I. Ziiiiiner, Pelagiiis in Irland, Berlin
•2. cr. Dom Cünpmaii, Revue Bcnédictinc, XX (1903), 285-313.
••2-2-2 KI.É.MEXTS DE PATlIOLO".!!-.
C'est seulement dans ces derniers lemps que l'infatigable Dom Morin a découvert et édité 59 traités de Jérôme, épars dans les œuvres de Chrysostome, d'Augustin et d autres Pères '. — Ce sont des discours que le saint a adressés à une communauté de moines, et qTiiont été recueillis par ses auditeurs.
Ses écrits dogmatiques, tous composés en vue de la polémique, sont :
Alterratio Luciferianiet orlhodoxi, dialogue entre un partisan de l'évêque schismatique Lucifer de Cagliari et un orthodoxe; — Adversus Hehidium, de perpétua virginitate h. Mariae. Helvidius avait soutenu que Marie avait eu des enfants de .loseph après la naissance de Jésus: — Deux livres Ad\'ersus Joi'i/na/jum. Jovinien enseignait que la virginité n'est pas supérieure à l'état de mariage, que le chrétien Ijaptisé ne peut plus pécher, que le jeune est sans valeur et que le bonheur du ciel est le même pour tous; — Contra Vigilantium. Vigilance attaquait le culte rendu aux saints par TEglise, la pauvreté volontaire des moines et le célibat des clercs : — Contra Joannem Hierosolyniitanum et les trois XwTG's, Adversus libros Rufini, qui sont pleins d'attaques personnelles. — Dialogus contra Pelagianos, en trois livres, qui n'a été écrit qu'en 415. — Enfin on possède le traité de Didyme l'Aveugle De spiritu sancto dans la traduction latine qu'en a donnée saint Jérôme.
1. s. Hieroiiyiiii prpsiri//^?-! Trnclalus sive homiliae in psnlmas Marci evaiKji-liuiu attaque varia argumenta lAnrcduln Morriixi, iana III, »), Mared*., 1897.
Déjà au moyen âge, on estimait beaucoup les lettres du saint Docteur. Il y en a 120 qui se distribuent sur toute la période de son activité littéraire, c'est-à-dire sur presque un demi-siècle. — Elles sont aussi intéressantes par leur objet qu'achevées dans la forme, car elles étaient dès le début destinées à la publicité. On y voit à merveille le talent universel de l'écrivain, la souplesse de son style, sa riche imagination et son âme de feu. Plusieurs forment des traités complets, d'autres sont des nécrologes de personnages connus, ou des instructions pour diriger dans la voie de la perfection. — Telles sont la lettre 22 à la vierge Eustochium sur les devoirs de la virginité et la letti-e 52 au jeune prêtre Népotien à qui Jérôme donne des conseils sur la vie sacerdotale ' .
'8. Saint Jérôme n'était pas un théologien de vocation, mais l'opposition violente qu'il ressentait pour l'hérésie lui fit souvent prendre la plume pour la défense de la doctrine catholique et il se trouva ainsi mêlé à presque toutes les questions dogmatiques de son temps. Il regardait comme des ennemis personnels, les ennemis de l'Eglise, ainsi qu'il le dit lui-même [Contra Pelog.. praef.). Il se tient fermement sur le roc de la tradition de l'Egflise et adhère de toute son énergie à la chaire romaine. Du fond du désert du Chalcis (avant 3791, il écrivait au pape Damase : « Tout en suivant d'abord le Christ, je demeure étroitementuni à Votre
1. M^' Lagraii^c en a publié un recueil en français, Paris, 1891.
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Sainteté, c'est-à-dire à la chaire de Pierre; je sais que sur ce roc l'Eglise est bàlie; qui est en dehors de cette maison du Seigneur est hors du salut; qui n'est pas dans larche de Xoé sera emporté par le déluge » Ep. XV. 2 . — A différentes reprises, il affirme que la Sainte Kcrilure doit être expliquée d'après le sentiment de l'Eglise.
Dans les trois livres Contra Pelagianos, il veut prouver que l'homme ne peut être sans péché ; mais, selon les tendances de son caractère impétueux et passionné, il exagère la faiblesse humaine. Il dit, par exemple, que Dieu seul peut être absolument sans péché, l'homme ne le peut que pendant un temps très court et avec la grâce de Dieu ii, 16 et III, 4 . Demander pour un homme limpeccabilité, c'est en faire un Dieu (ii. 4 et m, 12 . Et si l'on objecte que dans ces conditions les ordres de Dieu n'auront plus de but. il répond Contra Pelag.. I, 23 : « Dieu n'a ordonné que le possible, je le <( reconnais moi aussi ; mais nous ne pouvons pas, « chacun en particulier, faire tout ce possible. »
"9. Dans certains passages, Jérôme semble ne pas reconnaître la nécessité de la grâce préA'Cnante: il dit par exemple : « A nous il appartient de commencer; à Dieu, d'achever » ; et encore : « Dieu attend notre pénitence jusqu'à ce que nous nous convertissions de nos péchés » Contra Pelag.. III. 1, et/« haï. XXX, 18,; mais dans d'autres il dit aussi à plusieurs reprises, que notre volonté s'appuie sur l'aide de Dieu {In Jerem. xxiv, 1 . et aussi que nous ne pouvons faire pénitence si Dieu
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ne nous convertit [Ibid., xxxi, 18-19); et encore : Velle et nolle nostrum est, ipsumque quod nost/'um est, sine Dei niiseratione nostrum non est \Ep. cxxx, 12). — Jérôme est créatianiste [Contra Joann. Hieros., c. 27 et Ep.. cxxvi, 1). — ]I1 lient pour apocryphes les livres deiitéro-canoiiiques de rAiieien Testament : Qiiidquid extra hos est, inier apocrypha ponendiun [Prologas galeatus). « Ils peuvent servir à l'édification mais non à la démonstration du dogme de l'Eglise » [Praef. in Salom.). C'était aussi l'opinion de saint Athanase.
D'après saint Jérôme, dans les temps apostoliques, les communautés chrétiennes étaient administrées par des collèg-es de prêtres, et ce n'est que par suite d'empiétements ambitieux que peu à peu a été établi l'épiscopat unitaire; la supériorité de l'évêque vient donc plutôt consuetudine quam d/spositionis dominicae veritate. — Ailleurs il dit encore : idem est preshyter qui et episcopus [In Tit. I, 5).
Enfin saint Jérôme émet cette idée, qui lui est particulière, que tous ceux qui nient Dieu et ceux qui ne sont pas chrétiens [negantes et impii) iront au feu éternel, mais non pas les chrétiens, quand bien même ils seraient peccatores et iniqui : ils recevront au jugement dernier une condamnation qui sera « modérée et mélangée de douceur », et, après d'assez longs tourments, ils deviendront enfin heureux ' .
\. Comm. sur Isaïe, lxvi, 24; dans Migne, P. L., XXIV, G76-678. et Contra Pela (j., i, 28.
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