X. Fièvres intermittentes ordinaires
Les symptômes qui constituent chaque accès de fièvre intermittente présentent dans leur cours trois périodes, que Ton distingue d'après le phénomène qui domine dans chacune d'elles en période de froid, période de chaleur et période de sueur. Celle-ci est suivie de fapyrexie.
1° Période de froid. Le malade est pris d’abord d’un sentiment de langueur, de faiblesse et de froid • il éprouve du malaise et de la paresse pour faire des mouvements ; il a des bâillements fréquents et des pandiculations. La face est pâle , les traits du visage sont tirés , les parties extérieures du corps se resserrent et diminuent de volume, les anneaux tombent des doigts , les ongles deviennent bleuâtres et livides , la peau prend le caractère qu’on appelle chah' de poule ; dès ce moment, en touchant les extrémités, on les trouve froides, quoique le malade n'en soit pas encore sensiblement incommodé; bientôt il éprouve une vive sensation de froid, qui commence ordinairement dans le dos, d’où elle se répand dans tout le corps. C’est alors que le fiévreux cherche à se réchauffer, qu’il se met au lit et se charge de couvertures. Lorsque le frisson augmente , il produit des tremblements dans tous les membres et des claquements de dents. En même temps, le pouls est serré, petit, très-fréquent et souvent irrégulier. La respiration est petite, fréquente, quelquefois accompagnée de toux. Il y a anorexie, soif, parfois envies de vomir et même quelques vomissements d’un fluide tantôt transparent et insipide, tantôt bilieux. La rate augmente de volume. L’urine est aqueuse et sans couleur. Les ulcères se dessèchent, les seins des nourrices s’affaissent. La sensibilité est diminuée, l’exercice des facultés est diflicile; il y a quelquefois un léger trouble dans les idées qui peut aller jusqu’au délire.
La période de froid, après avoir duré depuis une demi-heure jusqu’à deux, quatre ou même six heures, se dissipe peu à peu et fait place à la seconde période, celle de chaleur.
2° Période de chaleur. Une chaleur sèche, plus ou moins vive
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et beaucoup plus considérable que dans Tétât naturel remplace peu a peu le froid et se répand dans tout le corps 5 la peau se colore, la face devient rouge, le corps augmente de volume; le pouls, toujours très-fréquent, devient plein, dur, développé et régulier; les artères carotides et temporales battent avec force; la respiration est fréquente, la bouche est sèche, la soif est toujours vive avec désir des boissons acidulées; les selles sont supprimées ; Turine est peu abondante, cuisante et colorée. Les sensations de l’ouïe et de la vue sont souvent pénibles; les facultés intellectuelles sont excitées ; il y a de la céphalalgie, et quelquefois un peu de délire. Après deux, trois ou même huit heures, la chaleur, la rougeur et la turgescence diminuent, la peau devient plus douce au toucher, le pouls onduleux et mou; c’est le commencement de la troisième période.
3° Période de sueur. Il parait une légère humidité sur le front; celle-ci se change par degrés en une sueur qui gagne les parties inférieures et se répand ensuite a toute la surface du corps. A mesure que la sueur coule, la chaleur tombe, le pouls se ralentit et revient a son rhythme normal , la soif diminue ; les nausées , lorsqu’il y en avait , se dissipent ainsi que la céphalalgie et tous les autres troubles fonctionnels. Après une a trois ou quatre heures, la sueur cesse, et tout rentre dans Tordre.
4° Apyrexie. On appelle apyrexie l’intervalle où le malade est sans fièvre et qui s’étend depuis la fin d’un accès jusqu’au commencement de l’accès suivant. Dans cet espace de temps, le liévreux se trouve revenu a son état habituel de sanié; il éprouve cependant un peu de pesanteur de tête et de faiblesse ; il a peu ou point d’appétit; ses urines se recouvrent souvent d’une pellicule ou laissent déposer un sédiment briqueté ; il se développe souvent autour des lèvres quelques pustules qu’on a désignées sous le nom d 1 hydroa fébrile.