‹ Elements de patrologie et d'histoire des dogmesChapitre 68 sur 96 · Lehrbuch der Dogmengeschichte, \\\^, 148, note · texte numérisé non relu

Lehrbuch der Dogmengeschichte, \\\^, 148, note

2. Die Lehre des hl. Augustinus über die Eucharistie, clans la Theol. Quarlalschrift, TiibiDgen, 1896, 79-113. — L. TarcWer, Le sacrement de l'Eucharistie, d'après S. Augustin (thèse), Lyon, I90i. — Batifrol, 0]}. cit., 2^ série, pp. 332-25-2 et 347 tq.

•JôO ÉLEMFNTS DE l'.ATHOUXilE.

de tous ces sacrifices et de toutes ces offrandes, c'est son corps qui est offert et distribué aux assistants » De riv. Dci, xvii. 20. 2 .

*9. La doctrine catholique sur IKg-liso est tout entière dans les œuvres d'Augustin, surtout dans son traité Dp iinitate ecclesiae (et dans ses livres De baptismo). Les donatistes, selon lui, ne peuvent être la véritable Eglise du Christ parce qu'il manque à leur communauté les quatre notes de cette véritable église : l'unité, la sainteté, la catholicité et 1 apostolicité. On doit demeurer dans Lunité do TEglise, car « si tu te mets hors de l'Eglise et si tu romps les liens de sa charité, tu seras puni éternellement, quand même tu te laisserais brûler vif pour le nom du Christ >■■ [Ep. clxxiii. 6). La sourc«de tout schisme, c'est l'orgueil 'Sermo xlvi, 8, 18 . Augustin distingue une Eglise visible et une Eglise invisible: (■< plus d'un qui paraît en être hors est en réalité dedans, et tels qui paraissent dedans, en sont hors » De bapt.. v, 27, 38 . — Il n'attache aucune importance aux miracles comme preuve de la sainteté et de la vérité de l'Eglise, puisqu'il s'en produit même chez les païens, les Juifs et les hérétiques {De unit. eeet.. xix, 49 .

Les évangfiles n'ont de valeur que par l'autorité de TEg-lise : Evangelio non crederem, nisi me commoveret Ecrlesiae auctorilns [Contra ep. Man ich.. 5 .

Le jugement de l'Église romaine est pour lui décisif : Jani de hic cau.sa il s'agit de la controverse pélagienne duo concilia missa sunt ad sedem

(ipostolicam; inde etiam rescripta venerunt; causa finita est, utinam aliquando finiatur error [Sermo cxxxi, 10, 10).

*10. Les âmes des hommes vont après leur mort dans un lieuiiitermécliaire faèc/zY« receptacula), où elles sont in requie vel aerumna; elles y demeurent jusqu'à la résurrection générale. Dans cet Hadès, les âmes des méchants ne sont pas encore livrées au supplice du feu : les souffrances qu'elles endurent comparées à celles de l'enfer sont « comme le rêve par rapport à la réalité ». Les bons, au contraire, sont dans l'Hadès comme Lazare dans le sein d'Abraham ^ Ce lieu intermédiaire sert pour quelques-uns de purg-atoire [purgatorium).

Quant aux supplices de l'enfer, après le jugement dernier, ils sont éternels (Z)e ciç. Dei,xxi. c, 13 et 16). Augustin déclare que, de son temps, nonnulli, imo quam plurimi se refusaient à croire à l'éternité des peines de l'enfer [Ench.. 112). Peutêtre s'agit-il de ceux qui comme saint Jérôme (supr. p. 225), soustrayaient à l'enfer tous les chrétiens, sans exception. Augustin a combattu cette opinion, surtout dans son traité De fide et operibus ^.

Voici ce qu'il dit du culte des saints : « le peuple chrétien célèbre la mémoire des martyrs pour s'animer à l'imitation de leurs vertus, pour avoir part à leurs mérites et pour être secourus

■1. Sermo clxxvii, 2; cccxxviu, 5 ; Injpsalm. xxxvi,| Sermo i, 18; Enchirid., 109.

2. cr. Tunnel, clans Revue d'histoire et de littérature religieuses. Paris, 1900, p. 289 sq.

par leurs prières; mais, même dans les chapelles des martyrs, ce n'est qu'à Dieu lui-même et non aux martyrs qu'on érige un autel et jamais le prêtre ne dit : nous tofîrons ce sacrifice, à toi Pierre, Paul ou Cyprien » [Contra Faust. Manich., XX, 21).

§ 56. — LE PAPE SAINT LÉON LE GRAND i

1. Léon était probablement originaire de Toscane. Encore simple diacre, il jouissait à Rome d'une grande considération. Pendant vingt ans (440-461), il gouverna l'Eglise au milieu des circonstances les plus difficiles. Alors, l'empire d'Occident courait à sa ruine, tandis qu'en Orient surgissait une nouvelle hérésie, très dangereuse, celle des monophysites, et que la jalousie des Byzantins contre la vieille Rome se montrait plus violente que jamais.

Dans ces délicates conjonctures, Léon, persuadé que la primauté romaine était un boulevard élevé par Dieu pour garantir l'unité de l'Eglise, déploya dans l'exercice de sa charge une activité prodigieuse dont les effets se firent sentir dans le monde

1. L'édition des deux frères Balleriui, en 3 vol. in-fol., Venise, 1753, est préférable à celle de Quesiiol, 2 iii-4", Paris, 1675; elle a été reproduite par Migne, P. /.., I.IV-LVI.

