FIÈVRES INTERMITTENTES
Définition. Les fièvres intermittentes sont des fièvres primitives dans lesquelles les symptômes fébriles cessent et reviennent alternativement , pendant un temps plus ou moins long , en laissant entre eux des intervalles sans fièvre. L’ensemble des phénomènes de la fièvre porte le nom d'accès; l’intervalle sans fièvre qui sépare deux accès s’appelle apyrexie ou intermission.
Causes. — Causes prédisposantes. Les fièvres intermittentes peuvent attaquer tous les âges, les deux sexes et toutes les constitutions; on a remarqué cependant que les personnes faibles et délicates, les enfants, les vieillards, les nourrices, les valétudinaires étaient plus disposés que les autres â les contracter-, que le défaut d’habitude d’un climat, d’anciens accès de fièvre , des affections morales tristes prédisposaient également â ces affections. Mais dans la plupart des cas, il n’existe aucune cause prédisposante appréciable.
Causes excitantes. Elles sont de deux espèces; l’une est spécifique, les autres consistent dans les influences hygiéniques ordinaires.
1° Cause excitante spécifique. Cette cause, la plus puissante de toutes celles qui donnent lieu aux fièvres d’accès , réside dans les effluves ou miasmes qui se dégagent des eaux marécageuses. Sous ce dernier nom on comprend toutes les eaux stagnantes, non-seulement celles au milieu desquelles s’élèvent des plantes marécageuses , mais encore celles qui sont rassemblées dans des fossés et des excavations , ou répandues dans les champs destinés â la culture du riz, dans les prés, dans les lieux couverts de bois ; celles qui résultent d’inondations ou de pluies extraordinaires, etc. Toutes ces collections d’eau dormante, quoique variables pour leur activité malfaisante, peuvent également engendrer des fièvres intermittentes. Ces
PATHOLOGIE SPÉCIALE
émanations exigent certaines circonstances pour se développer : les principales sont la chaleur, qui produit une forte évaporation de ces eaux et une atmosphère peu variable. Aussi les fièvres des marais, nulles en hiver, régnent-elles épidémiquement en été et en automne. C’est surtout après le coucher du soleil, au moment où la rosée commence a tomber, que les habitants des pays marécageux qui sont dans la campagne sont le plus exposés à en être atteints. Malgré lesanalyses chimiques les mieux faites, on n’a pu encore déterminer en quoi consiste la cause qui développe d’une manière endémique et épidémique les fièvres des marais ; tout ce qu’on peut assurer, c’est que cette cause est un miasme qui se dégage seulement pendant les chaleurs, lorsque les eaux stagnantes sont mal encaissées et que l’évaporation met à sec les bords du lit qui les contient. D’après ce fait incontestable, on peut présumer que la putréfaction des insectes et des végétaux, quia lieu dans les temps chauds a la surface et sur les bords de ces eaux, joue un rôle important dans la formation du miasme marécageux.
2° Causes excitantes ordinaires. Mais les pays marécageux , véritable foyer des fièvres intermittentes , ne sont pas les seuls où se développent ces maladies. H est peu de localités où elles ne puissent se montrer, surtout au printemps, principalement d’une manière sporadique. Les causes qui leur donnent lieu dans ce cas sont nombreuses : les principales sont les vicissiludesatmosphériques brusques; les refroidissements, surtout ceux occasionnés par une pluie qui mouille les vêlements; les écarts de régime et surtout l’usage trop abondant de fruits nouveaux; les affections morales vives; la suppression d’hémorrhagies habituelles , de la sueur des pieds, des vésicatoires, des ulcères; la rétrocession d’une maladie chronique de la peau , etc.
Symptômes. Sous le rapport des symptômes qu’elles présentent, les lièvres intermittentes se divisent en trois ordres, savoir : 1° les fièvres intermittentes ordinaires; 2° les fièvres intermittentes pernicieuses; 3° les fièvres intermittentes larvées.
FIÈVRES