‹ Elements de patrologie et d'histoire des dogmesChapitre 33 sur 96 · I. Ce dernier point est douteux. 'S. du Tr · texte numérisé non relu

I. Ce dernier point est douteux. 'S. du Tr

le professeur Vincenzi', de Rome, a pris, sans succès, la défense d'Origène,

*8. Voici, en quelques mots, ses principales erreurs :

La toiite-piiîssaiice de Dieu exig-e qu'elle se manifeste de toute éternité : c'est pourquoi, si ce monde visible a eu un commencement dans le temps, le monde spirituel est éternel. — Une partie des esprits sont tombés avant la création du monde visible et de ce nombre sont les âmes humaines. Origène admet avec Platon la préexistence des âmes. — Le monde corporel a été créé par Dieu pour la purification des âmes tombées. Dès lors, les conditions difFérentes des hommes sur la terre et la mesure des grâces que Dieu départit à chacun dépendent de leur culpabilité antérieure.

Bien qu'Origène insiste sur l'éternité du Fils de Dieu et le déclare oaoouGtoç tw Trarpî, il enseigne pourtant le subordinatianisme : le Fils tient le milieu entre les êtres créés et les êtres non créés. — Le Rédempteur a pris un corps véritable et il est Homme-Dieu (OsavôpoTroç). Origène, le premier, a employé cette expression. — Pourtant l'union des deux natures dans le Christ, pendant sa vie terrestre, était seulement une union morale -. C'est par la résurrection que la nature humaine est

i. In S. Greyorii Nysseni et Origenis scripta et doclrinam nova recensio, 4 vol., Rome, 1864.

2. Origène use cependant de la communication des idiomes {De princijy.. H, 6, 3; IV, 31).

'.M ÉLÉMENTS DE l'ATKOIJJdlE.

entrée entièrement dans la divinité pour ne faire quune même chose avec elle et ainsi immuable et omniprésente.

Avec Platon. Origène distingue, dans l'ànie huinnine. la i/u/r, et le voûç. — Un point capital de sa doctrine était V i-Koy.'xx-j.a-aijii; twv àrâvTojv : les âmes de ceux qui ont péché sur la terre subissent après la mort un feu purificateur, mais toutes s'élèvent graduellement, comme d'ailleurs les démons, jusqu'à ce qu'elles soient enfin entièrement purifiées et deviennent des corps éthér«^s qui ressuscitent, semblables aux coi-ps actuels par la forme mais non pas par la matière: et Dieu est de nouveau tout en tous. Cette restauration (àTroxa-aff-raciî] nïmplique pas la fin du monde. Ce n'est qu'une conclusion provisoire : un monde suit un autre monde dans une alternance indéfinie, comme l'enseigne Platon. Origène niait donc rétoriiité des peines de l'enfer pour les hommes et pour les démons. — Il a aussi sur la sainte eucharistie une interprétation trop libre : il l'appelle en un endroit le corps typique et symbolique du Seigneur ',

*9. En revanche, Origène peut être donné comme témoin des doctrines catholiques sur le péché originel, la confession auriculaire et lexistence des anges gardiens.

Toute âme, dit-il, qui naît dans la chair est souillée de péché et c'est pour cela que l'Eglise a reçu des apôtres la tradition de baptiser même les

1. <;l. sur ce dernier point Scliwaue, Histoire des dogmes, I. p. 70« <le la traduction française.

enfants. Sils n'avaient aucun péché, le baptême leur serait inutile [In Leviticum hom. viii, 3 et xii, 4; in ep. ad Rom., v, 9).

Sur la confession , il dit : « Quand le pécheur s'accuse, il crache son péché. Mais examine sérieusement à qui tu confesseras tes péchés ; éprouve le médecin avant de lui découvrir la cause de ton mal... S'il reconnaît que ton mal est de ceux qui doivent être découverts et guéris devant toute la communauté, agis alors suivant le sage conseil du médecin » [In psalm. xxxvii hotn. ii, 6). Une autre fois, il enseigne que la pénitence consiste en ce que Ton confesse, sans rougir, ses fautes au prêtre du Seigneur pour en chercher la guérison [In Leçiticum hom. II, 4).

Saint Jérôme a dit avec raison d'Origène : Non imitemur ejus vitia, cujus virtutes assequi non possumus.

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