LES CONSTITUTIONS APOSTOLIQUES
1. A la fin du iif siècle parut en Egypte la Discipline ecclésiastique des apôtres, quinousa été conservée en grec. Assez courte, elle donne, dans la première partie, une description du chemin de la
1. La Discipline ecclésiastique des apôtres a été éditée pour la première fois par Bicbcll, Geschichte des Kirchenrechts, Giessen, 1843, 107 ; plus tard elle a été souvent imprimée avec la Didaché, i)ar exemple dans les éditions qu'en ont données Bryeimlos, Harnaek, et Fnnk, 1887.
La Didascalie fut éditée à la même époque en 1834 par de Lagarde en syriaque {Didascalia Ax)OStolorum syriace, Lipsiae). Elle a été éditée par M"^ Marg. Dunlop Gibson (syriaque et traduction anglaise), Londres, 1903. — M. IVau en a donné dans le Canoniste contemporain, puis, en tirage à part, une traduction française, Paris,
Les Constitutions apostoliques ont été souvent publiées, par exemple Ulzen, Schwerin, 1853 (en grec), Bunsen [loc. cit.) etMigrne, P. G., 1, d'après une édition plus récente de Cotelier. — Fiinfe vient d'en donner une nouvelle édition critique, Paderborn, 1900. —On trouve les Canons axiostoliques dans Hefele, Histoire des conciles, I, en appendice.
Le meilleur travail qui existe sur les constitutions et les œuvres analogues est celui de Fuuk, Die apostolischen Constitutionen, Rottenburg, 189i.
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vie, daprès les chapitres i à v de la Didaché, et. dans la seconde, des règles, exprimées chacune par un apôtre, qui concernent le clergé et la participation des femmes au service de l'Eglise. Il est vraisemblable que le petit ouvrage Duae i>iae vel Judicium secundum Petrum, dont parle Rufin, nest autre chose que cet écrit.
2. Presque en même temps ' se répandait en Syrie ou en Palestine une œuvre du même genre, mais bien plus longue, la Didascalîe, cest-àdire « enseignement catholique des douze apôtres et des disciples du Seigneur ;-, qui aurait été composée par les douze apôtres à l'occasion du concile de Jérusalem.
L'original grec est perdu ; il n'en reste qu'une traduction syriaque. Tout dernièrement Hauler a découvert dans un palimpseste de Vérone des fragments considérables d'une ancienne traduction latine '-. La Didascalie utilise aussi beaucoup la Didaché; on peut même dire qu'elle en est une amplification.
3. Les huit livres des Constitutions des saints apôtres (SiaxayaiTwv ay'-wv aTTOffiôXcovi, connus généralement sous le nom de (Constitutions apostoliques, forment la collection la plus volumineuse-dé droit ecclésiastique et di- liturgie qui nous soit venue de l'antiquité.
\. Dans la seconde muitic du m- siècle, d'après Kiiiik. /î!' i (/, il'hixtoire écriés., l.ouvain. litOl, 708-809.
-2. IUdasrnliae Apostniorum fragmenta Vcronoisia lalina, I, cd- Hauler, I.ipsiae, l!K»i>.
Le recueil aurait été composé par Clément de Rome (livre vi,'à la fin) qui, sur une mission reçue des apôtres, l'aurait envoyé aux autres évêques et prêtres.
Les six premiers livres sont un développement de \d. Didascalie (supra n. 2), avec quelques changements qu'exigeaient les différences des temps ; on y trouve des prescriptions morales et des instructions pour le clergé qui doit veiller sur les diaconesses ; suivent quelques avis concernant le soin des pauvres, les jeûnes, l'éducation des enfants et enfin des recommandations pour mettre en garde contre les hérésies.
Le septième livre contient, dans la première partie, un développement de la Didaché et, dans la seconde, des formules de prières et des prescriptions sur l'enseignement des catéchumènes et sur le baptême.
La manière dont l'auteur a changé le texte de la Didaché est à noter. La Didaché déclare que si l'eau n'est pas en assez grande quantité, on peut baptiser par infusion. Cette observation est supprimée; on la remplace en prescrivant une double onction : l'une, avec l'huile sainte (des catéchumènes), avant; l'autre, avec le saint Chrême, après le baptême.
Parmi les formules de prières se trouve une prière du matin qui concorde presque entièrement avec le Gloria de la messe romaine ; le Gloria serait ainsi d'origine orientale.
Le huitième livre est la partie la plus importante de l'ouvrage. Il traite d'abord des charismes
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(chap. l-2j et donne ensuite des formules pour chacune des consécrations (chap. 3-22 ; — c'est là que se trouve intercalée au milieu des prières et cérémonies de la consécration épiscopale toute la liturgie de la niosse (chap. 6-15) ; c'est la plus ancienne messe complète que nous possédions. — Puis des prescriptions relatives aux confesseurs, aux vierges, aux veuves et aux exorcistes (ch. 23- 26 , aux prosélytes, aux jours de fêtes, etc. ^chap. 27-46.
Dans le dernier chapitre (47), se trouvent les 85 canons apostoliques presque exclusivement relatifs au clergé : il s'agit de son recrutement, de sa consécration et de ses devoirs ; ils présentent exactement la forme des canons de conciles et sont du reste, en grande partie, empruntés aux décisions des conciles d'Antioche 34ij et de Laodicée ^343- 381 . Les 50 premiers ont été traduits en latin par Denys le Petit (j vers 540), le même à qui nous devons notre manière de dater d'après l'ère chrétienne ; il les ajouta à sa collection plus considérable de canons et c'est par là qu'ils ont été connus en Occident mais ces 50 seulement).
4. Les huit livres des Constitutions apostoliques ont tous le même auteur (ainsi qu'il ressort des études de Funk). Ils auraient vu le jour en Syrie aux environs de l'an 400. Le même faussaire est également l'auteur du texte plus long et apocryphe des épîtres d'Ignace (supr. p. 39;. Le pseudo-Clément est donc le même que le pseudo-Ignace; Funk le tient pour un apollinariste, Harnack et plusieurs
autres, pour un semi-arien. — Que l'auteur ait vécu au plus tôt vers la fin du iv'' siècle, on peut le conclure de ce qu'il connaît la fête de Noël comme fixée au 25 décembre. Or elle n'a été introduite à Antioche que vers 376 et à Jérusalem, seulement sous l'évêque Juvénal (-|- 458).
En Occident, les Constitutions apostoliques furent inconnues pendant le moyen âge, et lorsqu'on les publia, au xvi^ siècle, le cardinal Baronius se prononça contre leur attribution à saint Clément.
En Orient, le second concile in Trullo (692) reconnut une valeur disciplinaire légale aux 85 canons mais interdit l'usage des Constitutions parce que, bien que composées par Clément, elles auraient été falsifiées plus tard par des hétérodoxes.
5. Le premier livre des Constitutions interdit absolument la lecture des ouvrag-es païens. — Tandis que dans la Didascalie on ne mentionne que le lectorat comme fonction d'ordre inférieur, les Constitutions parlent aussi du sous-diacre, du portier et du psalmodiste. — De même, tandis que la Didascalie ne connaît que le jeûne de la semaine sainte, les Constitutions prescrivent un jeûne de quarante jours avant Pâques. — Les églises doivent avoir leur abside tournée vers l'orient et posséder deux sacristies sur les côtés.
Dans le dernier canon des Apôtres (le 85'^) on énumère les livres canoniques ; les trois livres des Macchabées y figurent, mais non l'Apocalypse.
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