Les ouvrages dogriiiatiques sont
a) h' Enchiridion sive de fide, spe et caritate, adressé à un laïque romain Laurentius ; c'est le seul manuel systématique de la doctrine chrétienne que saint Augustin nous ail laissé. Il se divise en trois parties : la première, qui explique le symbole des apôtres, traite de la foi; la seconde, de l'espérance el de l'oraison dominicale; la troisième, de la charité et des commandements.
h) Le De trinitate, en 15 livres, qui constitue l'œuvre dogmatique capitale de saint Augustin. C'est le couronnement des études des Pères sur la Trinité, notamment des travaux d'Athanase et des Cappadociens. Les sept premiers livres expliquent les textes bibliques relatifs à la Trinité, les huit derniers s'appliquent à rendre le mystère plus intelligible au point de vue philosophique, par des analogies tirées de l'âme humaine. L'ouvrage est difficile à comprendre.
Un grand nombre des écrits d'Augustin sont d'ordre poléniico-dogfinatîqiie, dirigés contre les manichéens, les donatistes et les pélagiens,
a) Contre les manichéens, il s'attache surtout à montrer qu'il n'y a pas d'opposition entre l'Ancien et le Nouveau Testament, el que le mal n'est pas une substance. A celte classe appartiennent les
deux livres De moribiis ecclesiae catholicae et de morihus manichaeoriun et les 33 livres Contra Faustum manichaeum.
b) Les ouvrages qui attaquent les donatistes traitent de la doctrine de l'Eglise et de la manière dont les sacrements opèrent ; ils nous décrivent en même temps les différentes phases de la controverse donatiste à cette période. Tels sont les sept livres De haptismo qui font d'Augustin le fondateur de la doctrine théologique sur l'Eglise et sur les sacrements, et les trois livres Contra litteras Petiliaiii donatistae.
c) Avec les pélag-îens, il discute la nature de l'homme, le péché originel, la justification et la grâce. Le plus ancien de ces traités est le Depeccalorum meritis et remissione de l'année 412. Viennent ensuite le De natura et gratia, le De gratia et lihero arhitrio et les six livres Contra Julianum. — Augustin rédigea, tout à fait à la fin de sa vie, une réponse très étendue à cet évêque pélagien Julien d'Eclane [Contra secundam Julia ni responsione/n), qui est demeurée inachevée. Les deux écrits contre les semi-pélagiens De praedestinatione sanctorum et De dono perseverantiae appartiennent aussi aux dernières années de sa vie.
8. Parmi les nombreux travaux exég-étiques d'Augustin, les 4 \\\ve^ De doctrina christiana occupent une place importante. Commencé dès 397, l'ouvrage ne fut achevé que peu de temps avant la mort du saint Docteur. Les trois premiers livres donnent des instructions sur la manière d'expliquer la Sainte
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Ecrilure; le qualrième. sur la prédication chrétienne, La règle suprême pour Tinlerprélation de la Bible, c'est l'enseignement de l'Eglise. On ne doit donner à l'Écrilure aucun sens contraire à l'enseignement de TF^glise.
Augustin s'est souvent occupé du récit biblique de la création dans sa lutte contre les manichéens. Son plus grand ouvrage sur ce sujet est le traité en 12 livres De Genesi ad lilleram, où il explique les trois premiers chapitres de la Genèse.
Il a commenté l'heptateuque dans deux ouvrages, en sept volumes, les Locutiones et les Quaestiones in heptateuchum. Dans le premier, il explique les expressions difficiles du texte latin; dans le second, il cherche à résoudre les difficultés que présentent les faits eux-mêmes. — Les Enarrationes in psahnos sont d'excellentes homélies sur tous les psaumes. — Le De consensu evangelistarum cherche à dissiper les prétendues contradictions des quatre évangélistes.
Augustin a commenté en des homélies lévangile de saint Jean [Tractatus in loannem) et dans un ouvrage spécial en deux livres, le sermon sur la montagne {^De semione Doniini in monte).
Quant aux Quaestiones çete/is et no^i testamenti, elles ne sont pas d'Augustin; l'auteur est le même personnage que l'Ambrosiaster ou pseudo- Ambroise (supr. p. 209. n. 4).
Le saint Docteur rattache son exégèse au texte de l'Itala et plus tard aussi à la version de saint Jérôme. Il ne connaissait pas l'hébreu : mais pour les cas
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embarrassants, il consultait le texte grec. Dans les Lcrits strictement scientifiques, tels que les commentaires proprement dits, il recherche le sens littéral de la Sainte Ecriture. Dans les homélies au contraire, par exemple sur les psaumes et sur saint Jean, il s'attache davantage au sens mystique ou allégorique ; il croit que ce sens a été voulu par récrivain sacré. Pourtant il ne va pas jusqu'à admettre, com me saint Jérôme, la possibilité d"un mensonge officieux de la part de l'écrivain sacré.
Augustin a composé encore d'autres ouvrages, tels que le Contra mendacium ; le De hono conjugali et le De sancta virginitate, contre Jovinien. Le charmant petit traité De catechizandis rudibus, écrit en 400 pour le diacre Deogratias, de Carthage, est le premier catéchisme chrétien ; il y a joint deux catéchèses destinées à servir de modèles. Nous devons faire remarquer que, par ces rudes, il ne faut pas entendre les enfants.
A tous ces ouvrages ajoutons une grande quantité de sermons, dont beaucoup ne sont pas authentiques, et 270 lettres dont 53 adressées à Augustin lui-même. — Les lettres traitent des questions de philosophie, de théologie ou de pastorale.