CHAPITRE VIII
Les névroses de la sensibilité dans le larynx, c'est-à-dire l'excitabilité de ses fibres sensitives augmentée excessivement (hyperesthésie), et l'excitabilité dimi- Qiiée d'une manière anormale (anesthésie), ne s'observent jamais comme maladies isolées. On peut faire rentrer sous la première forme quelques cas de globe hystérique et de toux spasmodique chez des personnes hystériques. Dans ce dernier cas, il est vrai, les malades ne se plaignent pas de sen^tions anormales dans le larynx; mais les accès de toux qu'elles ont doivent être considérés comme des phénomènes réflexes qui sont dus à l'excitation maladive des fibres sensitives du larynx, conséquence de l'hyperesthésie.
Pâurmi les névroses de la motilité, les cas d'une véritable paralysie (akinéfie) (1) des nerfs moteurs du larynx, sans maladie concomitante de la muipieuse laryngienne, sont rares, et pour beaucoup des cas publiés on peut se demander si l'on n'a pas eu affaire à une contracture des muscles de la glotte (hyperkinésie) (2). Romberg indique comme symptômes de la paralysie du récurrent des accès d'oppression qui peuvent aller jusqu'à l'imminence de la suffocation, des inspirations sonores, sifflantes, la voix chuchotante, enrouée, mais surtout la recrudescence de la dyspnée, dès qu'on veut faire des efforts de respiration un peu considérables; nous comprenons facilement ces symptômes, brsque la maladie se montre chez les enfants. En parlant de la dyspnée du croup, nous avons fait mention qu'elle avait la plus grande ressemblance avec la dyspnée de jeunes animaux sur lesquels on a coupé les nerfs vagues ou les récorrents, et nous avons donné l'explication physiologique de cette similitude des symptômes. (Voyez page 22.) Au moyen de l'examen laryngoscopique, on a pu constater une paralysie unilatérale des cordes vocales, comme cause, très-rare il est vrai, d'un enrouement chronique, et l'on a même proposé de soumettre des cas pareils à un traitement par l'électricité, attendu que l'on pouvait, à l'aide du laryngoscope, mettre les électrodes directement en contact avec les muscles paralysés (!).
(1) Akinésie (de a privatif, et xfvti9c«, mouvement), paralysie de la motilité. V. C.
(3) Hyperkinésie (de vircp, qui indique excès, et xtrnvtç^ mouvement), contracture. Ces deux Bats ne sont pas usités dans la langue médicale française. V. C.
(3) Nous rappelons ici qu'on doit se garder de confondre l'expression de laryngisme stridulenx que !f iemeyer emploie comme synonyme de spasme de la glotte, avec la maladie désignée, en Firance, sous le nom de laryngite striduleuse ou faux croup, maladie décrite précédemment •oot le nom de catarrhe aigo du larynx. V. C
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