairement dans un état de stupeur qui les rend incapables de faire entendre des plaintes.

Les ulcères chroniques occasionnent quelquefois des douleurs dans un endroil limité, et gênent la déglutition d'une manière permanente; souvent il n'est possible de les distinguer des rétrécissements qu'en introduisant la sonde (Bsopkigienne, qui, dans ces cas, ne rencontre aucun obstacle et ramène au jour te masses muqueuses, sanguinolentes. Pendant que les ulcères sont en voie de cieitrisation, les symptômes du rétrécissement de l'œsophage peuvent se déclarer.

^ 'i. — Traitpiiipnl.

11 ne peut être question d*un traitement que dans les formes intenses del'MOphagite, les formes plus bénignes n'étant généralement pas reconnues. Si Tiaflammation dépend de la présence d*un corps étranger, il faut Téloigner suivurt les préceptes de la chirurgie. Si la muqueuse â été corrodée par des acides miirfraux ou des alcalis, on ne doit employer les antidotes usuels que dans les M tout à fait récents. Au reste, on se bornera, dans les inflammations aiguës, à ùÉe avaler de l'eau glacée ou même sucer de petits morceaux de glace. Les saignées générales ou locales ne peuvent que nuire, l'administration de médicaments etf (lifTicile et ne promet aucun succès. Si le malade est en état d'avaler, on ne cM lui présenter que des liquides. Si la déglutition est impossible, on peut Hn forcé d'introduire les aliments dans Testoniac du malade par la pompe ou de le nourrir par des lavements. Les nombreux moyens proposés contre les uMm chroniques de l'œsophage restent sans effet, et le point essentiel dans le Iriiiement est toujours le choix prudent de Talimentation.

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