‹ Elements de patrologie et d'histoire des dogmesChapitre 43 sur 96 · CARACTERE GÉNÉRAL DE CETTE PÉRIODE · texte numérisé non relu

CARACTERE GÉNÉRAL DE CETTE PÉRIODE

1. Avec le règne de Constantin commencèrent pour l'Eglise du Christ des conditions d'existence toutes nouvelles. L'édît de tolérance que l'empereur publia à Milan, de concert avec Licinius, garantissait à l'Eglise une situation légale semblable à celle du paganisme et lui conférait la personnalité juridique. — Cette tolérance du christianisme devint bientôt, sous Constantin, une faveur ouverte, et, sous Théodose le Grand, un droit exclusif. Les tentatives de réaction sous Licinius et Julien furent sans conséquence : le premier succomba devant Constantin à la bataille d'iVndrinople (324) ; l'autre mourut après un règne de vingt mois, dans la lutte contre les Perses (363).

Débarrassée de toute oppression extérieure, l'E-

131 ÉLÉMENTS HE rATltOl.OiUE.

glise pouvait dès lors, par la réforme des lois et la création détablissements destinés au soulagement des pauvres et des malheureux, propager et faire passer dans la pratique ses idées nouvelles. De belles églises furent construites, le culte déploya plus de splendeur et lévangélisation des pays situés en dehors de lempire romain fut sérieusement organisée. Malheureusement la eonvorsion des niassos. et surtout l'entrée dans l'église d'éléments sans valeur au point de vue religieux eurent pour résultat raffaîblisseuient do la dîsciplino et un certain affaisseinoiit dans la vio de 1 Eglise.

En s'efforçant de fixer d'une manière abstraite l'objet de la foi, on aboutit à des luttes théoloariques pénibles, envenimées encore et prolongées par la puissance impériale, qui prétendit s'immiscer dans les affaires intérieures de l'Eglise. Mais par le fait aussi de la liberté nouvelle et des luttes dogmatiques, la science ecclésiastique se fortifia : des esprits supérieurs, qui presque tous avaient fréquenté les écoles du paganisme, visèrent à constituer en système les vérités de la foi et s'en firent les champions contre les formes multiples de l'hérésie. — D'autre part, les empereurs, pour sauvegarder l'unité de l'Eglise menacée, eurent recours à des conciles «-énérauxque la période précédente n'avait pas connus. Leurs décisions formèrent le résultat définitivement acquis de ces luttes dogmatiques, en même temps que la base immuable de la théologie postérieure. — C est ainsi que cette période est à la fois l'époque des grandes luîtes doctrinales,

L'AGE D'OR DE LA LITTERATURE l'ATRISTIQUE. 135

des plus illustres Pères de l'Eglise et des grands Conciles : c'est Tàg-o d'or de la science patristique et du développement dogmatique.

2. L'écolo catéchétîqiie d'Alexandrie qui avait atteint sous Origène l'apogée de sa gloire, jeta encore quelque éclat au ivo «iècle. Elle s'était débarrassée des erreurs du maître, surtout de son subordinatianisme, mais elle continuait encore son exégèse allégorique. Athanase, les trois Cappadociens et Dîdynie l'aveugle furent alors ses principales gloires.

En opposition complète avec la tendance allégorique et spéculative de cette école, l'école d'Antioche commençait à se faire remarquer. Un bon sens ennemi de tout excès et une allure strictement scientifique étaient ses caractères distinctifs; elle commentait la Sainte Ecriture en s'attachant au sens historique et grammatical. Le fondateur fut le prêtre Lucien d'Antioclie, le maître d'Arius, qui mourut martyr en 311.

Les principaux représentants de cette école, tels que Diodore de Tarse, Jean Chrysostonie, Théodore de Mopsueste et Théodoret de Cyr. furent d'abord moines et prêtres à Antioche ou dans les environs.

Page 1