Cf. Schwane, Op. cit.. H, § 18, p. 231 (trad. l'ranç
2. Orat. XXXVII, 2 : Ev èx tûv ôuo, et : Auo cpuaei; t\ç iv ayvopa- {A0\5(Tai, oÙ3( vilol ôuo. Cf. aussi Or., xlv, 9.
166 ÉLÉMENTS DE l'ATKOLOGIE.
lange dans le Christ' : sous ce rapport Grégoire de Xysse était beaucoup plus clair eu faisant remarquer quon ne doit pas dire du Logos ce qui est propre à la chair et vice versa, mais que Ton peut dire les deux du Fils de Dieu-.
*5. Il s'exprime en ces termes sur le péché originel : « Je suis déchu enlièremenl el condamné à cause de la désobéissance du premier père et de la tromperie du serpent » (0/'.,xxii, 13). Néanmoins il appelle innocents les enfants nouveau-nés et aflirme qu'ils ne seront point punis. Or., xl, 23). Aussi, conseille-t-il, en dehors de tout danger, de ne les baptiser qua Tage de trois ans >loc. cit.. 28). — Quant à ceux qui désirent le baptême, mais qui meureni sans l'avoir reçu parce qu'ils n'avaient pas l'âge ou que leur mort a été subite, ils ne vont pas en enfer, mais ils ne peuvent pas davantage entrer dans le royaume céleste. 11 ne reconnaît donc pas au baptême de désir une efficacité suffisante pour justifier l'âme [Or., xl, 23).
« Le prêtre par sa parole fait descendre le Logos. il sépare dune manière non sanglante le corps et le sang du Seigneur, en se servant de sa parole comme d'un glaive » (Ep. clxxi . On ne peut atTirmer d'une façon plus nette la présence réelle du Christ el le caractère sacrificatoîre de l'eucharistie. — « Celui qui n'appelle pas la Vierge Marie mère de Dien (ôeoTÔy-oç) est loin de la divinité » [Ep. ci, '* . Grégoire rapporte de sainte Justine qu'elle sup-
I. Miïi;, /.pà-j'.;. Orat., ii, 23:xlv, ft. '2. Dans Mlgne, P. G., XI.V, 712.
pliait sainte Marie de lui venir en aide [Or., xxiv. 10-11).
§ 44. — SAINT GRÉGOIRE DE NYSSE i
1. Grégoire, le plus jeune frère de saint Basile, enseigna d'abord la rhétorique. Sur les conseils de Grégoire de Nazianze, il se retira dans la solitude à Néocésarée près de sa mère et de sa sœur. Basile, devenu métropolitain de Césarée, le sacra évêque d'une petite ville voisine, celle de Nysse, et, comme on l'en blâmait, il répondit que son frère devait honorer son siège plutôt qu'être honoré par lui. A Nysse, Grégoire se vit en butte à la haine des ariens et dut s'exiler pendant deux ans. Après la mort de l'empereur Valens, il rentra dans son diocèse. Xous le retrouvons, en 379, à un concile d'Antioche et, en 381, à celui de Constantinople où l'on admira la pénétration de son esprit. Ce fut lui qui prononça l'éloge funèbre de Mélèce, évêque d'Antioche et président du concile. Quelques années plus tard, dans cette même ville, il fil les panégyriques de Flacilla, épouse de l'empereur Théodose P"", et de sa fdle Pulchérie. Il assistait à un synode de Constantinople en 394. Là s'arrêtent nos renseignements sur sa vie.
1. Le meilleur recueil des écrils de Grégoire est l'édition de Migiic P. G., XLIV-XLVI); c'est en substance une réimpression de celle de Fronton <ln Uiif. S. J., en 3 in-fol., Paris, 1G38. Mais, comme cette dernière, elle manque de critique et souvent de divisions dans les chapitres. Les Bénédictins n'ont malheureusement pas édité saint Grégoire de Nysse.
168 ÉLÉMENTS DE PATKOLüGlE.
2. Grégoire de Nysse fut le penseur le plus profond des Irois docteurs de Cappadoce ; il a contribué beaucoup à donner aux enseignements de la foi une base philosophique ; mais la spéculation entraîne facilement hors de la vérité et le danger était dautant plus à redouter que Grégoire éprouvait un vil' enthousiasme pour Origène, vers lequel l'attirail une véritable parenté intellectuelle ; il le suivit notamment dans sa doctrine deV Apocatastasis . — Son éloquence le faisait rechercher à la cour impériale. Il avait, par contre, peu d'aptitude pour les fonctions épiscopales ; son frère Basile se plaint à diverses reprises de sa trop grande bonté d'âme et de sa simplicité.
3. Grégoire a composé des écrits dogmatiques, exégétiques et ascétiques, ainsi que des discours et des lettres.
De tous les écrits dog-matiques le plus remarquable est la Grande catéchèse, dans laquelle il prouve et défend la religion chrétienne contre les hérétiques, les juifs et les païens. Dans la première partie, il traite de Dieu et de la création; dans la seconde, de la rédemption; dans la troisième, des sacrements de baptême et d'eucharistie.
Les douze livres Contra Eunomium forment son ouvrage le plus considérable. Au traité de Basile qui i^orte le même titre, Eunomins avait répondu par une « Apologie ». Grégoire écrit ses douze livres pour défendre son frère contre les calomnies de l'hérétique et éclaircir en même temps la doctrine de Basile sur la divinité du Fils et du Saint-Es-
prit. Il avait achevé son œuvre à l'époque du Concile de Constantinople en 381. Entre les différents livres de cet ouvrage, il n'y a pas de lien véritable.
