‹ Eléments de pathologie médicale; ou, Précis de médecine theórique et pratique, écrit dans l'esprit du vitalisme hippocratiqueChapitre 70 sur 86 · TROISIÈME ORDRE · texte numérisé non relu

TROISIÈME ORDRE

FIÈVRES RÉMITTENTES.

Définition. Ces fièvres sont caractérisées par un mouvement fébrile continu, accompagné d’accès en froid et en chaud , revenant sous divers types, mais ordinairement une fois toutes

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les vingt-quatre heures. Elles participent ainsi des fièvres continues et des fièvres intermittentes.

Les causes de ces fièvres sont les mêmes que celles des fièvres intermittentes ; c’est-à-dire qu elles peuvent dépendre des influences hygiéniques ordinaires ou des miasmes marécageux. Aussi ces deux espèces de fièvres régnent-elles ordinairement en même temps.

Symptômes. Parmi ces symptômes, les uns sont continus, les autres intermittents. Les premiers sont l’accélération du pouls et la chaleur de la peau, qui peuvent offrir d’ailleurs de nombreuses variétés. Les seconds consistent dans une augmentation et une diminution des principaux phénomènes revenant périodiquement, le plus souvent une fois par jour. On leur donne le nom de paroxysmes. Les paroxysmes sont précédés, dans la plupart des cas, d’un frisson léger et superficiel ou d’un refroidissement des pieds , auquel succède une chaleur plus vive et une fréquence du pouls plus considérables qu avant le frisson. Après une durée variable, ces symptômes diminuent d’intensité, et la peau se couvre d’une moiteur plus ou moins marquée, quelquefois même de sueur. Cette période prend le

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Le type des fièvres rémittentes est ordinairement quotidien ou double tierce-, les autres types sont fort rares. Il existe au reste dans les retours périodiques des accès une multitude de variétés d’intensité et de durée. Il arrive quelquefois que les accès se rapprochent tellement, qu’à peine si l’un d’eux est fini qu’un autre recommence et anticipe chaque jour sur le suivant, au point que la fièvre devient bientôt continue. On donne à cette espèce de fièvre rémittente le nom de sub-intrante ou sub-continue. D’autres fois les paroxysmes s’éloignent, les rémissions deviennent de plus en plus prononcées et tendent à faire place à l’intermittence parfaite. Lorsque la fièvre rémittente s’aggrave, elle devient ordinairement continue, tandis qu’elle devient intermittente lorsqu’elle tend vers la guérison.

Les fièvres rémittentes présentent d’ailleurs toutes les nuances et les complications des fièvres intermittentes, mais

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principalement des symptômes gastro-bilieux ou inflammatoires. Nous n’y reviendrons pas.

Leurs paroxysmes peuvent également offrir dans les phénomènes qui les accompagnent , dans leurs formes , leur durée et le danger qu’ils entraînent, la plus grande analogie avec les accès des fièvres intermittentes pernicieuses. Ils constituent alors des fièvres rémittentes pmiicieuses , auxquelles s’applique tout ce que nous avons dit en parlant des premières.

Diagnostic. Ces fièvres se reconnaissent aux deux caractères suivants : 1° des phénomènes fébriles continus (accélération du pouls, chaleur, etc.) 5 2° des paroxysmes intermittents. Ces paroxysmes quotidiens, tierces ou double-tierces sont précédés de froid et se terminent par de la moiteur.

L’opinion de beaucoup d’auteurs recommandables, et en particulier de M. Nepple, c’est que la fièvre rémittente n’existe point par elle-même. « Composée, dit-il , de la fièvre continue (c’est-à-dire de l’irritation fixe fébrile) et de la fièvre intermittente (c’est-a-dire de l'irritation périodique fébrile), elle présente par leur mélange toutes les nuances de chacune en particulier, plus le phénomène général de la rémittence \ »

Pronostic. Les fièvres rémittentes sont toujours plus graves que les intermittentes, attendu qu’elles paraissent n’être, dans beaucoup de cas, que ces dernières fièvres compliquées d’un embarras gastrique , d’une phlegmasie ou d’une congestion locale. Lorsque ces fièvres s'améliorent, elles deviennent intermittentes; et lorsqu’elles empirent, elles tendent à devenir continues.

Traitement. Les fièvres rémittentes étant presque toujours accompagnées d’une complication gastro-bilieuse ou inflammatoire, c’est contre ces complications qu’il faut d’abord diriger le traitement. Si l’embarras gastrique est simple et exempt d’irritation vive de l’estomac, un vomitifle fait promptement cesser. Si au contraire l’épigastre est très-sensible à la pression, avec rougeur des bords de la langue, on applique des sangsues sur cette région, qu’on couvre de cataplasmes émol-

* Sur les fièvres rémittentes et intermittentes des pays marécageux tempérés. Paris, 1828.

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lients. On combat les congestions locales et les phlegmasies par les mêmes moyens. La saignée est préférable lorsqu'il existe une réaction vive du système sanguin manifestée par la coloration de la face, le développement et la force du pouls. Après avoir traité convenablement ces complications, la fièvre devient souvent intermittente et cède facilement au quinquina. Mais il importe d’être très-sobre d’émissions sanguines, attendu qu’elles ne sont indiquées que pour combattre un état inflammatoire et qu’elles aggraveraient la fièvre , si cette dernière complication n’existait pas.

Lorsque la fièvre rémittente persiste malgré les moyens employés contre ses complications, ou bien lorsqu’il n’y a point de complication bien sensible , on a recours au sulfate de quinine , qu’on administre a peu près aux mêmes doses que pour la fièvre intermittente, en ayant soin de ne le donner que pendant la rémission.

La fièvre rémittente pernicieuse en réclame l’emploi prompt et énergique; mais comme il existe ordinairement dans cette fièvre des affections locales qui seraient aggravées par le fébrifuge, il importe d’en cesser l’usage aussitôt que les paroxysmes ont cédé ou du moins diminué assez pour faire cesser toute crainte pour la vie. Il reste souvent alors une fièvre continue qui ne tarde pas à se dissiper, si elle n’est pas entretenue par une affection locale bien marquée.

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