11 faut meotionner l'arlicle Léon 1 dans le Kirchenlexicon de Wetzer et Weite. — A. «le Saiiit-Cbéron, Histoire du pontificat de S. Léon le Grand, Paris, 1864, 2 vol.

Le sacramentaire de saint Leon est étudié dans les ouvrages (cités plus bas 2 73) de Ducliesne et Probst.

entier. Ce fut le point de départ de la situation politique réservée à la papauté.

Lorsqu'on 452, Attila envahit l'Italie, Léon, sur la prière du gouvernement de Rome, alla au-devant de lui, et eut, à Mantoue, avec le chef barbare, une entrevue qui sauva le pays. — D'après une légende, qui apparaît seulement vers l'an mille, le roi des Huns aurait vu saint Pierre et saint Paul, debout, l'épée à la main, derrière le pape. — Mais c'est surtout dans l'affaire d'Eutychès que se montre la grandeur de saint Léon. Il a sauvé alors l'Église grecque, comme malgré elle, selon l'expression de Döllinger. Il écrivit, en 449, cette fameuse Epistula dogmatica ad Flavianum, qui fut, pendant un siècle, l'étoile directrice des catholiques au milieu de la lutte monophysite; en la lisant, les Pères du IV® concile général de Chalcédoine s'écrièrent : « C'est la foi des Pères, c'est la foi des Apôtres...; Pierre a parlé par Léon. »

Ce fut lui qui, par ses légats, présida ce concile, le plus nombreux qui eût été réuni jusqu'alors, et c'est lui qui, par son opposition, rendit vain, au moins pour un temps, le vingt-huitième canon, d'après lequel lepatriarche de Constantinople devait avoir le même genre de prééminence que l'évêquede Rome, quoique après lui. Le premier, il donna, au synode d'Éphèse de 449, le nom de latrocinium. Anastase, archevêque de Thessalonique, et Césaire, évêque d'Arles, qui exerçaient les fonctions de légats du saint-siège, le premier sur l'Illyrie orientale, le second sur la Gaule méridionale, ayant abusé tous

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deux de leur situation, Léon les rappela à l'ordre et ramena Césaire au rang des simples évêques. Saint Léon mourut en 461.

2. Au point de vue politique et littéraire. saint Léon a été. sur le siège pontifical, la première personnalité marquante après saint Grégoire, le pape le plus éminent de l'antiquité. \et et ferme sur les principes, spécialement dans les questions de foi, il était plein de mesure et de prudence dans leur application. Bien que sa haute dignité le mît partout au premier rang, il n'en demeura pas moins personnellement très modeste. — Ses écrits brillent surtout par la clarté des idées et l'élégante pureté du style.

.3. Ses œuvres comprennent des sermon** et des lettres. Les sermons sont, dans la meilleure édition, au nombre de 116, dont 20 ne lui appartiennent probablement pas; presque tous sont de courtes allocutions prononcées aux fêles de Notre- Seigneur, ou le 29 juin ou encore les jours de jeune (les cinq premiers ont été composés pour les anniversaires de sa propre intronisation) ; les sermons ont principalement pour objet le dogme ehristolog-ique.

Les lettres, au nombre de 173 (dont 30 adressées à Léon lui-même), ont un caractère officiel; ce sont des documents destinés aux évêques cl qui ont trait soit à des questions de droit ecclésiastique, telles que la célébration de la Pàque, soit aux questions théologiques ou conciliaires alors débattues;

GRANDS THEÜLÜGIE.XS DE L'EGLISE D'OCCIDENT. 255

le style indique que la plupart ont été rédigées par des secrétaires.

Le Sacramentarium Leonianiim, le plus ancien missel romain que nous possédions, n'est pas de saint Léon : c'est un recueil privé, qui a vu le jour vraisemblablement à la fin du v^ siècle.

*4. Dans YEpistula dogmatica{Ep. xxviii ; supra n. 1), saint Léon dit, en suivant exactement Tertullien (supra p. 108 i : Salva proprietate utriusque naturae et substantiae et in unain coeunte personam; en conséquence de cette union Notre-Seigneur e^imvisihilis et visibilis, incomprehensihilis et comprehensibilis, ùnpassibilis et passibilis ; en lui la nature humaine « n'a nullement été absorbée parla majesté de la nature divine; au contraire, les deux natures accomplissent, chacune en union avec l'autre, leurs opérations propres ». — « En raison de cette unité de personne dans la dualité des natures » on peut dire : « Le Fils de l'homme est descendu du ciel et le Fils de Dieu a été crucifié » icommuiiicatio idiomatum).

Saint Léon affirme très catégoriquement que la primauté des évêques de Rome repose sur la succession de saint Pierre et que la dignité du prince des apôtres n'est nullement amoindrie en son indigne successeur [Senn. m, 4). « Du bienheureux prince des apôtres, Pierre, la sainte Eglise romaine tient la suprématie 'pjnncipaius) sur toutes les églises du monde » [Ep. lxv, 4i. — Les jeûnes des quatre-temps « des quatrième, septième et

dixième mois » (juin, septembre, décembre) sont mentionnés pour la première fois par saint Léon; les quatre-temps du printemps pendant le carême ne sont pas encore observés à cette époque.

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