Saint Deiiys d'Alexandrie ^ surnommé le
Grand, suivit, pendant sa jeunesse, les leçons d'Origène, dans sa ville natale ; il succéda à Héraclas, en 232, dans la direction de l'école catéchétique. En 248, il montait sur le siège d'Alexandrie. Il mourut en 264. Sa vie fut très agitée ; il échappa par la fuite à la persécution de Dèce et fut exilé en Libye, sous Valerien.
1. Une bonne édition de Denys d'Alexandrie vient d'être publiée par Ch. L. Feltoe, Cambridge, 1904.
!.»6 ÉLÉMENTS DE l'ATHOLOGIE.
Imbu du siibordinatianisnio dOrigène. il appelait le Fils une créature du Père. Ce qui le mit en conflit avec Tévêque de Rome, Denys 259-269); mais ce fut pour peu de temps, car il retira bientôt son expression hétérodoxe.
Denys était une nature pacin({iic et, à linverse d"Origène, d'un caractère plus pratique que spéculatif. 11 ne nous reste de lui que quelques fragments, presque tous dans Eusèbe, notamment une lettre à lantipape Xovatien, dont il blâme la sévérité à l'égard des lapsi; une lettre à Basilide. évêque de la Pentapole, sur le temps du jeune qui précède la fête de Pâques, où l'on voit que la durée de ce jeûne n'était que d'une semaine ' (Migne, P. G., X, 1278 .
2. Saint Grég-oire -. appelé plus tard le Thauiiiaturg-e, naquit à Xéocésarée dans le Pont, d'une honorable famille païenne. 11 fut. pendant cinq ans, avec son frère Athénodore, élève d'Origène à Césarée. Avant de quitter cette ville, en 238, il adressa à son maître un Discours de remerciment 7Tavr,Yupty.oc, lU 'üptY£vr,v qui nous a été conservé. On y trouve toutes sortes de renseignements sur la méthode pédagogique du maître.
1. Toutefois, à la même époque. Origène parle d nn jeûne de quarante jours; mais ce passage ne se trouvant que dans la traduction latine de P.ufin 'In Levit. hom. x. Miçne, P. G., XII, .■i28), est très suspect. CI. Vnni,. KirchcngeschicfiUic/ie Ab/iandlungen,ï, Paderborn, 1897, '2oi--2ä3.)
2. Ml^ne, P. G., X. Le discours à Origène a été édité par Koclschau dans le neuvième fascicule de la Sammlung ausgewählten Kirchen— und dogmengeschichtl. Quellenschriften de KrQger, Freiburg, 189i.
Peu après, Grégoire devint évêque de sa ville natale. 11 y remplit les fonctions pastorales pendant trente ans (7- vers 270) et par son zèle réussit à rendre entièrement chrétienne une cité qui était auparavant entièrement païenne; (il y avait en effet dix-sept chrétiens à son arrivée à Néocésarée ; à sa mort, il ne laissait plus que dix-sept païens).
Dune activité infatigable pour le service des âmes, il n'a composé qu'un petit nombre d'écrits. Nous venons de parler de son discours de remercîment. h'Expositio fidei est une courte exposition de la doctrine de la Trinité. Au rapi:)ort de Grégoire de Nysse, elle lui aurait été communiquée, dans une vision, par saint Jean l'évangéliste, sur Tordre delà mère de Dieu. — h' Epistula canonica est adressée à un évêque du Pont; elle traite de la pénitence à exiger de ceux qui, pendant l'invasion des Goths dans le nord de l'Asie Mineure, avaient transgressé les lois de la morale chrétienne. — Le traité adressé à Théopompe sur la question de savoir comment Dieu qui est impassible par sa nature peut s'intéresser à la destinée des hommes nous est parvenu en syriaque seulement.
Une foule d'écrits portent, à tort, le nom de Grégoire, tel le A Philagrius sur la consubstantialité, qui est de Grégoire de Nazianze, comme l'a démontré Draeseke. Il est adressé au moine Evagrius et non pas à Philaginus.
3. Saint Méthode, évêque d'Olympe en Lycie, mourut martyr, en 312, dans la persécution de Maximin Daïa. Il se distingua en luttant avec
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succès contre l'origénisme. De ses nombreux écrits, composés la plupart sur le modèle des dialogues de Platon, et remarquables par la beauté de la l'orme, un seul a été conservé en grec, Le banque! ou De la virginité. C'est une imitation du Banquet de Platon. Dix jeunes fdles y prononcent, lune après l'autre, l'éloge de la chasteté et, à la fin, Thécla, une d'entre elles, entonne une hymne enthousiaste en l'honneur du fiancé, le Christ, et de sa fiancée, l'Eglise.
Nous possédons d'autres écrits de saint Méthode, mais seulement en slave, par exemple un grand dialogue intitulé De la résurrection, dans lequel il affirme, à l'encontre d'Origène, l'identité du corps ressuscité et du corps actuel.
B. Les Africains