‹ Eléments de pathologie médicale; ou, Précis de médecine theórique et pratique, écrit dans l'esprit du vitalisme hippocratiqueChapitre 5 sur 86 · VITALISME HIPPOCRATIQUE MODERNE · texte numérisé non relu

VITALISME HIPPOCRATIQUE MODERNE

Le sujet de la médecine, c’est l’homme, que Dieu créa, dès l’origine du monde, à son image et a sa ressemblance 1 .

L’homme est un être complexe , composé d’une âme et d’un corps, unis ensemble d’une manière mystérieuse pendant cette vie mortelle.

L’ame est une substance simple, spirituelle et immortelle. Ses facultés sont de sentir, de penser, de vouloir , d’agir librement, et de distinguer le bien et le mal, le juste et l’injuste. C’est l’âme qui voit les couleurs et les formes, qui entend les sons, qui flaire les odeurs, qui goûte les saveurs et qui éprouve les impressions du toucher, de la faim et de la soif, du plaisir et de la douleur , d’où naissent les passions. C’est là ce qu’on nomme les sensations.

C’est l ame qui pense, c’est-à-dire qui a des idées, qui se souvient, qui compare, qui juge, qui raisonne, qui réfléchit, et ces différentes opérations sont comprises sous le nom d’intelligence ou d'entendement.

Enfin , c’est l’âme qui veut, c’est-à-dire qui délibère sur ses actions, qui agit volontairement et librement , qui sent intérieurement ce qui est bon ou mauvais, et qui peutchoisir l’un ou l’autre et rendre ainsi l’homme digne de récompense ou de punition.

En d’autres termes , les facultés de l’âme sont les sensations, les passions, la comparaison, le jugement, le raison-

1 Et créa vit Deus liominem ad imaginer» suani. (Genèse, I, 27.)

nement, la réflexion , la mémoire , la volonté , la liberté et la conscience. Ce sont la les opérations de l’être intellectuel; elles composent tout le moral de l’homme.

Le corps est un admirable assemblage de parties matérielles, solides et liquides , pénétrées de la vie et organisées de la manière la plus merveilleuse pour le but auquel le Créateur lésa destinées; savoir, d’être les instruments de l’âme pendant l’existence de l’homme sur la terre.

Les parties du corps, ou les organes, servent l’âme d’une manière directe ou indirecte.

Les organes directs de l’âme sont ceux qui mettent l’homme en rapport avec tout ce qui l’entoure , et que pour cette raison on appelle organes de relation. Ce sont les organes des sens qui transmettent à l ame les impressions des corps extérieurs ; le cerveau, le cervelet et la moelle épinière, où se passent les opérations intellectuelles; les nerfs, qui sont doués d’une double faculté, de conduire a l’âme les impressions du dehors, et aux organes locomoteurs les déterminations de la volonté; enfin , les muscles et les os, qui opèrent les mouvements que l’âme commande.

Les organes qui servent l’âme indirectement sont ceux qui ont pour mission de nourrir ses instruments directs; ce sont les organes de nutrition; savoir : les organes digestifs, qui transforment en chyle les aliments dont nous nous nourrissons ; les organes respiratoires, qui changent ce chyle en sang, fluide vivant et aliment universel du corps ; les organes circulatoires , qui par les veines ramènent au cœur le sang qui a déjà servi â la nutrition , et qui, par les artères, portent â toutes les parties le sang revivifié qui doit les nourrir ; les organes sécrétoires, qui sont chargés de préparer certaines humeurs nécessaires aux autres fonctions , et de séparer du sang des parties devenues étrangères , qui doivent être chassées au dehors.

Il existe encore un troisième ordre d’organes du corps , qui lient des deux autres et qui a pour but la génération , c’est-âdire la propagation de l’espèce.

On appelle organisme l’ensemble de toutes ces parties solides et liquides du corps. L’organisme est pénétré d’une force

INTRODUCTION

qui anime tous les organes et préside a toutes les fonctions. Hippocrate la nommait nature ou force vitale. C’est sous ce dernier nom que nous la ferons connaître.

ARTICLE IV

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