IX. Fièvres intermittentes pernicieuses
Les fièvres pernicieuses sont des lièvres intermittentes qui, abandonnées a elles-mêmes , se terminent promptement d'une manière funeste , soit a cause de la violence d’une des périodes
FIÈVRES
de l’accès , soit a cause de l’apparition d’un symptôme insolite, grave et dominant, qui compromet les jours du malade ; de lk l’épithète de pernicieuses qu’on leur a donnée, pour avertir du danger qui les accompagne et de la nécessité de secours prompts et énergiques.
Ces fièvres présentent, comme les fièvres intermittentes ordinaires, les trois périodes de froid , de chaleur et de sueur, suivies d’un intervalle apyrétique, mais avec de nombreuses variétés. Je ne décrirai pas de nouveau les symptômes propres a ces périodes dont je viens de présenter le tableau • je me bornerai a faire connaître le symptôme dominant qui donne a ces maladies le caractère pernicieux , et a indiquer les principales différences que présentent dans ces cas les trois stades de l’accès.
Il y a trois genres de fièvres pernicieuses : les unes consistent dans une violence extraordinaire des symptômes d’une période, les autres dans l’apparition d’un phénomène nouveau et grave, qui se joint a des accès qui, par eux-mêmes, n’offrent rien de dangereux; les troisièmes se présentent sous la forme d’une autre maladie très-redoutable.
Premier genre. Un des stades de la fièvre est d’une violence extraordinaire : tantôt le frisson est extrêmement intense et prolongé; le malade est d’une pâleur excessive et glacé comme du marbre, les tremblements des membres et de tout le corps et les claquements de dents sont très-prononcés; le pouls est très-petit et presque imperceptible. On donne a cette espèce de fièvre pernicieuse le nom de fièvre algide; tantôt le froid n’offre rien de particulier, mais la chaleur est excessive, le malade se plaint d’un feu universel qui le dévore; c’est la fièvre ardente; tantôt enfin les sueurs de la troisième période sont tellement abondantes et si prolongées qu’elles traversent les couvertures et les matelas , et que le malade se fond en quelque sorte en eau , d’où résultent une faiblesse et un épuisement extrêmes. Cette espèce porte le nom de fièvre diaphonique.
Deuxième genre. Le plus grand nombre des fièvres pernicieuses ne présentent rien d’insolite dans les phénomènes qui constituent les trois stades. Leur danger vient uniquement
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d’un symptôme grave et accidentel qui survient dans un de ces stades, mais surtout dans le stade de froid ou dans celui de chaleur. Ce symptôme est extrêmement variable; il n’est pas de fonction de l’économie qui ne puisse en être le siège , mais il importe de remarquer que la même fièvre pernicieuse ne présente qu’un de ces phénomènes.
Les principaux de ces symptômes graves et dominants , qui constituent chacun une espèce de fièvre pernicieuse, sont les suivants : des vomissements et des déjections alvines répétés comme dans le choléra-morbus ( fièvre pernicieuse cholérique ) -, des selles sanguinolentes avec coliques , épreintes et ténesme, ou bien un flux diarrhéique abondant, tantôt analogue à la lavure de chair, tantôt composé de sang noirâtre, liquide ou coagulé ( fièvres pernicieuses dysentérique, entérorrhagique ) ; une douleur violente a l’épigastre avec nausées, quelquefois vomissements et disposition aux défaillances ( fièvre pernicieuse car dialgique ) -, des douleurs dans la région du cœur avec des syncopes fréquentes (fièvre syncopale )*, un assoupissement plus ou moins profond (fièvre comateuse ); une céphalalgie intense, un délire tantôt tranquille , tantôt violent et furieux, des convulsions , de la paralysie (fièvres céphalalgique, délirante, phrénétique, convulsive, paralytique ); l’horreur de l’eau (fièvre hydrophobique); une très-grande difficulté de respirer (fièvre dyspnéique ); une épistaxis, une hémoptysie, une métrorrhagie (fièvres hémorrhagiques) . etc.
Troisième genre. La fièvre pernicieuse , dépourvue des symptômes ordinaires des fièvres intermittentes, ou ne les offrant que d’une manière incomplète et trompeuse , se présente sous l’apparence d’une autre maladie telle que l’apoplexie, l’épilepsie, la manie, la stupidité, le tétanos, etc. (fièvres pernicieuses apoplectique, épileptique, etc.). Ces maladies offrent cela de particulier qu’elles sont intermittentes et suivent les types des fièvres de ce nom auxquelles elles appartiennent réellement, non-seulement par ce caractère, mais encore par le danger qui les accompagne et par leur traitement qui est le même que celui des fièvres pernicieuses évidentes. Ce genre pouvait être également classé dans les fièvres larvées, dont
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nous allons parler ; mais nous avons cru préférable de les placer ici a cause de leur génie pernicieux, qu’il est si important de reconnaître. r