Grégoire écrivit son Aiitirrheticus ('AvTippYiTixdç) contre Apollinaire de Laodicée (infr. p. 269) ; il essaie de montrer que le Logos n'a pas pris dans le Christ la place de l'entendement (vouç).
Le De anima et resurrectione est un petit livre d'or. C'est un dialogue de Grégoire avec sa sœur Macrine qui a presque toujours la parole : en 379, Grégoire, encore accablé par la mort de son frère Basile, était venu chez sa sœur dans le village du Pont où elle dirigeait une communauté de pieuses femmes. Il la trouva près de mourir; mais elle le consola par un entretien sur les fins dernières de l'homme. — Grégoire a raconté sa vie dans la Vita sanctae Macrinae.
4. C'est dans le domaine de l'exég-èse que Grégoire travailla avec le plus d'activité. Et ses ouvrages sur cette matière sont pourtant ceux qui ont le moins de valeur parce qu'il a trop suivi les tendances allégoriques d'Origène et que, sous chaque mot du texte sacré, il veut trouver un trésor d'enseignements moraux.
Le plus sobre de ses commentaires est l'explication du récit de la création dans les deux ouvrages intitulés In hexaêmeron et De opißcio hominis; il les composa tous deux à la prière de son frère Pierre, évéque de Sébaste, pour compléter les homélies de saint Basile sur l'hexaméron.
Au contraire, dans les deux traités Sur les titres
170 ÉLÉMENTS DE I'ATROLüdlE.
des psaumes il laisse toute liberté à son imagination ; dans le premier il veut montrer que les cinq recueils des psaumes forment cinq échelons de la perfection ou de l'éducation ; dans le second, que les titres des divers psaumes (si purement techniques pourtant) ont pour but de nous guider sur le chemin de la vertu. Dans ses homélies Sur le Cantique des cantiques, il considère Dieu comme le fiancé, et l'âme humaine comme l'épouse. Les cinq homélies Suj- la prière (du Seigneur) et les huit homélies Sur les béatitudes sont fort belles. Les enseignements moraux sont relevés par d'excellentes allégories et des exemples tirés de la Bible.
Le meilleur de ses écrits ascétiques est le traité De virginitate qu'il composa dans la solitude avant sa consécration épiscopale.
Nous avons déjà parlé de plusieurs des Eloges funèbres qu'il prononça sur les tombes de personnages éminents : il fit aussi l'éloge de saint Grégoire le Thaumaturge. — Nous avons également de lui vingt-six lettres. Dans la deuxième sur les Pèlerins de Jérusalem, il dénonce les abus qui se commettaient au cours des pèlerinages et prémunit ses lecteurs contre une estime excessive des pèlerinages en général.
* 5. Grégoire attribue aux idées universelles une réalité indépendante, à la manière des idées platoniciennes, quand il dit que le mot « homme » désigne la nature et non l'individu et qu'on doit dire de Pierre, Paul et Barnabe, pris ensemble, qu'ils ne sont qu'un et non pas trois hommes : il fait penser
au réalisme extrême du moyen âge. — Evidemment Grégoire voulait par cette proposition rendre plus saisissable le dogme de la Trinité en Dieu (Migne, P. G., XLY, 117-180)
Toute activité de Dieu ad extra est, selon la juste remarque de saint Grégoire, commune aux trois divines personnes. « L'action n'est pas partagée par la pluralité des agents : elle est une et non pas triple « [loc. cit., 125).
Cest avec raison qu'il place la distinction des Personnes divines uniquement dans leurs relations. « Nous trouvons une distinction entre l'un et l'autre, en ce que l'un est cause et que l'autre est par la cause ; et dans ce qui est par la cause, nous admettons une autre distinction : l'un est produit par le premier sans intermédiaire, et l'autre par l'intermédiaire de celui qui est produit immédiatement. » On peut voir par ce passage que Grégoire, comme d'ordinaire les Pères grecs (supr. p. 151 et p. 159, 7), fait procéder le Saint-Esprit du Père par le Fils, c'est-à-dire d'une façon médiate.
* 6. Quant à l'origine de l'àme humaine, Grégoire est traducianiste comme TertullienfMigne, P. G., xLvi, 125 sq.). — Il ne suit pas Origène (sup. p . 94) dans sa conception d'un rapport purement idéal entre le corps ressuscité et le corps actuel. Voici ce qu'il dit : Les corps ressuscites se débarrassent de la matière générale et reviennent à ce qui est particulier à chacun {De opificio hominis, c. xxviij.Mais pour ce qui est de l'autre vie, Grégoire enseigne avec Origène l'aTCoxaTàcTaCTiç. Les non-baptisés et
172 ÉLÉMENTS DK l'A'lHOLOfili:.
ceux qui, ayant été baptisés, n'ont pas expié «parla prière et la philosophie « les péchés commis après le baptême, doivent, après leur morl. être purifiés par le feu ; ce châtiment « dure plus ou moins longtemps » ; lorsque le mal aura été extirpé de la nature, alors toute créature rendra grâce au créateur et l'inventeur du mal lui-même le démon; suniraà cette hymne de reconnaissance Or. calech., c. xxxv- XXXVI ; Migne, P. G., xlvi, 524-525, 536).
On peut donc citer Grégoire comme témoin de la doctrine du purg:atoîre. Mais quand il parle de l'enfer éternel et du ver qui ne meurt pas, ce qui arrive assez souvent par ex : Orat. catech., c. xl . il entend, avec Platon et Origène, des périodes de longue durée ^
?j 45 — SAINT ÉPHREM LE SYRIEN -.